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LA FIN DE L’HISTOIRE
[La question centrale pour une problématique est celle ci : quel sens faut-il donner à cette expression ? ]
Introduction
On sait que les plus grands philosophes (Kant, Hegel, A .Comte, Marx) ont développé des théories de la « fin » de l’histoire au 18 ième et 19 ième siècle. A la suite de Alexandre Kojève, le philosophe américain Francis Fukuyama, en 1989, soutient que la fin de l’histoire se réalise aujourd’hui.
Qu’est-ce que cela signifie ?
La fin de l’histoire est-ce son but (ce vers quoi elle a toujours tendu, et qui se réalise sous nos yeux), est-ce un horizon, par définition hors d’atteinte, ou bien est-ce un terme, en ce cas la fin d’un cycle et non pas, bien entendu la fin de toute évolution, de tout mouvement ?
Cette conception est un héritage du christianisme. Avec le judéo-christianisme (en particulier l’idée de « Jugement dernier), l’histoire devient linéaire, la perspective étant désormais « eschatologique » : une Providence conduit les hommes, vers la fin du monde, c’est-à-dire, dans le meilleur des cas, vers la Rédemption et le Salut.
Evoquer à ce sujet :
1) La théorie de la Rédemption (Genèse, Lévitique, Deutéronome)
2) Le « règne des fins » selon Kant (Vers la paix perpétuelle)
3) La liberté est la fin de l’histoire, selon
Hegel. C’est l’ « Etat » (c’est-à-dire l’Etat moderne). Lire La
raison dans l'histoire
4) Le texte de Cournot qui explique que le progrès est une idée religieuse.
Conclusion : la « fin de l’histoire », ce serait la réconciliation de l’intérêt particulier et de l’intérêt général, sous l’égide de l’"Etat" (Hegel) , autrement dit d’un super-Etat mondial (conçu, suivant aussi l’idée de Kant, comme une fédération de libres républiques).
II La fin de l’histoire : horizon effectif ou simple idéal régulateur ?
On évoquera ici
1) L’avènement de l’Etat universel et la paix selon Kant (Vers la paix perpétuelle).
2) La fin de la lutte des classes selon Marx (communisme fictif, totalitarisme réel)
3) La rationalité libérale et le triomphe du positivisme (Auguste Comte)
Conclusion : ces objectifs rationnels ne sont que des idéaux régulateurs. De fait, les hommes restés gouvernés par les passions identitaires et donc par la violence, comme l’a bien montré Hegel.
III La fin (achèvement, dernier stade) d’une histoire, de l’Histoire (traditionnelle)
De fait, nous vivons actuellement la fin d'un certaine "histoire", la fin d’un cycle. Nous avons atteint un palier, semble-t-il.
On assiste à l’internationalisation du marché, du droit et des conflits
1) Le dépassement des nations, dépassement qui débute avec les guerres internationales, et se poursuit aujourd’hui avec l’avènement des instances juridiques, économiques et sociales internationales
2) La
mondialisation
Globalisation du marché, internationalisation des échanges, mutualisation et interdépendance des interêts (cf FMI, G20 sommet de Copenhague, décembre
2009 etc..)
3) La fin de la « politique »
Au sens de distribution des hommes entre amis et ennemis ( selon la définition du politique de Carl Schmidt).
Ce serait le sens de la
chute du mur de Berlin. Triomphe d’un seul modèle : libéral, démocratique, individualiste et
universaliste. Mais on constate la reconstitution d’une bipartition, sur de nouvelles bases, notamment culturelles et religieuses : chrétiens et
juifs contre monde islamique (cette approche, néanmoins très controversée, est celle de dans Le choc des civilisations).
Conclusion : la fin de la « politique », guerre virtuelle
permanente des nations ou des communautés entre elles, cela signifie la fin des guerres traditionnelles
et leur remplacement par une incertitude, une indétermination et des affrontements permanents diffus et généralisés (terrorisme?).
Conclusion
La fin (dernier stade) de l’histoire c’est :
-en Europe le remplacement de la guerre par le commerce et le triomphe du libéralisme et du modèle démocratique
- Dans le monde : internationalisation des intérêts, mais aussi des conflits, des guerres (inter et intra-communautaires et transnationales) et du terrorisme (rejet du modèle occidental).
- Le triomphe de l’économique se solde une mutation profonde du rapport à la violence. MAIS : le terrorisme tend à remplacer la guerre.
- Caractère sinon exact, du moins stimulant des thèses de Fukuyama.
Devenir vieux
Ces choses futiles que la jeunesse prise,
Je les ai moi aussi bien longtemps vénérées,
Les boucles, cravates, les casques et épées,
Et puis surtout les petites femmes bien mises.
À présent seulement je comprends clairement,
Maintenant que pour moi, le vieux gamin chenu,
Toutes ces choses-là sont bel et bien perdues.
A présent seulement je comprends clairement
Combien étaient sages ces désirs d'antan.
Les rubans dans les cheveux, les bouclettes,
Et cet enchantement bientôt disparaîtront ;
Mais ce qu'au cours de l'existence j'ai acquis,
La sagesse, la vertu, les bonnes chaussettes,
Sera pour mon malheur bien vite enfui ;
Alors les grands froids sur la terre régneront.
Comme il est merveilleux pour les vieilles gens
De goûter un bourgogne auprès du feu
Et de partir enfin sans adieux douloureux –
Mais pas encore, un peu plus tard, pas
[maintenant !
Eloge de la vieillesse (p 19) Le livre de poche