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Mardi 1 mai 2007
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 La thèse selon laquelle aucune guerre ne peut être juste dans le monde moderne est fausse et dangereuse, d'après Michael Walzer .  Elle interdit en effet à la théorie d'établir des distinctions pourtant indispensables. Car il faut distinguer ce qui est possible ou nécessaire en dernier recours, de ce qui est injustifiable: 


" Dans ce livre, je m'efforcerai de montrer que la plupart des guerres sont justes dans l'un des camps en présence (celui qui se bat en situation de légitime défense) et qu'en conséquence certains acats de guerre doivent égalemetn pouvoir se justifier. L'intérêt de la théorie est de nous aider à établir des distinctions [...]
Les guerres justes sont des guerres limitées, menées conformément à un ensemble de règles destinées à éliminer, autant qu'il se peut, l'usage de la violence et de la contrainte à l'encontre des populations non-combattantes. L'application de ces règles n'étant pas assurée par un pouvoir de police ou par l'autorité de tribunaux, elle est dans une large mesure dénuée d'efficacité - pas totalement, toutefois. Et même si ces règles ne parviennent pas à déterminer la conduite d'une guerre particulière, elles réussissent souvent à déterminer le jugement qu'en conçoit l'opinion publique et de ce fait, peut-être, la formation, l'engagement et le comportement futur des soldats. Si la guerre est le prolongement de la politique, il s'ensuit que la culture militaire est un prolongement de la culture politique. Bien qu'il ne soit pas déterminant, le rôle que jouent le débat et la critique a son importance pour définir le contenu de l'une et l'autre de ces cultures.
Deux types de limites sont ici d'une importance capitale, et tous deux occupèrent une large place dans l'argumentation politique qui défendait la guerre du Golfe, puis dans la critique qu'elle suscita. Le premier concerne les fins de la guerre, les objectifs pour lesquels on se bat. La théorie de la guerre juste, telle qu'on la comprend généralement, vise à restaurer le statu quo ante, l'état de choses antérieur, c'est-à-dire avant l'agression, avec une clause restrictive supplémentaire : que la menace exercée par l'État agresseur au cours des semaines ou des mois précédant l'agression ne soit pas incorporée à cette « restauration ». Il s'ensuit que la guerre a pour fin légitime la destruction ou la défaite, la démobilisation et le désarmement (partiel) des forces armées de l'agresseur. Sauf dans des cas extrêmes, comme celui de l'Allemagne nazie, elle ne va pas jusqu'à viser légitimement à la transformation de la politique intérieure de l'État agresseur ou au remplacement de son régime, objectif qui exigerait une occu pation prolongée et une coercition massive de la population se civile. Bien plus encore, elle exigerait une usurpation de souveraineté, ce qui est précisément la raison pour laquelle on  condamne l'agression".   

 (La seconde limite concerne la conduite de la guerre et le proportionnalité des moyens employés)

Michael Walzer, Guerres justes et injustes, Préface de la seconde édition Belin 2001


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Mardi 1 mai 2007
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La paix peut-elle être établie par la loi, comme l'avait imaginé Kant dans son "Projet de paix perpétuelle"? Oui, mais.. Les conditions de possiblité d'une telle pais semblent , aujourd'hui encore, hors d'atteinte:

"Quelles sont les conditions auxquelles le fonctionnement d'une Constitution de la Société internationale serait, en théorie, possible? Elles me paraissent au nombre de trois. Pour que les Etats acceptent de soumettre leur conduite extérieure au règne de la loi, il faut que les gouvernernents se plient eux-mêmes à une pareille discipline par rapport aux peuples. Il est proprement absurde imaginer que les dirigeants communistes, qui méprisent le principe majoritaire et manipulent n'importe quelle élection, respecteront, spontanément ou par habitude, les décisions prises à la majorité des votants par un parlement international. Disons, pour reprendre le langage kantien, que les Constitutions, au moins des principaux Etats, devraient être républicaines, fondées sur le consentement des citoyens et l'exercice du pouvoir selon des règles strictes et des procédures légales. Si cette première condition était satisfaite, une deuxième aurait, du même coup, toutes les chances de l'être. Les Etats auraient conscience de leur parenté, le système serait homogène, une communauté internationale d'abord, supranationale ensuite commencerait d'exister et cette communauté choisirait judicieusement, en cas de crise locale, entre " isolement" et  "solution imposée".
Cependant, si cette  communauté internationale  n'est pas concevable sans homogénéité des Etats, sans la parenté des idéaux, sans la similitude des pratiques constitutionnelles, cette condition nécessaire n'est pas suffisante. Il faut encore que les Etats consentent à dire « adieu aux armes"  et qu'ils acceptent sans inquiétude de soumettre à un tribunal les différends, même ceux qui ont pour objet la répartition des terres et des richesses. Une société internationale homogène, sans course aux armements, sans conflits territoriaux ou idéologiques, est-elle possible?
Oui encore dans l'abstrait, mais sous diverses conditions. La fin de la course aux armements n'exige pas seulement que les Etats ne se soupçonnent plus réciproquement de noirs desseins; elle exige aussi que les Etats ne désirent plus la force pour imposer leur volonté aux autres . Les volontés de puissance collectives doivent disparaître ou plutôt être transférées sur r un autre terrain. Quant aux conflits d'ordre économique-qui ne furent pas la cause directe ou prédominante des guerres dans le passé mais qui font apparaître intelligibles, à nos esprits utilitaires, les guerres des civilisations traditionnelles - ils se sont atténués d'eux-mêmes, à notre époque : toutes les sociétés modernes peuvent croître en intensité à meilleur compte qu'en extension et par la conquête.
Rassemblons, par la pensée, les résultats de ces analyses : système homogène, Etats qui ne se suspectent plus l'un l'autre, respect des mêmes idéaux juridiques et moraux, atténuation des conflits économico-démographiques, qui ne voit que l'humanité, pacifiée par la loi, ressemblerait à celles des communautés nationales où la compétition des individus et des intérêts ne revêt plus que rarement un caractère de violence? Mais ce monde où, conformément à l'idée de la raison, le règne de la loi assurerait la paix serait-il encore divisé en Etats ou rassemblerait-il l'humanité en une fédération planétaire, sinon en un empire universel?
Devons-nous, par amour de la paix ou par crainte de la guerre, vouloir une telle fédération ou un tel empire?
pp 721-722  Paix et guerre entre les nations
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Mardi 1 mai 2007
Voici ma critique du dernier livre de Claude Lefort, parue  dans la revue Esprit du mois de Mai 2007
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Mardi 1 mai 2007
Pour ceux qui ne sont pas en train de réviser! sur zanorg.com
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Mardi 1 mai 2007
Texte  de Hegel : La guerre et la paix
 Seuls les rapports de force régissent les relations entre Etats, parce qu'aucun pouvoir n'est constitué au dessus d'eux pour leur imposer une loi commune:

"L Etat offre cet aspect d'être la réalité immédiate d'un peuple particulier,ayant une destination naturelle. Comme individu distinct, il s'oppose de façon exclusive à d'autres États qui sont aussi des individus. Dans leurs rapports réciproques, l'arbitraire et la contingence interviennent parce que l'élément général du droit, à cause de la totalité autonome de ces personnes, doit exister entre elles, mais n'existe pas en réalité. Cette indépendance des États fait de leur conflit un rapport de forces, un état de guerre en vue duquel l'état général se destine à la fin particulière de la conservation de l'autonomie de l'État vis-à-vis d'autres États, à l'état de vaillance. [...]
L'état de guerre met en jeu l'autonomie des États; ce qui amène d'un côté la reconnaissance réciproque de l'individualité libre des peuples, et des traités de paix, qui doivent durer éternellement, établissent cette reconnaissance générale ainsi que les droits particuliers des peuples les uns à l'égard des autres".

Friedrich Hegel, Précis de l'encyclopédie des sciences philosophiques (1817), trad. J. Gibelin, Éd. Vrin, 1976, pp. 289-290.
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Mardi 1 mai 2007
La situation des Etats entre eux est comparable à l'état de nature selon Kant:

"Il en est des peuples, en tant qu'États, comme des individus: dans l'état de nature (c'est-à-dire dans l'indépendance de toute loi extérieure), leur seul voisinage est déjà un préjudice réciproque; et, pour garantir sa sûreté, chacun d'eux peut et doit exiger des autres qu'ils entrent avec lui dans une constitution analogue à la constitution civile, où les droits de chacun puissent être assurés. Ce serait là une fédération de peuples, qui ne formeraient pas cependant un seul et même État. Il y aurait en effet contradiction dans cette idée; car, comme chaque État suppose le rapport d'un supérieur (le législateur) à un inférieur (celui qui obéit, c'est-à-dire le peuple), plusieurs peuples réunis en un État ne formeraient plus qu'un peuple, ce qui est contraire à la supposition (puisque nous avons à considérer ici le droit des peuples entre eux, en tant qu'ils constituent autant d'États différents et ne devant pas se confondre en un seul et même État).
Si l'on ne peut voir sans un profond mépris les sauvages, dans leur amour d'une indépendance sans règle, aimer mieux se battre continuellement que se soumettre à une contrainte légale, constituée par euxmêmes, et préférer ainsi une folle liberté à une liberté raisonnable, et si l'on regarde cela comme de la barbarie, comme un manque de civilisation, comme une dégradation brutale de l'humanité; à combien plus forte raison des peuples civilisés (dont chacun forme un État constitué) ne devraient-ils pas se hâter de sortir d'une situation si dégradante? Loin de là, chaque État fait justement consister sa majesté (car il est absurde de parler de la majesté populaire) à ne se soumettre à aucune contrainte légale extérieure, et le souverain met sa gloire à pouvoir disposer, sans avoir lui-même aucun péril à courir, de plusieurs milliers d'hommes qui se laissent sacrifier à une cause qui ne les concerne pas [...]."apocalypse_now_2.jpg
Emmanuel Kant, Projet de paix perpétuelle (1795), trad. J. Barni revue par A. Lagarde, Éd. Hatier, 1988, p. 36.
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Mardi 1 mai 2007

Pourquoi les hommes se font-ils la guerre. Ne voulons-nous pas tous la paix?

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  " Quiconque observe quelque peu les choses `humaines et notre commune nature, le reconnaîtra avec moi : de même que tous désirent la joie, il n'est personne qui n'aime la paix. Puisque même ceux-là qui veulent la guerre ne veulent rien d'autre assurément que la victoire, c'est donc à une paix glorieuse qu'ils aspirent à parvenir en faisant la guerre. Qu'est-ce que vaincre, en effet, sinon abattre toute résistance ? Cette oeuvre accomplie, ce sera la paix. C'est donc en vue de la paix que se font les guerres, et cela même par ceux qui s'appliquent à l'exercice des vertus guerrières dans le commandement et le combat. D'où il est clair que la paix est le but recherché par la guerre, car tout homme cherche la paix en faisant la guerre, et nul ne cherche la guerre en faisant la paix. Quant à ceux qui veulent que la paix dont ils jouissent soit troublée, ils ne haïssent pas la paix, ils désirent seulement qu'elle soit changée à leur gré. Ce qu'ils veulent donc, ce n'est pas qu'il n'y ait plus de paix, mais qu'il y ait la paix qu'ils veulent. Et finalement, même s'ils se séparent des autres par la rébellion, ils ne peuvent réaliser leur dessein qu'à condition de sauvegarder quelque apparence de paix avec leurs partisans ou conjurés. Aussi les brigands eux-mêmes, pour s'attaquer à la paix d'autrui avec plus de violence et de sûreté, tiennent-ils à garder la paix avec leurs compagnons".
La cité de Dieu Livre 19 Chapitre 12 , p 117
Saint Augustin




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Mardi 1 mai 2007
J'ai regardé sur la chaîne parlementaire un débat qui réunissait des historiens  (J.P. Riou, Benjamin Stora, Marc Ferro etc.. ) et des philosophes, Blandine Kriegel etc... (Emission: Le temps de choisir).

En ce qui concerne la politique, Michel Wieworcka a dit ceci:
En France , la droite a accompli sa mue (elle est  ouvertement libérale, dure, franche , décomplexée, bref :  moderne) . Mais le parti socialiste pas du tout. Il ne s'est pas modernisé; il  est le même depuis 50 ans, contrairement à tous les autres partis socialistes européens qui ont accompli cette mue (rupture avec le PC etc..).
Personne n'a contesté ce diagnostic, qui me paraît en effet très juste!

Qu'en pensez-vous?
 (j'en profite car je sais que vous ne serez pas d'accord!)
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Mardi 1 mai 2007
L'idée, c'est que l'on ne sera plus obligé de marcher deux heures le matin en grelottant sous la pluie et deux heures le soir pour rentrer du travail,  à l'image de  tous ces millions de parisiens et autres usagers  persécutés par la CGT à l'occasion de chacque grève de la RATP.
 J'applaudis!
 Bien sûr ce n'est pas pour ce type de raisons (intérêt particulier) que l'on va voter!
Et ne me dites pas qu'il s'agit d'une remise en cause du droit de grève. Une limitation n'est pas une remise en cause.
Votre avis?
 (je sais que vous ne pouvez pas le donner pour le moment!)
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Mardi 1 mai 2007
Je crois que vous ne pouvez plus actuellement en poster.J'espère que la panne ne durera pas!
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