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Dimanche 14 janvier 2007
Ils seront  très gentils , patients  et doux au toucher  C'est à lire dans le Monde ce soir
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Dimanche 14 janvier 2007
C'est l'avenir qu'on nous prépare. Lire le Monde
 Je n'ai pas d'image à ma disposition , mais je vois évidemment un petit bébé avec de très longues oreilles...
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Dimanche 14 janvier 2007
C'est ce que pense P.A. Taguieff : nous vivons le temps de " l'ébranlement du progressisme en tant que religion civile moderne".
 Nicolas Hulot incarne bien (sous un visage néanmoins agréable) ce désenchantement hyper moderne.
 Mais si nous ne croyons plus dans  le  progrès, que nous reste-t-il? A quoi nous raccrocher?
 Lirre le papier de RR in Traversées philosophiques
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Dimanche 14 janvier 2007


 Texte donné par moi en concours blanc en IEP:
 
 "Aucune idée, parmi celles qui se réfèrent à l'ordre des faits naturels, ne tient de plus près à la famille des idées religieuses que l'idée de progrès, et n'est plus propre à devenir le principe d'une sorte de foi religieuse pour ceux qui n'en ont plus d'autre. Elle a, comme la foi religieuse, la vertu de relever les âmes et les caractères. L'idée du progrès indéfini, c'est l'idée d'une perfection suprême, d'une loi qui domine toutes les lois particulières, d'un but éminent auquel tous les êtres doivent concourir dans leur existence passagère. C'est donc au fond l'idée du divin ; et il ne faut point être surpris si, chaque fois qu'elle est spécieusement  invoquée en faveur d'une cause, les esprits les plus élevés, les âmes les plus généreuses se sentent entraînés de ce côté. Il ne faut pas non plus s'étonner que le fanatisme y trouve un aliment, et que la maxime qui tend à corrompre toutes les religions, celle que l'excellence de la fin justifie les moyens, corrompe aussi la religion du progrès".

Antoine Augustin Cournot
Considérations sur la marche des idées et des événements dans les temps modernes (1872) Livre VI, chap 6, Vrin, 1973, p 535


 Nota bene: il fallait bien expliciter ce que Cournot entend par divin . Et essayer de comprendre
ce qu'il reproche à l'idée de "progrès".
 On retrouve ces idées aujourd'hui chez plusieurs philosophes qui contestent l'idée de "progrès".
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Dimanche 14 janvier 2007


 Une théorie est "corroborée" aussi longtemps qu'elle n'est pas contredite par l'expérience. Toute théorie scientique est susceptible d'être "falsifiée" (invalidée par une expérience ultérieure) :


"Nous pouvons si nous le voulons distinguer quatre étapes différentes au cours desquelles pourrait être réalisée la mise à l'épreuve d'une théorie. Il y a, tout d'abord, la comparaison logique des conclusions entre elles par laquelle on éprouve la cohérence interne du système. En deuxième lieu s'effectue la recherche de la forme logique de la théorie, qui a pour objet de déterminer si elle constituerait un progrès scientifique au cas où elle survivrait à nos divers tests. Enfin, la théorie est mise à l'épreuve en procédant à des applications empiriques des conclusions qui peuvent en être tirées.
Le but de cette dernière espèce de test est de découvrir jusqu'à quel point les conséquences nouvelles de la théorie - quelle que puisse être la nouveauté de ses assertions - font face aux exigences de la pratique, surgies d'expérimentations purement scientifiques ou d'applications techniques concrètes. Ici encore, la procédure consistant à mettre à l'épreuve est déductive. Â l'aide d'autres énoncés préalablement acceptés, l'on déduit de la théorie certains énoncés singuliers que nous pouvons appeler prédictions » et en particulier des prévisions que nous pouvons facilement contrôler ou réaliser. Parmi ces énoncés, l'on choisit ceux qui ne sont pas déductibles de la théorie en cours et plus spécialement ceux qui sont en contradiction avec elle. Nous essayons ensuite de prendre une décision en faveur (ou à l'encontre) de ces énoncés déduits en les comparant aux résultats des applications pratiques et des expérimentations. Si cette décision est positive, c'est-à-dire si les conclusions singulières se révèlent acceptables, ou vérifiées, la théorie a provisoirement réussi son test: nous n'avons pas trouvé de raisons de l'écarter. Mais si la décision est négative ou, en d'autres termes, si les conclusions ont été falsifiées, cette falsification falsifie également la théorie dont elle était logiquement déduite.
Il faudrait noter ici qu'une décision ne peut soutenir la théorie que pour un temps car des décisions négatives peuvent toujours l'éliminer ultérieurement. Tant qu'une théorie résiste à des tests systématiques et rigoureux et qu'une autre ne la remplace pas avantageusement dans le cours de la progression scientifique, nous pouvons dire que cette théorie a «fait ses preuves » ou qu'elle est  "corroborée ».
Karl R. Popper, La Logique de la découverte scientifique (1934), trad. N. Thyssen-Rutten et P. Devaux, Éd. Payot, 1995, pp. 29-30.
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Dimanche 14 janvier 2007

La connaissance progresse en surmontant  des obstacles. C'est contre lui-même que l'esprit doit d'abord lutter:

"Quand on cherche les conditions psychologiques des progrès de la science, on arrive bientôt à cette conviction que c'est en termes d'obstacles qu' il faut poser le problème de la connaissance scientifique. Et il ne s'agit pas de considérer des obstacles externes, comme la complexité et la fugacité des phénomènes, d'incriminer la faiblesse des sens et de l'esprit humain : c'est dans l'acte même de connaître, intimement, qu'apparaissent, par une sorte de nécessité fonctionnelle, des lenteurs et des troubles. C'est là que nous montrerons des causes de stagnation et même de régression, c'est là que nous décèlerons des causes d'inertie que nous appellerons des obstacles épistémologiques. La connaissance du réel est une lumière qui projette toujours quelque part des ombres. Elle n'est jamais immédiate et pleine. Les révélations du réel sont toujours récurrentes. Le réel n'est jamais «ce qu'on pourrait croire » mais il est toujours ce qu'on aurait dû penser. La pensée empirique est claire, après coup, quand l'appareil des raisons a été mis au point. En revenant sur un passé d'erreurs, on trouve la vérité en un véritable repentir intellectuel. En fait, on connaît contre une connaissance antérieure, en détruisant des connaissances mal faites', en surmontant ce qui, dans l'esprit même, fait obstacle à la spiritualisation.
L'idée de partir de zéro pour fonder et accroître son bien ne peut venir que dans des cultures de simple juxtaposition où un fait connu est immédiatement une richesse. Mais devant le mystère du réel, l'âme ne peut se faire, par décret, ingénue. Il est alors impossible de faire d'un seul coup table rase des connaissances usuelles. Face au réel, ce qu'on croit savoir clairement offusque ce qu'on devrait savoir. Quand il se présente à la culture scientifique, l'esprit n'est jamais jeune. Il est même très vieux, car il a l'âge de ses préjugés. Accéder à la science, c'est, spirituellement rajeunir, c'est accepter une mutation brusque qui doit contredire un passé"
Gaston Bachelard, La Formation de l'esprit scientifique (1938), Éd. Vrin, 1970, pp. 13-14.
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Dimanche 14 janvier 2007


Einstein se présente lui-même comme étant empiriste. Pourtant, dans ce texte écrit avec Infeld, il reconnaît que l'imagination  créatrice joue un rôle décisif dans l'élaboration des théories scientifiques :

"Les concepts physiques sont des créations libres de l'esprit humain et ne sont pas, comme on pourrait le croire, uniquement déterminés par le monde extérieur. Dans l'effort que nous faisons pour comprendre le monde, nous ressemblons quelque peu à l'homme qui essaie de comprendre le mécanisme d'une montre fermée. Il voit le cadran et les aiguilles en mouvement, il entend le tic-tac, mais il n'a aucun moyen d'ouvrir le boîtier. S'il est ingénieux, il pourra se former quelque image du mécanisme, qu'il rendra responsable de tout ce qu'il observe, mais il ne sera jamais sûr que son image soit la seule capable d'expliquer ses observations. Il ne sera jamais en état de comparer son image avec le mécanisme réel, et il ne peut même pas se représenter la possibilité ou la signification d'une telle comparaison. Mais le chercheur croit certainement qu'à mesure que ses connaissances s'accroîtront, son image de la réalité deviendra de plus en plus simple et expliquera des domaines de plus en plus étendus de ses impressions sensibles. Il pourra aussi croire à l'existence d'une limite idéale de la connaissance que l'esprit humain peut atteindre. Il pourra appeler cette limite idéale la vérité objective"
Albert Einstein et Léopold Infeld, LÉvolution des idées en physique (1936), Éd. Flammarion, coll. Champs, 1982, pp. 34-35.
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Dimanche 14 janvier 2007
Article indispensable du théoricien de la "fin de l'histoire" (accusé de toutes parts de proclamer  l'avénement universel du modèle libéral occidental par les gens qui ne l'ont pas lu ou pas compris) dans le Monde
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Dimanche 14 janvier 2007
C'est un article qui donne une excellente illustration (mais triste pour les moins de 30 ans aujourd'hui en France) du fait que l'on peut , en politique, obtenir  un résultat déplorable  (ici l'un des taux de chômage les plus élévés d'Europe pour les jeunes) avec de bonnes intentions. On appelle cela les effets pervers de décisions,  ou de parti pris,  en soi  apparemment généreux et bien intentionnés.
 (quelqu'un observait ces jours-ci , dans le même ordre d'idées, qu'il est faux de dirre que le chômage était le péoccupation majeure des français. Si c'était le cas, ils auraient plébiscité ou au moins reconduit Jospin et Villepin qui obtiennent des bons résultats de ce point de vue).
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