Préparation IEP (sciences-po)

Samedi 25 janvier 2014 6 25 /01 /Jan /2014 17:22

jj-Rousseau.pngLa religion naturelle, indépendante de toute révélation

 

Ce texte est  un extrait de la célèbre « Profession de foi du vicaire savoyard ». Le  narrateur  y  défend  la notion de « religion naturelle ». C’est une religion que l’on peut observer sans offenser les « Lumières »  :

« Vous ne voyez dans mon exposé que la religion naturelle : il est bien étrange qu'il en faille une autre. Par où connaîtrai-je cette nécessité ? De quoi puis-je être coupable en servant Dieu selon les lumières qu'il donne à mon esprit et selon les sentiments qu'il inspire à mon coeur ? Quelle pureté de morale, quel dogme utile à l'homme et honorable à son auteur puis-je tirer d'une doctrine positive, que je ne puisse tirer sans elle du bon usage de mes facultés ? Montrez-moi ce qu'on peut ajouter, pour la gloire de Dieu, pour le bien de la société, et pour mon propre avantage, aux devoirs de la loi naturelle, et quelle vertu vous ferez naître d'un nouveau culte, qui ne soit pas une conséquence du mien. Les plus grandes idées de la Divinité nous viennent par la raison seule. Voyez le spectacle de la nature, écoutez la voix intérieure. Dieu n'a-t-il pas tout dit à nos yeux, à notre conscience, à notre jugement ? Qu'est-ce que les hommes nous diront de plus ? Leurs révélations ne font que dégrader Dieu, en lui donnant les passions humaines. Loin d'éclaircir les notions du grand Être, je vois que les dogmes particuliers les embrouillent ; que loin de les ennoblir, ils les avilissent ; qu'aux mystères inconcevables qui l'environnent ils ajoutent des contradictions absurdes ; qu'ils rendent l'homme orgueilleux, intolérant, cruel ; qu'au lieu d'établir la paix sur la terre, ils y portent le fer et le feu. Je me demande à quoi bon tout cela sans savoir me répondre. Je n'y vois que les crimes des hommes et les misères du genre humain.

On me dit qu'il fallait une révélation pour apprendre aux hommes la manière dont Dieu voulait être servi ; on assigne en preuve la diversité des cultes bizarres qu'ils ont institués, et l'on ne voit pas que cette diversité même vient de la fantaisie des révélations. Dès que les peuples se sont avisés de faire parler Dieu, chacun l'a fait parler à sa mode et lui a fait dire ce qu'il a voulu. Si l'on n'eût écouté que ce que Dieu dit au coeur de l'homme, il n'y aurait jamais eu qu'une religion sur la terre.

Il fallait un culte uniforme ; je le veux bien : mais ce point était-il donc si important qu'il fallût tout l'appareil de la puissance divine pour l'établir? Ne confondons point le cérémonial de la religion avec la religion. Le culte que Dieu demande est celui du coeur ; et celui-là, quand il est sincère, est toujours uniforme. »

Jean-Jacques Rousseau,Émile ou de l'éducation (1762), in ouvres complètes, t. 3, éd. du Seuil, 1971, pp. 204-205.

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Mardi 21 janvier 2014 2 21 /01 /Jan /2014 14:20

Pas de république sans vertu du citoyen souverain.

 Quant à nos gouvernants et nos "pères", ils doivent donner l'exemple:

En république, le citoyen est souverain. C’est pourquoi la vertu, c’est-à-dire le principe qui l’anime, en est la condition. Il appartient à l’éducation d’inspirer cette vertu, c’est-à-dire l’amour de la république : 

« C'est dans le gouvernement républicain que l'on a besoin de toute la puissance de l'éducation. La crainte des gouvernements despotiques  naît d'elle-même parmi les menaces et les châtiments; l'honneur des monarchies est favorisé par les passions, et les favorise a son tour: mais la vertu  politique est un renoncement à soi-même qui est toujours une chose très pénible.

On peut définir cette vertu, l'amour des lois et de la patrie. Cet amour, demandant une préférence continuelle de l'intérêt public au sien propre, donne toutes les vertus particulières; elles ne sont que cette préférence.

 Cet amour est singulièrement affecté aux démocraties. Dans elles seules, le gouvernement est confié à chaque citoyen. Or, le gouvernement est comme toutes les choses du monde: pour le conserver, il faut l'aimer.

On n'a jamais ouï  dire que les rois n'aimassent pas la monarchie, et que les despotes haïssent le despotisme.

 Tout dépend donc d'établir dans la république cet amour; et c'est à l'inspirer que l'éducation doit être attentive. Mais, pour que les enfants puissent l'avoir, il y a un moyen sur: c'est que les pères l'aient eux-mêmes.

On est ordinairement le maître de donner à ses enfants ses connaissances; on l'est encore plus de leur donner ses passions. Si cela n'arrive pas, c'est que ce qui a été fait dans la maison paternelle est détruit par les impressions du dehors.

Ce n'est point le peuple naissent qui dégénère; il ne se perd que lorsque les hommes faits sont déjà corrompus ».

 Montesquieu, De l’Esprit des lois (1748), Première partie, Livre IV, chapitre V, p 160, Ed. G.F. Flammarion

  

« Si je savais quelque chose qui me fût utile et qui fût préjudiciable à ma famille, je le rejetterais de mon esprit. Si je savais quelque chose d'utile à ma famille et qui ne le fût pas à ma patrie, je chercherais à l'oublier. Si je savais quelque chose d'utile à ma patrie et qui fût préjudiciable à l'Europe, ou bien qui fût utile à l'Europe et préjudiciable au genre humain, je le regarderais comme un crime. »  (Pensées)

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Dimanche 19 janvier 2014 7 19 /01 /Jan /2014 15:12

raconter-la-vie.png

 

http://www.france2.fr/emissions/ce-soir-ou-jamais/videos/94952859?onglet=tous&page=1

Ecouter l'analyse de P. Rosanvallon en deuxième partie d'émission

Pourquoi cette passion populaire pour la vie des "peoples"?

"Cette visibilité généralisée des "peoples" est toxique, elle se  paye d' une invisibilité de la société réelle"

 

 (pour maître Kiejmann Hollande est un modèle de droiture et de force d'âme)

(pour Chantal Jouanno, les politiques doivent savoir qu'ils n'ont plus de vie privée)

 

(Philippe Sollers appelle de ses voeux un président gay accompagné à l'Elysée de son "premier homme")

 

http://culturebox.francetvinfo.fr/raconter-la-vie-la-parole-donnee-aux-invisibles-147803

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Dimanche 19 janvier 2014 7 19 /01 /Jan /2014 12:52

 (pour ceux qui sont nouveaux sur ce blog)

Dans un plaidoyer vigoureux en faveur  de la liberté de pensée, John Locke pose les fondements d’une théorie de la séparation radicale de l’Etat et de l’Eglise. L’autorité politique ne peut ni ne doit forcer les consciences. En revanche, il lui appartient de préserver les intérêts de  l’ensemble de  ses sujets. Par conséquent, les  individus ne peuvent être sanctionnés pour la manifestation de leurs convictions religieuses aussi longtemps que celles-ci ne constitue aucunement une menace pour l’ordre public.

 

Le port d’une chape ou d’un surplis ne peut pas plus mettre en danger ou menacer la paix de l’Etat que le port d’un habit ou d’un manteau sur la place du marché ; le baptême des adultes ne détermine pas plus de tempête dans l’Etat ou sur la rivière que le simple fait que je prenne un bain .[…]

Prier Dieu dans telle ou telle attitude ne rend en effet pas les hommes factieux ou ennemis les uns des autres ; il ne faut donc pas traiter cela d’une autre manière  que le port d’un chapeau ou d’un turban ; et pourtant, dans un cas comme dans l’autre, il peut s’agir d’un signe de ralliement susceptible de donner aux hommes l’occasion de se compter, de connaître leurs forces, de s’encourager les uns les autres et de s’unir promptement en toute circonstance. En sorte que,  si on exerce sur eux une contrainte, ce n’est pas parce qu’ils ont telle ou telle opinion sur la manière dont il convient de pratiquer le culte divin, mais parce qu’il est dangereux qu’un grand nombre d’hommes manifestent ainsi leur singularité quelle que soit par ailleurs leur opinion. Il en irait de même pour toute mode vestimentaire par laquelle on tenterait de se distinguer du magistrat 1 et de ceux qui le soutiennent ; lorsqu’elle se répand et devient un signe de ralliement pour un grand nombre de gens qui, par là, nouent d’étroites relations de correspondance  et d’amitié les uns avec les autres, le magistrat ne pourrait-il pas en prendre ombrage, et ne pourrait-il pas user de punitions pour interdire cette mode, non parce qu’elle serait illégitime, mais à raison des dangers dont elle pourrait être la cause ? Ainsi un habit laïc peut avoir le même effet qu’un capuchon de moine ou que toute autre pratique religieuse".

 John  Locke, Essai sur la tolérance  (1667), trad. Jean Le Clerc, Ed. Garnier Flammarion, 1992, pp 110 et 121.

NOTE 1 : Le magistrat est ici le représentant et le symbole de l’autorité politique, laquelle a pour mission de préserver les intérêts de tous ceux qui sont soumis à sa juridiction.

 

 

 

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Dimanche 19 janvier 2014 7 19 /01 /Jan /2014 10:31

penser-la-laicite.jpghttp://www.franceculture.fr/emission-repliques-0

Extrait:

 

"Il y a des crèches catholiques, musulmanes.. il doit exister des crèches neutres"

"Nos petits enfants ont droit à la laïcité. Les signes religieux n'ont pas leur place dans les lieux d'enseignement public.."

 

     Faut-il remplacer le mot"intégration" par le mot "inclusion"?


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