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Samedi 10 mars 2007
"Ignoble" est la proposition de Sarkozy (LIbé) de faire un Ministère de l'immigration et de l'identité française







"Ignoble": vil , moralement bas. Synonyme de abject, infâme (contraire de l'ordre juste)
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Samedi 10 mars 2007
Dominique Strauss-Kahn invite F. Bayrou à se rallier au pacte présidentiel de Ségolène Royal.
 Sera-t-il entendu?
 (j'ai des doutes...)
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Samedi 10 mars 2007
Bravitude: (opposé à  lâchitude, synomyme de couragisme): "la bravitude, c'est la plénitude de la bravoure" (Jack Lang)
Voulitude : "La plénitude du sentiment  d'avoir voulu" (Strauss-Kahn)
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Samedi 10 mars 2007

Qui est le plus apte à gouverner? C'est le plus compétent, pour Aristote, le plus compétent sur le plan politique. Il ne faut se faut se fier ni à la richesse, ni à la naissance, ni à la "carnation" (bonne mine) des candidats:


{,,.}" Peut-être en effet, pourrait-il sembler qu'il faudrait partager inégalement les magistratures selon la supériorité des citoyens concernant un bien quelconque (1 , si dans tous les autres domaines ils ne se différenciaient  en  rien et se trouvaient être égaux. Car à des gens différents il est juste et mérité qu'il revienne quelque chose de différent. Mais, d'autre part, si cela est vrai, il arrivera que la  carnation, la taille ou quelque autre bien de ce genre donnera à ceux qui les possèdent à un plus haut degré davantage de droits politiques. L'erreur ne saute-t-elle pas aux yeux?
Elle est manifeste concernant  les autres  sciences et facultés, car parmi les flûtistes égaux dans leur
art il ne faut pas donner l'avantage en matière de flûtes aux gens de meilleure naissance, car ils ne jouent pas mieux de la flûte, mais c'est à celui qui est supérieur dans    l'accomplissement de sa tâche qu'il faut donner la supériorité touchant les instruments".

Note: Par exemple selon la noblesse  ou la beauté. Certains "mérites" peuvent être pris en compte, dans certains cas, à supposer que les personnes soient égales  parr ailleurs. Mais dans le domaine de la politique, où la compétence est décisive, comme dans les "arts" '(cf l'art du flûtiste) il afut écarter tous les autres types de mérites ou qualités.

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Samedi 10 mars 2007

Il existe pour Aristote six types de régimes. Trois régimes visent l'intérêt communs (monarchie, aristocratie, république ou gouvernement constitutionnel). Les trois autres (tyrannie, oligarchie, démocratie) sont des déviations, ou dégénérescences, des premiers. Il est ici sévère avec la démocratie:


"Puisque constitution et gouvernement signifient la même chose, et qu'un gouvernement c'est ce qui est souverain dans les cités, il est nécessaire que soit souverain soit un seul individu, soit un petit nombre, soit un grand nombre de gens. Quand cet individu, ce petit ou ce grand nombre gouvernent en vue de l'avantage commun, nécessairement ces constitutions sont droites, mai quand c'est en vue de l'avantage propre de cet individu, de ce petit ou de ce grand nombre, ce sont des déviations. Car ou bien il ne faut pas appeler citoyens ceux qui participent à la vie de la cité, ou bien il faut qu'ils en partagent les avantages.
Nous appelons d'ordinaire royauté celle des monarchies qui a en vue l'avantage commun ; parmi les constitutions donnant le pouvoir à un nombre de gens petit mais supérieur à un, nous en appelons une l'aristocratie soit parce que les meilleurs y ont le pouvoir, soit parce qu'on y gouverne pour le plus grand bien de la cité et de ceux qui en sont membres. Quand c'est la multitude qui détient le gouvernement en vue de l'avantage commun, la constitution est appelée du nom commun à toutes les constitutions, un gouvernement constitutionnel. Et c'est rationnel, car il peut arriver qu'un seul individu ou qu'un petit nombre se distingue par sa vertu, alors qu'il est vraiment difficile qu'un grand nombre de gens possèdent une vertu dans tous les domaines, avec comme exception principale la vertu guerrière : elle naît en effet dans la masse. C'est pourquoi dans cette dernière sorte de constitution c'est la classe guerrière qui est absolument souveraine et ce sont ceux qui détiennent les armes qui participent au pouvoir.
Les déviations des constitutions qu'on a indiquées sont : la tyrannie pour la royauté, l'oligarchie pour l'aristocratie, la démocratie pour le gouvernement constitutionnel. Car la tyrannie est une monarchie qui vise l'avantage du monarque, l'oligarchie celui des gens aisés, la démocratie vise l'avantage des gens modestes. Aucune de ces formes ne vise l'avantage commun".

Aristote (325-323 av. J.-C.),  La politique, Livre III, chap. 7, 1279 a 25, trad. P. Pellerin, coll. " GF ", Éd. Flammarion, 1990, pp. 229-230.
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Samedi 10 mars 2007
La cité est naturelle pour Aristote. Elle précède et englobe l'individu:

"Une cité est par nature antérieure à une famille et à chacun de nous. Le tout, en effet, est nécessairement antérieur à la partie, car le corps entier une fois détruit, il n'y a plus ni pied ni main, sinon par homonymie, comme quand on parle d'une main de pierre, car c'est après la mort qu'une main sera telle, mais toutes les choses se définissent par leur fonction et leur vertu, de sorte que quand elles ne les ont plus il ne faut pas dire qu'elles sont les mêmes, mais qu'elles n'ont que le même nom. Que donc la cité soit à la fois par nature et antérieure à chacun de ses membres, c'est clair. S'il est vrai, en effet, que chacun pris séparément n'est pas autosuffisant, il sera dans la même situation que les autres parties vis-à-vis du tout, alors que celui qui n'est pas capable d'appartenir à une communauté ou qui n'en a pas besoin parce qu'il se suffit à lui-même n'est en rien une partie d'une cité, si bien que c'est soit une bête soit un dieu. C'est donc par nature qu'il y a chez tous les hommes la tendance vers une communauté de ce genre, mais le premier qui l'établit n'en fut pas moins cause des plus grands biens. De même, en effet, qu'un homme accompli est le meilleur des animaux, de même aussi quand il a rompu avec loi et justice est-il le pire de tous. Car la plus terrible des injustices c'est celle qui a des armes. Or l'homme naît pourvu d'armes en vue d'acquérir prudence et vertu, dont il peut se servir à des fins absolument inverses. C'est pourquoi il est le plus impie et le plus féroce quand il est sans vertu et il est le pire des animaux dans ses dérèglements sexuels et gloutons. Or la vertu de justice est politique, car la justice introduit un ordre dans la communauté politique, et la justice démarque le juste de l'injuste"


.
    Les politiques, Livre I, chapitre 2, trad. P. Pellegrin, Garnier-Flammarion, 1990, pp.92-93

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Samedi 10 mars 2007


 La démocratie est-elle le meilleur des régimes? Prudent, Aristote répond ici que la souverain doit toujours avoir en vue l'intérêt de tous, jamais seulement l'intérêt d'une partie (la minorité des riches, ou même la majorité des pauvres)

"Mais il y a une difficulté : qu'est-ce que doit être en effet le pouvoir souverain le la cité ? En effet, c'est sans doute soit la masse, soit les riches, soit les honnêtes gens, soit un seul, le meilleur de tous, soit un tyran. Mais toutes ces hypothèses semblent comporter un inconvénient. Lequel donc ? Si les pauvres, du fait qu'ils sont majoritaires, se partagent les biens des riches, n'est-ce pas injuste ? Non, par Zeus, puisque cela a semblé juste à l'autorité souveraine. biais alors que faudra-t-il appeler le comble de l'injustice, sinon cela ? D'autre part, si on prend tous les citoyens et que la majorité se partage )es biens de la minorité. Il est manifeste qu'ils détruisent la ciré. Mais
enfin ce n'est pas l'excellence qui va détruire ce qui la possède, et le juste n'est tout de même pas facteur de destruction d'une cité ! Il est par conséquent évident qu'une telle loi n'est pas susceptible d'être juste. Autrement les actions accomplies par le tyran seraient justes elles aussi, car il emploie la violence parce qu'il est le plus fort, tout comme la masse à l'égard des riches.
Mais alors est-il juste que ce soit la minorité des riches qui gouverne ? Mais si ceux-ci font la même chose que les autres, c'est-à-dire spolient la masse en la dépouillant de ses biens, est-ce que cela est juste .' Si oui, alors l'autre cas le sera aussi. Que donc toutes ces situations soient mauvaises et injustes, c'est manifeste.
Mais alors faut-il que ce soient les honnêtes gens qui aient en tout le pouvoir souverain ? Dans ce cas tous les autres seront nécessairement privés d'honneurs publics ...
Mais vaut-il mieux que ce soit un seul individu, le plus vertueux, qui gouverne . Mais c'est encore plus oligarchique : les gens exclus des honneurs publics seront encore plus nombreux. Il pourrait sembler que, d'une manière générale, donner la souveraineté à un homme et non à la loi est mauvais, puisque l'âme de cet homme peut être sujette aux passions. Mais si on la donne à la loi, que celle-ci soit oligarchique ou démocratique, quelle différence cela fera-t-il eu égard aux difficultés qui nous occupent ? Il arrivera la même chose que nous avons dit plus haut"

Aristote, Les politiques, Livre III, Chapitre X, p 239 , G.F.
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Samedi 10 mars 2007

 Le citoyen au sens absolu  (au sens plein) se définit par la participation aux affaires publiques (magistrature et activités judiciaires):



 "Laissant de côté ceux qui acquièrent le titre de citoyen de quelque façon exceptionnelle (1, par exemple les citoyens naturalisés, nous dirons d'abord que le citoyen n'est pas citoyen par le seul fait d'habiter un certain territoire (puisque métèques et esclaves ont en commun avec les citoyens le droit à domicile) ; ne sont pas non plus citoyens ceux qui participent aux seuls droits politiques leur permettant de jouer le rôle de défendeur ou de demandeur dans les procès (car ce droit appartient aussi aux bénéficiaires de traités de commerce (2 auxquels on le reconnaît également); bien plus, en beaucoup d'endroits, les métèques ne participent même pas complètement à ces avantages, puisqu'ils sont obligés de se choisir un patron, de sorte qu'ils n'ont part que d'une manière en quelque sorte incomplète à cette ébauche de communauté), mais ils sont citoyens à la façon des enfants qui, en raison de leur âge, n'ont pas encore été inscrits (3, ou des vieillards qui ont été déchargés de leurs devoirs civiques(4, et dont on doit dire qu'ils sont des citoyens en un certain sens seulement : ce ne sont pas des citoyens au sens tout à fait complet du terme, mais on spécifiera que les premiers sont des citoyens encore imparfaits et les seconds des citoyens ayant passé l'âge de la maturité, ou quelque autre désignation analogue (peu importe laquelle, ce que nous disons là étant suffisamment clair). Nous cherchons, en effet, à définir le citoyen au sens plein, qui ne donne prise à aucune disqualification du genre que nous venons de voir, nécessitant l'addition d'un terme rectificatif : car des difficultés de même ordre peuvent aussi être soulevées et résolues de la même façon au sujet des citoyens frappés d'atimie ou de peines d'exils. Un citoyen au sens absolu ne se définit par aucun autre caractère plus adéquat que par la participation aux fonctions judiciaires et aux fonctions publiques en général. Or, parmi les fonctions publiques, les unes sont discontinues sous le rapport du temps, de sorte que certaines ne peuvent absolument pas être remplies deux fois par le même titulaire, et que d'autres ne peuvent l'être qu'après certains intervalles de temps déterminés ; d'autres, au contraire, peuvent être remplies sans limitation de durée : par exemple celles de juge ou de membre de l'Assemblée (5  . On pourrait peut-être objecter que juges et membres de l'Assemblée ne sont nullement des magistrats, et que leurs fonctions ne les font pas participer au gouvernement : cependant il est ridicule de refuser le titre de magistrat à ceux qui détiennent l'autorité suprême ! Mais n'insistons pas sur la différence alléguées, car c'est une pure question d'appellation, du fait qu'il n'existe pour un juge et un membre de l'Assemblée aucun terme commun qu'on puisse appliquer à l'un et à l'autre. Désignons donc, pour marquer la différence, ces deux fonctions du nom global de fonction â durée indéfinie. Dès lors, nous pouvons poser que sont des citoyens ceux qui participent aux fonctions publiques de la façon que nous venons d'indiquer. Telle est donc à peu près la définition de citoyen, susceptible de s'ajuster avec le plus d'exactitude à tous ceux qu'on désigne du nom de citoyens.
[...] le citoyen, de toute nécessité, diffère suivant chaque forme de constitution, et telle est la raison pour laquelle la définition du citoyen que nous avons donnée est surtout celle de citoyen dans une démocratie. Au citoyen d'autres régimes elle est susceptible assurément de s'appliquer, mais pas forcément. En effet, dans certaines cités, le peuple n'est rien' , on n'y tient pas d'Assemblée régulière, mais seulement des Conseils spécialement convoqués", et d'autre part, les procès y sont jugés par sections" : par exemple, à Lacédémone, les éphores jugent les procès nés de contrats, l'un prenant telle affaire et l'autre telle autre, tandis que les gérontes connaissent des affaires de meurtre, et quelque autre autorité, sans doute, d'autres causes encore. La même façon d'opérer est suivie aussi à Carthage, où certains magistrats sont juges de tous les procès. - Mais notre définition du citoyen peut supporter une rectification. Dans les autres constitutions, en effet, ce n'est pas le magistrat à durée indéfinie qui est membre de l'Assemblée et juge, mais bien le magistrat spécialisé dans sa fonction ; et c'est à tous ces magistrats spécialisés, ou seulement à certains d'entre eux (7, qu'est remis le droit de délibérer et de juger, soit en toutes matières, soit en des matières déterminées. La nature du citoyen résulte ainsi clairement de ces précisions l'homme, en effet, qui a la possibilité d'accéder au Conseil ou aux fonctions judiciaires dans un État, nous disons dès lors qu'il est un citoyen de cet État ; et nous appelons État la collectivité des citoyens ayant la jouissance de ce droit, et en nombre suffisant pour assurer à la cité, si l'on peut dire, une pleine indépendance".

 Arsitote,   Politique, Livre III, Chapitre 1, traduction triccot L 111, ch 1

I  Et non pas sur le mode  ordinaire, la  naissance.
2 Quand deux États  passent un traité destiné  à régler et à faciliter  leurs échanges, ainsi qu' à  établir la procédure à suivre dans les affaires commerciales, les ressortissants de I 'État étranger ont le droit de s'adresser aux tribunaux de la cité comme demandeurs ou comme défendeurs.
3 Inscrits sur le registre de la phrase, et plus tard à leur majorité sur !e registre du dème 1.
4 L'assistance à l'Assemblée et le service militaire.
5. L'animie est la dégradation  totale ou partielle pour certains critères ou certaines fautes graves. Elle s'accompagne parfois de la confiscation des biens.
6. Par exemple, pour le premier cas, à Sparte le commandement de la flotte rie pouvait pas Être exercé deux fois par le mémo. Pour le second cas,  à Thunum,  il fallait un intervalle de six ans pour remplir  à nouveau la charge de stratège.
 7 On peut être réélu juge indéfiniment et conserver toute sa vie le droit d'assister à l' Assemblée du peuple.

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