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Samedi 7 avril 2007
FICHE POLITIQUE

Etat : (Etym : etat et Etat viennent tous deux de stare, se tenir, et de status, " attitude, manière d'être, ce qui a donné lieu à état, au sens de statut, ou classe, puis Etat au sens de nation, puis de gouvernement. Sens usuel : 1) la nation en tant qu'elle est structurée par des institutions 2) Ensemble des structures, organes et institutions, et des hommes, qui assument l'administration et le gouvernement d'une nation. Pour les philosophes républicains, l'Etat est une instance régulatrice issue d'un contrat social. Pour d'autres, (principalement anarchistes ou marxistes) l'Etat est un istrument d'oppression au service de la classe possédante (thèse développée dans le Manifeste du parti communiste de Marx et Engels)
Etat de droit :  Conception moderne et juridique de l'Etat. L'Etat de droit se définit par la capacité de s'autolimiter, afin de prévenir toute dérive tyrannique ou despotique. Un Etat de droit est un Etat républicain (voir ci-dessous) et démocratique, c'est-à-dire dont le peuple est détenteur de la souveraineté. Les fondements de l'Etat de droit ont été élaborés par les théoriciens du Contrat social (Hobbes,  Rousseau) et les libéraux ( Locke, Montesquieu) . Dans un Etat de droit, les droits fondamentaux des hommes  sont établis et garantis par la constitution (la " loi " au sens de Rousseau) et tout individu a des droits qu'il peut revenbdiquer contre l'Etat et faire valoir auprès de l'Etat.
République (etym : respublica : la chose publique, l'Etat). Sens courant : tout Etat qui n'est pas monarchique, c'est-à-dire tout Etat caractérisé par le fait que la souveraineté est entre les mains des représentants du peuple élus au suffrage universel. Sens philosophique : " J'appelle république, écrit Rousseau, tout Etat régi par des lois " (Du Contrat social II)  Cette définition de Rousseau ne peut être comprise que si l'on donne au mot " loi " le sens de loi fondamentale ou organique (la Constitution). La loi, selon Rousseau, est toujours " juste ", car elle est l'acte de la volonté générale. Dans ce sens précis et restreint, une " république " est ce qu'on appelle aujourd'hui également un " Etat de droit " c'est-à-dire un Etat essentiellement animé par l'idée de droit, ce qui implique : 1) une Constitution approuvée théoriquement par tous les citoyens, Constitution  surplombant tout le dispositif juridique et politique 2) l'idée d'une volonté générale supposée constituer  la source de toute loi 3) la  possibilité pour tous de participer  aux décisions d'ordre politique 4) l'égalité formelle de tous  et la protection des droit fondamentaux (sécurité,  libre expression, accès à l'éducation etc..) de tous les citoyens par l'Etat.
Volonté générale : chez Rousseau  (Du contrat social I, 6 et 7 et II, 4). Elle n'est pas la volonté majoritaire ni même la volonté de tous, car elle n'est en aucune façon une somme de volontés particulières. Théoriquement, idéalement, elle est, en chaque homme, la volonté raisonnable qui prescrit  les décisions les plus conformes à l'intérêt général. Son mode d'expression privilégié est la loi ; et son objet (ce sur quoi elle porte) ne peut être que d'ordre général (ce qui signifie que la Loi, en ce sens, ne peut établir de différentiations entre les citoyens).
Libéralisme :  (etym : latin liberalis, " bienfaisant ", " généreux ") 1) Sens classique : conception " libérale "  de la société, dont Locke fut l'un des représentants, qui repose  sur l'idée que les individus ont des droits inaliénables (sécurité, propriété, libre expression..)  qui sont ancrés dans la nature, et   que l'Etat a pour vocation essentielle d'établir et de préserver.  S'il ne le fait pas, l'individu a le droit de désobéir. 2) Sens actuel  : le libéralisme économique est la doctrine suivant laquelle les lois du marché sont auto-régulatrices et ne doivent donc pas être entravées par les autorités publiques. Cette doctrine s'oppose diamétralement aux revendications collectivistes et planificatrices (appropriation collective des moyens de production, réglementation du travail, protectionnisme etc..) . Le libéralisme politique est la doctrine politique qui valorise les droits formels (" droits de.. ") et qui exprime des réserves concernant  les revendications illimitées (" droits à.. ") concernant des " créances " que l'Etat n'a pas le pouvoir  de garantir effectivement, tels que par exemple, outre le droit au travail,   le droit à la santé, le droit  à un logement décent, aux loisirs  et désormais, à un environnement non pollué. Les libéraux (B. Constant, Tocqueville) estiment qu'il est vain de promettre ce que l'on n'est pas en mesure d'accorder, et, en outre,  que la demande excessive d'égalité peut contrecarrer l'exigence de liberté. Il faut remarquer que " libéral " en France désigne une sensibilité de droite alors qu'aux Etats-Unis les libéraux sont les démocrates.
Idéologie :  (etym : grec idea , " idée ", et logos " discours rationnel ").
 Terme inventé au 18 ième siècle par Destutt de Tracy pour désigner une science qui a pour objet les idées, leur origine et les lois auxquelles elles obéissent.
 1) Sens courant : péjoratif : système d'idées creuses, doctrines vagues et nébuleuses, théorie  faussement rationnelle 2) Selon Marx : ensemble de croyances, de parti-pris et  de thèses propres à une classe sociale,  et dérivées d'intérêts communs plus ou mois inavoués 3) Selon Hannah Arendt : l'idéologie est la   " logique d'une idée ".   Une idéologie est un  système de pensée ancré dans la croyance en la suprématie de la logique,  c'est-à-dire  d'une rationalité implacable et omnipotente  dans son rapport  au  réel.  Toute idéologie est donc virtuellement " totalitaire " car elle  délivre des clés qui dispensent l'individu de penser, tout  en lui intimant d'avoir confiance dans ses chefs éclairés, voire  infaillibles.





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Samedi 7 avril 2007
Je commence à mettre en ligne des fiches révisions tout-à-l'heure.
 Je précise qu'il s'agit de récapitulations. La plupart des fiches ou textes ont figuré sur ce blog, ou sur le précédent, l'été dernier.
Je commence une fiche vocabulaire. Puis un mini -cours sur l'Etat.
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Samedi 7 avril 2007

Extrait de " Pour avoir du goût, faut-il être cultivé?"

La liberté du goût
L'approfondissement du goût est en même temps sa purification et son extension : plus on est cultivé, plus on apprécie les belles choses, dans un registre toujours plus étendu. Récapitulons. Le goût se présente comme  une suite de paradoxes. Il faut vivre dans un milieu aisé et cultivé pour avoir un goût affiné. Mais d'un autre côté, les sociétés les plus sophistiquées et dispendieuses, celles où se côtoient artistes, écrivains, savants... sont également les capitales du mauvais goût ; il ne suffit donc pas de vivre à Rome ou Florence, ou au Village (New-York) pour être une personne de goût. Le bon goût n'est déductible d'aucune prémisse, et si l'on peut tirer profit d'un milieu culturellement ouvert, il n'y a aucune garantie en la matière, car le beau est " sans concept "  (on ne peut le dériver d'aucune définition ni théorie prééxistante)  et le goût aléatoire. Quel que soit le contexte, les esprits influençables tomberont dans les filets du goût ambiant ou dominant. Les personnalités plus délicates au contraire tenteront de juger d'après leur propre sentiment. Juger par soi-même, quoique en connaissance de cause, tel est le vrai critère du goût, et sur ce point le jugement esthétique rejoint la libre pensée. Juger sainement de ce qui est beau et penser par soi-même relèvent l'un et l'autre de ce que Kant nomme le " sens commun " (Critique de la faculté de juger, § 40, p 126) mais que Rousseau avait déjà parfaitement décrit et analysé. Celui qui juge correctement juge tout seul, dans l'indifférence de ce que les autres peuvent penser. Et pourtant il juge pour tous, il anticipe, sans le savoir (et peu lui importe de toute façon), l'approbation universelle. Mais rares sont les hommes qui ont cette capacité de bien juger en se fondant sur leur sentiment, quoique à bon escient. Juste, d'un certain point de vue, comme le confirmera la postérité, leur opinion est souvent mal comprise. Rares sont en effet les hommes qui adoptent sur n'importe quel sujet le point de vue du sens commun : " le goût n'est que la faculté de juger ce qui plaît ou déplaît au plus grand nombre"[...]  Il ne s'ensuit pas qu'il y ait plus de gens de goût que d'autres ; car, bien  que la pluralité juge sainement de chaque objet, il y a peu d'hommes qui jugent comme elle sur tous  ; et, bien que le concours des goûts les plus généraux fasse le bon goût, il y a peu de gens de goût, de même qu'il y a peu de belles personnes, quoique l'assemblage des traits les plus communs fasse la beauté " (Émile, p. 445). Peu de gens sont donc capables de juger de tout avec goût, alors même que le goût est la capacité de juger du point de vue de tous. C'est ici que la sociologie nous aide à éclairer ces affirmations apparemment contradictoires. La pression du goût dominant est telle, en particulier dans les opulentes sociétés bourgeoises aujourd'hui, que le vrai goût, à la fois singulier dans ses fondements et universel par vocation, a du mal à s'y exprimer.
In  Cours particulier de philosophie
Tableau de Titien
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Samedi 7 avril 2007
Débat Ferry Julliard sur  LCI
 A l'origine, la droite est le parti de l'ordre
La gauche, le parti du mouvement
 Est-ce que ca marche encore?
 NON
A cause de l écologie : l'écologie est conservatrice; et pourtant on la croit de gauche. Alors?

 (Or l'écologie, c'est LA grande cause politique aujourdh'ui - à mon avis)
Pour Ferry, le critère aujourd'hui c'est le rapport au libéralisme
Pour le libéralisme: de droite
Contre le libéralisme: de gauche
 Pas du tout dit Julliard: Chirac est de droite et antilibéral.
Et moi  (Julliard) je suis de gauche et j'ai toujours été libéral.
Alors?
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Samedi 7 avril 2007
Le débat  oppose dans le Nouvel Obs, entre Alain Bentolila (Tout sur l'école, Ed. Odile Jacob)  et Vincent Cespedes  (Contre-dico philosophique)
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Samedi 7 avril 2007
A écouter impérativement (toute la semaine) sur France culture
L'émission est placée sous le signe de l' "éducation libérale" (texte de Léo Strauss, cité ici il y a trois jours). Le but de l'école est de former des hommes libres, autrement dit des hommes qui ont le goût des belles choses...

Avec Natacha Polony et Fraçois Dubet
Pourquoi l'école est-elle plus inégalitaire que jamais?
 Pour  Natacha Polony, le but de l'école est de former non pas des citoyens, mais des hommes libres; des hommes libres seront des (bons)  citoyens.
A. Finkielkraut observe la disparition ou l'effacement de la culture générale (voir à ce propos mon texte ci dessus).
Alain Finkielkraut observe qu'il y a incompatibilité, d'un certain point de vue,  entre éducation et valeurs de la démocratie, C'est ce qu'explique l'exposé de Marie Canivet sur la crise de l'autorité, en s'appuyant sur H. Arendt.
 Natacha Polony: arrêtons de discréditer l'école en la rendant responsable des échecs des enfants.


Bon j'attends vos réactions!
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