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Mercredi 4 avril 2007
Entretien avec Michel Kaplan dans le Monde
Faut-il envisager d'instaurer une sélection?
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Mercredi 4 avril 2007
Elle a dit "ignoble"
"Menteur", je ne l'ai pas dit...
Sarkozy est un ignoble menteur.?..
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Mercredi 4 avril 2007
C'est sur France Culture samedi à 9H , émission Répliques
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Mercredi 4 avril 2007
Il faut voter Ségolène Royal parce que c'est une femme ... in le Monde par Pierrette Fleutiaux

 Quant à celles qui rechignent:
"Que se passe-t-il dans leur tête  pour se sentir soudain aussi réticentes? Quel rapport à leur propre sexe les travaille en sourdine? Détestation de soi, peur de quiiter les vieux rôles qu'elles croient sécurisants?"

 (je traduis : les femmes qui ne voteront pas Ségolène sont archaïques et frustrées, un homme dirait "mal-baisées")
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Mercredi 4 avril 2007
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Mercredi 4 avril 2007
 Voici déjà une petite clarification  de Baudelaire:

"Il y a dans le monde, et même dans le monde des artistes, des gens qui vont au musée du Louvre, passent rapidement, et sans leur accorder un regard, devant une foule de tableaux très intéressants, quoique de second ordre, et se plantent rêveurs devant un Titien ou un Raphaël, un de ceux que la gravure a le plus popularisés; puis sortent satisfaits, plus d'un se disant : « Je connais mon musée. » Il existe aussi des gens qui, ayant lu jadis Bossuet et Racine, croient posséder l'histoire de la littérature.
Par bonheur se présentent de temps en temps des redresseurs de torts, des critiques, des amateurs, des curieux qui affirment que tout n'est pas dans Raphaël, que tout n'est pas dans Racine, que les poetae minores ont du bon, du solide et du délicieux; et, enfin, quee pour tant aimer la beauté générale, qui est exprimée par les poètes et les artistes classiques, on n'en a pas moins tort de négliger la beauté particulière, la beauté de circonstance et le trait de murs.
Je dois dire que le monde, depuis plusieurs années, s'est un peu corrigé. Le prix que les amateurs attachent aujourd'hui aux gentillesses gravées et coloriées du dernier siècle prouve qu'une réaction a eu lieu dans le sens où le public en avait besoin; Debucourt, les Saint-Aubin et bien d'autres, sont entrés dans le dictionnaire des artistes dignes d'être étudiés. Mais ceux-là représentent le passé; or c'est à la peinture des moeurs du présent que je veux m'attacher aujourd'hui. Le passé est intéressant non seulement par la beauté qu'ont su en extraire les artistes pour qui il était le présent, mais aussi comme passé, pour sa valeur historique. Il en est de même du présent. Le plaisir que nous retirons de la représentation du présent tient non seulement à la beauté dont il peut être revêtu, mais aussi à sa qualité essentielle de présent.
J'ai sous les yeux une série de gravures de modes commençant avec la Révolution et finissant à peu près au Consulat. Ces costumes, qui font rire bien des gens irréfléchis, de ces gens graves sans vraie gravité, présentent un charme d'une nature double, artistique et historique. Ils sont très souvent beaux et spirituellement dessinés; mais ce qui m'importe au moins autant, et ce que je suis heureux de retrouver dans tous ou presque tous, c'est la morale et l'esthétique du temps. L'idée que l'homme se fait du beau s'imprime dans tout son ajustement, chiffonne ou raidit son habit, arrondit ou aligne son geste, et même pénètre subtilement, à la longue, les traits de son visage. L'homme finit par ressembler à ce qu'il voudrait être. Ces gravures peuvent être traduites en beau et en laid; en laid, elles deviennent des caricatures; en beau, des statues antiques.
Les femmes qui étaient revêtues de ces costumes ressemblaient plus ou moins aux unes ou aux autres, selon le degré de poésie ou de vulgarité dont elles étaient marquées. La matière vivante rendait ondoyant ce qui mus semble trop rigide. L'imagination du spectateur peut encore aujourd'hui faire marcher et frémir cette tunique et ce schah. Un de ces jours, peut-être, un drame paraîtra sur un théâtre quelconque, où nous verrons la résurrection de ces costumes sous lesquels nos pères se trouvaient tout aussi enchanteurs que nous-mêmes dans nos pauvres vêtements (lesquels ont aussi leur grâce, il est vrai, mais d'une nature plutôt morale et spirituelle), et s'ils sont _portés et animés par des comédiennes et des comédiens- intelligents, nous notes étonnerons d'en avoir pu rire si étourdiment. Le passé, tout en gardant le piquant du fantôme, reprendra la lumière et le mouvement de la vie, et se fera présent.
Si un homme impartial feuilletait une à une toutes les modes françaises depuis l'origine de la France jusqu'au jour présent, il n'y trouverait rien de choquant ni même de surprenant. Les transitions y seraient aussi abondamment ménagées que dans l'échelle du monde animal. Point de lacune, donc point de surprise. Et s'il ajoutait à la vignette qui représente chaque époque la pensée philosophique dont celle-ci était le plus occupée ou agitée, pensée dont la vignette suggère inévitablement le souvenir, il verrait quelle profonde harmonie -régit tous les membres de l'histoire, et que, même dans les siècles qui nous paraissent les plus monstrueux et les plus fous, l'immortel appétit du beau a toujours trouvé sa satisfaction.
C'est ici une belle occasion, en vérité, pour établir une théorie rationnelle et historique du beau, en opposition avec la théorie du beau unique et absolu; pour montrer que le beau est toujours, inévitablement, d'une composition double, bien que l'impression qu'il produit soit une; car la difficulté de discerner les éléments variables du beau dans l'unité de l'impression n'infirme en rien la nécessité de la variété dans sa composition. Le beau est fait d'un élément éternel, invariable, dont la quantité est excessivement difficile à déterminer, et d'un élément relatif, circonstanciel, qui sera, si l'on veut, tour à tour ou tout ensemble, l'époque, la mode, la morale, la passion. Sans ce second élément, qui est comme l'enveloppe amusante,titillante, apéritive, du divin gâteau, le premier élément serait indigestible, inappréciable, non adapté et non approprié à la nature humaine. Je défie qu'on découvre un échantillon quelconque de beauté qui ne contienne pas ces deux éléments.
Je choisis, si l'on veut, les deux échelons extrêmes de l'histoire. Dans l'art hiératique, la dualité se fait voir au premier coup d'oeil; la partie de beauté éternelle ne se manifeste qu'avec la permission et sous la règle de la religion à laquelle appartient l'artiste. Dans l'oeuvre la plus frivole d'un artiste raffiné appartenant à une de ces époques que nous qualifions trop vaniteusement de civilisées, la dualité se montre également; la portion éternelle de beauté sera en même temps voilée et exprimée, sinon par la mode, au moins par le, tempérament particulier de l'auteur. La dualité de l'art est une conséquence- fatale de-la dualité de l'homme. Considérez, si cela vous plaît, la partie éternellement subsistante comme l'âme de l'art, et l'élément variable comme son corps. C'est pourquoi Stendhal, esprit impertinent, taquin, répugnant même, mais dont les impertinences provoquent utilement la méditation, s'est rapproché de la vérité, plus que beaucoup d'autres, en disant que le Beau n'eut que la promesse du bonheur. Sans doute cette définition dépasse le but; elle soumet beaucoup trop le beau à l'idéal infiniment variable du bonheur; elle dépouille trop lestement le beau de son caractère aristocratique; mais elle a le grand mérite de s'éloigner décidément de l'erreur des académiciens.
J'ai plus d'une fois déjà expliqué ces choses; ces lignes en disent assez pour ceux qui aiment ces jeux de la pensée abstraite; mais je sais que les lecteurs français, pour la plupart, ne s'y complaisent guère, et j'ai hâte moi-même d'entrer dans la partie positive et réelle de mon sujet. Baudelaire Le beau, la mode et le bonheur  (In Le peintre de la vie moderne)
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Mercredi 4 avril 2007
L'éducation a pour vocation de nous donner l'expérience des belles choses:

" L'éducation libérale consiste à écouter la conversation des plus grands esprits entre eux. Mais sur ce point, nous rencontrons une difficulté insurmontable cette conversation ne peut avoir lieu sans notre assistance - en fait, c'est à nous qu'il revient de mettre en place cette conversation. Les plus grands esprits monologuent. Il nous faut transformer leurs monologues en un dialogue, leur isolement en une communauté. Les plus grands esprits monologuent même quand ils écrivent des dialogues. Si nous considérons les dialogues de Platon, nous remarquons qu'il n'y a jamais de dialogue entre esprits du plus haut niveau : tous les dialogues de Platon sont des dialogues entre un homme supérieur et des hommes qui lui sont inférieurs. Apparemment, Platon pensait qu'on ne pouvait pas écrire de dialogue entre deux hommes supérieurs. Il nous faut par conséquent faire quelque chose que les plus grands esprits furent incapables de faire. Regardons cette difficulté en face - une difficulté tellement grande qu'elle semble condamner l'éducation libérale comme une espèce d'absurdité. Parce que les plus grands esprits se contredisent entre eux sur les questions les plus importantes, ils nous contraignent à nous faire les juges de leurs monologues; nous ne pouvons pas accepter aveuglément ce que l'un ou l'autre dit. D'un autre côté, nous ne pouvons ignorer notre incompétence à bien juger.
Bien des illusions faciles nous voilent cet état de choses. Nous pensons en quelque sorte que notre point de vue est supérieur, plus élevé que celui des plus grands esprits - soit parce que notre point de vue est celui de notre temps, et que notre temps, parce qu'il est postérieur au temps des plus grands esprits, peut lui être présumé supérieur; soit parce que nous pensons que chacun des plus grands esprits avait raison de son point de vue, mais non pas purement et simplement raison, comme il le prétend nous savons qu'il ne peut y avoir d'opinion purement et simplement vraie en elle-même, mais seulement une opinion purement et sim-plement vraie formellement; cette opinion formelle consiste à avoir compris que toute opinion générale est relative à une perspective spécifique, ou que toutes les opinions générales sont mutuellement exclusives et qu'aucune lie peut être purement et simplement vraie. Les illusions faciles qui nous voilent notre véritable situation reviennent toutes à celle-ci : nous sommes, ou nous pouvons être plus sages que les plus sages des hommes du passé. Nous sommes ainsi poussés à nous prendre, non pas pour des élèves attentifs et dociles, mais pour des impresarii ou pour des dompteurs de lions. Il nous faut cependant faire face à notre redoutable situation, engendrée par la nécessité où nous nous trouvons d'essayer d'être plus que des élèves attentifs et dociles, c'est-à-dire d'être des juges, tout en n'étant pas compétents pour juger. A ce qu'il me semble, la cause de cette situation est que nous avons perdu toutes les traditionss faisant tout simplement autorité auxquelles nous puissions nous fier, nous avons perdu le nomos qui nous donnait avec autorité une direction à suivre, et cela parce que nos maîtres et les maîtres de nos maîtres ont cru à la possibilité d'une société purement et simplement rationnelle. Chacun de nous est maintenant contraint de trouver ses repères, par ses propres forces, si imparfaites soient-elles.
Nous n'avons pas d'autre soutien que celui qui est inhérent à cette activité elle-même. La philosophie, avons-nous appris, doit se garder de vouloir être édifiante - la philosophie peut seulement être intrinsèquement édifiante. Nous ne pouvons pas exercer notre entendement sans de temps en temps comprendre quelque chose d'important; et cet acte de compréhension peut s'accompagner de la conscience de notre compréhension, s'accompagner de la compréhension de la compréhension, de la noesis noeseos, et cette expérience est si élevée, si pure et si noble, qu'Aristote apu l'attribuer à son Dieu. Cette expérience est entièrement indépendante de la question de savoir si ce que nous comprenons est d'abord agréable ou désagréable, beau ou laid. Elle nous conduit à nous rendre compte qu'en un sens tous les maux ont une nécessité si l'on veut que la compréhension existe. Elle nous rend capables d'accepter comme de bons citoyens de la cité de Dieu tous les maux (lui peuvent nous arriver et qui risquent de briser nos coeurs. En prenant conscience de la dignité de l'esprit, nous nous  rendons compte du fondement véritable de la dignité de l'homme et en outre de la bonté du monde, que nous le comprenions comme créé ou comme incréé, qui est la demeure de l'esprit de l'homme.
L'éducation libérale qui consiste en un commerce permanent avec les plus grands esprits est un entraînement à la modestie la plus haute, pour ne pas dire à l'humilité. Elle est en même temps un entraînement à l'audace : elle exige de nous une rupture complète avec le bruit, la hâte, l'absence de pensée, la médiocrité de la Foire aux Vanités des intellectuels comme de leurs ennemis. Elle exige de nous l'audace impliquée dans la résolution de considérer les opinions reçues comme de simples opinions, ou encore de considérer les opinions ordinaires comme des opinions extrêmes ayant au moins autant de chances d'être fausses que les opinions les plus étranges ou les opinions les moins populaires. L'éducation libérale est libération de la vulgarité. Les Grecs avaient un mot merveilleux pour « vulgarité » ; ils la nommaient apeirokalia, manque d'expérience des belles choses. L'éducation libérale nous donne l'expérience des belles choses."
Léo Strauss L'éducation libérale

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