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Jeudi 8 février 2007

Devoir : (etym :  latin debere, de de et habere, " tenir quelque chose de quelqu'un, lui en être redevable ") 1) Sens général : obligation sociale ou morale, propre à une fonction déterminée (le devoir de réserve) ou bien d'ordre plus général (le devoir de solidarité) 2) Chez Kant : commandement qui s'impose à la volonté soit de façon conditionnelle (obligation relative à un objectif particulier) soit de façon inconditionnelle. Le devoir proprement dit est le devoir moral inconditionnel  qui s'impose à tout homme et qui vaut pour tout homme. Le devoir  (au sens moral) implique une idée de l'homme tel qu'il soit capable de concevoir une loi qui  puisse  être reconnue et adoptée pour toutes les volontés raisonnables, c'est-à-dire par tous les êtres doués de raison.
Mœurs/ Morale : (etym : du latin mores, " mœurs ", et de moralis, chez Cicéron, qui traduit le grec ethikos, relatif aux mœurs, moral) 1) Sens ordinaire : les mœurs sont les habitudes, les coutumes et les règles d'une société relatives à la bonne conduite et au devoir. La morale est la théorie de l'action humaine en tant qu'elle se préoccupe de ce qui doit être et vise le bien. 2) Chez Kant : les mœurs recouvrent le domaine des conduites inspirées par les désirs et les inclinations, tandis que la morale renvoie à l'action qui relève de la libre volonté. La morale  (dite de Kant) se contente d'expliciter les principes qui sont à l'œuvre dans toute expérience d'ordre moral, autrement dit   liée  à  l'observation d'  impératifs catégoriques.
Sentiment : (etym : sentire,  " percevoir par les sens ", " sentir ", " ressentir "). 1) Sens ordinaire : tous les états affectifs de l'homme qui, par opposition aux émotions fugitives, comportent une certaine stabilité, tels que l'amour, la joie, le chagrin, mais aussi les sensations et les plaisirs esthétiques ou moraux 2) Philosophie : en tant que forme supérieure de l'activité affective, le sentiment est  le propre de l'homme. Certains sentiments peuvent même comporter une dimension spirituelle ou morale, comme la bienveillance, la générosité,  le sentiment religieux  etc...3) Chez certains moralistes (Hume, Rousseau), le sentiment  est le véritable fondement de toutes les inclinations morales qui ne sont des formes de sympathie ou d'amour sublimées. Ils s'opposent en cela aux philosophes rationalistes   (Platon, Descartes, Kant) qui considèrent que le devoir procède de la connaissance de la Loi, elle-même instaurée  par la raison.
Vertu :  (etym latin virtus, " mérite essentiel ", " vertu " ) 1) Sens ordinaire (vieilli) : volonté de bien faire, souci de l'intérêt de l'autre, force morale. 2) Sens ancien : puissance, aptitude ou capacité propre à un être (exemple : la vertu de l'œil est de bien voir). 3) Sens moderne : a) Chez Montesquieu : préférence accordée par le citoyen à l'intérêt du tout (l'Etat) par rapport à la partie ( individu), probité  et amour des lois. La vertu (synonyme de civisme) est le principe  de la République, c'est-à-dire à la fois son esprit et son fondement. b) Chez Rousseau :  préférence accordée à l'intérêt de  l'autre par rapport au sien propre, bienveillance à l'égard du genre humain ; la vertu,  conçue  ici comme un sentiment altruiste,  est  naturellement dérivée de l'amour de soi et de la compassion c) Chez Kant : disposition constante de la volonté qui observe la loi morale dans un esprit totalement désintéressé.
 CHEZ KANT :
Impératif hypothétiques/catégoriques :  L'impératif (etym : imperare, " commander ") est un commandement de la raison qui s'adresse à la volonté.  L'impératif hypothétique ordonne ce qui est indispensable pour réaliser n'importe quel objectif. L'impératif catégorique commande de faire son devoir inconditionnellement, c'est-à-dire quels que puissent être les obstacles ou les objections.
Fondement (s)  : (etym : fundare, " fonder ") 1) Sens général : ensemble des éléments qui constituent  les principes de base   d'une doctrine ou d'une  théorie philosophique. 2) Chez Kant : c'est la raison qui détermine une chose et précède donc logiquement cette chose. Le fondement de la morale est à chercher dans un examen de la raison par la raison, c'est-à-dire dans ce que Kant appelle la critique de la raison pure pratique.
Nature : Chez Kant : la nature est " l'existence des choses en tant que déterminées par des lois universelles ". La science de la nature, chez Kant, ne porte que sur ce qui est objet d'expérience possible, jamais sur les choses en soi.
Loi / loi morale : (etym : latin lex,  " loi ") 1) Sens scientifique : la loi est une relation constante entre les faits,  ou entre les phénomènes ; elle  ne comporte jamais d'exception 2) Sens juridique : règle obligatoire établie par une autorité souveraine afin d'encadrer et de stabiliser les relations entre les hommes 3)   La loi morale, chez Kant :  elle est le principe de détermination de la volonté qui est valable pour tous les êtres raisonnables. Elle revêt par définition un caractère d'universalité.
Matière/ forme :  (etym :  latin mater,  " mère ", " source " et  latin forma, ensemble des caractéristiques extérieures d'une chose) . Chez Kant : la matière est le contenu, le but ou encore la fin de l'action, c'est-à-dire ce en vue de quoi nous l'accomplissons, comme la réussite ou le plaisir par exemple. La forme consiste exclusivement dans son universalité, c'est-à-dire dans un caractère qui lui est inhérent. De façon générale, les formes sont chez Kant des principes qui ordonnent des matériaux empiriques, qui mettent en ordre les données de l'expérienc
Pratique :  (etym :  grec :  prattein, " agir ") . Chez Kant :  la pratique est le domaine de ce qui relève  de la liberté. Ce terme désigne plus précisément le champ des actions humaines en tant qu'elles se soumettent, ou sont susceptibles de se soumettre,  à la loi morale.
 Phénomènes/ choses en soi : Chez Kant : les phénomènes désignent le réel en tant qu'il est connu, c'est-à-dire tel qu'il se manifeste au sujet qui appréhende le réel suivant sa sensibilité et son entendement, tandis que la
chose en soi désigne ce même réel tel qu'il est en lui même.  La chose en soi est inconnaissable, par définition, mais nous pouvons nous efforcer de la penser.
Piétisme : (etym :  latin : pietas, " piété ")   Doctrine austère  d' une secte protestante luthérienne (17 ième siècle)  qui prône la métamorphose morale de l'homme en insistant sur la piété personnelle et le sentiment religieux plutôt que sur une stricte orthodoxie.
A priori/ a posteriori : Expressions latines qui signifient respectivement : " en partant de ce qui vient avant " et " en partant de ce qui vient après ", c'est-à-dire  ce qui précède et ce qui suit. Chez Kant, " avant " et " après " prennent un sens logique. Est a priori ce qui précède logiquement l'expérience, et qui en constitue donc la condition de possiblilité.  Est a posteriori ce qui en découle et ne peut donc être établi autrement qu'à partir d'elle. L'universel et le nécessaire sont les marques de l' a priori.
 PS : j'ai fait un résumé de la morale de Kant dans mon livre: Cours particulier de philosophie .

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Jeudi 8 février 2007
L'art met en forme et agence des formes symboliques. Or le symboles on toujours plusieurs sens, et les oeuvres sont toujours plus intéressantes lorsqu'elles sont susceptibles d'interpétations très ouvertes:


"Le symbole est une chose extérieure, une donnée directe et s'adressant directement à notre intuition ; cette chose cependant n'est pas prise et acceptée telle qu'elle existe réellement, pour elle-même, mais dans un sens beaucoup plus large et beaucoup plus général. Il faut donc distinguer dans le symbole : le sens et l'expression. Celui-là se rattache à une représentation ou à un objet, quel que soit son contenu ; celle-ci est une existence sensible, ou une image quelconque.
1) Le symbole est avant tout  un signe. Mais dans la simple présentation, le rapport qui existe entre le sens et son expression est un rapport purement arbitraire. Cette expression, cette image ou cette chose sensible représente si peu elle-même qu'elle éveille plutôt en nous l'idée d'un contenu qui lui est tout à fait étranger, avec lequel elle n'a, à proprement parler, rien de commun [...]
2) Il en est autrement d'un signe destiné à servir de symbole. Le lion, par exemple, est considéré comme le symbole du courage, le renard comme celui de la ruse, le cercle comme celui de l'éternité, le triangle comme celui de la Trinité. Or, le lion et le renard possèdent bien les qualités, les propriétés dont ils doivent exprimer le sens. De même, le cercle ne présente pas l'aspect inachevé ou arbitrairement limité d'une ligne droite ou d'une autre ligne qui ne revient pas sur elle-même ou encore d'un intervalle de temps ; et un triangle a un nombre de côtés et d'angles égal à celui qu'évoque en nous l'idée de Dieu, lorsqu'on compte les déterminations que la religion attribue à Dieu.

Dans tous ces exemples les objets sensibles ont déjà par eux-mêmes la signification qu'ils sont destinés à représenter et à exprimer, de sorte que le symbole, pris dans ce sens, n'est pas un simple signe indifférent, mais un signe qui, tel qu'il est extérieurement, comprend déjà le contenu de la représentation qu'il veut évoquer. Et en même temps, ce qu'il veut amener à la conscience, ce n'est pas lui-même, en tant que tel ou tel objet concret et individuel, mais la qualité générale dont il est censé être le symbole.
3) Nous ferons remarquer en troisième lieu que le symbole qui ne doit pas être adéquat à son sens, en tant que signe purement extérieur, ne doit pas non plus, pour rester symbole, lui être tout à fait adéquat. [...]
Il résulte de ce qui vient d'être dit qu'envisagé du point de vue de son  concept, le symbole possède toujours un double sens".
 HEGEL ,  Traduction S.Jankélévitch, Esthétique Deuxième volume, Introduction, Du symbole en général, pp 12-13-14, 1978, Champs Flammarion
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Jeudi 8 février 2007

Art : (etym : ars, artis, talent, savoir-faire,   traduction du grec technè,  technique, savoir-faire) 1) Sens  premier : ensemble de techniques ou  de procédés visant un résultat pratique, en particulier dans le cadre d'un métier 2) Sens usuel : Activité ayant en général pour fin de produire de belles apparences, ou bien comportant sa fin en elle-même  comme la danse par exemple 3) Système des beaux-arts comprenant les  arts plastiques ( architecture, sculpture, peinture) et les arts musicaux (musique, danse, poésie) 4) Chez Aristote :  Création de formes et manifestation de liberté de  l'homme qui intervient dans le cours de la nature dans  la mesure où celui-ci laisse une place  à la contingence au hasard 5) Selon Kant :  Activité autonome   visant  la création de formes et d'œuvres  d'autant plus belles (suscitant un plaisir esthétique) qu'elles ne sont subordonnées à aucune fin préétablie.  L'artiste de génie " donne des règles à l'art " contrairement à l'artiste académique qui s'inscrit dans un cadre préexistant. 6) Selon Hegel : Manifestation sensible de l'Idée, l'art désigne un mode d'expression de l'absolu  qui  révèle la vérité mais  à travers les apparences (" l'apparence est un  moment essentiel de l'essence "). En tant que forme éminente de la conscience, l'art est destiné à disparaître pour être remplacée par la religion et la philosophie. 7) Pour la sociologie contemporaine, l'art recouvre toutes les activités reconnues       (cf " art vivant ") et approuvées par des institutions qualifiées, et (ou) qui suscitent un large consensus social.
Esthétique :  (etym : aisthétikos, qui peut être perçu par les sens) Terme inventé  vers 1750 pour désigner une " science des sentiments ", puis une " science du beau "  Substantif 1) Sens usuel : théorie de l'art et des conditions du beau 2) Chez Kant : qui concerne le beau sensible. Les jugements esthétiques sont soit empiriques soit purs.  Les premiers expriment ce qui , dans une représentation, d'agréable ou de désagréable. Seuls les seconds, qui portent sur la forme, et qui ne s'appuient pas sur des concepts,  sont, à proprement parler des jugements de goût : " le beau est ce qui plaît universellement et sans concept " 3) Chez Hegel :  philosophie des beaux-arts qui prend pour objet le " vaste empire du beau ", conçu comme " manifestation de l'esprit sous une forme sensible ".
Adjectif : désigne tout ce qui suscite un sentiment mélangé de plaisir et d'admiration, sentiment généralement rapporté au beau, mais pas toujours.  L'art contemporain se définit par  la recherche d'une écriture,  par l'émergence d'un style et  d'une vision,  ou même  par l'invention d'un geste  ou d'un dispositif  original, et non plus par le souci de  célébrer et de magnifier la nature ou de dévoiler la spiritualité inhérente aux productions des hommes.

Œuvre :  (etym : latin opus, " activité ", " œuvre ") 1) Sens ordinaire : activité ou produit du travail humain 2) Esthétique : ensemble organisé de matériaux et de symboles mis en formes par un ou plusieurs artistes, artisans et exécutants (ex : les cathédrales) 3) Chez Hegel : les œuvres sont des manifestations sensibles de l'Idée, c'est-à-dire du " divin " au sens philosophique de ce terme.  Les œuvres  d'art expriment  un contenu spirituel, mais ce contenu n'est jamais dissociable de la forme sensible qui le manifeste 4) Chez Hannah Arendt :  l'œuvre est opposée à la production ordinaire.  Tandis que le travail nous soumet, en règle générale,  à l'empire de la nécessité (nous travaillons pour consommer le produit de notre travail) l'activité artistique nous en  libère en nous arrachant au cycle ininterrompu de la production/consommation.  Les œuvres ne sont pas consommées ; elles existent pour durer, comme en témoigne leur longévité.
Formes symboliques (Etym :  latin : forma, " forme " et  grec   sumbolon,  objet coupé en deux qui servait de signe de reconnaissance). Notion courante dans le domaine  esthétique, qui a été  théorisée plus particulièrement par le  philosophe allemand Ernst  Cassirer  (La philosophie des formes symboliques 1923-1929). Chez Paul Ricoeur et Ernst Cassirer, les formes symboliques sont l'ensemble des productions signifiantes, des institutions et des œuvres ( langage, mythes, récits historiques,cérémonies, dispositifs religieux, œuvres d'art...) qui structurent  le monde et lui donnent une (ou des) significations déterminées. Ces formations " font partie d'un processus vivant " mais la conscience fixe dans ces processus certains points d'arrêt et de repos : " ainsi la conscience préserve en eux le flux perpétuel qui les caractérise ; mais ce flux ne se perd pas dans l'indéterminé, il s'articule autour de certains centres formels et sémantiques " (La philosophie des formes symboliques 1 Le  langage, introduction)

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Jeudi 8 février 2007
Pour l'ethnologue Claude Lévi-Strauss , l'art est un moyen pour l'homme de s'approprier la réalité, matériellement et intellectuelle : l'analogie entre l'art et le modèle réduit permet de rendre compte de cette appropriation.

"La question se pose de savoir si le modèle réduit, qui est aussi le «chef-d'oeuvre» du compagnon, n'offre pas, toujours et partout, le type même de l'oeuvre d'art. Car il semble bien que tout modèle réduit ait vocation esthétique - et d'où tirerait-il cette vertu constante, sinon de ses dimensions mêmes? Inversement, l'immense majorité des ceuvres d'art sont aussi des modèles réduits. On pourrait croire que ce caractère tient d'abord à un souci d'économie, portant sur les matériaux et sur les moyens, et invoquer à l'appui de cette interprétation des oeuvres incontestablement artistiques, bien que monumentales. Encore faut-il s'entendre sur les définitions : les peintures de la chapelle Sixtine sont un modèle réduit en dépit de leurs dimensions imposantes, puisque le thème qu'elles illustrent est celui de la fin des temps. Il en est de même avec le symbolisme cosmique des monuments religieux. D'autre part, on peut se demander si l'effet esthétique, disons d'une statue équestre plus grande que nature, provient de ce qu'elle agrandit un homme aux dimensions d'un rocher, et non de ce qu'elle ramène ce qui est d'abord, de loin, perçu comme un rocher aux dimensions d'un homme. Enfin, même la « grandeur nature » suppose un modèle réduit, puisque la transposition graphique ou plastique implique toujours la renonciation à certaines dimensions de l'objet : en peinture, le volume ; les couleurs, les odeurs, les impressions tactiles, jusque dans la sculpture ; et, dans les deux cas, la dimension temporelle, puisque le tout de l'oeuvre figurée est appréhendé dans l'instant.
Quelle vertu s'attache donc à la réduction, que celle-ci soit d'échelle, ou qu'elle affecte les propriétés ? (...)
À l'inverse de ce qui se passe quand nous cherchons à connaître une chose ou un être en taille réelle, dans le modèle réduit la connaissance du tout précède celle des parties. Et même si c est
là une illusion, la raison du procédé est de créer ou d'entretenir cette illusion, qui gratifie l'intelligence et la sensibilité d'un plaisir qui, sur cette seule base, peut déjà être appelé esthétique.
Nous n'avons jusqu'ici envisagé que des considérations d'échelle, qui, comme on vient de le voir, impliquent une relation dialectique entre grandeur - c'est-à-dire quantité - et la qualité. Mais le modèle réduit possède un attribut supplémentaire : il est construit, man made, et, qui plus est,       « fait à la main ». Il n'est donc pas une simple projection, un homologue passif de l'objet : il constitue une véritable expérience sur l'objet; or, dans la mesure où le modèle est artificiel, il devient possible de comprendre comment il est fait, et cette appréhension du mode de fabrication apporte une dimension supplémentaire à son être ; de plus - nous l'avons vu à propos du bricolage, mais l'exemple des « manières » des peintres montre que c'est aussi vrai pour l'art -, le problème comporte toujours plusieurs solutions. Comme le choix d'une solution entraîne une modification du résultat auquel aurait conduit une autre solution, c'est donc le tableau général de ces permutations qui se trouve virtuellement donné, en même temps que la solution particulière offerte au regard du spectateur, transformé de ce fait - sans même qu'il le sache - en agent. (...) Autrement dit, la vertu intrinsèque du modèle réduit est qu'il compense la renonciation à des dimensions sensibles par l'acquisition de dimensions intelligibles".
Claude Lévi-Strauss, La Pensée sauvage, Plon, 1962, p. 34-36.
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Jeudi 8 février 2007


    Contre Platon, qui jugeait l'imitation en art superflue et dangereuse, Hegel revalorise les apparences. Les apparences, dans l'art, ne sont pas une plate répétition de la  réalité   : elles en constituent plutôt une tranfiguration qui nous révèle l'essence des choses:

   " Le reproche d'indignité qui s'adresse à l'art comme produisant ses effets par l'apparence et l'illusion serait fondé si l'apparence pouvait être regardée comme ce qui ne doit pas être. Mais l'apparence est essentielle à l'essence. La vérité ne serait pas si elle ne paraissait ou plutôt n'apparaissait pas, si elle n'était pas pour quelqu'un, si elle n'était pas pour elle-même aussi bien que pour l'esprit en général. Dès lors ce n'est plus sur le paraître que doit tomber le reproche, mais sur la sorte particulière d'apparence employée par l'art pour donner réalité au vrai en soi. Mais si on qualifie d'illusions ces apparences sous lesquelles l'art donne existence à ses conceptions, ce reproche a surtout du sens par comparaison avec le monde extérieur des apparences et sa matérialité immédiate, et aussi par rapport à notre propre affectivité, à notre monde intérieur et sensible : monde extérieur et monde intérieur - à tous deux, dans notre vie empirique, dans la vie de notre apparence même, nous sommes habitués à donner la dignité et le nom de réalité effective et de vérité, par opposition à l'art à qui manquent pareille réalité et pareille vérité. Mais, justement, tout cet ensemble du monde empirique intérieur et extérieur n'est pas le monde de la réalité véritable, mais on peut dire de lui, bien plus exactement que de l'art, qu'il est une simple apparence et une trompeuse illusion. C'est au-delà de l'impression immédiate et des objets perçus immédiatement qu'il faut chercher la véritable réalité. Car n'est vraiment réel que ce qui est en soi et pour soi, la substance de la nature et de l'esprit, ce qui, tout en se manifestant dans l'espace et dans le temps, continue d'exister en soi et pour soi et est ainsi véritablement réel. Or c'est précisément l'action de cette force universelle que l'art présente et fait apparaître. Sans doute cette réalité essentielle apparaît aussi dans le monde ordinaire - intérieur et extérieur - mais confondue avec le chaos des circonstances passagères, déformée par les sensations immédiates, mêlée à l'arbitraire des états d'âme, des incidents, des caractères, etc. L'art dégage des formes illusoires et mensongères de ce monde imparfait et instable la vérité contenue dans les apparences, pour la doter d'une réalité plus haute créée par l'esprit lui-même. Ainsi, bien loin d'être de simples apparences purement illusoires, les manifestations de l'art renferment une réalité plus haute et une existence plus vraie que l'existence courante".

    Leçons sur l'esthétique ( professées entre 1818 et 1829, publiées en 1835), trad. Bénard, in  Esthétique, choix de C. Khodoss, P.U.F., 1954, pp.8-9.
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Jeudi 8 février 2007
(et moi non plus, pour les mêmes raisons) LIbé ce matin Je ne trouve pas le lien!

"j'ai des convictions, mais un ralliement, c'est une  casquette, et le moins que je doive à mes élèves et à mes invités ( à Répliques) c'est de les accueillir tête nue"

(néanmoins A.F. est attérré par l'état actuel de la gauche)
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Jeudi 8 février 2007
Par Annie Cohen: lire dans le Monde ce soir
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