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Jeudi 1 février 2007
 La valeur morale du travail n'est pas tombée du ciel.. si l'on peut dire. C'est l'éthique calviniste qui assuré la promotion de la valeur-travail, en même temps que celle du capitalisme:

"Le travail [...] constitue surtout le but même de la vie, tel que Dieu l'a fixé. Le verset de saint Paul : « Si quelqu'un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus » vaut pour chacun, et sans restriction. La répugnance au travail est le symptôme d'une absence de la grâce. [...]
La richesse elle-même ne libère pas de ces prescriptions. Le possédant, lui non plus, ne doit pas manger sans travailler, car même s'il ne lui est pas nécessaire de travailler pour couvrir ses besoins, le commandement divin n'en subsiste pas moins, et il doit lui obéir au même titre que le pauvre. Car la divine Providence a prévu pour chacun sans exception un métier qu'il doit reconnaître et auquel il doit se consacrer. Et ce métier ne constitue pas [...] un destin auquel on doit se soumettre et se résigner, mais un commandement que Dieu fait à l'individu de travailler à la gloire divine.
Partant, le bon chrétien doit répondre à cet appel : « Si Dieu vous désigne tel chemin dans lequel vous puissiez légalement gagner plus que dans tel autre (cela sans dommage pour votre âme ni pour celle d'autrui)et que vous refusiez le plus profitable pour choisir le chemin qui l'est moins, vous contrecarrez l'une des fins de votre vocation, vous refusez de vous faire l'intendant de Dieu et d'accepter ses dons, et de les employer à son service s'il vient à l'exiger.
Pour résumer ce que nous avons dit jusqu'à présent, l'ascétisme protestant, agissant à l'intérieur du monde, s'opposa avec une grande efficacité à la jouissance spontanée des richesses et freina la consommation, notamment celle des objets de luxe. En revanche, il eut pour effet psychologique de débarrasser des inhibitions de l'éthique traditionnaliste le désir d'acquérir. Il a rompu les chaînes qui entravaient pareille tendance à acquérir, non seulement en la légalisant, mais aussi [...] en la considérant comme directement voulue par Dieu. [... ]
Plus important encore, l'évaluation religieuse du travail sans relâche, continu, systématique, dans une profession séculière, comme moyen ascétique le plus élevé et à la fois preuve la plus sûre, la plus évidente de régénération et de foi authentique, a pu constituer le plus puissant levier qui se puisse imaginer de l'expansion de cette conception de la vie que nous avons appelée, ici, l'esprit du capitalisme.
Max Weber, LÉthique protestante et l'esprit du capitalisme (1904), trad. J. Cha , Éd. P1on, 1964, pp. 208-236.

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Jeudi 1 février 2007
Comment évaluer convenablement le travail, afin de le rémunérer justement?

"Dans une société coopérative de production', est-il juste ou non que le talent ou l'habileté donnent droit à une rémunération plus élevée? Ceux qui répondent négativement à la question font valoir l'argument suivant: celui qui fait ce qu'il peut a le même mérite et ne doit pas, en toute justice, être placé dans une position d'infériorité s'il n'y a pas faute de sa part; les aptitudes supérieures constituent déjà des avantages plus que suffisants, par l'admiration qu'elles excitent, par l'influence personnelle qu'elles procurent, par les sources intimes de satisfaction qu'elles réservent, sans qu'il faille y ajouter une part supérieure des biens de ce monde; et la société est tenue, en toute justice, d'accorder une compensation aux moins favorisés, en raison de cette inégalité injustifiée d'avantages plutôt que de l'aggraver encore. À l'inverse, les autres disent: la société reçoit davantage du travailleur dont le rendement est supérieur; ses services étant plus utiles, la société doit les rémunérer plus largement; une part plus grande dans le produit du travail collectif est bel et bien son oeuvre; la lui refuser quand il la réclame, c'est une sorte de brigandage. S'il doit seulement recevoir autant que les autres, on peut seulement exiger de lui, en toute justice, qu'il produise juste autant, et qu'il ne donne qu'une quantité moindre de son temps et de ses efforts, compte tenu de son rendement supérieur. Qui décidera entre ces appels à des principes de justices divergents? La justice, dans le cas en question, présente deux faces entre lesquelles il est impossible d'établir l'harmonie, et les deux adversaires ont choisi les deux faces opposées; ce qui préoccupe l'un, c'est de déterminer, en toute justice, ce que l'individu doit recevoir, ce qui préoccupe l'autre, c'est de déterminer, en toute justice, ce que la société doit donner. [...] C'est l'utilité sociale seule qui permet de décider entre l'un et l'autre".
John Stuart Mill, L'Utilitarisme, (1863), trad. G. Tanesse, Éd. Garnier-Flammarion, 1968, pp. 145-146.
1. C'est-à-dire une entreprise.
2. Lutilitarisme, qui apparaît au XVIII` siècle avec Claude Adrien Helvétius (1715-1771) et. David Hume (1711-1776), mais qui trouve sa formulation systématique avec Jeremy Bentham (1748-1832) et J. S. Mill (1806-1873), repose sur l'idée qu'une société est bien
ordonnée, et donc juste, lorsque ses institutions sont conçues pour apporter la plus grande somme totale de satisfaction à l'ensemble de ses membres.

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Jeudi 1 février 2007
La société  satisfait nos besoins parce que les hommes sont égoïstes. L'égoïsme de chacun est utile à tous. Voici le texte dans lequel on trouve la fameuse phrase: "ce n'est pas de la bienveillance de mon boucher  que nous attendons notre dîner etc.."

"
Dans presque toutes les espèces d'animaux, chaque individu, quand il est parvenu à sa pleine croissance, est tout à fait indépendant, et, tant qu'il reste dans son état naturel, il peut se passer de l'aide de toute autre créature vivante. Mais l'homme a presque continuellement besoin du secours de ses semblables, et c'est en vain qu'il l'attendrait de leur seule bienveillance. Il sera bien plus sûr de réussir, s'il s'adresse à leur intérêt personnel et s'il leur persuade que leur propre avantage leur commande de faire ce qu'il souhaite d'eux. C'est ce que fait celui qui propose à un autre un marché quelconque; le sens de sa proposition est ceci: Donnez-moi ce dont j ai besoin, et vous aurez de moi ce dont vous avez besoin vousmême; et la plus grande partie de ces bons offices qui nous sont si nécessaires, s'obtient de cette façon. Ce n'est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière ou du boulanger, que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu'ils apportent à leurs intérêts. Nous ne nous adressons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme ; et ce n'est jamais de nos besoins que nous leur parlons, c'est toujours de leur avantage. Il n'y a qu'un mendiant qui puisse se résoudre à dépendre de la bienveillance d'autrui ; encore ce mendiant n'en dépend-il pas en tout: c'est bien la bonne volonté des personnes charitables qui lui fournit le fond entier de sa subsistance; mais quoique ce soit là en dernière analyse le principe d'où il tire de quoi satisfaire aux besoins de sa vie, cependant ce n'est pas celui-là qui peut y pourvoir à mesure qu'ils se font sentir. La plus grande partie de ses besoins du moment se trouve satisfaite comme ceux des autres hommes, par traité, par échange et par achat. Avec l'argent que l'un lui donne, il achète du pain. Les vieux habits qu'il reçoit d'un autre, il les troque contre d'autres vieux habits qui l'accommodent mieux, ou bien contre un logement, contre des aliments, ou enfin contre de l'argent qui lui servira à se procurer un logement, des aliments ou des habits quand il en aura besoin".
Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes  de la richesse des nations (1776), livre I, chap. 2, édité par G. Mairet, Éd. Gallimard, coll. Idées, pp. 48-49.

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Jeudi 1 février 2007
Le Président déclare que les iraniens peuvent avoir une bombe nucléaire et en faire l'usage approprié (cad la lancer sur Israël) ce n'est pas grave, car Téhéran sera rasé aussitôt.
 Ah bon .
 Les commentateurs appellent ça un 'tournant radical " de  notre   politique  .. (
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Jeudi 1 février 2007
 Voici le commentaire du texte de Hegel connu sous le nom de la "dialectique du maître et de l'esclave par A. Kojeve :
"Le Maître force l'Esclave à travailler. Et en travaillant, l'Esclave devient maître de la Nature. Or, il n'est devenu l'Esclave du Maître que parce que - au prime abord - il était esclave de la Nature, en se solidarisant avec elle et en se subordonnant à ses lois par l'acceptation de l'instinct de conservation. En devenant par le travail maître de la Nature, l'Esclave se libère donc de sa propre nature, de son propre instinct qui le liait à la Nature et qui faisait de lui l'Esclave du Maître. En libérant l'Esclave de la Nature, le travail le libère donc aussi de lui-même, de sa nature d'Esclave : il le libère du Maître. Dans le Monde naturel, donné, brut, l'Esclave est esclave du Maître. Dans le Monde technique, transformé par son travail, il règne - ou, du moins, régnera un jour - en Maître absolu. Et cette Maîtrise qui naît du travail, de la transformation progressive du Monde donné et de l'homme donné dans ce Monde, sera tout autre chose que la Maîtrise immédiate » du Maître. L'avenir et l'Histoire appartiennent donc non pas au Maître guerrier, qui ou bien meurt ou bien se maintient indéfiniment dans l'identité avec soi-même, mais à l'Esclave travailleur. Celui-ci, en transformant le Monde donné par son travail, transcende le donné et ce qui est déterminé en lui-même par ce donné; il se dépasse donc, en dépassant aussi le Maître qui est lié au donné qu'il laisse - ne travaillant pas - intact. Si l'angoisse de la mort incarnée pour l'Esclave dans la personne du Maître guerrier est la condition sine qua non du progrès historique, c'est uniquement le travail de l'Esclave qui le réalise et le parfait".
Alexandre Kojève, Introduction à la lecture de Hegel, Éd. Gallimard, 1947, p. 29.

Tableau Caillebotte Les raboteurs de parquet
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Jeudi 1 février 2007


 

"La nature a voulu que l'homme tire entièrement de lui-même tout ce qui dépasse l'agencement mécanique de son existence animale et qu'il ne participe à aucun autre bonheur ou à aucune autre perfection que ceux qu'il s'est créés lui-même, libre de l'instinct, par sa propre raison. La nature, en effet, ne fait rien en vain et n'est pas prodigue dans l'usage des moyens qui lui permettent de parvenir à ses fins. Donner à l'homme la raison et la liberté du vouloir qui se fonde sur cette raison, c'est déjà une indication claire de son dessein en ce qui concerne la dotation de l'homme. L'homme ne doit donc pas être dirigé par l'instinct; ce n'est pas une connaissance innée qui doit assurer son instruction, il doit bien plutôt tirer tout de lui-même. La découverte d'aliments, l'invention des moyens de se couvrir et de pourvoir à sa sécurité et à sa défense (pour cela la nature ne lui a donné ni les cornes du taureau, ni les griffes du lion, ni les crocs du chien, mais seulement les mains), tous les divertissements qui peuvent rendre la vie agréable, même son intelligence et sa prudence et aussi bien la bonté de son vouloir, doivent être entièrement son oeuvre. La nature semble même avoir trouvé du plaisir à être la plus économe possible, elle a mesuré la dotation animale des hommes si court et si juste pour les besoins si grands d'une existence commençante, que c'est comme si elle voulait que l'homme dût parvenir par son travail à s'élever de la plus grande rudesse d'autrefois à la plus grande habileté, à la perfection intérieure de son mode de penser et par là (autant qu'il est possible sur terre) au bonheur, et qu'il dût ainsi en avoir tout seul le mérite et n'en être redevable qu'à lui-même; c'est aussi comme si elle tenait plus à ce qu'il parvînt à l'estime raisonnable de soi qu'au bien-être".
Emmanuel Kant, Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique (1789), 3 ième  proposition, trad. J.-M. Muglioni,

Éd. Bordas, coll. Univers des Lettres, 1981, pp. 12-13.
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Jeudi 1 février 2007
Voici un fameux texte de Rousseau, qui se définit lui-même comme un paresseux (!). (Le texte complet dont ce passage est extrait se trouve sur le site de Grenoble, en e-book)


"Il est inconcevable à quel point l'homme est naturellement paresseux. On dirait qu'il ne vit que pour dormir, végéter, rester immobile; à peine peut-il se résoudre à se donner les mouvements nécessaires pour s'empêcher de mourir de faim. Rien ne maintient tant les sauvages dans l'amour de leur état que cette délicieuse indolence. Les passions qui rendent l'homme inquiet, prévoyant, actif, ne naissent que dans la société. Ne rien faire est la première et la plus forte passion de l'homme après celle de se conserver. Si l'on y regardait bien, l'on verrait que, même parmi nous, c'est pour parvenir au repos que chacun travaille: c'est encore la paresse qui nous rend laborieux".
Jean-Jacques Rousseau, Essai sur l'origine des langues (1781), Éd. Hatier, 1983, p. 69.
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Jeudi 1 février 2007
Ce n'est pas une formule métaphorique de Tocqueville (voir ma fiche sur Tocqueville , la démocratie et l'homme rapetissé) mais l' histoire édifiante de Ashley 9 ans, lourdement handicapée,dont les  parents ont décidé d'interrompre la croissance LIbe
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Jeudi 1 février 2007
Ce n'est pas un film mais un titre de Libé ce matin.
Lisez le papier de Oscar Espinosa Chepe (pour ceux qui ignoreraient quelle est la situation à Cuba aujourd'hui)
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Jeudi 1 février 2007

On me demande dans quels lycées s'inscrire lorsque l'on a entre 10 et 13 de moyenne (attention: informations partielles et non scientifiques. Dites-moi si je commets des erreurs...)
Cette question en elle-même pose problème: car il est peu probable que vous soyez pris vec une moyenne de 10!  En général on ne prend pas les élèves avec une moyenne de mois de 12, mais il peut y avoir des exceptions si les appréciations expliquent, par exemple, un accident dans une matière, ou surtout, si on constate un progrès très net depuis la classe de première ("élève à fort potentiel", très motivé..), ou encore s'il y a un progrès en philo, par exemple, où la première note n'est pas toujours significative.

 Inversement une moyenne de 14 ne garantit pas du tout l'inscriptio en classes prépas. On demande des résultats trsè homogènes, et quand un élève a une mauvaise moyenne quelque part, cela suffit à le refuser -en règle générale;

Voici les possibilités à Paris, et  proche banlieue de Paris (c'est ce que je connais)
 Paris:
Jules Ferry  (niveau assez bon..)
Lycée Balzac
Lycée Lamartine
Lycée Paul Valery
Lycée Molière
Lycée Victor Hugo

Lycée privés sous contrat:
 Lycée Blomet
Lycée Stanislas

Pour préparer droit ou économie en vue de  Cachan
Lycée Turgot
ESAA Duperré

Proche banlieue sud:
Lycée Michelet Vanves
Lycée Descartes Antony

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