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Dimanche 1 avril 2007
Pour que le pacte écologique ne reste pas lettre morte...
Tous au Trocadero
(je m'y prends un  peu tard...)
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Dimanche 1 avril 2007

Dans le texte qui suit, Claude Lefort examine les différents aspects de la "crise de la
modernité" que Chateaubriand  diagnostiquait  déjà en 1841. Le vieil ordre européen est périmé.Et l'on ne saurait restaurer la double source religieuse et politique de l'autorité. Comment
concevoir l'avenir dans ce contexte?

 « La jeune Europe  offre-t-elle plus de chances ? Le monde actuel, le monde sans autorité
consacrée semble placé entre deux impossibilités : l'impossibilité du passé, l'impossibilité de l'avenir». Ces mots qui paraissent tout proches. ce sont  ceux de Chateaubriand en 1841, dans l'un des derniers chapitres des  Mémoires d'outre-tombe.
La notion de crise de la modernité, si familière à notre époque est  contemporaine de l'avènement même de la modernité. Je ne songe pas à  recenser tous les symptômes qu'on a détectés de la crise à partir de diagnostics théoriques et politiques différents et même
contraires. Mais  quelques thèmes méritent de retenir brièvement l'attention.
Premier thème: celui de la formation d'une puissance anonyme qui  s'élèverait au-dessus des hommes et les déposséderait de leur existence. D'un point de vue, il s'agit du machinisme - on dira plus tard, de la technique - dont le développement est aveugle.
D'un autre point de vue, il s'agit du Capital qui s'assujettit le travail vivant - ou bien du règne du Marché ou bien de celui de l'Argent. D'un autre point de vue encore, il s'agit de l'État, ou de la
bureaucratie d'État, qui tend  à régir jusque dans son détail toute la vie sociale.
Deuxième thème : celui de la guerre des classes ou, plus généralement, de la division des
intérêts, dont l'affrontement a pour effet de détruire la  communauté.
Troisième thème : celui de la nouvelle interconnexion de toute les  parties du globe, qui
s'accompagne de la généralisation des conflits entre les États, du désordre mondial de
l'économie, de l'impossibilité pour tout  pouvoir politique de prévoir et de maîtriser les
effets d'événements qui se produisent à lointaine distance de son champ d'action.
Quatrième thème: celui de l'accélération du changement dont la séquence est que toutes les
traditions sont de plus en plus érodées et que les Générations deviennent de plus en plus
étrangères les unes aux autres.
Cinquième thème: celui, constant, souvent implicite, parfois explicite, de l' inconsistance
de la démocratie libérale - un régime où le pouvoir se dégrade, soumis qu'il est à une
opinion instable et devenu l'enjeu de luttes de partis professionnels voués à la démagogie :
un régime sans normes communes, où chaque secteur d'activité ou de connaissance, où chaque
opinion ou croyance revendique son indépendance.
Autant de thèmes, enfin, qui alimentent le jugement philosophique porté sur la crise des
valeurs, sur la disparition du référent de la Nature ou du référent de la Loi divine, ou
bien (selon la formule de philosophes distingués) sur l'occultation croissante de l'Être.
Autant de thèmes, encore, qui sous-tendent la croyance  persistante que l'humanité a atteint
un seuil au delà duquel doit être tranchée l'alternative ultime : civilisation ou barbarie
(dont une variante est socialisme ou barbarie) - la civilisation pouvant apparaître
elle-même comme la source de la barbarie.
C'est sur le fond d'un tel procès que s'est développée l'aventure totalitaire en faisant
briller une solution à la Crise. Que cette solution se soit avérée fantasmatique ne fait pas
oublier qu'à présent, le procès se poursuit. Ses motifs n'ont pas disparu. Sous bien des
aspects, il est fondé sur l'expérience de faits réels. Inutile de m'attarder sur ce point.
Toutefois, il dérive aussi d'un effroi et d'une répugnance devant le phénomène de la
dissolution des repères derniers de la certitude dans la société moderne. Sentiments qui
interdisent d'admettre qu'une telle dissolution puisse être autre se qu'une maladie de la
civilisation; qu'elle puisse créer la possibilité une vie sociale dans laquelle l'idée de la
légitimité ne soit pas perdue, mis devienne l'objet d'un incessant débat dans tous les
domaines d'activité de connaissance. 
Claude Lefort, "Post-communisme et libéralisme" in Le temps présent. Belin, 2006

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Dimanche 1 avril 2007
Selon Philippe de Villiers :
"c'est   d'aimer la France plus que l'Europe"

 (Tout se passe comme si Ph. de Villiers n'avait pas lu Montesquieu)
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