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Jeudi 4 janvier 2007
"Notre vie s'use en tranfigurations"
 C'est le titre d'un livre de Gwenaële Aubry dont le Monde des livres propose un compte rendu ce soir  : l'auteur y fait le procès de la tyrannie de la beauté.
Elle a bien raison,  mais il y a fort à faire.
En politique désormais le charme balaye tout sur son passage. Quant aux journalistes, n'en parlons même pas. Et les écrivains aussi, vous avez remarqué, elles sont toutes jolies désormais (à part Ch. Angot ?)

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Jeudi 4 janvier 2007
 Le jeune sénateur démocrate de l'Illinois , Barck Obama, touche une Amérique en mal de grands hommes : c'est dans le Monde ce soir
"Il a quelque chose qui ne s'apprend  pas. C'est un leader. Il arrive quelque part et vous avez envie de le suivre où qu'il aille". (Corine Lesnes)
Un grand homme ce Barack Obama?
Une autorité charismatique, à coup sûr..
 Les étudiants de IEP se  sont-ils déjà demandé ce qui  définit le "grand homme" . Lecture de Hegel conseillée.
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Jeudi 4 janvier 2007


 La démocratie est un régime dans lequel le peuple est souverain, ce qui est juste et raisonnable. Mais le peuple doit confier à d'autres le pouvoir de décider pour ce qui échappe à sa compétence:

"Le peuple, qui a la souveraine puissance, doit faire par lui-même tout ce qu'il peut bien faire; et ce qu'il ne peut pas bien faire, il faut qu'il le fasse par ses ministres [...]
Le peuple est admirable pour choisir ceux à qui il doit confier quelque partie de son autorité. Il n'a à se déterminer que par des choses qu'il ne peut ignorer, et des faits qui tombent sous les sens. Il sait très bien qu'un homme a été souvent à la guerre, qu'il y a eu tels ou tels succès : il est donc très capable d'élire un général. Il sait qu'un juge est assidu, que beaucoup de gens se retirent de son tribunal contents de lui, qu'on ne l'a pas convaincu de corruption ; en voilà assez pour qu'il élise un prêteur. Il a été frappé de la magnificence ou des richesses d'un citoyen ; cela suffit pour qu'il puisse choisir un édile. Toutes ces choses sont des faits, dont il s'instruit mieux dans la place publique, qu'un monarque dans son palais. -Mais, saura-t-il conduire une affaire, connaître les lieu~, les occasions, les moments ; en profiter ? Non : il ne le saura pas.
Si l'on pouvait douter de la capacité naturelle qu'a le peuple pour discerner lu mérite, il n'y aurait qu'à jeter les yeux sur cette suite continuelle de choix étonnants que  firent les athéniens et les Romains ; ce qu'on n'attribuera pas sans doute au hasard.
On sait qu'à Rome, quoique le peuple se fût donné le droit d'élever aux charges les plébéiens, il ne pouvait se résoudre à les élire ; et quoique à Athènes on pût, par la loi d'Aristide, tirer les magistrats de toutes les classes, il n'arriva jamais, dit Xénophon, que le bas peuple demandât celles qui pouvaient intéresser son salut ou sa gloire.
Comme la plupart des citoyens, qui ont assez de suffisance pour élire, n'en ont pas assez pour être élus ; de même le peuple, qui a assez de capacité pour se faire rendre compte de la gestion des autres, n'est pas propre à gérer par lui-même.
{...}
C'est encore une loi fondamentale de la démocratie, que le peuple seul fasse des lois. Il y a pourtant mille occasions où il est nécessaire que le sénat puisse statuer ; il est même souvent à propos d'essayer une loi avant de l'établir. La Constitution de Rome et celle d'Athènes étaient très sages. Les arrêts du sénat avaient force de loi pendant un an ;ils ne devenaient perpétuels que par la volonté du peuple"
 L'esprit des lois , Livre II, chapitre 2



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Jeudi 4 janvier 2007

Pour Montesquieu, comme pour Aristote,  il y a trois types de gouvernements.  Mais contrairement à Aristote, Montesquieu considère que l'aristocratie et la démocratie sont deux modalités de la République. Comme tous les modernes ( Hobbes, Rousseau..) Montesquieu estime  en effet qu'un Etat véritable ne peut être que républicain. La question des lois est  ici déterminante: le régime républicain est un régime dans lequel les lois prévalent par rapport à la volonté des hommes.

LIVRE II : DES LOIS QUI DÉRIVENT  DIRECTEMENT DE LA NATURE DU GOUVERNEMENT
CHAPITRE PREMIER : DE LA NATURE DES TROIS DIVERS GOUVERNEMENTS

Il y a trois espèces de gouvernements ;- le RÉPUBLICAIN, le MONARCHIQUE, et le DESPOTIQUE.

 Pour en découvrir la nature, il suffit de l'idée qu'en ont les hommes les moins instruits. Je suppose trois définitions, ou plutôt trois faits : l'un, que le gouvernement républicain est celui où le peuple en corps, ou seulement une partie du peuple. a la souveraine puissance ; le monarchique, celui où  un seul gouverne. mais  par des lois fixes et établies : au lieu que, dans le despotique. un seul sans loi et sans règle, entraîne tout par sa volonté et par ses caprices.
Voilà ce que j'appelle la nature de chaque gouvernement. Il faut voir quelles sont les lois qui suivent directement de cette nature, et qui par conséquent sont les premières lois fondamentales.

CHAPITRE Il:  DUGOUVERNEMENT RÉPUBLICAIN.
ET DES LOIS RELATIVES À LA DÉMOCRATIE

Lorsque, dans la république, le peuple en corps a la souveraine puissance, c'est une démocratie. Lorsque la souveraine puissance est entre les mains d'une partie du peuple, cela s'appelle une arirtocratie.
Le peuple, dans la démocratie, est, à certains égards, le monarque ; à certains autres, il est le sujet.
Il ne peut être monarque que par ses suffrages, qui sont ses volontés. La volonté du souverain est le souverain lui-même. Les lois qui établissent le droit de suffrage sont donc fondamentales dans ce gouvernement. En effet, il est aussi important d'y régler comment, par qui, à qui, sur quoi, les suffrages doivent être donnés,qu'il l'est dans une monarchie de savoir quel est le monarque, et de quelle manière il doit gouverner. {...}
Le peuple qui a la souveraine puissance doit faire par lui-même tout ce qu'il peut bien faire ; et ce qu'il ne peut pas bien faire, il faut qu'il le fasse par ses ministres.
Ses ministres ne sont point à lui, s'il ne les nomme ; c'est donc une maxime fondamentale de ce gouvernement, que le peuple nomme ses ministres, c'est-à-dire ses magistrats.
Il a besoin, comme les monarques, et même plus qu'eux, d'être conduit par un conseil ou sénat. Mais, pour qu'il y ait confiance, il faut qu'il en élise les membres ; soit qu'il les choisisse lui-même, comme à Athènes ; ou par quelque magistrat qu'il a établi pour les élire, comme cela se pratiquait à Rome dans quelques occasions".
L'esprit des lois Montesquieu
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