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Samedi 20 janvier 2007
Comment différencier une idée vraie d'une idée fausse? Chaque idée doit comporter une sorte de signature  ou de marque qui indique sa qualité:

"Qui a une idée vraie sait en même temps qu'il a une idée vraie et ne peut douter de la vérité de sa connaissance. [...]
Car nul, ayant une idée vraie, n'ignore que l'idée vraie enveloppe la plus haute certitude; avoir une idée vraie, en effet, ne signifie rien, sinon connaître une chose parfaitement ou le mieux possible; et certes personne ne peut en douter, à moins de croire que l'idée est quelque chose de muet comme une peinture sur un panneau et non un mode de penser, savoir l'acte même de connaître; et, je le demande, qui peut savoir qu'il connaît une chose, s'il ne connaît auparavant la chose? c'est-à-dire qui peut savoir qu'il est certain d'une chose, s'il n'est auparavant certain de cette chose ? D'autre part, que peut-il y avoir de plus clair et de plus certain que l'idée vraie, qui soit norme de vérité  (1? Certes, comme la lumière se fait connaître elle-même et fait connaître les ténèbres, la vérité est norme d'elle-même et du faux. Par là je crois avoir répondu aux questions suivantes, savoir: si une idée vraie, en tant qu'elle est dite seulement s'accorder avec ce dont elle est l'idée, se distingue d'une fausse; une idée vraie ne contient donc aucune réalité ou perfection de plus qu'une fausse (puisqu'elles se distinguent seulement par une dénomination extrinsèque), et conséquemment un homme qui a des idées vraies ne l'emporte en rien sur celui qui en a seulement de fausses? Puis d'où vient que les hommes ont des idées fausses? Et, enfin, d'où quelqu'un peut-il savoir avec certitude qu'il a des idées qui conviennent à leurs objets? À ces questions, dis-je, je pense avoir déjà répondu. Quant à la différence, en effet, qui est entre l'idée vraie et la fausse, il est établi par la Proposition 35  (2 qu'il y a entre elles deux la même relation qu'entre l'être et le non-être. [...]

Par là apparaît aussi quelle différence est entre un homme qui a des idées vraies et un homme qui n'en a que de fausses. Quant à la dernière question enfin : d'où un homme peut savoir qu'il a une idée qui convient avec son objet, je viens de montrer suffisamment et surabondamment que cela provient uniquement de ce qu'il a une idée qui convient avec son objet, c'est-à-dire de ce que la vérité est norme d'ellemême. Ajoutez que notre Âme, en tant qu'elle perçoit les choses vraiment, est une partie de l'entendement infini de Dieu [...] et qu'il est donc aussi nécessaire que les idées claires et distinctes de l'Âme soient vraies, que cela est nécessaire des idées de Dieu".
Baruch Spinoza, Éthique (1677), 2' partie, proposition XLIII, Éd. Garnier-Flammarion, 1965, trad. Ch. Appuhn, pp. 117-118.


1. Spinoza fait de l'évidence un critère de la vérité. Est évident, au sens propre (du latin videre, a voir »), ce qui ne peut pas ne pas être vu, ce qui s'impose par sa totale clarté.
2. « La fausseté consiste dans une privation de connaissance qu'enveloppent les idées inadéquates, c'est-à-dire mutilées et confuses.
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Samedi 20 janvier 2007
Pour découvrir la vérité, suivez les conseils de Descartes. Voici les quatre règles de la méthode:



"Au lieu de ce grand nombre de préceptes dont la logique est composée, je crus que j'aurais assez des quatre suivants, pourvu que je prisse une ferme et constante résolution de ne manquer pas une seule fois à les observer.
Le premier était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle; c'est-à-dire d'éviter soigneusement la précipitation et la prévention` ; et de ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présenterait clairement et si distinctement à mon esprit, que je n'eusse aucune occasion de le mettre en doute.
Le second, de diviser chacune des difficultés que j'examinerais, en autant de parcelles qu'il se pourrait et qu'il serait requis pour les mieux résoudre.
Le troisième, de conduire par ordre mes pensées, en commençant par les objets les plus simples et les plus aisés à connaître, pour monter peu à peu, comme par degrés, jusques à la connaissance des plus composés; et supposant même de l'ordre entre ceux qui ne se précèdent point naturellement les uns les autres.
Et le dernier, de faire partout des dénombrements si entiers, et des revues si générales, que je fusse assuré de ne rien omettre".
René Descartes, Discours de la méthode (1637), 2' partie, Éd. Hatier, coll. Classiques Hatier de la philosophie, 1999, p. 23.
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Samedi 20 janvier 2007
C'est le titre du Monde ce soir: Paupérisés, les profs manifestent
"Une étude révèle que le pouvoir d'achat a baissé dans le secondaire de 20% depuis 1981"

Et c'est bien pire à Paris.. je suppose.
 Ce n'est vraiment pas le moment de faire ce métier déjà ingrat en soi....
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Samedi 20 janvier 2007
Voici deux extraits de sa célèbre conférence, "De la liberté des anciens comparée à celle des modernes":

Dans cette conférence prononcée en 1819, le philosophe  Benjamin Constant explique en quoi notre conception de la liberté diffère  celle des anciens. De "positive" (le pouvoir de participer aux affaires publiques ), elle est devenue "négative"  (ne pas être opprimé).En d'autres termes, un citoyen moderne attend surtout du pouvoir la protection de ses intérêts personnels.

"Nous ne pouvons plus jouir de la liberté des anciens, qui se composait de la participation active et constante au pouvoir collectif. Notre liberté à nous doit se composer de la jouissance paisible de l'indépendance privée. La part que dans l'antiquité chacun prenait à la souveraineté nationale n'était point, comme de nos jours, une supposition abstraite. La volonté de chacun avait une influence réelle; l'exercice de cette volonté était un plaisir vif et répété. En conséquence, les anciens étaient disposés à faire beaucoup de sacrifices pour la conservation de leurs droits politiques et de leur part dans l'administration de l'État. Chacun sentant avec orgueil tout ce que valait son suffrage, trouvait, dans cette conscience de son importance personnelle, un ample dédommagement.
Ce dédommagement n'existe plus aujourd'hui pour nous. Perdu dans la multitude', l'individu n'aperçoit presque jamais l'influence qu'il exerce. Jamais sa volonté ne s'empreint sur l'ensemble, rien ne constate à ses propres yeux sa coopération. L'exercice des droits politiques ne nous offre donc plus qu'une partie des jouissances que les anciens y trouvaient, et en même temps les progrès de la civilisation, la tendance commerciale de l'époque, la communication des peuples entre eux, ont multiplié et varié à l'infini les moyens de bonheur particulier. [...]
Le but des anciens était le partage du pouvoir social entre tous les citoyens d'une même patrie; c'était là ce qu'ils nommaient liberté. Le but des modernes est la sécurité dans les jouissances privées; et ils nomment liberté les garanties accordées par les institutions à ces jouissances. [...]
La liberté individuelle, je le répète, voilà la véritable liberté moderne. La liberté politique en est la garantie; la liberté politique est par conséquent indispensable. Mais demander aux peuples de nos jours de sacrifier comme ceux d'autrefois la totalité de leur liberté individuelle à la liberté politique, c'est le plus sûr moyen de les détacher de l'une, et quand on y serait parvenu, on ne tarderait pas à leur ravir l'autre".
Benjamin Constant,« De la liberté des anciens comparée à celle des modernes » (1819),dans Écrits politiques, Gaillard, colt. «Folio», 1997, p. 275-276 et 285.

Second extrait:


(Le citoyen  doit tout à l État, selon Rousseau.Au contraire  , pour Benjamin Constant, cette conception vaut pour la démocratie antique (texte précédent), mais non pour la démocratie moderne . Pour les Mondernes, la  citoyenneté, consiste, non dans la participation au monde commun (l exercice des droits politiques), mais dans la seule  jouissance privée des droits civils).

Demandez-vous d'abord, Messieurs, ce que de nos jours un . un Français, un habitant des États-Unis de l'Amérique, entendes mot de liberté?
C'est pour chacun le droit de n'être soumis qu'aux lois, de ne pouvoir être arrêté, ni détenu, ni mis à mort, ni maltraité d'aucune manière, par l'effet de la volonté arbitraire d'un ou de plusieurs individus. C'est pour  chacun le droit de dire son opinion, de choisir son industriel et de l'exercer; de disposer de sa propriété, d'en abuser même; d'aller, de venir, sans  en obtenir la permission, et sans rendre compte de ses motifs ni de ses  démarches. C'est, pour chacun, le droit de se réunir à d'autres individus,   soit pour conférer sur ses intérêts, soit pour professer le culte que 1 associés préfèrent, soit simplement pour remplir ses jours et ses heures d'une manière plus conforme à ses inclinations, à ses fantaisies. Enfin, c'est le droit pour chacun, d'influer sur l'administration du gouvernement [...] par des représentations, des pétitions, des demandes, que l'autorité est plus ou moins  obligée de prendre en considération. Comparez maintenant à cette liberté celle des anciens.
Celle-ci consistait à exercer collectivement, mais directement  plusieurs parties de la souveraineté tout entière, à délibérer sur la place publique,   de la guerre et de la paix [...], à voter les lois, à prononcer les jugements, à examiner les comptes, les actes, la gestion des magistrats, à les  paraître devant tout un peuple [...] ; mais en même temps c'était là ce que clé  les anciens nommaient liberté, ils admettaient, comme compatible avec  cette liberté collective, l'assujettissement complet de l'individu à l'autorité de l'ensemble. Vous ne trouverez chez eux presque aucune des jouissances  que nous venons de voir faisant partie de la liberté chez les modernes. Toutes les actions privées sont soumises à une surveillance sévère. Rien n'est accordé à l'indépendance individuelle, ni sous le rapport des opinions, ni sous celui de l'industrie, ni surtout sous le rapport de la religion. [...]
Ainsi chez les anciens, l'individu, souverain presque habituellement dans les affaires publiques, est esclave dans tous ses rapports privés. Comme citoyen, il décide de la paix et de la guerre; comme particulier, il est circonscrit, observé, réprimé dans tous ses mouvements [...]. Chez les modernes, au contraire, l'individu, indépendant dans la vie privée, n'est, même dans les États les plus libres, souverain qu'en apparence. Sa souveraineté est restreinte, presque toujours suspendue; et si à époques fixes, mais rares [...], il exerce cette souveraineté, ce n'est jamais que pour l'abdiquer".
Benjamin Constant,«De la liberté des anciens comparée à celle des modernes» (1819),Écrits politiques, Gallimard, coll. «Folio», 1997, p. 593-595













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Samedi 20 janvier 2007
A propos de Benjamin Constant, "homme de gauche  libéral" :
"Depuis la révolution française, le libéralisme est de gauche, il n y a que quelques crétins au PS pour ne pas le savoir"
( A sa décharge , il dit aussi: je crois que si Jaurès devait choisir, il ne voterait pas pour Sarkozy)
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Samedi 20 janvier 2007

RESUME de la Préface de la seconde édition de la Critique de la raison pure

 LES CHANGEMENTS DE LA SECONDE ÉDITION
Les corrections apportées à la seconde édition de la "Critique de la raison pure" concernent l'exposition, dans ses difficultés et son obscurité. Rien n'a été changé aux propositions avancées et à leur démonstration, car la " Critique de la Raison Pure" forme un système dans lequel tout se tient (chaque partie existe en vue du tout et le tout en vue de chaque partie), et tout changement produirait inévitablement des contradictions. Soucieux de poursuivre son oeuvre, qui doit notamment conduire à une métaphysique de la nature et une métaphysique des moeurs, l'auteur met ainsi un terme à son travail sur la première de ses trois Critiques.

 COMMENT TROUVER LA VOIE SÛRE DE LA SCIENCE ?
§ 1. À quoi reconnaît-on que des connaissances rationnelles (mettant en oeuvre des principes inhérents à la raison, qui ne sont donc pas tirés de l'expérience) forment une véritable science ? L'auteur répond dans un premier temps de manière négative les hésitations, les désaccords sont la preuve qu'il s'agit encore de tâtonnements et non de « la voie sûre de la science ». La réponse positive panse par l'examen de trois sciences effectives : la logique, la mathématique et la physique.
LA LOGIQUE
§ 2. La logique est apparemment un exemple positif de connaissance rationnelle. Connue depuis Aristote, elle n'a pas subi de changements notables et paraît quasiment achevée lorsqu'on la considère dans sa limitation, en tant que science des règles de toute pensée qui vise à établir le vrai, indépendamment du contenu particulier de cette pensée.
§ 3, Mais cette limitation spécifique, en vertu de laquelle la logique est une science formelle et n'a pas d'objet hors d'elle, la raison n'y ayant affaire qu'à elle-même, la met à part des autres sciences, qui visent la connaissance d'objets. En ce sens, le cas de la logique n'est pas exemplaire. La logique est certes rationnelle, mais elle n'est pas une science à proprement parler, elle est le « vestibule » de la science.
 § 4. La science véritable est une connaissance en tant qu'elle a un objet hors d'elle, avec lequel elle établit une relation, et elle est rationnelle dans la mesure où cette relation s'établit à partir de ses propres principes ou concepts, qui sont a priori, c'est-à-dire indépendants, en eux-mêmes, de ce à quoi ils s'appliquent.
LA MATHEMATIQUE ET LA LOGIQUE
§5.Ces deux connaissances, dont nul ne peut contester qu'elles sont des sciences, illustrent précisément cette caractérisation. Elles ont un objet distinct de la raison (les figures eues nombres ; les phénomènes), qu'elles déterminent de manière a priori. Elles pourraient donc apporter une réponse à la question posée.
Après une longue période de tâtonnements, la mathématique a trouvé la voie sûre d'une science grâce à une révolution de sa manière de penser qui a été le fait d'un seul homme. Celui-ci a compris qu'au lieu de vouloir reconnaître les propriétés dans la figure géométrique qui se présente, il fallait construire cette figure à partir des exigences de la pensée.
Le tâtonnement de la physique a encore été beaucoup plus long, et la révolution de la manière de penser y a été le fait de plusieurs hommes.
§ 8. L'exemple des récentes découvertes en physique (Galilée, Torrricelli, Stahl) montre que la raison doit prendre les devants et interroger l'expérience à partir de ses principes. Elle ne peut trouver dans la nature que ce qu'elle y met elle-même à partir de son propre plan.
LA METAPHYSIQUE
§ 9. À l'opposé de la mathématique et la physique, la métaphysique n'a pas encore trouvé la voie sûre de la science. Connaissance rationnelle qui veuttout saisir a priori, indépendamment de toute expérience, elle n'est encore qu'un terrain de luttes sur lequel ses partisans s'affrontent sans fin et sans succès.
§ 10. Les questions qu'elle poursuit sont de celles que l'homme doit immanquablement se poser, alors qu'elle ne semble pas pouvoir y répondre. Son échec est une mise en cause de la raison. Cette situation est-elle sans remède ?
LA REVOLUTION COPERNICIENNE
§ 11.
L'exemple de la mathématique et de la physique peut conduire à une réponse qui permettrait à la métaphysique de trouver la voie sûre d'une science. Cette réponse prend son point de départ dans une hypothèse qui renverse entièrement le présupposé fondamental d'après lequel la connaissance serait le « reflet » ou la « copie », dans l'esprit, de ce qui existe hors de lui. Au lieu que ce soit l'esprit qui se règle sur les choses, comme on l'admet communément, ne seraient-ce pas les choses qui se règlent sur l'esprit ? Un tel renversement est analogue à celui qu'a effectué l'astronome Copernic confronté aux difficultés qui résultent de l'hypothèse selon laquelle les étoiles tourneraient autour du spectateur supposé immobile, il se demanda si ce ne serait pas plutôt le spectateur qui tournerait, les étoiles restant immobiles. D'où l'idée d'une « révolution copernicienne », qui rend possible une connaissance a priori.
LA LIMITATION DU SAVOIR
§ 12.
Ce renversement dans la conception de la connaissance a pour conséquence une limitation essentielle de celle-ci. Les concepts a priori mettent en forme des objets fournis par l'expérience, et c'est cette synthèse qui constitue la connaissance. Dès lors, hors d u champ de l'expérience, il n'y a pas de connaissance possible. Cette limitation paraît ruiner la métaphysique dans sa prétention à connaître ce qui est au-de là de l'expérience (le suprasensible : l'âme, la liberté, Dieu). La connaissance n'atteint que les phénomènes (les choses telles qu'elles se manifestent dans l'expérience), les choses en soi sont inconnaissables. Mais au-delà de ce qui est connu par l'entendement, ce qui est pensé par la raison peut être mis au fondement de la pratique.
LA CRITIQUE
§ 13. La "Critique de la raison pure" a pour objet une révolution radicale de la métaphysique. Elle est la méthode (chemin), non la science elle-même, dont elle délimite cependant le système et les contours.
 § 14. Négative lorsqu'elle limite la connaissance spéculative, la Critique est positive lorsqu'elle libère, du même coup, l'usage pratique de la raison pure. La connaissance spéculative est limitée aux objets de l'expérience ; les choses en soi ne peuvent être connues, mais elles peuvent être pensées. Il est dès lors possible d'admettre que les phénomènes, objets de notre connaissance, sont entièrement déterminés et qu'une chose en soi, que nous pouvons penser mais jamais connaître, comme l'âme humaine par exemple, est libre.
§ 15. La Critique n'est préjudiciable qu'aux prétentions des écoles, qui se croyaient dépositaires de la connaissance des réalités suprasensibles ; elles devront dorénavant se limiter à la culture des preuves de l'immortalité de l'âme, de la liberté de la volonté et de l'existence de Dieu auxquelles les hommes ont toujours été sensibles. La Critique mettra fin aux querelles des métaphysiciens dès lors que les gouvernements prendront soin de préserver sa liberté.
§ 16. Sans une Critique préalable du pouvoir de la raison, la démarche de celle-ci prend la forme illégitime du dogmatisme. A partir de la Critique, une métaphysique en tant que science devient possible, selon le procédé de la démonstration rigoureuse à partir de principes a priori assurés.

VOCABULAIRE
A PRIORI/ A POSTERIORI
Ces expressions latines signifient respectivement« en partant de ce qui vient avant »et« en partant de ce qui vient après » ;elles ont alors un sens temporel. A partir de Kart, ce sens devient logique en philosophie : est a priori ce qui précède logiquement l'expérience et qui est donc indépendant de celle-ci (les catégories et concepts purs de l'entendement, les formes de la sensibilité, c'està-dire l'espace et le temps) mais constitue la condition de notre appréhension de l'expérience. Est a posteriori ce qui découle de l'expérience, en dépend et ne peut pas être établi autrement qu'à partird'elle. L'apriori est formel et pur, l'a posteriori relève de l'expérience. L'universel et le nécessaire sont la marque des concepts a priori.
CHOSE EN SOI/PHÉNOMÈNE
La chose en soi désigne le réel tel qu'il est en lui-même, indépendamment de toute connaissance qu'on en a. Le phénomène désigne le réel tel qu'il est connu, tel qu'il est pour nous, c'est-à-dire tel qu'il se manifeste au sujet connaissant : à la sensibilité qui appréhende le réel dans les formes a priori de l'espace et du temps, et à l'entendement qui place les intuitions ainsi formées sous les catégories et les
concepts purs. La chose en soi nous est inconnaissable ; nous pouvons seulement dire ce qu'elle n'est pas, qu'elle restreint les prétentions de la connaissance sensible et qu'elle doit être nécessairement supposée au fondement des phénomènes. Le phénomène est le réel non tel qu'il es' en soi, mais par rapport à nous et notre pouvoir de connaître ; il est objet d'expérience.
CONCEPT
Le concept est une représentation abstraite et générale, qui réuni des caractéristiques propres à une classe d'objets. Il est une forme, ou règle d'unification du divers, issue de l'entendement qui a besoin d'être appliquée ô une matière pour constituer une connaissance effective ; cette matière lui est fournie par la sensibilité au moyen des intuitions. Le concept peut être pur, il appartienf alors à l'entendement et s'appelle une catégorie s'il est premier (et non dérivé d'autres concepts purs) ;il peut aussi être empirique, c'est-à-dire tiré de l'expérience à partir de l'application à celle-ci de certains concepts purs.
CRITIQUE
La critique est l'examen des conditions de possibilité d'un usage légitime de notre pouvoir de connaître ; elle est la connaissance de soi de la raison. Elle doit instituer « un tribunal qui garantisse [la raison] dans ses prétentions légitimes et puisse en retour condamner toutes ses usurpations sans fondements, non pas d'une manière arbitraire, mais au nom de ses lois éternelles et immuables. » (Critique de la raison pure, PUF, p. 7.) Elle est à cet égard une propédeutique (ou exercice préliminaire) à la métaphysique en tant que recherche d'une connaissance pure a priori (Critique de la raison pure, PUF, p. 563).
DOGMATISME
Le dogmatisme est la croyance en la toute-puissance de la raison, la prétention de progresser par l'usage de la raison pure sans une critique préalable du pouvoir de cette raison. En revanche, le « procédé dogmatique » est la démarche démonstrative rigoureuse que doit adopter la science, en s'appuyant sur des principes a priori sûrs.
ENTENDEMENT
L'entendement est le pouvoir d'unifier, au moyen de règles, les données sensibles que la sensibilité fournit sous la forme des intuitions. Il fournit, quant à lui, les concepts qui sont « vides » sans les intuitions, tandis que les intuitions sont « aveugles » sans les concepts (Critique de la raison pure). L'usage des catégories et des concepts qui en dépendent est limité aux données sensibles, c'est-à-dire à l'expérience. L'entendement se distingue de la raison, qui manifeste le besoin
d'une unité plus haute en s'élevant par le moyen des idées et des principes au-dessus de l'expérience, que ce soit pour élaborer l'unité de toutes les connaissances (raison théorique) ou pour dire ce qui doit être (raison pratique).
INCONDITIONNÉ
« Le principe propre de l'usage de la raison en général (dans son usage logique) est de trouver, pour la connaissance conditionnée de l'entendement, l'inconditionné qui en achèvera l'unité. » (Critique de la raison pure, PUF, p. 259.)
INTUITION
L'intuition est la représentation immédiate d'un objet, qui nous le donne à connaître, et constitue la matière de nos connaissances, à laquelle le concept apporte la forme. « Des
pensées sans contenu sont vides, des intuitions sans concept, aveugles. » (Critique de la raison pure, PUF, p. 77.)
LOGIQUE
La logique est la science qui traite de la forme des raisonnements, indépendamment de leurs contenus ou objets. On appelle validité la conformité de ces raisonnements aux lois formelles de la pensée. Kant distingue la logique (celle qu'il nomme simplement « logique » dans la Préface de la seconde édition) et la logique transcendantale, qui établit la possibilité d'une connaissance a priori des objets.
MÉTAPHYSIQUE
La métaphysique ou « philosophie première » est définie depuis Aristote comme la connaissance des premières causes et des premiers principes. Or la Critique de la raison pure conteste radicalement la possibilité même d'une telle connaissance, c'est-à-dire d'une connaissance d'objets suprasensibles, hors du champ de toute expérience possible, parce qu'elle excède les limites de notre pouvoir de connaître que cette Critique s'efforce justement d'établir. En ce sens, la métaphysique est pour Kant une entreprise vaine. Mais cette même Critique veut rétablir en son vrai sens l'intention métaphysique : elle est alors une connaissance rationnelle pure (en cela elle se distingue de toute connaissance empirique), mais une connaissance de principes rationnels déterminés (et en cela elle s'oppose à la logique, qui est purement formelle). En tant que métaphysique de la nature, elle contient les principes purs de la connaissance théorique de toutes choses ; en tant que métaphysique des moeurs, elle contient les principes qui président à l'usage pratique de la raison et qui sont alors indépendants de toute anthropologie ou connaissance de l'homme, nécessairement établie à partir de l'expérience. En ce sens positif, la métaphysique suppose la Critique, qui seule la rend possible et qu'elle-même accomplit ou achève.
PRATIQUE
La pratique est le domaine de ce qui est possible par liberté. Ce terme désigne donc le champ des actions humaines en tant qu'elles relèvent d'une volonté qui peut être déterminée par la raison pratique sous la forme de la loi morale.
RAISON
Dans son sens large, la raison est la faculté qui fournit des principes a priori, d'une part pour la connaissance (raison théorique ou spéculative), d'autre part pour l'action (raison pratique). Au sens étroit, dans lequel elle se distingue de l'entendement, elle unifie les connaissances élaborées par l'entendement.
SCIENCE
Toute science est un système de connaissances, par opposition à un simple agrégat ; elle doit être ordonnée par des principes et liée par l'idée d'un tout (idée qui ne se précise cependant qu'en cours de progression).
SENSIBILITÉ
La sensibilité est « la capacité de recevoir (réceptivité) des représentations grâce à la manière dont nous sommes affectés par des objets. » (Critique de la raison pure, PUF, p. 53.) La représentation que fournit la sensibilité, qui se rapporte de manière immédiate aux objets, contrairement aux concepts qui s'y rapportent de manière médiate, estune intuition. L'intuition est déjà en elle-même une mise en forme du « pur divers » de la sensation par la sensibilité, au moyen des formes a priori de la sensibilité, l'espace et le temps, qui constituent l'« intuition pure » lorsqu'on les considère indépendamment de tout objet empirique.
SPÉCULATION/SPÉCULATIF
La raison spéculative cherche à déterminer ce qui est, par opposition à ce qui doit être, et qui est objet de la raison pratique. En un sens plus restreint, la démarche spéculative est celle qui vise la connaissance d'objets qui sont hors de l'expérience.

( REALISE PAR OLE HANSEN-LOVE pour  son Introduction à la Préface de la Critique de la raison pure Hatier 2002)

Nota bene: l'ouvrage sera disponible dans son intégralité sur le site de l'Académie de Grenoble
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Vendredi 19 janvier 2007
Vous trouverez une fiche sur cet ouvrage sur le site Philosophie et spirtualité dans la rubrique
documents, ouvrages étudiés.
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Vendredi 19 janvier 2007
Sujet donné à mes élèves de terminales.
Quelques remarques: il est absolument évident que non (attention : ne pas dévier, la question  "peut-on convaincre sans avoir raison?" n'est en toute rigueur  pas dans le sujet).
 Il est conseillé vivement de lire "Science et religion" de B. Russell, où l'on voit que ceux qui ont raison (les savants et les philosophes ) ont toujours tort du point de vue de leurs contemporains.
 Les exemples de Socrate, Galilée, Spinoza sont assez éloquents!
Ainsi que des exemples contemporains dont l'un défraie actuellement la chronique.

 Donc le fait est avéré : on ne convainc pas parce qu'on a raison. Inutile de passer toute la copie à le constater!

Alors qu'est-ce que l'on va dire dans le devoir?
 Il faut se demander:
 1)Que signifie "avoir raison" et quel est le rapport entre "avoir raison " et la raison . On distinguera la raison rationnelle (j'ai raison, je dis quelque chose qui est vrai  et je le démontre avec des preuves, des arguments rationnels) et la raison raisonnable (ma position est juste, elle est réfléchie,  prudente, elle  est  acceptable par tous les hommes raisonnables, ou bien elle est universalisable)

2)  Pourquoi il ne suffit pas d'avoir raison pour convaincre.  A quoi cela tient. Il y a des explications extrinsèques (le contexte) ou intrinsèques (je ne sais pas m'y prendre, je suis maladroit!) ou plus radicales: il y a certaines vérités que les hommes s'interdisent d'entendre

3)  Notez que le sujet enveloppe une critique discrète de la démocratie. Si ceux qui ont raison ne sont pas les plus convaincants, si ceux qui sont les plus convaincants peuvent très bien avoir tort (comme vous le reonnaissez sans hésiter dans vos devoirs) alors est-il bien raisonnable de soumettre toutes les décisions aux suffrages populaires ... Pensez à la question de la peine de mort et bien d'autres.  Mais alors pb: faut-il remettre le pouvoir à ceux qui ont raison y compris contre l'avis général? Evidemment non. On ne va pas confier le pouvoir à des rois-philosophes (Platon) ou des savants-experts-enarques.
Alors, que faire?
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Vendredi 19 janvier 2007
Très juste ce que dit ce jeune psy, Stéphane Clerget:  il y a un lien étroit entre le culte de la jeunesse, le capitalisme, la civilisation hyper moderne  etc...
Pas de dette de sens (cf Gauchet)  pas de projection dans l'avenir,mais une fascination pour tout ce qui est beau=jeune=dynamique et ....maigre!


"Le capitalisme veut de la jeunesse; et cette «valeur» est d'autant plus prégnante qu'elle se fait rare. De tout temps, la jeunesse a été majoritaire -en nombre - dans nos sociétés, elle est désormais largement minoritaire, tout en détenant de plus en plus de pouvoir. Hier, elle ne possédait «que» la beauté et la force; elle y ajoute aujourd'hui le savoir en matière technologique, ce qui est très nouveau.
Jamais la jeunesse n'a suscité autant de fascination dans une civilisation"  Libé, ce matin
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Vendredi 19 janvier 2007
Panthéon : temple de la République.  Sa raison d'être: rappeler  notre "dette de sens" à l'égard de nos grands hommes...

Il y a un article dans Libé, d'un certain Vincent Duclerc, Le Panthéon , un double enjeu qui plaide pour le transfert du capitaine Dreyfus au Panthéon.
 Son argumentation repose sur l'idée qu'il faut démocratiser le Panthéon en élargissant la conception du grand homme.
 ( à mon avis, c'est inepte.  Le Panthéon n'est pas un musée (du devoir) de  la mémoire.  Et Dreyfus est une victime et non un grand homme; de même que les gens qui souffrent de cancer ne sont pas des héros, ni ordinaires ni extraordinaires; c'est curieux cette manie de tout vouloir mélanger)
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