Samedi 16 septembre 2006
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Parce qu'elle nous libère de nos préjugés et qu'elle nous émancipe, la philosophie nous prépare à la citoyenneté universelle:
"L'esprit qui s'est accoutumé à la liberté et à l'impartialité de la contemplation
philosophique, conservera quelque chose de cette liberté et de cette impartia-
lité dans le monde de l'action et de l'émotion; il verra dans ses désirs et dans
ses buts les parties d'un tout, et il les regardera avec détachement comme les
fragments infinitésimaux d'un monde qui ne peut être affecté par les préoccu-
pations d'un seul être humain. L'impartialité qui, dans la contemplation, naît
d'un désir désintéressé de la vérité, procède de cette même qualité de l'esprit
qui, à l'action, joint la justice, et qui, dans la vie affective, apporte un amour
universel destiné à tous et non pas seulement à ceux qui sont jugés utiles ou
dignes d'admiration. Ainsi, la contemplation philosophique exalte les objets de
notre pensée, et elle ennoblit les objets de nos actes et de notre affection ; elle
fait de nous des citoyens de l'univers et non pas seulement des citoyens d'une
ville forteresse en guerre avec le reste du monde. C'est dans cette citoyenneté
de l'univers que résident la véritable et constante liberté humaine et la libé-
ration d'une servitude faite d'espérances mesquines et de pauvres craintes.
Résumons brièvement notre discussion sur la valeur de la philosophie : la
philosophie mérite d'être étudiée, non pour y trouver des réponses précises
aux questions qu'elle pose, puisque des réponses précises ne peuvent, en géné-
ral, être connues comme conformes à la vérité, mais plutôt pour la valeur des
questions elles-mêmes ; en effet, ces questions élargissent notre conception du
possible, enrichissent notre imagination intellectuelle et diminuent l'assurance
dogmatique qui ferme l'esprit à toute spéculation; mais avant tout, grâce à la
grandeur du monde que contemple la philosophie, notre esprit est lui aussi
revêtu de grandeur et devient capable de réaliser cette union avec l'univers qui
constitue le bien suprême".
B, Russell,
(1912), Éd. Pavot, 1975, pp. 185-186.
Russell et Einstein
"L'esprit qui s'est accoutumé à la liberté et à l'impartialité de la contemplation
philosophique, conservera quelque chose de cette liberté et de cette impartia-
lité dans le monde de l'action et de l'émotion; il verra dans ses désirs et dans
ses buts les parties d'un tout, et il les regardera avec détachement comme les
fragments infinitésimaux d'un monde qui ne peut être affecté par les préoccu-
pations d'un seul être humain. L'impartialité qui, dans la contemplation, naît
d'un désir désintéressé de la vérité, procède de cette même qualité de l'esprit
qui, à l'action, joint la justice, et qui, dans la vie affective, apporte un amour
universel destiné à tous et non pas seulement à ceux qui sont jugés utiles ou
dignes d'admiration. Ainsi, la contemplation philosophique exalte les objets de
notre pensée, et elle ennoblit les objets de nos actes et de notre affection ; elle
fait de nous des citoyens de l'univers et non pas seulement des citoyens d'une
ville forteresse en guerre avec le reste du monde. C'est dans cette citoyenneté
de l'univers que résident la véritable et constante liberté humaine et la libé-
ration d'une servitude faite d'espérances mesquines et de pauvres craintes.
Résumons brièvement notre discussion sur la valeur de la philosophie : la
philosophie mérite d'être étudiée, non pour y trouver des réponses précises
aux questions qu'elle pose, puisque des réponses précises ne peuvent, en géné-
ral, être connues comme conformes à la vérité, mais plutôt pour la valeur des
questions elles-mêmes ; en effet, ces questions élargissent notre conception du
possible, enrichissent notre imagination intellectuelle et diminuent l'assurance
dogmatique qui ferme l'esprit à toute spéculation; mais avant tout, grâce à la
grandeur du monde que contemple la philosophie, notre esprit est lui aussi
revêtu de grandeur et devient capable de réaliser cette union avec l'univers qui
constitue le bien suprême".
B, Russell,
(1912), Éd. Pavot, 1975, pp. 185-186.Russell et Einstein
Par laurence hansen-love
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Publié dans : Philosophie terminales
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On ne peut pas apprendre la philosophie. Mais on peut essayer d'apprendre .. à philosopher!
montrent qu'elles ont bien mangé, mais en digérant leur nourriture au-dedans et en fournissant au-dehors de la laine et du lait. Toi non plus donc, ne montre pas aux gens les principes de la philosophie, mais digère-les et montre les oeuvres qu'ils produisent".




