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Vendredi 21 mars 2008
Peut-on rester soi-même tput en changeant de corps? Ce problème posé par Locke autrefois trouve de nouvelles extensions avec la possiblité de certaines greffes. La greffe du cerveu est encore une fiction, mais elle suscite des interrogations troublantes :


" Il  est maintenant possible de transplanter certains organes, les yeux et les poumons, d'un corps à un autre d'une façon telle que l'organe continue à fonctionner dans son nouvel environnement. Les physiologistes peuvent avoir des raisons pour considérer qu'une telle chose n'est pas possible avec un cerveau humain, mais il est au moins concevable (logiquement possible) qu'un corps humain puisse continuer à fonctionner normalement si son cerveau était remplacé par un autre cerveau issu d'un autre corps humain. Imaginons donc la situation suivante. Premièrement, supposons que la science médicale ait développé une technique permettant à un chirurgien d'extraire complètement un cerveau humain de la tête où il est logé, afin de l'examiner ou de l'opérer, avant de le réintroduire dans le crâne (en rebranchant les nerfs, les vaisseaux sanguins, et ainsi de suite) sans causer la mort ni un dommage permanent ; nous avons à imaginer que cette technique « d'extraction de cerveau » est devenue une pratique courante dans le traitement des tumeurs cérébrales et autres affections du cerveau. Un jour, pour commencer notre histoire, un chirurgien comprend que son assistant a commis une erreur affreuse. Deux hommes, M. Brown et M. Robinson, ont été opérés d'une tumeur au cerveau. Dans les deux cas, une extraction de cerveau a été effectuée. Cependant, à la fin des opérations, l'assistant a mis par inadvertance le cerveau de M. Brown dans la tête de M. Robinson et le cerveau de M. Robinson dans la tête de M. Brown. L'un des deux hommes meurt immédiatement après, mais l'autre - celui possédant le corps de Robinson et le cerveau de Brown - reprend finalement conscience. Appelons-le « Brownson ». Cependant qu'il reprend conscience, Brownson manifeste un grand choc et une grande surprise en découvrant son corps. Apercevant alors le corps de Brown, il s'exclame incrédule « C'est moi qui suis couché là ! » En se montrant du doigt, il déclare : « Ceci n'est pas mon corps, c'est celui qui est làbas qui est le mien ! » Lorsqu'on lui demande son nom, il répond automatiquement « Brown ». Il reconnaît la femme et la famille de Brown (que Robinson n'avait jamais rencontrées), et il est capable de décrire par le menu les événements de la vie de Brown, en les décrivant toujours comme des événements de sa propre vie. De la vie passée de Robinson, il ne fait preuve d'aucune connaissance du tout .On observe au cours du temps qu'il manifeste tous les traits de personnalité, manières, centres d'intérêts, goûts et dégoûts, et ainsi de suite, qui caractérisaient Brown auparavant ; et qu'il agit et parle d'une manière complètement étrangère à l'ancien Robinson"
Self-kowledge et self indentity (1963).
.,.
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Mercredi 19 mars 2008

 Selon Locke, l'identité personnelle n'est pas fondée sur une identité de substance, mais sur une identié de conscience:

§ 9. "En quoi consiste l'identité personnelle. - Cela posé, pour trouver en quoi consiste l'identité personnelle, il faut voir ce qu'emporte le mot de personne. C'est, à ce que je crois, un être pensant et intelligent, capable de raison et de réflexion, et qui se peut considérer soi-même comme le même, comme une même chose qui pense en différents temps et en différents lieux ; ce qu'il fait uniquement par le sentiment qu'il a de ses propres actions, lequel est inséparable de la pensée, et lui est, ce me semble, entièrement essentiel, étant impossible à quelque être que ce soit d'apercevoir sans s'apercevoir qu'il aperçoit. Lorsque nous voyons, que nous entendons, que nous flairons, que nous goûtons, que nous sentons, que nous méditons, ou que nous voulons quelque chose, nous le connaissons à mesure que nous le faisons. Cette connaissance accompagne toujours nos sensations et nos perceptions présentes ; et c'est par là que chacun est à lui-même ce qu'il appelle soi-même. On ne considère pas, dans ce cas, si le même soi est continué dans la même substance, ou dans diverses substances. Car puisque la conscience accompagne toujours la pensée, et que c'est là ce qui fait que chacun est ce qu'il nomme soi-même, et par où il se distingue de toute autre chose pensante : c'est aussi en cela seul que consiste l'identité personnelle, ou ce qui fait qu'un être raisonnable est toujours le même. Et aussi loin que cette conscience peut s'étendre sur les actions ou les pensées déjà passées, aussi loin s'étend l'identité de cette personne : le soi est présentement le même qu'il était alors, et cette action passée a été faite par le même soi que celui qui se la remet à présent dans l'esprit.".

Essai concernant l'entendement humain , 1694,  Livre II, chapitre 27
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Mardi 18 mars 2008

Selon Hume, l'identité personnelle  est une fiction. Hume dénonce inlassablement notre tendance à tenir pour même ce qui est différent. L'identité attribuée aux objets changeants n'est autre qu'un rpoduit de notre imagination:

 "Ainsi nous feignons l'existence continue des perceptions de nos sens pour en supprimer la discontinuité, et nous aboutissons aux notions d'âme, de moi, et de substance pour en déguiser la variation [...]'
Ainsi la controverse à propos de l'identité n'est pas seulement une querelle de mots . En effet, lorsque nous attribuons l'identité, dans un sens impropre, à des objets variables ou discontinus, notre méprise ne se limite pas à l'expression mais elle est ordinairement accompagnée d'une fiction, soit de quelque chose d'invariable et d'ininterrompu, soit de quelque chose de mystérieux et d'inexplicable, ou, au moins, d'une tendance à de telles fictions. Pour
prouver cette hypothèse à la satisfaction de tout enquêteur impartial, il suffira de montrer à partir de l'expérience et de l'observation quotidiennes que les objets variables et discontinus qui sont pourtant supposés demeurer identiques sont ceux, et seulement ceux, qui consistent en une succession de parties reliées entre elles par la ressemblance, la contiguïté et la causalité. Puisque en effet une telle succession répond évidemment à la notion que nous avons de la diversité, ce ne peut être que par erreur que nous lui attribuons de l'identité ; et comme la relation des parties qui nous conduit à cette erreur n'est rien d'autre qu'une qualité produisant une association d'idées et une transition aisée de l'imagination d'une idée à une autre, l'erreur ne peut provenir que de la ressemblance qu'a cet acte de l'esprit avec celui par lequel nous contemplons un objet unique et continu. Notre tâche principale sera donc de prouver que tous les objets auxquels nous attribuons de l'identité sans observer leur caractère invariable et ininterrompu sont ceux qui sont constitués d'une succession d'objets reliés".
Traité de la nature humaine, livre I

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Mardi 18 mars 2008
Voici quelques exemples de sujets de  questions contemporaines (puisque l'on me pose la question)

 

 

Prendre la parole est-ce prendre le pouvoir ( IEP Paris 2007)

L’urgence  (Bordeaux 2007 bac+ 3)

La culture est-elle une affaire d’Etat ?  (Bordeaux 2007)

Qu’est-ce qu’être français ? (Lille) 

Peut-on justifier la guerre (Lille)

La politique peut-elle se passer d’homme providentiel ? (Prépa Lakanal)

La liberté est-elle l’ennemie de la solidarité ? ( Prépa Lakanal)

 



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Lundi 17 mars 2008

Il ne peut pas exister, suivant le principe des "indiscernables" deux êtres distincts qui seraitn pourtant strictement identiques: 
A : La Monadologie, § 9 (1714)
"Car il n'y a jamais dans la nature, deux Êtres, qui soient parfaitement l'un comme l'autre et où il ne soit possible de trouver une différence interne, ou fondée sur une dénomination intrinsèque".

 B Les Nouveaux Essais:

THÉOPHILE. " Le principe d'individuation revient dans les individus au principe de distinction dont je viens de parler. Si deux individus étaient parfaitement semblables et égaux et (en un mot) indistinguables par eux-mêmes, il n'y aurait point de principe d'individuation ; et même j'ose dire qu'il n'y aurait point de distinction individuelle ou de différents individus à cette condition. C'est pourquoi la notion des atomes est chimérique, et ne vient que des conceptions incomplètes des hommes. Car s'il y avait des atomes ; c'est-à-dire des corps parfaitement durs et parfaitement inaltérables ou incapables de changement interne et ne pouvant différer entre eux que de grandeur et de figure, il est manifeste qu'étant possible qu'ils soient de même figure et grandeur, il y en aurait alors d'indistinguables un soi, et qui ne pourraient être discernés que par des dénominations extérieures sans fondement interne, ce qui est contre les plus grands principes de la raison. Mais la vérité est que tout corps est altérable et même altéré toujours actuellement, en sorte qu'il diffère en lui-même de tout autre. Je me souviens qu'une grande princesse, qui est d'un esprit sublime, dit un jour en se promenant clans son jardin qu'elle ne croyait pas qu'il y avait deux feuilles parfaitement semblables. Un gentilhomme d'esprit, qui était de la promenade, crut qu'il serait facile d'en trouver ; mais quoiqu'il en cherchât beaucoup, il fut convaincu par ses yeux qu'on pouvait toujours y remarquer de la différence. On voit par ces considérations, négligées jusqu'ici, combien dans la philosophie on s'est éloigné des notions les plus naturelles, et combien on a été éloigné des grands principes de la vraie métaphysique".

 Les  Nouveaux Essais sur l'entendement humain, II, XXVII, 1-3 (rédigés en 1703, publiés postmortem en 1765)

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Lundi 17 mars 2008

C'est dans les Topiques que la pensée d'Aristote concernant l'identité es tpour la première fois exposée. Il distingue ici l'identité numérique (une chose est la même qu'elle-même) et l'identité spécifique ( un homme et un autre homme, en tant qu'ils appartiennent à la même espèce) :

"Il nous faut, avant toutes choses, examiner en combien de sens se prend le terme d'identique. On pourrait admettre, à prendre les choses sommairement, que les acceptions du terme d'identique se divisent en trois ; de fait, on l'utilise couramment pour désigner, soit une identité numérique, soit une identité spécifique, soit une identité générique. Sont numériquement identiques les choses qui, tout en ayant plusieurs noms, ne sont pourtant qu'une seule et même chose, par exemple, pelisse et manteau. Sont spécifiquement identiques les choses qui, tout en étant distinctes, sont indiscernables sous le rapport de l'espèce, par exemple un homme et un autre homme, un cheval et un autre cheval ; on dit en effet des individus appartenant à une même espèce qu'ils sont spécifiquement identiques. Semblablement, sont génétiquement identiques les êtres qui appartiennent au même genre, comme le cheval et l'homme. On pourrait estimer cependant que lorsqu'on dit de l'eau qui sort de la même fontaine qu'elle est toujours lamême, on utilise notre notion en une acception sensiblement différente de celles qui ont été indiquées ; rangeons malgré tout cet emploi dans le même groupe que celui des termes qui, en un sens ou en l'autre. se caractérise par l'unité de leur espèce ; en effet, les cas de ce genre sont tous de la même Camille, et se ressemblent extrêmement, sauf erreur. De fait, entre une eau et une autre. on dit toujours qu'il y a une identité spécifique parce qu'elle présente toujours une certaine ressemblance ; le cas de l'eau qui sort de la même fontaine ne constitue pas un cas différent, à ceci près seulement que la ressemblance y est plus accusée. Voilà pourquoi nous ne séparons pas ce cas de celui des termes qui, en  un sens ou en l'autre, se caractérise par l'unité de leur espèce. Cela dit, de l'avis général, c'est principalement une identité numérique que désigne chez tous le terme d'identique".
Topiques, I, 7

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Lundi 17 mars 2008


(Reprise d'une note de 2007  et rectificatif )
On me demande dans quels lycées s'inscrire lorsque l'on a entre 10 et 13 de moyenne


(Cette question en elle-même pose problème: car il est peu probable que vous soyez pris avec une moyenne de 10!  En général on ne prend pas les élèves avec une moyenne de moins de 12, mais il peut y avoir des exceptions si les appréciations expliquent, par exemple, un accident dans une matière, ou surtout, si on constate un progrès très net depuis la classe de première ("élève à fort potentiel", très motivé..), ou encore s'il y a un progrès en philo, par exemple, où la première note n'est pas toujours significative.
Inversement une moyenne de 14 ne garantit pas du tout l'inscription en classes prépas. On demande des résultats trsè homogènes, et quand un élève a une mauvaise moyenne quelque part, cela suffit à le refuser -en règle générale )

Voici les possibilités à Paris, et  proche banlieue de Paris (c'est ce que je connais)
 Paris:
Jules Ferry  (niveau assez bon..)
Lycée Balzac
Lycée Lamartine
Lycée Paul Valery
Lycée Molière
Lycée Victor Hugo

Lycée privés sous contrat:
 Lycée Blomet
Lycée Stanislas

Pour préparer droit ou économie en vue de  Cachan
Lycée Turgot
ESAA Duperré

Proche banlieue sud:
Lycée Michelet Vanves
Lycée Descartes Antony

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Lundi 10 mars 2008
Voici les liens sur ce blog:
 

Lycée parisiens de seconde catégorie (pour les dossiers de moyenne 12/13) 
http://www.hansen-love.com/article-5483420-6.html


Tout savoir , de façon générale, sur les classes prépas littéraires:
http://www.hansen-love.com/article-16014783-6.html
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Samedi 8 mars 2008
"Nous sommes quelquefois aussi différents de nous-mêmes que des autres" La Rochefoucauld
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Samedi 8 mars 2008

Dans une lettre à Virginia Woolf, John Maynard Keynes prophétisait la mort de  l'Occident : "les nouvelles générations entendent jouir de tous les avantages que leur a procurés :le monde de leurs pères, mais sans en payer le prix, qui serait de cultiver les valeurs sur lesquelles ce monde était fondé. Cette situation ne peut durer ; on s'en aperçoit".
Le bonheur des petis poissons,   Simon Leys

( Voir aussi sur ce thème le  film à l'affiche actuellement : L'heure d'été)
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