Non catégorisé

Mardi 5 juin 2012 2 05 /06 /Juin /2012 11:11

 

 

 Dans le texte qui suit, Russell se demande dans quelle mesure la religion a contribué à la civilisation. Le bilan du christianisme  - mais  l’analyse vaut pour d’autres religions, - est, selon lui, pour le moins mitigé :

 

« Prenons le cas qui intéresse le plus les membres de la civilisation occidentale : l'enseignement du Christ, tel qu'il est recueilli dans les Évangiles, a eu vraiment très peu d'action sur l'éthique des chrétiens. Le caractère le plus important du christianisme, d'un point de vue social et historique, n'est pas le Christ, mais l'Église, et s'il nous faut porter un jugement sur le christianisme en tant que force sociale, ce n'est pas aux Évangiles qu'il nous faut nous reporter pour l'étayer. Le Christ a enseigné qu'il faut donner ses biens aux pauvres, qu'il ne faut pas se battre, qu'il ne faut pas se rendre à l'église et qu'il ne faut pas punir l'adultère Ni les catholiques ni les protestants n'ont manifesté un vif désir de suivre cet enseignement, sous quelque forme que ce soit. Quelques franciscains, c'est vrai, ont tenté de répandre la doctrine de la pauvreté apostolique, mais le pape les a condamnés et leur doctrine fut déclarée hérétique. Considérez d'autre part un texte comme celui-ci : « Ne jugez pas afin de n'être pas jugé », et demandez-vous quelle influence un tel principe a exercé sur l'Inquisition et sur le Ku Klux Klan, par exemple.

Ce qui est vrai du christianisme l'est également du bouddhisme. Le Bouddha était un homme affable et éclairé; sur son lit de mort, il se moquait de ses disciples qui le croyaient immortel. Mais les prêtres bouddhistes, tels qu'ils existent au Tibet notamment, furent obscurantistes, tyranniques et cruels au plus haut point.

La différence entre l'Église et son fondateur n'a rien d'accidentel. Dès qu'on suppose que la vérité absolue réside dans les dires d'un homme, un corps d'experts apparaît qui interprète ses dires, et ces experts, infailliblement, prennent toute la place, puisqu'ils détiennent la clef de la vérité. Comme c'est le cas de toute caste privilégiée, ils utilisent leur puissance à leur avantage personnel. Ils sont toutefois pires à un certain point de vue. Étant chargés d'exposer une vérité immuable, révélée une fois pour toutes dans son absolue perfection, ils deviennent nécessairement les ennemis de tout progrès intellectuel et moral. L'Église fut hostile à Galilée et à Darwin ; de nos jours elle est hostile à Freud. À l'époque de sa plus grande puissance, elle alla encore plus loin dans son opposition à l'intelligence. Le pape Grégoire le Grand pouvait écrire à un évêque une lettre qui commençait ainsi : « Il nous est parvenu un rapport dont nous ne pouvons parler sans rougir, à savoir que vous expliquez la grammaire à des amis. » L'évêque fut contraint de renoncer à cette œuvre perverse, et il fallut attendre la Renaissance pour que le monde se remît à respirer. Le caractère pernicieux de la religion ne se manifeste pas seulement dans le domaine de l'esprit, mais aussi sur le plan de la morale. Je veux dire par là qu'elle enseigne un code éthique peu propre à assurer le bonheur de l'homme ».  La religion a-t-elle contribué à la civilisation ? (1930) Bertrand Russell,   in Pourquoi je ne suis pas chrétien ? Traduction Guy Le Clech, Ed. Lux, 2011.

Par laurence hansen-love - Communauté : philosopher
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Mardi 5 juin 2012 2 05 /06 /Juin /2012 10:55

 

 Voir ce soir le documentaire sur Arte  "Survivre au progrès"

 

"La soif de croissance ne peut conduire qu'à des catastrophes environnementales"

 

"La foi dans le progrès est devenue quasiment religieuse, fondamentaliste.."

 

http://television.telerama.fr/tele/programmes-tv/survivre-au-progres,38045075.php

http://www.hansen-love.com/article-5255341.html

Par laurence hansen-love - Communauté : philosopher
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Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 11:35

 

 

 C'est un excellent sujet pour IEP sur la religion.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pepin-un-homme-libre.jpg

 

Parfait  sujet pour IEP , hexaconcours!

 

Je vous recommande  l'excellent  livre de Pepin, et notamment la petite note sur Vattimo à la fin "Croire en Dieu après la mort de Dieu"

 Cela recoupe mon analyse concernant ce Dieu qui n'est pas nécessairement une réponse, mais aussi, éventuellement une question.

 


http://lewebpedagogique.com/boutique/dieu-nest-pas-la-question-mais-la-reponse/ Pour Vattimo, c'est précisément  parce que  l'on doute que l'on peut croire.... paradoxal, n'est-ce pas?

 

 

 

 

Par laurence hansen-love - Communauté : philosopher
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Samedi 31 mars 2012 6 31 /03 /Mars /2012 15:21

 

Un islam hédoniste est-il possible ?

(partie 5)

 

 

Serge Provost

Professeur de philosophie 

 

Moderniser l’islam ?

 

Heureusement, il existe d’autres musulmans plus éclairés, en nombre croissant, plus modérés, plus réflexifs et plus conciliants envers la modernité, qu’on dénomme tantôt « libéraux », tantôt « réformistes » de l’islam. Ils voient la suite des choses autrement. On ne citera pas de noms, ils sont relativement connus. Ils sont invités dans nos médias pour y commenter un événement d’actualité, y parler de leurs travaux, d’une autre vision de l’islam. Questions : Sont-ils entendus chez eux ? Y exerce-t-il quelque influence ? Compte tenu de la vague fondamentaliste qui frappe les pays musulmans, une déferlante, y compris ceux du printemps arabe 2012, nous sommes en droit d’avoir des doutes. Ne rappellent-ils pas, à tort ou à raison, par-delà les clivages idéologiques et religieux, par-delà l’espace et le temps, un passé, un schème de pensée, une sensibilité, une militance et, aussi, des acteurs pourtant si près ?

  

Aux gens d’un certain âge, leurs combats pour la réforme ou la libéralisation de l’islam, qui incluent la question des femmes, rappellent étrangement ceux de théoriciens marxistes marginaux des années 1960-80 qui eurent leur heure gloire. Eux aussi bataillaient ferme contre la langue de bois, pour la modernisation du marxisme, la déstalinisation des esprits et des partis communistes. Ils en appelaient, eux aussi, à plus de démocratie, à plus d’ouverture aux nouvelles réalités contemporaines. Jusqu’à ce qu’ils s’aperçoivent, vaincus et contrits, que la doctrine elle-même, pour laquelle ils avaient consacré le meilleur d’eux-mêmes, durant tant d’années, engendrait le totalitarisme. Non sans raison, ces « camarades », ces anciens convertis, par milliers, décidèrent de sauter de ce train en marche. Ils furent « des compagnons de route » et devinrent des apostats. Un vain combat ? Tous les Raymond Aron de ce monde disaient que ce train déraillait et, à toute vapeur, fonçait droit dans le mur (voir L’opium des intellectuels, 1955). L’histoire des orthodoxies et de leurs contestations se répète-t-elle?

 

 

Pour un islam hédoniste

 

« Le plaisir est le commencement et la fin de la vie heureuse. »

Épicure.

 

Besoin d’un mémento ? L'hédonisme est le terme générique dénommant l'ensemble des théories morales fondées sur le plaisir à la fois comme valeur, principe et but de l'agir. Pour ce courant éthique diversifié, le plaisir est le bien, la seule chose digne d'être recherchée, car il constitue la principale source du bonheur humain. En conséquence, il devrait occuper une place de choix dans nos vies, puisque c'est en état de plaisir que nous éprouvons vraiment le sentiment d'exister. Devant toute action à poser, nous devrions toujours nous demander en quoi celle-ci permet, ou non d'augmenter notre plaisir.

 

D’où la nécessité d’un islam hédoniste, et rien d’autre. Et le plus vite sera le mieux. Pour les hommes, pour les femmes, pour les animaux (l’hallal = égorgement in vivo d’un être sensible) et pour tout ce qui vit. Un islam hédoniste qui, antique et durable axiome, « laisse à chacun le choix de prendre et de donner plaisir sans nuire à soi-même, aux autres et à la société. » Car l’autre, l’islam intégriste, procède de la pulsion de mort. Or, si, d’aventure, une certaine lecture de l’islam, voire l’islam lui-même, son corps de doctrine, s’avérait un problème et non une des solutions possibles au vivre ensemble, que devons-nous faire ? Que doivent faire les croyants ? Devraient-ils, comme les « petits camarades », prendre un train pour quelque part ? « Le droit de s’en aller », l’article manquant, le grand absent de toutes nos Chartes des Droits de l’Homme. S’en aller, peut-être, ou combattre. Combattre encore. Avec énergie. Une solution d’avenir. Celle que devraient emprunter les femmes d’Islam ?

 

Libres, légères, respectables et respectées

 

Nombre d’entre elles, des femmes occidentales, travaillant dans l'industrie de la séduction ( la soft et la hard ) osent affirmer, défendre et revendiquer, haut et fort, ce qui, dans des pays libres, devrait tenir du truisme éthique : liberté, légèreté, sensualité, sexualité et respectabilité ne sont nullement incompatibles.

 

En imposant la censure des images érotiques dans l’espace public, ô éternel retour du mal dans l’Histoire !, les fondamentalistes, toutes confessions religieuses confondues, réactualisent les antiques tabous pudibonds et redonnent un inquiétant coup de jeune aux vieux démons inquisitoriaux.

 

Plutôt tôt que tard, cela conduira-t-il à dévaloriser, rendre suspectes, voire impies (sacrilège !) la moindre représentation voluptueuse du corps humain, en l’occurrence le féminin, au profit, exclusif et maniaque, d'un paradigme moralisateur, interdicteur, faussement asexué, et hypocritement asexuel ? Que l’on soit croyant ou non, homme ou femme, est-ce de ce religieux-là dont les sociétés du 21e siècle débutant ont besoin ? Et si, en terminant, pour s’amuser un peu, on réécrivait la célèbre formule qui ouvrait ce texte : « Le 21e siècle sera laïque ou ne sera que religioseries ! » Amen. Inch Allah. Ni dieu ni maître, etc.

 

 

 

Par laurence hansen-love - Communauté : Culture générale, philosophie
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Samedi 31 mars 2012 6 31 /03 /Mars /2012 15:19

 

Un islam hédoniste est-il possible ?

(partie 4)

 

 

Serge Provost

Professeur de philosophie 

 

Les sorcières de l’islam...

 

Quand les sources revendiquées de la morale publique et privée reposent sur une religion, quelle qu’elle soit, faut-il s’étonner des dérives rigoristes en matière de répression sexuelle et l’imposition d’oukases par des hiérarques religieux carburant au double standard ? Dans le cas qui nous occupe - le Coran, les hadiths, la charia - et, en particulier, ceux qui en usent et en abusent, il n’y a guère d’ambiguïté possible. Surtout pour celles qui vont au front, souvent au risque de leur vie. Quand elles ne sont pas l’objet de persécution pure et simple, d’intimidation ou l’objet de raillerie, les féministes musulmanes, « expression oymorique ! », ironise Caroline Fourest, en sont encore à réclamer des droits, pourtant basiques, dont la liste, à elle seule, donne le tournis aux femmes « libérées » d’Occident.

 

et leur « liste noire » — plutôt pour que contre

 

La nature, les motifs et la variété de leurs revendications en fonction des pays laissent pantois.

Elles sont :

contre l’infibulation et l’excision (pratique courante en Somalie et au Soudan – voir le film autobiographique Fleur du désert de Sherry Hormann [2009] racontant l’histoire du top model Waris Dirie);

contre  les tribunaux et les « codes de la famille » connivents, préférentiels pour les hommes;

contre le voilement obligatoire et le mariage forcé, contre les « tests de virginité ».

 

Ouf ! Inspiration et expiration abdominale... et on reprend.

 

Elles sont :

pour la criminalisation des violences conjugales ( [...] (« il [le mari] lui est permis de la [son épouse] battre légèrement, avec ses mains, en prenant soin d'éviter le visage ou d'autres parties sensibles » [...] ) du médiatique d Al-Jazira, Cheikh Al-Qaradaoui, (voir ses émissions traduites On line et son best-seller Le licite et l'illicite en Islam, al-Qalam, 2004);

pour la criminalisation des crimes d’honneur (au Canada, où l’égalité hommes/ femmes est tenue pour un absolu moral et juridique, en 2012, le procès de Mohammed Shafia, l’affaire médiatique la plus suivie pendant des mois, se termine par la condamnation pour les meurtres prémédités de ses trois filles « trop occidentalisées », et de sa première femme. « Que le diable aille chier sur leurs tombes ! » a-t-il élégamment déclaré (une expression commune en Afghanistan) après les avoir claquemurées dans une automobile, puis envoyée par le fond dans une écluse du canal Rideau, à Ottawa);

pour la fin de la lapidation des femmes (Nigéria);

pour une plus grande tolérance envers la tenue vestimentaire (la journaliste Loubna Ahmed al-Hussein, récemment condamnée au Soudan pour avoir porté un pantalon jugé indécent);

pour le droit d’avoir leurs mots à dire sur l’interprétation des textes sacrés (accéder à des fonctions comme celles d'ouléma ou de docteur de la Loi), de pouvoir participer aux prières dans les mosquées, voire d’officier dans des prières mixtes;

pour la cessation immédiate d’émission de certificat de virginité encore émis par certains médecins en France; etc.

 

Ouf ! Inspiration profonde, par le nez, en pinçant quand même un peu les narines, puis, expiration.

 

Sans être devin, mais assurément simplet, on imagine que la route de la « libération » des femmes musulmanes sera longue et semée d’embûches politico-juridico-religieuses. Comme celles (subliminales ?) contenues dans l’aggiornamento de l’Église catholique (concile de Vatican II - 1962-1965), qui, au grand dam des ultraconservateurs, consentait à la modernité, à l’adaptation « progressive » aux mœurs de la société contemporaine.Vraiment ?

 

Une islamisation des corps et des esprits, en 2012 ?

 

Dans la plupart des  pays musulmans, le phénomène ne fait que s’amplifier, dès qu’il ose sortir de l’espace clos de la domesticité à laquelle il est assigné, le corps des femmes devient l’objet d’un contrôle social de tous les instants. Les récurrentes affaires de voile et de niqab imposés, et autres faits divers horribles (acide lancé aux visages des femmes dévoilées)  dont se nourrissent toutes les extrêmes droites, ne sont, somme toute, qu’un épiphénomène. Celui d’une vision datée, archaïque persistant à « faire de la femme l’auxiliaire du démon » (formule attribuée au Prophète selon la tradition), et ce, en pleine modernité/postmodernité/hypermodernité, qu’on les aime ou non.

 

Si cette conception « moyenâgeuse » du corps féminin, pour le dire poliment, patriarcale par principe (en vertu de la tradition, de la religion ou de la culture, ce qui revient souvent au même) ne parvient pas à lâcher du leste, ne faut-il pas craindre, d’une part, que les femmes musulmanes poursuivront, chez elles, plus péniblement encore, leur longue traversée du désert et, d’autre part, dans les pays qui accueillent en grand nombre, maris et enfants inclusivement, en très grand nombre, que les gouvernements, devant autant d’excès, fassent la sourde oreille à la moindre demande d’accommodements raisonnables ?

 

Est-elle une vue de l’esprit, cette islamisation ? Ces pathétiques histoires de famille, allant du frère aux cousins, si prompts à intimider la p’tite beur afin qu’elle porte le voile, en tout temps et en tous lieux, en passant par le caïd du hall d’immeuble qui ne rêve que d’en découdre avec les « souchiens », jusqu’à ces imans, les officiels comme les officieux, ces plaideurs quérulents, très remontés contre la culture du pays d’accueil, qu’ils rejettent par ailleurs, comme ils vitupèrent « l’Occident en général » parce qu’ils s’opposent à sa realpolitik droit-de-l'hommiste, sensible à la question palestinienne dans le discours, mais anti-palestinienne dans la geste. Une chatte n’y retrouve plus ses petits.  Ces faits, personnages, ces discours sont-ils inventés ?

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                     À suivre. 

Par laurence hansen-love - Communauté : philosopher
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