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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 16:36

Simone Weil


« Éclaircir les notions, discréditer les mots congénitalement  vides, définir l'usage des autres par des analyses précises, c'est là, si étrange que cela puisse paraître, un travail qui pourrait réserver des existences humaines » 
« Ne recommençons pas la guerre de Troie (¨Pouvoir des mots) » 1937.


 

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Published by laurence hansen-love - dans actualité politique
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commentaires

Sylvain 05/09/2017 16:23

Si la définition du mot racisme ("attitude d'hostilité et de mépris pouvant aller jusqu'à la violence envers des individus appartenant à un autre ethnie") était claire dans tous les esprits, les masques tomberaient et certaines organisations racistes ne pourraient pas se faire passer pour le contraire de de qu'elles sont.
C'est à la confusion sur le sens des mots, amplifiée par les stéréotypes véhiculés dans les médias, qu'est due la banalisation des discours de haine _ en France comme partout ailleurs.

j f Cordroch 31/08/2017 09:40

Avant le mot est le cri .Le cri est une expression spontanée révélant des états de fait réels tels ,un danger ,une souffrance ,un plaisir ,un besoin à satisfaire etc ...Il décrit une situation présente ,le mot peut également être utilisé de la même manière ,tout dépend de la volonté de la personne l'utilisant .Or dès que l'Homme prédétermine des finalités à atteindre, en cherchant à justifier le bien fondé et la nécessité de de celles-ci ,il ne peut s'empêcher de détourner les mots de leur signification originelle ,en leur attribuant des significations valables uniquement dans des cadres particuliers préconçus . Seule donc une personne capable de vivre sans idéaux ,sans traditions ,sans culture particulière ,c'est à dire une personne parvenant à satisfaire l'ensemble de ses besoins vitaux de manière régulière et spontanée ,n'éprouve pas le besoin d'avoir recours à des stratégies afin de créer l'illusion .Une telle personne est plutôt silencieuse et ne parle que quand cela lui est nécessaire pour la satisfaction de ses besoins . Le problème st toujours le même , la frustration originelle de l'Homme cherchant à la compenser par tous les moyens ,dont la falsification des mots .

Ce qui me fait dire que ce ne sont pas les mots qu'il faut débarrasser de leur moisissure ,nettoyer des incrustations de siècles de traditions ,mais c'est l'Homme qui doit renouer des liens fondamentaux avec la nature et pour parvenir à cela il n'y a qu'un seul moyen qui est de cesser de vouloir contrôler la circulation de l'énergie entre l'enfant et sa mère ,ce qui implique la disparition de toute forme de patriarcat ,du pouvoir qu'exerce l'homme sur la femme et la nature .Et on en revient à la frustration originelle qu'éprouve le sexe masculin face à la puissance créatrice de la nature ,qui est à l'origine de la transformation de la planète en un immense cirque dans lequel se joue la tragi-comédie humaine .

Bernard Joly 28/08/2017 16:37

"Le mal réside dans les mots que la tradition a voulu absolus, dans les significations dénaturées que les mots continuent à revêtir. Le mot amour mentait, exactement comme le mot mort. Beaucoup de mots mentaient, ils mentaient presque tous. Voilà ce que je devais faire: étudier les mots exactement comme on étudie les plantes, les animaux… Et puis, les nettoyer de la moisissure, les délivrer des incrustations de siècles de tradition, en inventer de nouveaux, et surtout écarter pour ne plus m'en servir ceux que l'usage quotidien emploie avec le plus de fréquence, les plus pourris, comme: sublime, devoir, tradition, abnégation, humilité, âme, pudeur, cœur, héroïsme, sentiment, piété, sacrifice, résignation.
J'appris à lire les livres d'une autre façon. Au fur et à mesure que je rencontrais certains mots, certains adjectifs, je les sortais de leur contexte et les analysais pour voir s'ils pouvaient être employés dans "mon" contexte. Dans cette première tentative d'identifier le mensonge caché derrière les mots qui avaient, y compris sur moi, un pouvoir de suggestion, je m'aperçus de combien d'entre eux et donc de combien de fausses idées j'avais été victime. Et ma haine grandit jour après jour: la haine de se découvrir trompé. "

(Goliarda Sapienza – L'art de la joie)