Article du
Monde ce soir : à compléter par le
MONDE DE L'EDUCATIONVoici l'article de Martine Laronche, (qui me paraît juste et utile)
"La course aux classes préparatoires aux grandes écoles est lancée : les inscriptions sur Internet, ouvertes le zo janvier, s'achèveront le 25 mars. Les magazines donnent leur classement annuel des lycées en fonction du pourcentage d'admis dans les grandes écoles, de Polytechnique à Ulm en passant par HEC. En tête caracolent les mêmes d'une année sur l'autre : Hoche et Sainte-Geneviève à Versailles, Henri-IV, Louis-le-Grand ou Saint-Louis à Paris, Le Parc à Lyon, Faidherbe à Lille...
Du coup, les parents de milieux favorisés - dont sont issus plus de 54 % des élèves de prépas - ne voient guère de salut pour leur progéniture en dehors d'une vingtaine d'établissements de prestige. A l'inverse, ceux des milieux modestes n'osent pas l'envisager pour leurs enfants.
Pour peu qu'on soit motivé, travailleur et persévérant, il n est-pas nécessaire d'être premier de la classe pour réussir en classe préparatoire. Certes, les chances d'intégrer Polytechnique sont plus grandes si l'on fréquente le lycée Hoche, mais une prépa moins cotée peut permettre d'entrer dans une école d'ingénieurs aux débouchés assurés. "Il existe des places libres dans les classes préparatoires, notamment scientifiques et commerciales, qui garantissent des débouchés professionnels", déplore Claude Boichot, chargé du dossier au ministère de l'éducation nationale. "Un bon élève de terminale qui veut aller en prépa à tout prix trouvera forcément une place, confirme le proviseur du lycée Saint-Louis, Jean-Claude Lafay. Et, quel que soit le lycée, il aurades débouchés intéressants. il n'existe pas de mauvaises écoles dans les banques de données des concours."
Selon la procédure en vigueur, les candidats peuvent formuler douze voeux pour leurs prépas, classés par ordre de préférence, mais pas plus de six établissements par spécialité. Sur 70 00o candidats ayant formulé des voeux en 2006, près de 13 o0o n'ont reçu aucune proposition "Si les candidats étaient moins exigeants et s'évaluaient mieux, la déperdition pourrait être réduite", considère M. Boichot.
Les lycées d'élite croulent sous les candidatures. Saint-Louis, par exemple, a enregistré 9 00o demandes pour 60o places en 2006. Pour optimiser leurs chances, les élèves de terminale ont donc intérêt, s'ils ne sont pas parmi les meilleurs de leur classe, à faire figurer dans leur choix un ou plusieurs établissements moins prisés.
"Le plus important, c'est de se retrouver dans une classe préparatoire où on sera à l'aise par rapport à son niveau ", estime Christophe Grison, professeur de physique à l'École nationale de chimie, physique et biologie (ENCPB), à Paris. Pour se faire une idée du niveau moyen d'une classe, il faut aller sur le site Internet de l établissement-, se rendre aux journées portes ouvertes oui encore, demander conseil à son professeur principal
(c'est moi!). ou au conseiller d''orientation-psychologue.
AVANTAGES DES PETITES STRUCTURES
Contrairement aux lycées les plus cotés, qui sélectionnent les meilleurs, les trépas de proximité accueillent des élèves de niveaux différents. Ainsi, le lycée Brizeux de Quimper (Finistère) prend-il dans ses classes scientifiques des élèves dont les moyennes vont dé 19 à 1o en mathématiques. Tous ont leur chance s'ils visent les concours à leur portée, considère la proviseure, Lydie Klucik. 'Aux plus brillants, nous conseillons de concourir pour les écoles bicentenaires comme X, Centrale, les Mines..., détaille-t-elle. A ceux dont la moyenne va de 13 à 15 s'ouvrent les écoles centenaires comme les Ecoles nationales supérieures d'ingénieurs, aux moyens, des écoles de création plus récentes."
Les petites structures ont leurs avantages. A Brizeux, les élèves sont 3o par classe, contre 48 dans les établissements très demandés. "Cela nous permet de mieux connaître les élèves, de les motiver pour passer des concours auxquels ils n'oseraient pas se présenter, d'adapter les exercices à leurs objectifs", commente Emilie Faillard, professeur de chimie. La compétition y est moins forte. "Pour certains, cela peut être constructif et motivant d'être mis en concurrence dans une grosse structure tandis que d'autres peuvent être déstabilisés", poursuit Mme Klucik.
Pour ceux dont aucun voeu n'aurait été exaucé ou qui n'auraient pas osé s'inscrire, il reste la procédure complémentaire. Chaque année, des élèves sont repêchés à l'occasion d'une sorte de bourse aux places vacantes, proposées en ligne par les établissements. Antoine (son prénom a été changé), 18 ans, qui n'a pas réussi à décrocher les grands lycées qu'il souhaitait, s'est ainsi vu offrir plusieurs places. Il a retenu le lycée Claude-Bernard, à Paris (16e arr.). 'Au début, j'étais déçu, mais, aujourd'hui, je trouve que l'ambiance est très bonne, assure Antoine. Et, en comparant mes travaux dirigés avec ceux d'un copain à Henri-IV, je constate que le niveau en physique n'est pas si éloigné." Martine Laronche
Inscriptions sur Internet
www.admission-postbac.org
A lire
le dossier "Des prépas pour tous" dans. Le Monde de l'éducation de février
Suite de l'article:
Un plus large accueil des jeunes issus de milieux populaires
Lors de ses voeux à la presse en 2006, le chef de l'Etat a demandé que les classes préparatoires aux grandes écoles accueillent d'ici trois ans un tiers d'élèves boursiers de l'enseignement supérieur. La part des boursiers dans les prépas a déjà augmenté, passant de 13,9 % en 1998 à 22 % en 2006. Néanmoins, les jeunes issus de milieux favorisés constituent encore 54 % des élèves de ces classes, contre 12,7 % pour les jeunes de milieux populaires. Les enfants d'enseignants occupent, eux, 28 % des places.
Pour susciter des vocations quel que soit le milieu social, préfets et recteurs ont été invités, en juillet 2006, à proposer à tous les élèves ayant obtenu une mention bien ou très bien au baccalauréat une place en prép.. "Seules quelques dizaines d'élèves de milieux modestes ont accepté de modifier leur trajectoire. Les autres préféraient des études courtes en deux ans", constate Claude Boycott, au ministère de l'éducation nationale. Pour faire mieux, le gouvernement encourage le développement de partenariat entre des lycées ayant des classes préparatoires et des lycées en zone difficile comme vont le faire Saint-Louis à Paris et Kléber à Strasbourg.
Article paru dans l'édition du 07,02.07
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