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Mardi 27 mars 2007
Il y a quelque chose qui doit être préféré à la patrie, pour Montesquieu. C'est  ce  qui  englobe et excède la patrie, à savoir l'Europe - par exemple- et au delà, le genre humain:




"Soient les deux professions de foi suivantes
« Si je savais quelque chose qui me fût utile et qui fût préjudiciable à ma famille, je le rejetterais de mon esprit. Si je savais quelque chose d'utile à ma famille et qui ne le fût pas à ma patrie, je chercherais à l'oublier. Si je savais quelque chose d'utile à ma patrie et qui fût préjudiciable à l'Europe, ou bien qui fût utile à l'Europe et préjudiciable au genre humain, je le regarderais comme un crime. »
Et voici la seconde:
« J'applique en quelque sorte une hiérarchie de sentiments et de dilections ; j'aime mieux mes filles que mes cousines, mes cousines que mes voisines, mes voisines que les inconnues et les inconnues que mes ennemies. Par conséquent, j'aime mieux les Français, c'est mon droit. J'aime mieux les Européens ensuite. Et puis, ensuite, j'aime mieux les Occidentaux. J'aime mieux dans les autres pays du monde ceux qui sont alliés et ceux qui aiment la France. »
La première de ces déclarations est tirée des Pensées de Montesquieu, la seconde est de jeanMarie Le Pen, qui l'a plusieurs fois répétée : on ne saurait rêver antithèse plus parfaite. La première est synonyme d'ouverture, la seconde de repli sur soi. La première traduit l'optimisme d'une bourgeoisieconquérante. La seconde, la crispation idemtitaire de classes moyennes menacées ou déclassées. C'est ce qu'au FN on a appelé la préférence nationale"
 (extrait du Malheur français de Jacques Julliard)
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Mardi 27 mars 2007


Pas de république sans vertu selon Montesquieu. Or seul le père vertueux peut transmettre à ses enfants l'amour de la république:



"C'est dans le gouvernement républicain que l'on a besoin de toute la puissance de l'éducation. La crainte des gouvernements despotiques' naît d'elle-meme parmi les menaces et les châtiments; l'honneur des monarchies est favorisé par les passions, et les favorise a son tour: mais la vertu  politique est un renoncement à soi-même, qui est toujours une chose très pénible.
On peut définir cette vertu, l'amour des lois et de la patrie. Cet amour, demandant une préférence continuelle de l'intéret public au sien propre, donne toutes les vertus particulières; elles ne sont que cette préférence.
 Cet amour est singulierement affecté aux démocraties. Dans elles seules, le gouvernement est confié a chaque citoyen. Or, le gouvernement est comme toutes les choses du monde: pour le conserver, il faut l'aimer.
On n'a jamais ouï dire que les rois n'aimassent pas la monarchie, et que les despotes ha^ssent le despotisme.
 Tout dépend donc d'établir dans la république cet amour; et c'est a l'inspirer que l'éducation doit etre attentive. Mais, pour que les enfants puis-sent l'avoir, il y a un moyen sur: c'est que les peres l'aient eux-mêmes.
On est ordinairement le maître de donner a ses enfants ses connais-sances; on l'est encore plus de leur donner ses passions.    Si cela n'arrive pas, c'est que ce qui a été fait dans la maison paternelle est détruit par les impressions du dehors.
Ce n'est point le peuple naissent qui dégénere; il ne se perd que lorsque les hommes faits sont déja corrompus".
Charles de Secondât, baron de La Brême et de Montesquieu,
L'esprit des lois.  Première partie, Livre IV , chapitre V.








 

 

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Mardi 27 mars 2007





L'éducation du citoyen est la grande affaire de l'école républicaine et laïque de Jules Ferry . Dans ce texte, Ferdinand Buisson, le collaborateur du ministre, n'hésite pas à affirmer que l'instruction civique consiste à introduire la politique à l'école: non, certes, la politique partisane, mais l'enseignement des valeurs fondatrices de la république.
Pour établir l'égalité républicaine, il faut inculquer à tous l'amour de nos valeurs républicaines:

POLITIQUE. - À ce mot se rattachent deux questions qui intéressent directement l'instruction primaire. La première pourrait se poser ainsi: «Quelle influence a la politique sur l'organisation, la direction et la marche de l'enseignement primaire en général? » La seconde : « La poli tique peut-elle, doit-elle entrer dans les programmes de l'école primaire? L'une touche surtout au personnel de l'administration, l'autre à la pédagogie; celle-ci a trait à l'enseignement proprement dit, l'autre à l'histoire générale des institutions scolaires dans notre pays et dans d'autres pays. Commençons par la question didactique et théorique: nous en tirerons plus aisément les applications aux autres formes d'intervention de la politique en général dans les écoles.
Quelle part convient-il donc de faire dans l'enseignement primaire, public ou libre, à l'ensemble des notions que résume sans les bien définir le mot Politique? Le seul énoncé de la question eût peut-être frappé  d'étonnement les pédagogues d'autrefois. Et pourtant, il suffit de s'entendre. Du jour où l'on a compris que l'instruction populaire n'était plus seulement l'apprentissage de la lecture, de l'écriture et du calcul, du jour où l'on a voulu qu'il fût donné aux enfants du peuple, sinon une éducation libérale, du moins une première initiation «aux notions indispensables à tout homme», de ce jour-là on s'est engagé à leur communiquer les éléments, les rudiments de l'instruction civique, c'est-à-dire de ce qui constitue le fonds stable, commun et essentiel de la politique. Nous avons rappelé dans ce Dictionnaire même, au mot Civique (Instruction), que plusieurs années avant la Révolution c'était un avis devenu général en France, parmi les auteurs de Plans d'éducation, qu'il importait d'enseigner dans les écoles « les devoirs communs à tous les citoyens, les lois qu'il est indispensable de connaître et les principes de la constitution nationale». Combien plus un tel enseignement est-il nécessaire dans un temps et dans un pays de suffrage universel! Mais il y a un écueil à éviter; il faut craindre de confondre, même sans le vouloir, les notions générales et fondamentales de la politique impersonnelle, nationale, théorique, qui sont du domaine de l'enseignement commun, avec les vues étroites, les doctrines particulières, les opinions et les passions de la politique militante et quotidienne. Apprendre  aux enfants ce que la France a dû successivement à la royauté et à la République; leur imposer le respect pour toutes les traditions respectables, tout en gravant dans leur esprit l'idée du progrès; leur mettre sous les yeux l'état du peuple, la condition du pauvre, de l'ouvrier, du paysan sous l'ancien régime et les forcer à reconnaître, par voie de comparaison, ce que le nouveau régime a fait pour le bonheur et pour l'honneur de la nation; les familiariser avec les principes de 1789, avec les droits de l'homme, avec la souveraineté du peuple, avec la devise française par excellence : «Liberté, égalité, fraternité»; avec les règles fondamentales de la division des pouvoirs et de l'organisation du gouvernement dans un État républicain; faire et bien faire tous ces enseignements, sans doute c'est faire de la politique, car c'est préparer l'enfant à aimer son pays, à obéir aux lois, à respecter le gouvernement, à user de tous ses droits et ses devoirs politiques. Mais une telle action sur l'esprit de la jeunesse n'est interdite, n'est déplacée dans aucune école: elle fait partie du programme obligatoire de l'école publique. Ce n'est pas un empiétement, ce n'est pas une pression, ce n'est pas un abus, c'est l'oeuvre même de l'éducation morale et civique dans ce qu'elle a, il est vrai, de plus délicat, mais aussi de plus légitime et de plus noble.
Ferdinand Buisson, Extrait de l'article «Politique»,Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (1882-1887) ,Éd. Kimé, 2000, p. 230-231.


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Mardi 27 mars 2007

L’égalité républicaine face au défi des discriminations positives

La question des discriminations positives fait  actuellement l’objet d’un débat très vif  en France. Ce  débat oppose  les partisans d’une introduction mesurée de dispositions relevant de la dite « discrimination positive », système résolument  inégalitaire importé essentiellement du monde anglo-saxon, et leurs  adversaires qui se réclament d’un modèle républicain hérité de la troisième République       (Cf Claude Nicolet, l’Idée républicaine en France). Cette querelle est particulièrement vive en ce qui concerne les choix qui concernent l’école ou les Universités. Des dispositifs adoptés dernièrement  à  l’initiative de  Richard Descoings , directeur de l’IEP de Paris, pourraient être généralisés dans les mois qui viennent si Nicolas Sarkozy est élu à la Présidence de la République. Les adversaires de  cette approche anglo-saxonne de l’idéal républicain estiment  qu’elle contredit l’exigence strictement égalitaire et laïque qui est celle de notre tradition nationale. Les  individus ne doivent être différenciés   par les institutions que suivant  leurs mérites, leurs  vertus et leurs talents, comme le proclame l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. De ce point de vue, l’idée de prendre en compte certains critères ethniques ou religieux  dans le cadre de l’éducation ou de l’embauche paraît inadmissible. Pourtant  la justice,  ce n’est pas seulement l’égalité, c’est aussi l’équité, laquelle  implique des traitements différenciés lorsque les situations sont différentes et de fait inégalitaires. On peut se demander par conséquent si des systèmes  qui ont fait leur preuve dans d’autres nations ne peuvent pas inspirer des réformes souhaitables en France. Car le modèle français a montré ses limites ces dernières années, notamment sous l’angle de   l’exclusion de jeunes issus de milieux défavorisés ou (et) de l’immigration.

I Deux modèles de société
1) La conception républicaine de l’égalité
A dissocier de la conception  démocratique. La première (la conception républicaine) s’attache aux droits formels plus qu’aux droits créances (égalité sociale et économique). Ainsi l’école accueille les enfants en faisant relativement abstraction de leur appartenance sociale, religieuse ou ethnique, et elle est supposée accorder à tous les mêmes chances de réussite,  chances proportionnées à leurs mérites.
2) La conception américaine (depuis les années  Johnson, adoption de quotas dans les Universités et les administrations)  et la théorie du «  droit à  des droits différenciés » défendue notamment par Charles Taylor dans « Multiculturalisme .Différence  et démocratie », théorie selon laquelle les individus doivent obtenir la protection de l’Etat dans leur légitime revendication de pratiquer leur religion et d’assumer leurs traditions, à commencer par la préservation de leur langue (cf le Quebec et les dispositifs assurant la protection du français).

Entre ces deux modèles, faut-il choisir ?

II L’équité implique des traitement différenciés

1)     Un concept   aristotélicien  à réactualiser en permanence (voir ci –dessous)

2)     Approche marxiste : pour le droit inégal puisque les hommes sont inégaux (voir ci-dessous)

III Le défi actuel

1)     Les expériences en cours
 Le cas de IEP Paris.
Ouverture d’écoles confessionnelles (musulmanes) à Lyon. ...
Et surtout : le précédent de la parité. Ce sont bien des dispositifs contraignants qui imposent la parité hommes/ femmes, au grand dam de certains féministes, mais à la suite du succès de tels dispositifs dans les pays scandinaves.

2)     Objections et risques
  Les objections concernent  le caractère arbitraire ou (et)  homéopathique de certains dispositifs (cf minorités visibles à la TV par exemple). Elles concernent plus fondamentalement  une option qui suscite  le risque de communautarisme (valorisations des différences culturelles au détriment de l’ égalité abstraite des citoyens).
Ce sont aussi  les effets pervers du système : on a vu aux Etats-Unis une remise en cause des quotas au motif que certaines catégories non minoritaires étaient défavorisées par rapport à des individus qui étaient admis à la fac, par exemple, avec un niveau plus faible que des minorités favorisées, ce qui est injuste (arbitraire). De même les lois favorisant les mères célibataires ont  favorisé l’éclatement de la famille.

Conclusion
 Il est impossible en France de faire un choix de société qui balaye nos traditions laïques et républicaines. Il faut donc avancer à pas comptés, comme ce fut le cas pour la parité.

ANNEXE
L’égalité des chances
Une société dans laquelle les hommes sont, de fait, irrémédiablement inégaux, alors que la loi les tient pour égaux est une société qui, sous couvert de droit, perpétue un système ne bénéficiant qu’aux couches les plus favorisées de la population. La critique de la société « bourgeoise », qui s’abrite derrière un droit soi-disant égalitaire pour légitimer l’exploitation des plus faibles, a conduit Marx à remettre en cause une conception qu’il juge trompeuse de la justice. Dans les systèmes libéraux et (prétendument) démocratiques, les hommes sont théoriquement égaux : cela signifie que les mêmes droits leur sont, en principe, accordés. Mais accorder les mêmes droits à des hommes inégaux est inapproprié, selon Marx, qui présente comme injuste, par exemple, le principe : « à travail égal salaire égal ». Certains, plus doués et plus performants que d’autres, recevront-ils un salaire double pour un effort équivalent ? Est-ce juste ? « Par sa nature le droit ne peut consister que dans l’emploi d’une mesure égale pour tous. Mais les individus inégaux (et ils ne seraient pas distincts s’ils n’étaient pas inégaux) ne peuvent être mesurés à une mesure égale qu’autant qu’on les considère d’un même point de vue, qu’on les regarde sous un aspect unique et déterminé ». Il serait équitable au contraire d’accorder plus de revenus, ou plus d’aides matérielles, à ceux des travailleurs qui en ont le plus besoin. Suivant cette logique, Marx affirme que la justice n’est pas l’égalité : traiter comme étant égaux des hommes inégaux est injuste. Le droit, parce qu’il est « formel », parce qu’il ne prend pas en compte les différences de situations et de besoins, est donc par nature injuste. Il convient au contraire de traiter les hommes équitablement, c’est-à-dire, avec souplesse et pondération : « [pour éviter tous ces inconvénients,]le droit, conclut Marx, devrait être non pas égal mais inégal ». « Alors on pourra s’évader une bonne fois de l’étroit horizon du droit bourgeois, et la société pourra écrire sous ses bannières : De chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins » (« Critique du programme du parti ouvrier allemand », Œuvres complètes, Bib de la Pléiade, p 1420).
Les régimes communistes ont sans doute un temps tenté de suivre ces suggestions  de Marx, mais le mépris du droit « bourgeois » a très rapidement pris le visage du rejet de tout droit (sous les auspices, en URSS, de Lénine puis de Staline), et l’instauration très partielle de droits-créances (droits assortis de pouvoirs réels, concrets) n’a jamais été effective que pour certaines couches de la population : en règle générale, seules les familles affiliées au Parti  Unique pouvaient bénéficier des avantages promis à tous. L’histoire du xxe siècle a révélé que la liquidation des droits formels (liberté d’expression, de mouvement, droits civils…) s’accompagnait immanquablement de l’anéantissement de tous les droits, et du droit en tant que tel. Il n’y a donc pas d’alternative : d’un côté une société libérale que ne garantirait que des droits « formels », abstraits, c’est-à-dire fictifs, et de l’autre une société qui ferait l’économie du droit (bourgeois) mais qui garantirait des capacités réelles (l’école, le travail, la santé, des conditions matérielles décentes pour tous). En revanche, la critique marxiste, pertinente en tant que critique, a fait son chemin. Elle a été prise en compte progressivement par des nations qui se réclament du camp libéral, notamment les social-démocraties européennes. Les États modernes s’efforcent de tempérer l’abstraction ou même la brutalité du droit égalitaire par des dispositifs d’aide et de soutien aux plus démunis. La justice s’efforce aujourd’hui de concilier droit formel (les hommes sont égaux devant la loi) et équité : les situations différentes appellent des traitements différenciés. Sans ces systèmes de compensation préférentiels et de soutien ciblés, l’égalité des chances n’est qu’un faux semblant, une formule vide de sens. Sur ce point, on ne peut que donner raison à Marx.
La discrimination positive
En 1964, les Américains inventent l’Affirmative action, la discrimination positive. Sept mois après la tragédie de Dallas,le Congrès adopte le Civil Rights Act qui garantit à tous le droit de vote, interdit la discrimination à l’embauche motivée par la race, la couleur de la peau, la religion, les origines nationales et le sexe. Instigateur de ce dispositif, Lyndon Johnson déclare en 1965 : « On ne prend pas quelqu’un qui, pendant des années, a été entravé par des chaînes pour le libérer, l’amener sur la ligne de départ d’une course, lui dire : « Tu es libre de concourir avec les autres » et croire qu’ainsi on a été complètement loyal » (cité par André Kaspi, « Il était une fois en Amérique », Libération 17 février 1999). Il faut donc aller plus loin : « La liberté ne suffit pas. Nous ne recherchons pas seulement l’égalité comme droit et comme théorie, mais l’égalité comme résultat » (ibid). Désormais, la loi doit s’efforcer de rendre l’ « égalité des chances » effective. Les entreprises, les autorités qui relèvent de Washington, les collectivités territoriales et les universités qui reçoivent des subventions fédérales, sont tenues de recruter et de promouvoir en priorité les victimes de la discrimination, c’est-à-dire les Noirs, les Asiatiques, les Hispaniques, les Amérindiens et les femmes. L’établissement et le respect des quotas, sous le contrôle des autorités juridiques, la vigilance des associations, puis le changement des mentalités, ont assuré la pérennité de l’Affirmative action. Peut-on dire, quarante ans plus tard, que le bilan est vraiment probant ? Certains aspects certes sont positifs (moins de 5 % des étudiants sont noirs en 1955, 11% en 1999), mais la société n’a pas été changée de fond en comble. En outre l’Affirmative action crée une discrimination à rebours, qui défavorise les blancs à l’entrée de l’Université par exemple. C’est la raison pour laquelle la Californie (en 1996) puis l’État de Washington (en 1998) ont, à la suite de référendums, renoncé à l’Affirmative action. Aujourd’hui, il semblerait que l’opposition au système des quotas continue de faire son chemin. La politique des quotas conduit en effet à établir des numerus clausus : certaines grandes Universités, par exemple, ont dû restreindre le nombre d’étudiants juifs. Favoriser les uns conduit à défavoriser les autres. Et cela n’est pas juste.
La France aujourd’hui se débat elle aussi dans ce type de problématiques. Comment permettre aux jeunes gens habitant dans des quartiers excentrés d’entrer à l’Institut d’Etudes Politiques  (I.E.P.)de Paris, malgré le handicap représenté par leur condition sociale et économique ? Un concours parallèle a été mis en place pour les élèves scolarisés dans certains lycées d’Ile de France. Il y a là une certaine forme d’arbitraire qui n’échappera à personne, même s’il est notoire que les jeunes gens ainsi recrutés sont d’excellents étudiants. Comment faire enfin pour que les femmes soient mieux représentées dans les instances politiques ? Comment obtenir que pour un travail égal les femmes soient rémunérées comme les hommes ? Dans chacun de ces cas, ce sont des dispositifs inégalitaires (voir les lois et réglementations concernant la parité homme/femme) qui tentent de compenser de façon relativement autoritaire des inégalités héritées de l’histoire et non pas imputables à la nature.
La question de l’équité
La justice ne serait donc pas l’égalité. Plus exactement, elle est l’égalité, mais elle ne se réduit pas à l’égalité : elle est une combinaison, délicate, subtile, précaire, d’égalité et d’inégalité. L’idéal de la justice est l’équité : « Telle est la nature de l’équitable, écrit Aristote : c’est d’être un correctif de la loi, là où la loi a manqué de statuer à cause de sa généralité » (Éthique à Nicomaque (4 ième av J.C)., Livre V, pp 267-268, Ed. Vrin (1990) ). L’équité, conçue par Aristote comme un correctif de la loi, est moins une règle stricte qu’un esprit : le souci d’honnêteté ou l’esprit d’équité (le mot grec est epieikeia que l’on peut traduire par « équité » ou par « honnêteté »). C’est de cet esprit que se réclame aujourd’hui encore le philosophe John Rawls lorsqu’il soutient, dans son ouvrage intitulé Théorie de la justice (1971), qu’il doit exister, entre tous les partages inégaux, un point d’équilibre tel que certaines inégalités doivent être préférées à des inégalités plus grandes, mais aussi à une répartition égalitaire. La règle fondamentale, dans une société « juste » (c’est-à-dire la moins injuste possible) doit être « distributivement satisfaisante », c’est-à-dire qu’elle doit prendre en compte non seulement l’intérêt global de la nation mais aussi l’intérêt particulier de chacun.  En d’autres termes, l’organisation de la société sera à la fois égalitaire et inégalitaire. Égalitaire : le premier principe de la justice est celui du droit égal pour tous à toutes les libertés de base. Inégalitaire : le second principe pose la légitimité de certaines inégalités, mais à certaines conditions : les inégalités sociales et économiques seront organisées de telle sorte a) que l’on puisse raisonnablement s’attendre à ce qu’elles soient à l’avantage de chacun b) qu’elles soient attachées à des positions ouvertes à tous. Le premier principe, qui implique une répartition égale de tous les droits fondamentaux des hommes, est absolument prioritaire et ne peut souffrir aucune exception. Le second principe signifie que la hiérarchie sociale, les grands écarts de fortune, les filières d’excellence, à l’Université par exemple… peuvent produire des effets positifs, notamment en contribuant à favoriser le dynamisme économique. Or la prospérité, la vigueur économique, peuvent, dans une certaine mesure, et à certaines conditions, profiter à tous. L’injustice est constituée par les inégalités qui ne profitent pas à tous. Mais comment savoir où placer la limite entre ce qui ne profitera jamais qu’à quelques-uns et ce qui est susceptible de profiter un jour à tous ? À partir de quand le revenu d’un patron, les rétributions d’un footballeur ou d’un animateur-vedette dépassent-t-ils les bornes de l’acceptable ? Nous savons que c’est le marché qui fixe les prix des prestations des stars ou des grands patrons d’industrie, et l’on ne voit pas tellement comment il pourrait en être autrement dès lors que des « services » sont soumis à la loi de l’offre et de la demande. Mais il y a certains « biens » qui doivent impérativement êtres soustraits à la logique du marché : l’accès à la culture, la sécurité, la santé, ne peuvent faire l’objet d’aucun marchandage. Au même titre que les droits formels fondamentaux, ils doivent être accessibles à tous selon un principe égalitaire. De ce point de vue, l’égalité reste un idéal qui ne peut connaître aucune réserve ni aucune restriction.

Extrait de Cours particulier de philosophie

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Mardi 27 mars 2007
" Après des années d'hostilité , les deux partis ont finalement accepté de partager le pouvoir à partir du 8 mai"
 Il s'agit des partis irlandais...
Ian Paisley et Gerry Adams gouverneront ensemble désormais


 (Cent ans de conflits internes, une broutille par rapport à nos propres conflits) LIbé
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Mardi 27 mars 2007
Praxitèle  au Louvre!


"Lignée éblouissante. Selon une anecdote célèbre, des délégués de l'île de Cors ayant à choisir entre deux statues d'Aphrodite dans l'atelier de Praxitèle choisirent, par décence, celle qui était drapée. Grave erreur: Sa voisine est restée dans l'histoire comme le premier nu féminin intégral del'art occidental, la première déesse d'une lignée éblouissante de beautés dévêtues, sans laquelle la civilibation européenne ne serait pas ce qu'elle est. Voisine de Cos, Cnide a installé l'autre statue, l'Aphrodite sans voile, dans son temple, le transformant du coup en must culturel et touristique de l'Antiquité. Une des versions du type Aphrodite de Cnide est appelée Vénus du Belvédère."
 C'est dans Libé
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