Texte Libre

(MODE D'EMPLOI du BLOG : ce blog comporte des CATEGORIES : "programme de terminales", " actualité commentée pour IEP", "classes préparatoires", "actualité" "cinéma" etc...).

Ce blog est classé par Wikio dans les blogs les plus influents de la blogosphère  (catégorie littérature)

Wikio - Top des blogs - Litterature
Mercredi 21 mars 2007
Corrigé d'un sujet de bac blanc donné en mars 2007 au lycée Buffon

 

Les hommes existent-ils comme existent les choses ?

 

 Il y a toutes sortes de « choses », ce terme désignant un peu tout ce que l’on voudra, depuis le brin d’herbe jusqu’au tableau de maître, ou à l’ordinateur qui,  pourtant, peut être aussi intelligent ou davantage encore que certains d’entre nous. La notion d’existence n’est pas beaucoup plus déterminée (tout ce qui est, n’existe-t-il pas par définition ?). Pourtant la philosophie nous enseigne que la conscience d’exister est le propre des hommes. La question est donc la suivante : faut-il admettre que  ce qui n’a pas conscience d’exister, de ce fait, n’existe pas ? Ou bien faut-il considérer au contraire que tout ce qui est, « existe » (de ex-sistere), d’une certaine manière, au même titre que toute chose, même si les hommes ont une  qualité ou une dimension qui leur est propre. Quelle est cette dimension ?

 

I Les hommes partagent la contingence des choses

Contingence : ce qui peut ne pas être. Comme les choses nous aurions pu ne pas être, et un jour nous ne serons plus. Nous partageons avec les choses la temporalité (notre vie se déroule dans le temps et est soumise à la caducité) et la finitude.

1)      Il y a trois sortes de choses. Les choses inanimées (un caillou) les choses vivantes (une fleur) et les animaux (doués de motricité et de mobilité). Les hommes sont très différents des choses inertes mais très proches des animaux supérieurs. Mais les animaux intelligents sont-ils des choses ?

2)      Tout devient, tout se transforme, tout est voué à disparaître. Même si certains êtres sont beaucoup plus fragiles que d’autres. Curieusement, les plus complexes ne sont pas les moins fragiles ni les moins contingents. Un caillou est beaucoup moins affecté par le temps que nous !

3)      L’intelligence nous sépare des autres « choses ». Cependant même le cerveau qui en est le support peut être étudié comme une chose. C’est ce que font aujourd’hui les sciences cognitives

Conclusion :

D’un point de vue objectif mais superficiel nous sommes comme toutes choses

II  L’Esprit crée une coupure entre les hommes et les choses.

On admet généralement que les choses sont dépourvues d’esprit (même si certains animaux sont intelligents). Mais ceux-là ne peuvent plus être qualifiés de « choses »

1)      L’essence de l’Esprit, c’est la liberté (Hegel). C’est parce qu’en eux l’Esprit advient que les hommes ne sont pas des choses (relatives) mais ont une dignité (valeur absolue)

2)      Les esprits singuliers disparaissent (les individus meurent) mais l’Esprit demeure. Le souvenir perpétue l’Esprit, et  les œuvres, qui ne sont pas de simples choses, témoignent de la permanence de l’Esprit. De même l’Esprit Universel suit son cours, tandis que l’Esprit de chaque peuple s’efface pour laisser la place à une forme supérieure (plus universelle)

3)       Par la culture, les hommes échappent dans une certaine mesure à la temporalité et à la caducité. Les formes symboliques (le langage, les œuvres d’art, les monuments..) nous permettent de nous affranchir de l’ordre du temps

Conclusion :
Les hommes, parce qu’ils participent de l’Esprit, ne sont pas totalement contingents

III  Les hommes existent comme des choses mais n’existent pas que comme des choses

1)      Les choses sont de l’ordre de l’« en-soi » (qui n’a qu’une dimension) mais les hommes sont du côté du « pour-soi » (qui a une double dimension, cf texte de Hegel, les ronds dans l’eau, Cours d’esthétique, p 45-46). Par la conscience de soi, l’homme s’observe lui-même. Contrairement au roseau, s’il est fragile, il connaît cette fragilité et ceci lui donne une  transcendance (le texte de Pascal sur le roseau pensant) par opposition aux choses. C’est cette transcendance (capacité de sortir de soi-même, ex- sistere) qui est remise en cause  dans l’expérience de la honte.

2)      L’homme a une dignité tandis que les choses ont un prix. Ce qui a un prix, c’est qui peut être  évalué, quantifié, tel une marchandise. Les hommes ne peuvent l’être car ils sont singuliers et non interchangeables

3)      Seuls les hommes existent, en toute rigueur. Les choses n’existent pas (si ce n’est pour l’homme). Les choses sont (« être »)  mais n’existent (« ex-sister ») pas. Cependant, il y a des cas difficiles, celui notamment des hommes sans conscience (en coma dépassé) ou des embryons congelés ou fœtus congelés, ou  organes séparés du corps et vendus sur le marché etc.. Problème aussi des œuvres de l’homme : méritent-elles le respect, non pas comme des choses, mais comme des témoignages ou des expressions de l’Esprit ?

Conclusion:
Evidemment les hommes n’existent pas comme existent les choses. Cependant, les œuvres de l’homme (un Opéra de Mozart, un poème, le Parthénon) ne sont pas des  choses. Les embryons congelés non plus. Les animaux supérieurs non plus. Donc on ne peut se satisfaire d’une ontologie dichotomique (en-soi/ pour soi), c’est-à-dire d’une théorie de l’être qui oppose deux catégories et deux seulement (les choses / les hommes)

 

 

ajouter un commentaire
commentaires (1)   
Mercredi 21 mars 2007

L’homme est-il le seul être à avoir une histoire ? par   Jacques Paraire, terminale L 2 ,  LycéeBuffon.

 

On pense généralement que l’homme n’est pas le seul à avoir une histoire. En effet, selon l’opinion commune, la nature et les animaux ont également une histoire. Mais il faut distinguer « histoire » e t « évolution ». L’évolution de la nature, des espèces, est-elle comparable à l’histoire de l’homme, ou bien l’homme est-il l’aboutissement de cette évolution ? En quoi  l’homme contribue-t-il à faire son histoire ?  Nous étudierons d’abord pourquoi l’homme ne semble pas être le seul à avoir une histoire ; ensuite, ce qui fait que l’homme a une histoire, c’est-à-dire son existence ; enfin nous verrons que l’homme est le seul être qui a la faculté de participer à son histoire et de la vivre pleinement, tant sur le plan collectif (l’humanité) que sur le plan individuel.

 

 L’homme ne semble pas le seul être à avoir une histoire. En effet, bien avant l’apparition de l’homme sur terre, la nature d’abord et les espèces vivantes ensuite  existaient. L’homme semble donc avoir une histoire au même titre que la nature et les animaux. De plus, du fait même de l’omniprésence, de la grandeur de la nature et de l’existence d’une multitude d’espèces vivantes, l’on croit que l’homme et les autres êtres qui l’entourent ont chacun une histoire, sinon qu’ils la partagent. Mais c’est ne pas tenir compte du fait que l’histoire de la terre et de l’homme, leur origine et leur finalité nous sont inconnues. Les hommes finalistes partageaient l’opinion selon laquelle tout dans la nature avait une cause et une fin, sans pour autant parvenir à connaître lesquelles. Dans le cadre de la religion monothéiste également, certains sont persuadés que le monde et chacun de ses êtres vivants  en tant qu’ils ont été créés par Dieu baignent dans une histoire commune. Cette non connaissance de notre propre histoire nous laisse souvent à penser que nous ne sommes peut-être que les seuls à en avoir une. Mais il faut bien distinguer « histoire » et « évolution ». En effet, les lois qui régissent  l’humanité ne sont pas celles de la nature, et la nature ne connaît pas d’histoire mais une évolution. Mais les travaux de Darwin, qui ont conduit à la découverte d’un A D N commun au chimpanzé et à l’homme à plus de 97 % entretiennent cette ambiguïté entre l’évolution de la nature, des animaux et l’histoire de l’homme.

  Mais l’homme a une histoire car il existe, à la différence des animaux qui vivent. Son existence (au sens étymologique de « se tenir hors de.. ») lui permet de jouir d’une histoire. L’homme, en effet, est le seul qui existe en tant qu’il pense, à la  différence des autres êtres vivants, dont la seule intelligence est conditionnée par des instincts, des réflexes vitaux. Les animaux ignorent l’existence, une des caractéristiques de l’homme. La pensée permet à l’homme de s’affranchir de l’état sauvage, de s’éloigner du rang des animaux, d’exister. L’homme, parce qu’il existe, est entièrement conscient de son histoire sans en connaître ni la cause ni la finalité, tandis que les autres êtres vivants y sont complètement étrangers, n’étant pas pourvus de la faculté de penser. C’est pour cela que les autres êtres vivants ne connaissent pas une histoire mais une évolution seulement. L’existence en  elle-même de l’homme, qualifiée par Aristote d’ « animal social » est le moteur des progrès de son histoire, et non des aléas de son évolution, ce qui est le cas des animaux. En ce sens, sans prendre en compte les paramètres biologiques, l’histoire de l’homme est la continuation de l’évolution des autres êtres vivants, continuation qui est en même temps aboutissement. L’histoire de l’homme a pour fondement cette évolution, la dernière a permis la première. Mais en aucun cas « histoire » et « évolution » ne peuvent et ne doivent être confondues, même si l’homme partage avec les autres êtres vivants ce qui aurait pu être son histoire.

 

 L’homme n’est pas tant le seul à avoir une histoire que le seul à faire sa propre histoire. L’homme, outre le fait qu’il existe, ce qui lui permet d’avoir une histoire, éprouve le besoin de vivre son histoire, sa propre histoire, d’y participer afin de ne pas subir sa vie. Il faut opposer ici la passivité, l’impuissance des autres êtres vivants face à leur évolution et la quête active, constante de l’homme face à son histoire. L’homme, malgré son ignorance de la cause et de la finalité de son existence, peut-être pour combler son vide existentiel, ses doutes,ses peurs, a la volonté de faire de son quotidien son histoire, d’en assurer le renouvellement permanent.  C’est cette aspiration qui peut permettre de distinguer « histoires » et « évolution ». L’homme est acteur de son existence, à la différence des autres êtres vivants, il est ce qu’il devient. L’homme participe à sa propre histoire, la façonne, tant dans les domaines philosophiques qu’artistiques et scientifiques. La philosophie par exemple, « l’amour de la sagesse » ne permet-elle pas d’impliquer chacun dans son histoire  en l’incitant à s’affranchir de ses préjugés, de penser par lui-même ? Le sciences ne tendent-elles pas à comprendre ce qui nous entoure pour mieux définir l’histoire de l’homme ? Les arts ne reflètent-ils pas cette volonté de créer, de réinventer l’histoire de l’homme ? L’histoire , quant à elle, analyse , critique les faits pour mieux y pénétrer. Enfin, sur le plan purement individuel, les choix, sources et révélateurs de liberté, permettant à chacun d’agir comme bon lui semble, et sa conscience de lui-même de participer à son histoire, de la faire. L’homme est toujours responsable de son existence et de son histoire.

   Même si on a souvent l’impression que l’homme n’est pas le seul à avoir une histoire, cette opinion commune est fausse : la distinction entre « histoire » et « évolution » doit être faite avant tout. Malgré tout, il faut reconnaître que l’ « histoire » de l’homme est permise par l’évolution des autres êtres vivants. Mais les hommes, contrairement à ces derniers, sont bien le seuls à vouloir et à pouvoir agir sur leur existence de telle sorte qu’ils la transforment en histoire ; l’homme cherche à faire sa propre histoire d’une part pour s’affranchir de son ignorance quant à l’existence et d’autres part pour la partager avec chacun : l’histoire individuelle se fond dans celle de l’humanité.


 

ajouter un commentaire
commentaires (1)   
Mercredi 21 mars 2007
C'est dans le Monde ce soir
 A archiver. C'est pour les prépa IEP : beaucoup d'articles sur les nouvelles aspirations démocratiques (Rancière, Rosanvallon etc..)
ajouter un commentaire
commentaires (1)   

Présentation

Texte libre

 

Sur Amazon



                                           
Le choix des libraires
Decitre : fiche détaillée

Calendrier

Mars 2007
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Commentaires

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus