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Jeudi 12 avril 2007
Nul ne le sait!
Mais je remarque qu'il n'est pas banal d'avoir un débat philosophique qui "s'invite" -comme on dit- dans une campagne électorale.
 Car il s'agit bien de cela: la part de nature et la part de culture chez l'homme.
 Dans la personnalité d'un homme, qu'est-ce qui vient des gènes (nature), qu'est-ce qui vient de l'environnement (culture)?
Problèmes insolubles car mal posés. Il est impossible de dissocier le naturel et le culturel puisque la nature (les gènes) ne vont se développer, s'exprimer en quelque sorte, que dans un contexte déterminé. Il est absurde d'isoler un noyau naturel car l'interaction est telle, (entre le naturel et le culturel), que la question n'a tout simplement pas de sens.
 Mais il y a une autre question, celle de savoir jusqu'à quel point la maladie ou la perversité, peut- être soignée. Là on est bien obligé de postuler que toute personne est , sinon "libre", du moins amendable, ou en tout cas que son avenir est ouvert. Ajoutez à cela que l'on peut très bien affirmer à la fois que l'homme est déterminé (à la fois par sa nature et par son milieu) ET qu'il est libre (de faire ce qu'il désire, ou ce qu'il peut  de ce donné). Il est ridicule d'opposer déterminisme et liberté!
 Dernier pb: y a-t-il un rapport entre perversité et maladie mentale? Je ne sais pas. Vous pouvez lire à ce sujet le papier de  LIbé  ce matin.

La perversité  de P. Vignoles
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Jeudi 12 avril 2007
Quelle est la part de  l'inné chez un homme? Impossible à dire! La nature de l'homme se dérobe définitivement!

"Et comment l'homme viendra-t-il à bout de se voir tel que l'a formé la
nature, à travers tous les changements que la succession des temps et
des choses a dû produire dans sa constitution originelle, et de démêler
ce qu'il tient de son propre fonds d'avec ce que les circonstances et ses
progrès ont ajouté ou changé à son état primitif? Semblable à la statue
de Glaucus (2 que le temps, la mer et les orages avaient tellement défigu-
rée qu'elle ressemblait moins à un dieu qu'à une bête féroce, l'âme
humaine altérée au sein de la société par mille causes sans cesse renais-
santes, par l'acquisition d'une multitude de connaissances et d'erreurs,
par les changements arrivés à la constitution des corps, et par le choc
continuel des passions, a, pour ainsi dire, changé d'apparence au point
d'être presque méconnaissable; et l'on n'y retrouve plus, au lieu d'un
être agissant toujours par des principes certains et invariables, au lieu
 de cette céleste et majestueuse simplicité dont son auteur l'avait
 empreinte, que le difforme contraste de la passion qui croit raisonner et
 de l'entendement en délire. [...]
  Il est aisé de voir que c'est dans ces changements successifs de la
 constitution humaine qu'il faut chercher la première origine des diffé-
 rences qui distinguent les hommes, lesquels d'un commun aveu sont
 naturellement aussi égaux entre eux que l'étaient les animaux de chaque
 espèce, avant que diverses causes physiques eussent introduit dans
 quelques-unes les variétés que nous y remarquons. En effet, il n'est pas
 concevable que ces premiers changements, par quelque moyen qu'ils
 soient arrivés, aient altéré tout à la fois et de la même manière tous les
 individus de l'espèce; mais les uns s'étant perfectionnés ou détériorés, et
 ayant acquis diverses qualités bonnes ou mauvaises qui n'étaient point
 inhérentes à leur nature, les autres restèrent plus longtemps dans leur
 état originel; et telle fut parmi les hommes la première source de l'inéga-
 lité, qu'il est plus aisé de démontrer ainsi en général que d'en assigner
 avec précision les véritables causes. [...]
  Car ce n'est pas une légère entreprise de démêler ce qu'il y a d'origi-
 naire et d'artificiel dans la nature actuelle de l'homme, et de bien
 connaître un état qui n'existe plus, qui n'a peut-être point existé, qui
 probablement n'existera jamais, et dont il est pourtant nécessaire d'avoir
 des notions justes pour bien juger de notre état présent".
          Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements
              de l'inégalité parmi les hommes (1754), Éd. Hatier,
           coll. Classiques Hatier de la philosophie, 1999, pp. 17-18.
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