L'expression est de Regis Debray, de retour de Terre Sainte. Extrêmement pessimiste, lui qui ne croit quen la laïcité..
C'était ce matin sur
France-Culture
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Voici le compte rendu du dernier livre de Mireille Delmas-Marty qui explique en quoi le"droit d'ingérence" consitue un progrès pour l'humanité ( Amnesty International) :
Droit d'ingérence
"Il me paraît intéressant d'attirer l'attention sur l'ouvrage de Mireille Delmas Marty, Les Forces imaginantes du droit (III), janvier 2007, éd. du Seuil (Chronique de décembre 2007, le droit
d'ingérence). Dans cet ouvrage récent, la juriste rappelle quelles ont été les étapes de cette « émergence des acteurs civiques » et défend la légitimité de leurs interventions contre les craintes
de l'ancien ministre Hubert Védrine de voir « surgir un monde entièrement neuf où il faudrait privilégier la société civile nationale et internationale ». Mireille Delmas Marty constate que les
pressions des ONG auront certainement contribué à l'intégration du droit international par les juridictions nationales (affaires Pinochet, Total, rôle de la procédure d'amicus curiae dans les
jurisprudences de la Cour suprême des États-Unis). Elle souligne aussi l'importance des ONG comme Amnesty International, HRW ou la FIDH auprès des Cours des droits de l'homme régionales
(européenne, interaméricaine ou africaine) dans leur présence auprès des victimes qu'elles informent sur les possibilités de recours devant ces instances et auxquelles elles offrent une assistance
pour préparer et déposer des requêtes et même, le cas échéant, pour les représenter ou leur-procurer des défenseurs. Aujourd'hui le droit légitime d'ingérence en matière de protection et de
promotion des droits humains est reconnu par le droit international comme relevant de la compétence non seulement des États membres de l'Onu, mais aussi des citoyens du monde agissant à travers les
ONG".
Aimé Léaud
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Voici le compte rendu du livre de Pierre Hazan, P.UF 2007 dans le bulletin de Amnesty International de février 2008
Notez que le souci de vérité peut contredire la volonté de paix :
La justice face aux conflits
COMMENT JUGULER LA VIOLENŒ?
" Pendant des siècles, la principale réponse fut celle de l'amnistie et du silence. Dans les années 1970, le président Charles de Gaulle va jusqu'à justifier l'interdiction de diffusion à la
télévision française du documentaire Le Chagrin et la pitié au nom de l'unité nationale: « La France n'a pas besoin de vérité, (...) ce qu'il faut lui donner, c'est l'espoir, la cohésion et un but.
» Le journaliste et universitaire Pierre Hazan propose un ouvrage qui devrait passionner tous ceux qui s'intéressent aux enjeux politiques et éthiques post-conflits. Il examine le renversement de
stratégie qui s'est produit avec les tribunaux de Nuremberg et qui s'est accéléré depuis la fin de la Guerre froide. C'est le premier livre en français offrant une synthèse critique sur la justice
pénale internationale et un premier bilan de la justice transitionnelle. À la croisée du politique, du judiciaire, de l'éthique, de la psychologie et du religieux, la justice transitionnelle
interpelle (lire la série dans La Chronique de septembre, octobre et novembre 2007). Elle met au jour des tensions: en effet, comment rechercher simultanément la justice et la paix? L'auteur
indique quelques études empiriques signalant que la « vérité » factuelle sur les crimes - pour autant qu'elle ait été établie - n'est pas thérapeutique pour l'ensemble des victimes. Il aborde
également le rôle des ONG, u les missionnaires d'une mondialisation humaine », et leur vision parfois réductrice dans la manière dont elles façonnent un environnement manichéen (les coupables d'un
côté, les victimes innocentes de l'autre). Pierre Hazan scrute trois cas concrets: la conférence diplomatique de Durban qui entendait guérir les blessures nées de l'esclavage et de la colonisation,
l'instance Équité et réconciliation du Maroc, première du genre dans le monde arabo-musulman, et les poursuites engagées en Afrique par la Cour pénale internationale. Dans un style limpide,
l'auteur analyse enfin une nouvelle période ouverte avec les attentats du 11 septembre 2001 et la guerre contre le terrorisme déclenchée par l'administration Bush : « C'est cette utopie d'un monde
gouverné par la règle du droit qui s'efface avec l e 1 1-septembre, même si les instruments juridiques demeurent: avec, pour risque, que les normes élaborées durant la décennie précédente ne
deviennent plus que des options à choix non contraignantes. » Benoît Guillon
Pierre Hazan,Juger Laguerre, juger l'histoire, éd. Puf, 2007.
La Chronique AI Février 2008
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