"On
tire tout de la terre, on ne lui rend rien, tout est en friche, tout est désert"Montesquieu, De l'esprit des lois, V, 14
(tableau de Turner)
"On
tire tout de la terre, on ne lui rend rien, tout est en friche, tout est désert""Lorsque l'on ne supporte plus la solitude sans Dieu, on n'est pas loin de conclure que ce qui est vraiment insupportable dans la solitude, c'est la compagnie de son propre soi, laquelle s'impose dans la solitude sans Dieu" Journal de pensée, Cahier 6, 1953
Lire le compte rendu ici du livre clef du philosophe
allemand pour comprendre le monde contemporain.
Hans Jonas a annoncé la crise écologique que nous vivons actuellement
Lire aussi ma présentation: L'humanité à venir a-t-elle des droits ?
"Ainsi la fête humaine frivole joyeuse de quelques siècles industriels serati-elle payée par des millénaires d'un monde terrestre transformé".
"La politique organise d'emblée des êtres absolument différents en considérant leur égalité relative et en faisant abstraction de leur diversité relative" (Journal de pensée, I, Cahier 1)
« Beaucoup se sont imaginés des républiques et des principautés que jamais on n'a véritablement vues ni connues, car il y a un tel écart entre la façon dont on vit et celle dont on devrait vivre, que celui qui délaisse ce qui se fait pour ce qui se devrait faire apprend plutôt à se perdre qu'à se sauver » Le Prince, Chapitre 15 (1513)
Ecrits en 1513, ces mots de Machiavel signent l'entrée de la politique dans la modernité. La philosophie politique, qui se donnait pour tâche de penser les principes de la cité bien administrée cède la place à la pensée politique qui décrypte les objectifs et les méthodes de la politique effective. Machiavel stigmatise les philosophes et les écrivains « humanistes » pour lesquels la politique relève de la fiction. Les uns, comme Platon ou Aristote, se demandent comment doit être conçue la cité juste (ou la « république ») qui ne connaîtrait que la raison comme principe directeur. Les autres, comme Erasme (L'institution du Prince chrétien, 1516) se demandent comment le bon souverain, ennemi des vices, ami des arts et de la justice, doit s'y prendre pour éviter toute guerre. Vaine entreprise selon Machiavel. Non seulement vaine, mais encore dangereuse : le « bon » Prince n'est pas un rêveur mais un homme pragmatique et réaliste. Il sait que la cité ne sera jamais réglée suivant des principes exclusivement rationnels.
Soucieux de s'en tenir à al « vérité effective de la chose »; il accède au pouvoir et s'y maintient en se fondant sur la connaissance du jeu inextricable des passions humaines au sein même de la meilleure des républiques. S'il utilise la force (tel un « lion ») et la ruse( celle du « renard ») ce n'est pas pour opprimer mais pour canaliser la violence et infléchir la « fortune » dans le sens des intérêts du peuple tout entier.
DES PRÉJUGÉS DES PHILOSOPHES
"La volonté du vrai, qui nous induira encore à bien des aventures périlleuses, cette fameuse véracité dont tous les philosophes ont toujours parlé avec respect, que de problèmes elle nous a déjà
posés! Et quels problèmes singuliers, pernicieux et équivoques! L'histoire en est déjà longue, et cependant il semble. qu'elle ne fasse que tout juste de commencer. Quoi d'étonnant si nous
finissons par nous méfier, par perdre patience, par nous détourner, excédés? Si ce sphinx nous enseigne finalement à poser des questions à notre tour?Qu'est-ce en nous qui veut trouver la «
vérité »? De fait, nous nous sommes longuement attardés devant le problème de l'origine de ce vouloir, et pour finir nous nous sommes trouvés complètement arrêtés devant un problème bien plus
fondamental encore. Nous nous sommes interrogés sur la valeur de ce vouloir. En admettant que nous voulions le vrai, pourquoi pas plutôt le non-vrai? Ou l'incertitude? Ou même l'ignorance? Est-ce
le problème de la valeur du vrai qui s'est présenté à nous, ou bien est-ce nous qui nous sommes offerts à lui? Qui est Oedipe ici? Et qui est le Sphinx? Il semble que ce soit un rendez-vous de
questions et de problèmes. Et le croirait-on? Il nous semble en définitive que le problème n'avait jamais été posé jusqu'à présent, que nous sommes le premier à le voir, à l'envisager, à
l'oser. ar il comporte un risque , et peut-être le risque suprême" Nietzsche, Par delà le bien et le mal § 1
Indispensable pour tout sujet sur l'histoire: savoir que le livre de Furet a tourné la page de deux décennies d'historiographie marxiste (Albert Soboul)
Lire ici l'article du Monde par Weill
Vous trouverez ici ce livre de référence sur le thème de la citoyenneté républicaine
Au minimum , lisez les chapitres 4 et 5.
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