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Vendredi 13 avril 2007
 Sur les recommandations de Florian, lisez la mise au point sur  betapolitique
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Vendredi 13 avril 2007
C'est dans le New York Time: Ségolène Royal, les éléphants, Hillary Clinton...
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Vendredi 13 avril 2007
Vous me suivez?
 demain:
La citoyenneté.
Puis l'éducation (du citoyen)
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Vendredi 13 avril 2007

ou philou?
J'ai effacé par erreur votre commentaire  (sur l'hérédité et la pédophilie)et ma réponse!
Pouvez-vous le restituer? Sinon, excusez-moi et à bientôt!
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Vendredi 13 avril 2007

La mondialisation  entraîne-t-elle le déclin  des  nations? Ou bien la nation est-elle seulement relativisée?
" La seule chose dont je sois persuadé, c'est que le couple " nous et les autres " - et non pas nécessairement le couple ami-ennemi - de C. Schmitt - est constitutif de l'expérience humaine. Mais ce qui fait le contenu de ce u nous », est-ce la nation, est-ce le territoire ou encore d'autres catégories, d'autres regroupements ? Je l'ignore. Nous avons tous des solidarités sélectives, car, comme disait Rousseau, l'ami du genre humain n'est l'ami de personne. Je suis, quant à moi, plus particulièrement sensible au problème des réfugiés, parce que je l'ai été moi-même, je suis aussi plus ému par les conflits de l'Est qui sont proches, que par ceux de la Somalie plus lointains, et je ne peux pas dire que pour moi, qui suis cosmopolite par biographie, ce soit la solidarité nationale qui soit la plus importante, mais il n'en est évidemment pas ainsi pour la plupart des gens. La question de savoir si c'est la nationalité civique ou ethnique qui est première se pose donc à nouveau. Il y a un enchevêtrement de loyautés et il y a en
même temps l'aspiration à une identité qui dépasse les autres. Mais à l'Ouest, et dans les pays issus des Empires, la nature des identités ne va plus de soi : il y a par exemple hésitation entre l'identité irakienne, arabe, et islamique.
Si réellement la forme millénaire de la nation est en train de s'épuiser, c'est un événement qui touche à l'histoire universelle. Dans quelle mesure cet événement nous amène-t-il alors à réinterpréter le passé ? Est-ce la fin de la nation ou la fin d'une certaine modalité de la nation ?
La dernière question est tout à fait pertinente. Est-ce que c'est l'État-nation, c'est-à-dire l'union d'un pouvoir et d'une bureaucratie sur un territoire avec une certaine coïncidence entre l'unité culturelle et l'unité politique, selon la définition de Gellner, qui disparaît ? De ce point de vue, il semble évident qu'il y a un certain éclatement. C'est la part de vérité du fédéralisme européen - même s'il n'y a pas véritablement de « fédération » européenne - que de montrer que ni le niveau optimum ni le niveau vécu ne sont les mémos suivant les domaines. Selon qu'il s'agit d'agriculture ou de défense, on est par exemple plutôt catalan ou plutôt espagnol, plutôt européen ou plutôt atlantique. Est-ce que ce nouvel état de fait signifie la fin de la nation ? Est-ce la crise de la nation civique ou de la nation ethnique ? Est-ce qu'une nation « relativisée "  formant un niveau parmi d'autres, est encore une nation ? Telle est la question".
Pierre Hassner, La violence et la paix, Paris, 1995, Éditions Esprit, pp. 377-380.
Voir la bio de Pierre Hassner
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Vendredi 13 avril 2007
Il est impossible de comprendre la singularité de l'Europe si l'on oublie le rôle clés qu'y jouèrent les nations  en y  introduisant la figure de l'Etat moderne:


"L'État-nation fut à l'Europe moderne ce que la cité fut à la Grèce antique : ce qui produit l'unité, et donc le cadre de sens, de la vie en produisant la chose commune. En dépit d'excellents travaux historiques, la comparaison entre les deux formes politiques recèle encore bien des enseignements qu'il importerait de porter au jour. Ce que l'on peut dire en tout cas, c'est que la cité et l'État-nation sont les deux seules formes politiques qui ont été capables de réaliser, du moins dans leur phase démocratique, l'union intime de la civilisation et de la liberté. Il y eut de grands empires civilisés : même dans leurs jours les plus doux, ils ignorèrent la liberté. La vie des tribus, plus généralement la vie « primitive », comporte une forme très caractérisée de liberté, mais elle ignore les aménités et les charmes de la civilisation. Je voudrais considérer ici la forme de l'État-nation, en laissant de côté, à regret, la question de la cité.
La familiarité nourrit le mépris. En tout cas, nous ne savons plus apprécier ce qui a été accompli par l' Etat-nation européen dans son développement historique. Il s'est agi d'une entreprise extraordinairement hardie, qui a réclamé une mobilisation, inédite par son intensité et surtout par sa durée et la variété de ses registres, des ressources de l'âme non seulement des chefs et des inspirateurs mais pour ainsi dire de tous les citoyens. Il s'est agi d'étendre la vie civique, le « vivre libre », dans le meilleur des cas jusqu'alors le privilège d'un petit nombre, à des associations d'hommes innombrables. Il s'est agi de gouverner d'immenses réunions d'hommes en les laissant libres".
Pierre Manent La raison des nations Gallimard 2006
La raison des nations
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Vendredi 13 avril 2007
Bayrou dit chiche!  : Le monde ce soir
Evidemment, c'est niet  du côté du PS.
Evidemment cela n'arrivera jamais!
Ce serait  raisonnable et si simple à réaliser: il suffit que Bayrou et Royal s'engagent l'un et l'autre à se désister en faveur de celui qui arrive devant l'autre face à Sarkozy.
 C'est la seule  (ou en tout cas la plus assurée) chance de battre Srakozy.
 Mais qui veut battre Sarkozy?
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Vendredi 13 avril 2007
J' ai lu ce très beau texte de Elizabeth de Fontenay dans Le Monde des livres. Impossible de trouver le lien, alors je le scanne:

LE VERSANT ANIMAL de Jean-Christophe Bailly
Bayard, 160 p., 17 ?.

Jean-Christophe Baillard plaide la cause animale

"Toute vie est une pensée, mais une pensée plus ou moins obscure comme la vie elle-même », disait Plotin. Jean-Christophe Bailly place cette phrase en exergue du Versant animal. Il semble en effet qu'il faille aux animaux quelques philosophes capables de leur rendre le statut d'êtres, ce statut dans l'être que la grande tradition rationaliste n'est pas seule à leur avoir dérobé. Pourtant, ce qui se révèle à la lecture de ce livre, devant l'événement de ce petit livre, c'est que les bêtes avaient par-dessus tout besoin d'un grand écrivain qui les sauve de l'abstraction, et en particulier de celle des savoirs positifs.
A travers une «pensée sauvage » qui s'exprime avec le classicisme de la plus parfaite courtoisie, Bailly reste partie prenante d'une lignée qui compte Adorno, Merleau-Ponty, Derrida, Lacoue-Labarthe. Car il se détache de la décevante généralité des concepts et nous libère de cet entêtement du propre de l'homme, qui tend à maîtriser sans scrupule les mondes animaux croisant notre monde. Par la bénédiction d'une magnifique écriture, il nous redonne un affect perdu, le saisissement, le ravissement archaïque et enfantin c'est-à-dire ontologique devant « la pelote échevelée du vivant », et surtout devant l'énigme d'êtres opiniâtrement muets qui ont pourtant le pouvoir mystérieux de « lever les yeux » sur nous, de nous regarder. Oh ! « la force suppliante et calme » d'un regard « qui ne se prononce ni ne s'énonce ».
C'est justement à propos du regard d'un âne dans un tableau religieux du Caravage que l'auteur évoque la « pure pensivité, celle de ce pur mouvement incompris dans l'ouverture humide de I'oeil qui voit, qui voit ce qu'il ne peut saisir et qui, saisissant qu'il ne saisit pas, regarde, regarde sans fin ». Pensifs et non
pensants, tels sont les animaux - Nietzsche le disait déjà - et tels Bailly voudrait nous voir parfois devenir. Mais quel retournement ! « Un peu comme si, en deçà des particularités développées par les espèces et les individus, existait une sorte de nappe phréatique du sensible, une sorte de réserve lointaine et indivise, incertaine où chacun puiserait mais dont la plupart des hommes ont appris à se couper totalement, si totalement qu'ils n'imaginent même plus qu'elle puisse exister et ne la reconnaissent pas quand pourtant elle leur adresse des signes. »
Esprit de finesse
Attentif, rigoureux, pratiquant l'éthologie avec un poétique esprit de finesse, comme l'attestent ses pages sur les chauve-souris, sur des vols d'étourneaux, Bailly n'entend pas plaider pour la cause animale, même s'il reconnaît que la chaîne de la familiarité s'est traîtreusement brisée « entre le berger et le boucher, le lait et le sang ». Il ne défend pas non plus la biodiversité, car celle-ci ne sait rien de l'étrangeté des noms et des cris des différentes espèces. Elle se désintéresse de ces «pelotes de réseaux inquiets où il nous est parfois donné de tirer un fil », de ces concrétudes prodigieuses, tramées entre les bêtes et nous à travers « la multiplicité des passages, des souverainetés furtives, des occasions, des fuites, des rencontres ».
Il constate tout simplement, par-delà la gratitude que suscite la contemplation, que les animaux vont disparaître, qu'ils ont déjà disparu de la plupart de nos vies. Et le passage sur Tâcheronbyl, paradigme du désert mortel qui attend tous les vivants,  traduite une grande douleur que seule console sans doute l'espérance déridaient qu'il n'est peut-être pas encore trop tard pour inventer une politique"
ÉLISABETH DE FONTENAY.
Le versant animal
Image de Au hasard Balthazar
Lire aussi Le silence des bêtes de E. de Fontenay
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Vendredi 13 avril 2007
Sera-t-il entendu? C'est dans le Monde ce soir

Personne n'écoute jamais Rocard.
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Vendredi 13 avril 2007

Le nationalisme est une doctrine qui  présuppose la  coïncidence entre unité ethnique et entité politique.  Pour que cette coïncidence soit effective, un certain nombre de conditions doivent être réunies, conditions telles que ce principe est  difficilement réalisable, en particulier dans le monde actuel: (ce texte de Gellner est un classique sur ce sujet)


"On peut affirmer le principe nationaliste dans un esprit éthique, « universaliste •. Il pourrait exister, comme parfois ce fut le cas, des nationalistes dans l'abstrait, qui ne manifestent pas de parti pris pour une nationalité qui leur soit propre et qui prêchent, avec générosité, cette doctrine indistinctement pour toutes les nations : que toutes les nations aient leur propre toit politique et que toutes se gardent d'abriter des non-nationaux. Il n'y a aucune contradiction formelle dans le fait d'affirmer un nationalisme aussi peu égoïste. En tant que doctrine, cela peut être étayé par des arguments pertinents, comme le désir de conserver une diversité culturelle, le souhait d'avoir un système politique international pluraliste et de diminuer les tensions internes au sein des Etats.
En réalité, cependant, le nationalisme est loin d'avoir toujours fait preuve de tant de raison et de mansuétude, ou d'une conscience rationnelle de la réciprocité. Il se peut que, comme le croyait Emmanuel Kant, la partialité, c'est-à-dire la tendance à faire des exceptions au nom de  ou dans le cas de, soit la principale faiblesse humaine dont toutes les autres découlent en ce qu'elle contamine le sentiment national comme elle le fait pour les autres, engendrant ce que les Italiens appelaient, sous Mussolini, le sacro- égoïsme du nationalisme. Il se peut que l'efficacité politique du sentiment nationaliste soit très entamée si les nationalistes sont aussi sensibles aux méfaits commis par leur nation qu'à ceux qu'elle subit.
Mais au-delà et en deçà de ces considérations, il est d'autres faits qui, liés à la nature spécifique du monde où nous nous trouvons, militent contre tout nationalisme général, impartial et pondéré. Pour le dire dans les termes les plus simples possibles : il y a un très grand nombre de nations potentielles sur terre. Notre planète dispose de suffisamment de place pour un certain nombre d'unités politiques indépendantes ou autonomes. En faisant un calcul raisonnable, le premier nombre (celui des nations potentielles) est probablement beaucoup plus élevé que celui des États possibles et viables. Si cette argumentation ou ce calcul sont exacts, il est impossible que tous les nationalismes soient satisfaits, en tout cas, qu'ils le soient en même temps. La satisfaction de certains implique la frustration des autres. Ce raisonnement est encore renforcé, de manière considérable, par le fait qu'un grand nombre de nations potentielles dans ce monde vivent ou ont vécu, il y a peu de temps encore, non sur des unités territoriales compactes mais qu'elles étaient mêlées à d'autres, selon des modèles complexes. Il s'ensuit qu'une unité politique territoriale ne devient ethniquement homogène que dans certains cas : si elle tue, expulse ou assimile tous les non-nationaux. Il se peut que le refus de ceux-ci de subir pareils destins rende difficile la réalisation pacifique du principe nationaliste".
Ernest Gellner, Nations et nationalisme, Paris, 1989 (1983), Payot, pp. 11-13. Trad. Bénédicte Pineau (1983).
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