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Lundi 12 mars 2007
C'est le débat ce soir sur la chaîne parlementaire.
Très tendance...
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Lundi 12 mars 2007
Entendu sur CNN:  Jacques Chirac ne devrait plus tarder à annoncer son soutien à François Bayrou...
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Lundi 12 mars 2007
"F. Bayrou , "a farmer"... would beat either  Mr. Sarkozy or Mrs  Ségolène Royal" ...in NY Times
 
Voilà un drôle de "fermier" surgi de nulle part!
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Lundi 12 mars 2007
C'est sur le site du Monde, avec enquête  de l'IFOP à l'appui
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Lundi 12 mars 2007
Les trois principaux candidats et leurs projets: Libé
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Lundi 12 mars 2007
Pourquoi ce silence des candidats? N'est-ce pas un enjeu important? Libé
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Lundi 12 mars 2007
La compréhension des images nécessite-t-elle une éducation ? (sujet tombé en 2003)
 (On opposera  comprendre et expliquer. La compréhension est immédiate et globale. Elle peut donc, en ce sens, se passer de concepts (" comprendre "  une émotion, un œuvre d'art)
On opposera  l'image (singulière) et les images (composées).On examinera les cas mixtes ( images de pub par exemple). On se demandera de quel type de " nécessité " on parle, et, bien sûr quel type d'éducation peut être  envisagé.
 Tout se jouera autour de la notion de " compréhension ".
Comprendre les images est une chose. Bien les comprendre (en déjouant les pièges qu'elles nous tendent ) en est une autre.)
Problématique :
L'image n'est pas un discours. En toute rigueur, elle ne peut tromper ni mentir. L'image  qui montre, fait signe  ou  témoigne  sans démontrer, est donc immédiatement (sans médiation) " comprise " , d'où sa puissance de séduction. Comprendre une image ne nécessiterait  aucune éducation particulière. Mais  les images articulées (cinéma, TV, BD, jeux-vidéos etc...) constituent l'équivalent d'un discours, qui, en tant que tel, doit être décrypté. En outre, bien comprendre (c'est-à-dire  ne pas être dupe des images)  nécessite évidemment une éducation appropriée.
PLAN
I (NON) Le propre des images est de se passer de toute explication
1) Lisibilité immédiate de l'image, qui s'oppose au concept et au discours.
2) L'image est accessible sans explication : l'image atteste de la présence de l'invisible (cf filiation culte des morts /culte des images)
3) La fonction originelle des images (l'imago est le portrait de l'ancêtre que l'on porte lors des funérailles)
Clsion : l'image fascine parce  qu'elle évacue  les médiations, mais de ce point de vue elle  peut court-circuiter la pensée
II (OUI) Sans éducation, pas d'esprit critique
1) L'image trompe d'autant plus qu'elle est plus " vraie ".
2) Filiation animisme /polythéisme : le monothéisme abolit les images
3) Les images ne peuvent être réfutées ; mais elles doivent être interprétées.
Clsion : la culture comme mise à distance ( nécessaire) de soi à soi.
III Quel type d'éducation est approprié pour nous libérer, aujourd'hui, du culte des images
1) Education du jugement : comme toute éducation .
2) Particularité du jugement esthétique : se développe par la familiarité avec les images sensibles, ou avec les œuvres d'art.
3) Le cas particulier des images aujourd'hui  (Cf Mac Luhan, dans Pour comprendre les médias : " Le message, c'est le médium "). Victoire relative  de l'eidolon sur l'eikon . ( Eidolon : image auto suffisante. Eikon : image- médiation). On atteindrait  le terme d'une logique selon Jean Baudrillard : celle de l' " extermination du référent " (cf Matrix, cf la TV réalité). En d'autres termes , notre fascination pour les images est  révélatrice d'une idéologie qui est celle de la " société du spectacle " ce Debord) et du monde dit  " de la communication " . Les enjeux sont largement politiques ( captation ou  manipulation subtile de nos désirs etc..). Qui éduquera qui ?
Clsion : Puissance d'aliénation de l'image propre au monde actuel, qui  appelle une éducation spécifique. Mais qui éduquera nos éducateurs ?
Conclusion
 Pour bien comprendre les images, il faut une éducation appropriée.
 Education du jugement esthétique. Tout le pb de ce sujet : expliquer en quoi et pourquoi le jugement esthétique et le jugement politiques sont étroitement liés, comme le montre  H. Arendt dans son ouvrage " Juger " Seuil 1991

Bibliographie :
 Mac Luhan Pour comprendre les médias. Points Seuil
Regis Debray Manifeste Médiologiques (II Défendre l'image) Gallimard.
Guy Debord  La société du spectacle  Editions Champ libre
Budrillard Le crime parfait  Galilée 
MJ Mondzain L'image peut-elle tuer ? Bayard
O. Mongin  La violence des images ou comment s'en débarasser ? Seuil
H. Arendt  Juger  Seuil

Citations :

 La Fontaine  " Chacun tourne en réalité
Autant qu'il peut, ses propres songes.
L'homme est de glace aux vérités :
 Il est de feu pour les mensonges " Le statuaire et le statue de Jupiter


Régis Debray : " L'image est idiote... C'est son mutisme  pré-sémantique qui confère à l'image ces pouvoirs exceptionnels si chichement dévolus au texte : accessibilité, crédibilité , affectivité, motricité, à des taux défiant toute concurrence "  (Manifeste médiologiques, p189)
 " L'icône byzantine est un plan d'occupation de l'esprit, le film hollywoodien est un plan d'occupation des miroirs mondiaux ".


 Jean Baudrillard :  Nos images médias modernes sont le lieu de la disparition du sens et de la représentation : " il y a un plaisir primaire, une jouissance anthropologique de l'image, une fascination brute qui ne s'encombre pas de jugements esthétiques, moraux, sociaux ou politiques. Celle -là est immorale et cette immoralité est fondamentale " " Au delà du vrai et du faux "

Marie-José Mondzain " Le spectacle de la violence n'entraîne ni ne suspend l'exercice de la violence, tout comme le spectacle de la vertu n'entraîne ni ne suspend l'exercice de la vertu. La seule véritable violence est de suspendre la pensée, fut-ce ave le spectacle de la vertu. Leni Riefenstahl n'a pas eu besoin de la violence pour induire de la violence ... Alors que les véritables images, au contraire, permettent l'élaboration symbolique qui rend vivable la réalité au lieu de la faire, et lui donnent un sens ".
( " Les enjeux de la violence à la TV ", in Alternatives non violentes, 1999)
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Lundi 12 mars 2007
ORDRE ET SECURITE, EST-CE LA MÊME CHOSE? (sujet tombé en 1999)
Deux sens du mot "'ordre" : un sens neutre, et  un sens positif (l'ordre qui  nous convient). Distinguez un ordre apparent (formel et précaire) et un ordre profond (subtantiel et durable). Sécurité: situation (objective?) ou sentiment :éventuellement illusoire. Sécurité pour la vie  ou pour les intérêts vitaux (santé etc...) ou pour les biens. Ordre et sécurité sont étroitement liés. Mais ils ne peuvent être confondus. Quel est leur rapport exactement'? L'un est-il subordonné à l'autre? Si tel est le cas, lequel est-il déterminant ?
I QUOIQUE TRES LIES, LES DEUX CONCEPS SONT DISTINCTS (Interdépendance)
1) La sécurité est d'abord un objectif individuel; tandis que l'ordre concerne une totalité.
La sécurité apparaît comme une fin (cf "sécurité sociale"), dont l'ordre serait un moyen (forces de  l' "ordre").
(Distinction)
2) Ordre et insécurité peuvent aller de pair.
"Ordre" naturel: insécurité de l'agneau devant le loup.
3) Désordre et sécurité peuvent être liés:
La démocratie parlementaire (cf l' agitation d'une séance au Parlement) . La démocratie est un désordre réglé, comme le football.
Clsion: évitez absolument de confondre ordre et sécurité!
II  CE  NE SONT PAS DES "CHOSES"  MAIS DES REPRESENTATIONS
En tant que telles, elles sont doublement relatives: relatives à nos appréciations, et relatives entre elles.
1) L'ordre c'est ce qui nous convient, le désordre ce qui nous dérange.
L'appréciation : '°c'est en ordre" traduit une concordance entre notre esprit et les choses. Il en résulte que "ordre" et "désordre" peuvent se convertir l'un dans l'autre (selon les points de vue ).

2) Sécurité: n'est souvent qu'un sentiment, ou une promesse.
Elle peut s'avérer illusoire; une sécurité croissante peut s'allier à un sentiment d'insécurité croissant, et vice versa.

3) C'est le sentiment de sécurité qui fonde l'appréciation d' "ordre".
Il y a de l'ordre parce que je me sens en sécurité (cf Parc naturel par opposition à la jungle). On préfère t"'ordre" civilisé.
Clsion: un ordre sans sécurité est illusoire. Est-ce un "ordre"?

III ORDRE ET SEÇURITE SONT EFFECTIVEMENT INTERDEPENDANTS. MAIS  C' EST LA SECURITE QUI DETERMINE L'ORDRE, ET NON L'INVERSE.
1) L'ordre sans sécurité est un désordre.
L'ordre despotique est factice: il repose sur l'oppression, c'est-à-dire la violence. L' "ordre" totalitaire est un désordre radical ("anarchie organisée" selon H.Arendt }

2) Ni la sécurité, ni l'ordre ne sont des fins en soi.
L'ordre sans la justice est sans valeur, et sans consistance.
La sécurité sans la liberté est indigne " On vit tranquille dans les cachots. Est-ce assez, pour s'y trouver bien?" Rousseau, pu contrat social, I, 4)

3) L' "ordre " social admet le désordre et ne promet pas ta sécurité
Une sécurité garantie est une aliénation radicale . La "paix", mais sans le désordre de la liberté, telle est ta promesse du totalitarisme. La République ne vaut que par la sécurité bien réelle, mais toute relative, qu'elle établit.

CONCLUSION
La République, ce n'est pas l' "ordre". C'est l'organisation stabilisée (par la loi) d'un certain désordre. La République ne peut garantir la sécurité. Vouloir la sécurité à tout prix, c'est vouloir l'irresponsabilité: attitude dégradante (Nietzsche, Aurore, § 179). L' "ordre" despotique n'est pas un degré supérieur de l'ordre républicain. Il est son opposé, c'est-à-dire un désordre. Le totalitarisme , c'est une sécurité imaginaire et un chaos effectif.
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Lundi 12 mars 2007
CORRIGE
QU'EST-CE QUI DEFINIT LE CITOYEN ?


Introduction
  On lit ceci dans le  dictionnaire Robert
" Citoyen :
      1)   Individu considéré du point de vue de ses droits politiques
2) National d'un pays qui vit en république (synonyme = ressortissant) "
 Cette définition appelle plusieurs remarques : un individu " considéré du point de vue de "... Il faudra bien préciser quel est ce " point de vue " et en quoi le citoyen se distingue de l'individu et de l'homme.  Ensuite la seconde définition suggère une restriction : ne serait citoyen que celui qui vit en République ? A l'origine, le citoyen est le membre d'une cité. Aujourd'hui, on ne parlera plus de cité, mais de nation ou de communauté. Celui qui vit sous des lois non républicaines n'est-il pas citoyen ? Mais où commence et où finit la république ?
 Il faut tout d'abord distinguer le citoyen et l'homme ou l'individu. On oppose en effet les droits  l'homme et les droits du citoyen. L'homme, c'est une abstraction, un terme vague renvoyant à une réalité mal déterminée ; on voit aussitôt que la notion de " droits de l'homme " peut être contestée de ce point de vue (" j'ai rencontré des italiens, des français etc.. mais de hommes jamais ".. dit à peu près  De Maistre dans une formule fameuse). L'individu est un être singulier, avec ses particularités -le citoyen au contraire est semblable à un autre en tant que citoyen.  En quoi le citoyen se distingue-t-il de l'homme et de l'individu ?
 La citoyenneté est un statut. Ce statut comporte une part décisive d'objectivité : la citoyenneté soit être garantie par des institutions. Et le " statut " en question implique des droits et des devoirs.
 En première approximation, disons que la citoyenneté manifeste l'appartenance à une communauté politique, autrefois une cité, aujourd'hui une nation ou un Etat. De cette appartenance dépendent les caractéristiques de ce statut.  Cette appartenance peut être conçue de diverses manières. En gros : une manière traditionnelle et une manière moderne. La conception " moderne " renvoie, comme on le verra, à une conception " moderne " de l'Etat.
Mais la modernité soulève des problèmes spécifiques, notamment ceux des appartenances multiples. Peut-on conjuguer, en effet, plusieurs citoyennetés ?
I Des conceptions inconciliables de la citoyenneté?
C'est la question  de l'appartenance qui doit être posée en premier lieu. Etre citoyen, c'est appartenir à une communauté. On se demandera donc  ce qu'est une " communauté " et ce que signifie " appartenir ".
a) Qu'est-ce qu'une communauté ?
Une communauté, c'est d'abord une unité de culture (Aristote : une cité est une unité culturelle). Aujourd'hui, compte tenu des dimensions des nations, cette unité devient évidemment difficile à percevoir et à identifier ( multitudes de religions, de langues, de groupes ethniques).
On admettra que toute communauté politique est le produit d'une histoire à l'issue de laquelle la communauté a été progressivement organisée en Etat. ( l'Etat est la " forme que la loi donne à la communauté politique selon Eric Weil , Philosophie politique). Selon cette théorie, la communauté n'est pas à l'origine de l'Etat, elle en est le résultat. De ce point de vue, la citoyenneté est le produit d'une histoire, il résulte du politique. (Nota bene : ne pas confondre la communauté, douée d'une vie organique, et la société, association virtuelle et mécanique d'individus plus ou moins " abstraits ")
b) Qu'est-ce que l'appartenance ?
On distinguera la réponse traditionnelle , la réponse moderne et la réponse démocratique (je suis l'analyse de P. Canivez dans Eduquer le citoyen ?)
Réponse traditionnelle :  Ce qui fait l'appartenance c'est la naissance (sur un sol) et l'adhésion aux valeurs et aux traditions de la communauté. Exemple : à Rome, on reconnaissait le citoyen au fait qu'il prenait part au culte de la cité. Cette participation entraînait la possession de droits civils et politiques . Pb de cette conception : étant donné la multitude des traditions, l'existence de traditions dominantes et de traditions dominées, il est possible d'admettre une citoyenneté à plusieurs degrés
Réponse moderne :  " moderne " au sens " individualiste " et consumériste. Le citoyen est un travailleur et un consommateur.  Mais dans ce cas, on va avoir plusieurs catégories de citoyens selon la qualité des services rendus à la communauté. Et des simili citoyens ; chômeurs, exclus.
Réponse démocratique : la communauté politique se définit par la discussion publique comme moyen de résoudre les conflits. Le citoyen c'est celui qui participa à la discussion publique  (cf aujourd'hui la notion de " démocratie participative " complétant la démocratie représentative, ou s'y substituant)
Conclusion : La citoyenneté véritable (jouissance effective par tous des mêmes droits et des mêmes devoirs) ne peut reposer que sur le droit. Quant au droit lui-même, il ne peut être fondé que sur un principe rationnel, c'est-à-dire universel,  qui garantisse l'unité de la citoyenneté (Cf la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen : " afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la constitution et au bonheur de tous ").
II De la théorie aristotélicienne à la citoyenneté démocratique
Chez Aristote, le citoyen est le gouvernant en puissance (voir le texte en annexe)
1) Les théories de la citoyenneté, de Aristote à Rousseau
a) Du citoyen partiel au citoyen complet
Ambiguïté du texte d'Aristote : seuls sont des citoyens ceux qui le sont de façon complète, absolue ou parfaite. C'est-à-dire que les citoyens " imparfaits " (citoyens en un certain sens seulement) ne le sont pas du tout ! 
Deux lectures possibles :
-il y a des degrés de citoyenneté
-il n'y en a pas. Seuls sont citoyens ceux qui le sont au sens plein.
Autre pb : quelle est la différence entre un citoyen et un étranger ? (vivant sur le territoire,travaillant, tenu de respecter les lois du pays, et jouissant de la protection des lois) . Réponse : le citoyen à part entière es tcelui qui exerce une fonction publique à durée définie, soit trois activités possibles.1) Siéger au tribunal (droit de juger) 2) Participer aux assemblées (droit de délibérer) 3) En démocratie seulement : droit de gouverner, c-a-d de décider pour la communauté.
En résumé, le citoyen est alternativement gouvernant et gouverné. Mais il faut distinguer le gouvernant en aristocratie, où les " magistrats " nommés ou élus  sont spécialisés  et en démocratie où chacun participe effectivement aux affaires (système  de rotation et tirage au sort).
Commentaire de la théorie aristotélicienne de la citoyenneté : Aristote semble hésiter entre une définition fonctionnelle (descriptive) de la citoyenneté (admettant des degrés ou niveaux (passif/actif etc..) et des variantes (aristocratique/ démocratique) et une définition juridique : on est citoyen ou on ne l'est pas ! (" il y a plusieurs espèces de citoyens, mais les vrais citoyens sont ceux-là seuls qui participent aux honneurs ")
b) La conception moderne c'est-à-dire contractualiste
Rousseau : Les associés prennent collectivement le nom de " peuple " et s'appellent en particulier " citoyens " comme participants à l'autorité souveraine, et sujets comme soumis aux lois de l'Etat "  (Contrat, I,  VI).
 Le citoyen est membre du peuple donc membre du souverain . Conséquence : " la personne du dernier citoyen est aussi sacrée et inviolable que celle du dernier magistrat " (ibid, III, 14)
2) La citoyenneté démocratique aujourd'hui
a) Citoyenneté et nationalité
Dans le cadre des Etats-nations, il y a quasi identification entre nationalité et citoyenneté, notamment en France.
Notez simplement qu'un enfant ne bénéficie pas encore d'une citoyenneté entière. Notez aussi que les femmes n'ont le droit de vote que depuis 1944 en France. Que longtemps, enfin, les colonisés ne bénéficiaient pas de tous les droits des français.
b) Un statut juridique
         Elle comporte trois aspects : un aspect civil (droit à la liberté individuelle) ; un aspect         social (accès au partage des biens droit à la propriété, aux soins, désormais droit opposable au logement) ; un aspect politique (droit de participer directement ou indirectement au pouvoir) . Les critères décisifs sont le droit de vote et le droit de regard et de contrôle sur les décisions politiques et enfin l'éligibilité.
c) Une adhésion aux valeurs communes  (cf Claude Nicolet, L'idée républicaine en France).
Sous l'ancien régime, il était impossible de donner une définition précise de la qualité de français (hormis la fidélité au roi). Au contraire, e,n République, le statut de citoyen français résulté d'une démarche volontariste dont le paradigme est fourni par le serment du Jeu de Paume. L'Etat exige du citoyen une adhésion aux valeurs communes, le respect de la volonté générale qui se manifeste par la souveraine té de la loi. C'est cette adhésion qui suppose et fonde en même temps le sentiment d'appartenance.
Conclusion
Le lien politique qui procède de  la soumission à la norme commune (la loi) résulte, dans le cadre de la citoyenneté républicaine, d'une libre décision de l'individu responsable. Il s'gait d'une démarche volontaire. La qualité d citoyen ne se réfère à aucune nature (ni naissance, ni ethnie, ni religion) . Elle s'acquiert, se cultive. D'où le rôle clef de l'éducation( cf Canivez) .
Le vouloir-vivre ensemble est le fondement du politique ( Arendt, Ricoeur, Gauchet).
III La citoyenneté en crise
Cf Olivier Mongin   " Citoyenneté et communauté " . Esprit, Janvier 1991
Le fait nouveau, c'est la mondialisation démocratique ;  désormais, la souveraineté nationale n'est plus un principe incontestable. On s'oriente vers l'idée de république universelle. Il en résulte un " profond désarroi identitaire ". Le fossé s'élargit entre les valeurs universelles et les repères civiques et politiques vacillants.
1) Les crises
a)Crise de citoyenneté : en effet , trois sphères d'appartenance tendent à se dissocier
- l'individu émancipé tend à se soustraire au poids de la communauté (cf valeurs religieuses passant en priorité) - appartenance à la communauté mondiale (cf la crise écologique) -repli individualiste sur les valeurs de la communauté étroite, famille, tribu etc...b) crise identitaire : la société se perçoit elle-même comme coupé en deux ; les non-citoyens en mal d'intégration, et le citoyen sur la défensive qui agit en " légitime défense " cf extrême droite) c) Déficit de délibération politique ; Ce qui explique le " non à l'Europe " dirigée par des technocrates ; et qui jsutifie l'effort actuel pour donner une réalité à la notion de " démocratie participative ". cependant une " gouvernance mondiale "  implique des décisions prises au niveau international qui laissent peu de place aux desiderata  du citoyen ! (cf déjà les directives européennes prises au nom d'un intérêt général dont les tenants et aboutissants échappent au citoyen)
 2) Débats actuels et perspectives :
Dangers d'une citoyenneté passive ou diluée
Passive : soit consumériste (je ne m'acquitte de mes devoirs que dans la mesure où j'ai des droits) Remise en cause de la solidarité, perte du sentiment d'appartenance. Soit défensive : la sphère politique est conçue comme  un danger potentiel. Le citoyen n'es tplus que celui qui vérifié que l'Etat lui assure la jouissance de ses droits fondamentaux . La citoyenneté est perçue comme un droit et non plus comme un devoir
Diluée : la revendication de droits particuliers conduit à une dilution de la notion de citoyenneté  (citoyen dans l'entreprise, citoyen européen, citoyen et étranger ne bénéficiant que de certains droits, citoyen assisté...)
Comment réactiver la citoyenneté ?
Pour une citoyenneté active ?  Redéfinition de la participation active au débat.  Promotion de la participation au niveau local.
Rôle décisif de l'école. L'école est le moyen de l'apprentissage du jugement politique qui déterminera la volonté ultérieure de participation aux décisions. Cette éducation du jugement est capitale car, en République, le respect des lois est fondé sur la capacité d'en saisir la justification. Quand on ne comprend pas, on ne participe pas, et on rejette.
Conclusion.
Pour Olivier Mongin, le destin de la citoyenneté est inséparable de la consolidation de notre culture démocratique.
Consolidation qui peut s'établir suivant deux axes :
La laïcité : l'intégration à la culture de la communauté passe par l'adhésion aux valeurs et aux principes qui permettent aux multiples traditions de coexister
L'éducation du citoyen : correspondant à son statut de " gouvernant en puissance ". L'égalité des citoyens implique l'égalité des individus par rapport à cette formation , en vue de l'appropriation d'une culture démocratique.

ANNEXES

1) Le citoyen (texte d'Aristote)

 ARISTOTE, Politique

DÉFINITION DU CITOYEN
  " Laissant de côté ceux qui acquièrent le titre de citoyen de quelque façon exceptionnelle(1, par exemple les citoyens naturalisés, nous dirons d'abord que le citoyen n'est pas citoyen par le seul fait d'habiter un certain territoire (puisque métèques et esclaves ont en commun avec les citoyens le droit à domicile) ; ne sont pas non plus citoyens ceux qui participent aux seuls droits politiques leur permettant de jouer le rôle de défendeur ou de demandeur dans les procès (car ce droit appartient aussi aux bénéficiaires de traités de commerce (2, auxquels on le reconnaît également ; bien plus, en beaucoup d'endroits, les métèques ne participent même pas complètement à ces avantages, puisqu'ils sont obligés de se choisir un patron, de sorte qu'ils n'ont part que d'une manière en quelque sorte incomplète à cette ébauche de communauté), mais ils sont citoyens à la façon des enfants qui, en raison de leur âge, n'ont pas encore été inscrits (3 ou des vieillards qui ont été déchargés de leurs devoirs civiques(4, et dont on doit dire qu'ils sont des citoyens en un certain sens seulement : ce ne sont pas des citoyens au sens tout à fait complet du terme, mais on spécifiera que les premiers sont des citoyens encore imparfaits et les seconds des citoyens ayant passé l'âge de la maturité, ou quelque autre désignation analogue (peu importe laquelle, ce que nous disons là étant suffisamment clair). Nous cherchons, en effet, à définir le citoyen au sens plein, qui ne donne prise à aucune disqualification du genre que nous venons de voir, nécessitant l'addition d'un terme rectificatif : car des difficultés de même ordre peuvent aussi être soulevées et résolues de la même façon au sujet des citoyens frappés d'atimie ou de peines d'exils (5. Un citoyen au sens absolu ne se définit par aucun autre caractère plus adéquat que par la participation aux fonctions judiciaires et aux fonctions publiques en général. Or, parmi les fonctions publiques, les unes sont discontinues sous le rapport du temps, de sorte que certaines ne peuvent absolument pas être remplies deux fois par le même titulaire, et que d'autres ne peuvent l'être qu'après certains intervalles de temps déterminés (6 ; d'autres, au contraire, peuvent être remplies sans limitation de durée : par exemple celles de juge ou de membre de l'Assemblée (7. On pourrait peut-être objecter que juges et membres de l'Assemblée ne sont nullement des magistrats, et que leurs fonctions ne les font pas participer au gouvernement : cependant il est ridicule de refuser le titre de magistrat à ceux qui détiennent l'autorité suprême ! Mais n'insistons pas sur la différence alléguées, car c'est une pure question d'appellation, du fait qu'il n'existe pour un juge et un membre de l'Assemblée aucun terme commun qu'on puisse appliquer à l'un et à l'autre. Désignons donc, pour marquer la différence, ces deux fonctions du nom global de fonction â durée indéfinie. Dès lors, nous pouvons poser que sont des citoyens ceux qui participent aux fonctions publiques de la façon que nous venons d'indiquer. Telle est donc à peu près la définition de citoyen, susceptible de s'ajuster avec le plus d'exactitude à tous ceux qu'on désigne du nom de citoyens.
[...] le citoyen, de toute nécessité, diffère suivant chaque forme de constitution, et telle est la raison pour laquelle la définition du citoyen que nous avons donnée est surtout celle de citoyen dans une démocratie. Au citoyen d'autres régimes elle est susceptible assurément de s'appliquer, mais pas forcément. En effet, dans certaines cités, le peuple n'est rien' , on n'y tient pas d'Assemblée régulière, mais seulement des Conseils spécialement convoqués", et d'autre part, les procès y sont jugés par sections" : par exemple, à Lacédémone, les éphores jugent les procès nés de contrats, l'un prenant telle affaire et l'autre telle autre, tandis que les gérontes connaissent des affaires de meurtre, et quelque autre autorité12, sans doute, d'autres causes encore. La même façon d'opérer est suivie aussi à Carthage, où certains magistrats sont juges de tous les procès. - Mais notre définition du citoyen peut supporter une rectification. Dans les autres constitutions", en effet, ce n'est pas le magistrat à durée indéfinie qui est membre de l'Assemblée et juge, mais bien le magistrat spécialisé dans sa fonction ; et c'est à tous ces magistrats spécialisés, ou seulement à certains d'entre eux", qu'est remis le droit de délibérer et de juger, soit en toutes matières, soit en des matières déterminées. La nature du citoyen résulte ainsi clairement de ces précisions l'homme, en effet, qui a la possibilité d'accéder au Conseil ou aux fonctions judiciaires dans un État, nous disons dès lors qu'il est un citoyen de cet État ; et nous appelons État la collectivité des citoyens ayant la jouissance de ce droit, et en nombre suffisant pour assurer à la cité, si l'on peut dire, une pleine indépendance ".

 Aristote, La   Politique, Livre III, Chapitre 1, traduction Tricot L 111, ch 1


Notes :
I Et non pas sur le mode  ordinaire de la  naissance
2 Quand deux États  passent un traité destiné  à régler et à faciliter les échanges  ainsi qu'à établir la procédure à suivre dans les affaires commerciales, les ressortissants de I 'État étranger, protégés par ce traité ont le droit de s'adresser aux tribunaux de la cité comme demandeurs ou comme défendeurs.
3 Inscrits sur le registre de la phratrie, et plus tard a leur majorité sur !e registre du dème
4  L'assistance à l'Assemblée et le service militaire
5. L'atimie est la dégradation  totale ou partielle pour certains critères ou  certaines fautes graves. Elle s'accompagne parfois de la confiscation des biens
e. Par exemple, pour le premier cas, à Sparte le commandement de la flotte ne pouvait pas Être exercé deux fois par le même. Pour le second cas, à Thunum, il fallait un intervalle de six ans pour remplir à nouveau la charge de stratège
7 On peut être réélu juge indéfiniment et conserver toute sa vie le droit d'assister à l' Assemblée du peuple.  (NOTES DE TRICOT)


2) Qui est citoyen européen ?
" Est citoyen de l'Union toute personne ayant la nationalité d'un État membre ". Instituée par le traité de Maastricht en 1992,  complétée par le traité d'Amsterdam en 1997, la citoyenneté complète mais ne remplace pas la citoyenneté nationale. Elle constitue un lien entre les citoyens  destiné à favoriser l'identification des citoyens à VUE et le développement d'une opinion  publique et d'une  identité européennes. Son attribution obéit à un double critère :
- Elle est réservée aux nationaux des États membres. Les individus n'accèdent à la citoyenneté  européenne qu'au travers de leurs États : le fait d'être français ou allemand confère automatiquement  citoyenneté européenne.
Celle-ci n'est donc pas ouverte aux résidents d'origine extra-communautaire (pays  tiers non membres de l'UE), même durablement installés. Ils bénéficient de droits économiques et sociaux propres aux  États membres de l'UE (conditions de travail, participation aux élections professionnelles, mais ils ne bénéficient pas des droits liés à la citoyenneté de l'Union (ex : droit de vote aux élections européennes).
- La définition de la nationalité demeure la prérogative exclusive des États membres, l'UE n'ayant aucune compétence en la matière. Les États restent donc maîtres, à travers leur code de nationalité de décider qui est européen et qui ne l'est pas. Les instances communautaires n'ont donc aucun droit  d'octroyer la qualité de citoyen européen. La délivrance du passeport européen, qui permet ressortissants de l'UE de se rendre à l'étranger, continue de relever des autorités nationales.
Quels sont les droits et les devoirs du citoyen européen ?
. Les citoyens européens disposent de droits liés à leur citoyenneté et garantis par le traité  (articles 17 à 22 du traité instituant la Communauté européenne)
- le droit de circuler et de séjourner, de travailler et d'étudier sur le territoire des autres pays membres, reconnu aux actifs et aux " inactifs " (étudiants, retraités, etc.) ;
- des droits civiques et politiques : droit de vote et d'éligibilité (être élu) aux élections municipales, aux  élections du Parlement européen dans l'État membre où ils résident, droit de pétition  devant le parlement  européen.
- certaines garanties juridiques : la protection consulaire par un autre État membre sur le pays tiers, non membre de l'Union européenne (UE) si le leur n'y est pas représenté, le droit d'adresser à un  Médiateur européen une plainte contre un acte de mauvaise administration commis par une institution européenne.
L'exercice de ces droits est assorti de limitations et de conditions.
 Ainsi - les citoyens de l'UE peuvent être élus conseillers municipaux mais pas maire ou adjoint ; - ils peuvent être fonctionnaires dans leur État de résidence mais uniquement pour des emplois ne mettant  pas en jeu sa souveraineté ;  ils doivent justifier de ressources suffisantes pour s'installer dans un autre État.
Les européens, citoyens ou non de l'UE, ont aussi des droits fondamentaux (civil économiques et sociaux) que l'UE s'engage à respecter (art 6 du traité sur l'UE). Mais, leur protection  juridique est imparfaite car aucun traité n'énumère précisément ces droits et la Charte des fondamentaux de décembre 2000, qui les définit, n'a pas pour l'instant de valeur contraignante pour les États.
. Enfin, aucun traité n'énumère les devoirs du citoyen européen. Seul le préambule droits fondamentaux pose le principe que " la jouissance de ces droits entraîne des responsabilités et des  devoirs ".


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Lundi 12 mars 2007
CONCOURS D'ENTREE EN 2  ième  ANNÉE
DE L'IEP DE LYON
10 mars 2007
Durée : 2 heures
Etude d'Ouvrage
Les candidats répondront aux questions suivantes, en se fondant sur la lecture de l'ouvrage de Marcel Gauchet, La condition politique, (chapitres 1 à 4).

1/ Un pouvoir s'exprime-t-il toujours sous la forme d'une autorité ? (6 points)

2/ Qu'est-ce que la raison d'État, d'où émerge-t-elle, et sous quelles formes s'exprime-t-elle ?
(5 points)

3/ Quel est le sens de la séparation du religieux et du politique, et comment s'exprime-t-elle ?
(5 points)
4/ Comparez la place du pouvoir dans les sociétés primitives et dans les sociétés instituées.
(4 points)
Vos réponses doivent être synthétiques (pour une écriture moyenne trente lignes maximum pour chaque question).


 (Mon commentaire: la question 1 est délicate car on ne sait pas s'il faut répondre en général ou uniquement reproduire ce que dit Gauchet. Il me semble que l'opposition entre autorité et pouvoir est dans tous les cas la suivante:
 Pouvoir: capacité de contraindre.
Autorité: capacité de se faire obéir, mais qui comporte toujours une dimension morale, une part de consentement. Elle renvoie à une légitimité que le détenteur du pouvoir ne tient jamais de lui-même (mais qu'il tient  "d'un avant, d'un ailleurs, d'un autre"). L'autorité est une constante de toutes les sociétés. Elle est présente évidemment dans la famille : l' autorité de mon père lui vient de son père etc..
Quant au pouvoir: il faut distinguer pouvoir en général et pouvoir d'Etat. Dans les sociétés sans Etat,, il y a du pouvoir qui s'exprime essentiellement sous forme d'autorité (le chef, les anciens, les chamanes). Dans les sociétés modernes, il y a du pouvoir  adossé plus ou moins à  l'autorité, selon les cas. Dans le cas du totalitarisme, le pouvoir (capacité de dominer, d'opprimer) peut se passer d'autorité (dimension morale du pouvoir, légitimité) à l'inverse des sociétés primitives où l'autorité (des ancêtres, des héros, des Dieux) peut ne pas se traduire pas un  pouvoir de coercition.
Le pouvoir totalitaire prétend être à lui-même sa propre source de légitimité.

Le pouvoir totalitaire se caractérise par "la disparition de la référence à un avant, à un ailleurs, à un autre"( p 11 4)  autant dire par la disparition de l'autorité, au sens traditionnel en tout cas)
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