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Mercredi 3 janvier 2007
                                      

  Toujours dans Libe
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Mercredi 3 janvier 2007
C'est le papier de Duhamel ce matin dans Libé
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Mercredi 3 janvier 2007

( Réponse à Gaël)

Je crois, comme mes amis de « Sauvons l’Europe », que " toute réponse à la globalisation"  ne peut être que concertée, globale. Seule, la France ne pèse pas lourd :

http://www.sauvonsleurope.org

  L’Europe, pour moi,  c'est le début de ce que Kant appelait de ses vœux : une « fédération d’Etats républicains »  dont la raison d’être est d’imposer  à ceux qui y souscrivent la paix et d’assurer à tous les individus la protection d’un droit non pas national, mais supra-national,  donc plus universaliste et résolument  indépendant des traditions et des passions de chaque peuple (cf à ce sujet l’abolition de la peine de mort, le droit à l’avortement, le droit à l’éducation,  y compris dans le pays de son choix, le droit de penser ce qu’on veut, de pratiquer- ou pas-  une religion .. bref les prémisses d’une citoyenneté universelle). En Europe, autre illustration,  on peut dire ce qu’on veut des folies religieuses… comment ferait-on sans l’Europe ?

 D’autre part, les décisions politiques prises à 27 ont plus de chance d’être suivies d’effet que les effets de manche d’un Villepin ou d’un Chirac. Si l’Europe POLITIQUE avait existé peut-être serait-on intervenu pour éviter le génocide rwandais… Peut-être…

 Et peut-être pourrait-on imposer un projet de paix au Proche-Orient, pendant  que l’administration américaine est ..  ce qu’elle est.

Enfin, je crois que c’est un avantage majeur de posséder une monnaie stable et forte qui est à l’abri des aléas poltiques et économiques. Quant on voyage à l’étranger, on mesure ce que pèse un Euro ( 3000 ( ?)  bolibars par exemple au Vénézuela).

 Enfin  une constitution est un dispositif juridique  qui est un instrument pour agir et non un chèque en blanc donné aux grandes puissances économiques. Les dirigeants économiques et financiers n’ont pas besoin de l’aval du politique pour défendre leurs intérêts. De l’Europe on peut attendre qu’elle freine les volontés de profit et non qu’elle les encourage. Car ceux-ci (les puissances financières mondiales)  sont presque totalement  autonomes, et la marge de manœuvre des politiques est minime de ce point de vue. 

Pour ma part, je pense qu’il faut renforcer le politique au niveau supra-national afin de combattre à la fois les logiques économiques et les passions nationales. Je ne vois pas d’autre issue que de renforcer le politique (les lois, le droit, les institutions, l’autorité morale issue d’une concertation des citoyens) pour ne pas laisser le champ libre à la logique économique et, bien sûr , à l’empire américain..

 

 

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Mercredi 3 janvier 2007


C'est le sujet du papier d'Elkabbach : "la France compte de moins en moins de journaux et de plus en plus de blogs"...
A-t-on encore besoin de journalistes (oui,évidemment,  puisque les bloggeurs pillent les journaux!) mais le travail les journalistes  doit innover en conséquence:
 "inventons le journalisme 3-0"
Le  MOnde
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Mercredi 3 janvier 2007

Le pouvoir de l'Etat rencontre des limites qui  s'expliquent par son origine. L'Etat doit protéger nos droits fondamentaux. Dans le cas contraire, la résistance devient légitime:

"S'il est vrai qu'en entrant en société, les hommes abandonnent l'égalité, la liberté et le pouvoir exécutif qu'ils possédaient dans l'état de nature, et qu'ils les remettent entre les mains de la société pour que le législatif en dispose selon que le bien de cette même société l'exigera, il reste cependant que chacun ne le fait que dans l'intention de préserver d'autant mieux sa personne, sa liberté et sa propriété (car on ne peut supposer qu'une créature rationnelle change de situation dans l'intention de la rendre pire). Le pouvoir de la société, ou du législatif  qu'elle institue, ne peut jamais être censé s'étendre au-delà de ce que requiert le bien commun ; il est obligé de garantir la propriété de chacun, en remédiant aux trois défauts que nous avons mentionnés ci-dessus,, et qui rendaient l'état de nature si incertain et si inconfortable. Par conséquent, quiconque détient le législatif ou le pouvoir suprême de la république est tenu de gouverner selon des lois fixes et établies, promulguées et connues du peuple, et non par des décrets improvisés ; de gouverner par le moyen de juges impartiaux  et intègres, appelés à trancher tous les différends en fonction de ces lois ; enfin, de n'employer à l'intérieur la force de la communauté que pour l'exécution de ces lois, et à l'extérieur pour prévenir les atteintes de l'étranger ou en obtenir réparation, afin de garantir la communauté contre les incursions et les invasions. Tout ceci ne doit être dirigé vers aucune autre fin que la paix, la sûreté et le bien public du peuple".



John Locke, Le Second Traité du gouvernement (1689), § 131, traduit J.-F. Spitz avec la collaboration de C. Lazzeri, Éd. des PUFrance, coll. " Épiméthée ", 1994, p. 93.


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Mercredi 3 janvier 2007


L'État  résulte d' un pacte passé entre les individus - lassés de la violence naturelle - en faveur d'un  pouvoir ( le "Léviathan") auquel ils transfèrent l'ensemble de leurs droits et de leurs biens :

Le seul moyen d'établir pareille puissance commune, capable de défendre les humains contre les invasions des étrangers et les préjudices commis aux uns par les autres et, ainsi, les protéger de telle sorte que, par leur industrie propre et les fruits de la terre, ils puissent se suffire à eux-mêmes et vivre satisfaits, est de rassembler toute leur puissance et toute leur force sur un homme ou sur une assemblée d'hommes qui peut, à la majorité des voix, ramener toutes leurs volontés à une seule volonté ; ce qui revient à dire : désigner un homme, ou une assemblée d'hommes, pour porter leur personne ; et chacun fait sienne et reconnaît être lui-même l'auteur de toute action accomplie ou causée par celui qui porte leur personne, et relevant de ces choses qui concernent la paix commune et la sécurité ; par là même, tous et chacun d'eux soumettent leurs volontés à sa volonté, et leurs jugements à son jugement. C'est plus que le consentement ou la concorde ; il s'agit d'une unité réelle de tous en une seule et même personne, faite par convention de chacun avec chacun, de telle manière que c'est comme si chaque individu devait dire à tout individu : j'autorise cet homme ou cette assemblée d'hommes, et je lui abandonne mon droit de me gouverner moi-même, à cette condition que tu lui abandonnes ton droit et autorises toutes ses actions de la même manière. Cela fait, la multitude ainsi unie en une personne une, est appelée un ÉTAT, en latin CIVITAS. Telle est la génération de ce grand LÉVIATHAN, ou plutôt (pour parler avec plus de déférence) de ce dieu mortel, auquel nous devons, sous le dieu immortel, notre paix et notre défense. En effet, en vertu du pouvoir conféré par chaque individu dans l'État, il dispose de tant de puissance et de force assemblées en lui que, par la terreur qu'elles inspirent, il peut conformer la volonté de tous en vue de la paix à l'intérieur et de l'entraide face aux ennemis de l'étranger. En lui réside l'essence de l'État qui est (pour le définir) une personne une dont les actions ont pour auteur, à la suite de conventions mutuelles passées entre eux-mêmes, chacun des membres d'une grande multitude, afin que celui qui est cette personne puisse utiliser la force et les moyens de tous comme il l'estimera convenir à leur paix et à leur défense commune.
  Celui qui est dépositaire de cette personne est appelé SOUVERAIN et l'on dit qu'il a la puissance souveraine ; en dehors de lui, tout un chacun est son SUJET.

Thomas Hobbes, Léviathan (1651), chap. 17,  trad. G. Mairet, Éd.Gallimard, coll. " Folio essais ", 2000, pp. 287-289.


Texte 6
Locke

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Mercredi 3 janvier 2007



Avant l'Etat, aucune morale n'est garantie ni validée par les institutions. Celui qui fonde l'Etat  (le Prince) ne peut donc pas être soumis à des normes qui restent incertaines ou inexistantes:


"À un prince, donc, il n'est pas nécessaire d'avoir en fait toutes les susdites qualités, mais il est bien nécessaire de paraître les avoir. Et même, j'oserai dire ceci : que si on  les a et qu'on les observe toujours, elles sont dommageables ; et que si l'on paraît les avoir, elles sont utiles ; comme de paraître pitoyable, fidèle, humain, droit, religieux, et de l'être ; mais d'avoir l'esprit édifié de telle façon que, s'il faut ne point l'être, tu 
puisses et sache devenir le contraire. Et il faut comprendre ceci : c'est qu'un prince, et
surtout un prince nouveau, ne peut observer toutes ces choses pour lesquelles les hommes
sont tenus pour bons, étant souvent contraint, pour maintenir l'État, d'agir contre la foi,
contre la charité, contre l'humanité, contre la religion. Aussi faut-il qu'il ait un esprit
disposé à tourner selon que les vents de la fortune et les variations des choses le lui
commandent, et comme j'ai dit plus haut, ne pas s'écarter du bien, s'il le peut, mais savoir
entrer dans le mal, s'il le faut.
  Il faut donc qu'un prince ait grand soin qu'il ne lui sorte jamais de la bouche chose qui
ne soit pleine des cinq qualités susdites, et qu'il paraisse, à le voir et l'entendre, toute
miséricorde, toute bonne foi, toute droiture, toute humanité, toute religion. Et il n'y a
chose plus nécessaire à paraître avoir que cette dernière qualité. Les hommes en général
jugent plus par les yeux que par les mains ; car il échoit à chacun de voir, à peu de gens
de percevoir. Chacun voit ce que tu parais, peu perçoivent ce que tu es ; et ce petit nombre
ne se hasarde pas à s'opposer à l'opinion d'une foule qui a la majesté de l'État qui la
défend ; et dans les actions de tous les hommes, et surtout des princes où il n'y a pas de
tribunal à qui recourir, on considère la fin. Qu'un prince, donc, fasse en sorte de vaincre
et de maintenir l'État : les moyens seront toujours jugés honorables et loués d'un chacun.

Nicolas Machiavel, Le Prince (1513), chap. XVII, trad. Y. Lévy, coll. " GF ", Éd.

Flammarion, 1980, pp. 142-143.

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