Jean-Marc Drouin montre comment, au fil des siecles, la botanique est devenue une science adulte, désormais vitale pour l'humanité.
PAR ROBERT REDEKER (Marianne, 31 mai 2008)
Extrait :
"Végétatif signifie « inerte, insensible, immobile », dans un no man's land entre la vie etla non vie. Drouin le constate : « La mobilite des plantes est désormais reconnue. »Taxer
les plantes d'immobilité est une illusion. La vie d'une plante est une suite de mouvements que nous pourrions percevoir en accélérant Ie temps. De
plus, dans la plante circulent des messages, témoins d'un «systeme nerveux sans nerf», suggérant une irritabilité du végétal. Du coup, l'individualité des plantes, ~ jadis remarquée par Kant,
s'impose. Sans aller jusqu'à leur accorder une subjectivité, la question surgit : j quels droits reconnaitre aux végétaux ? C'est une
question parallèle à celle du philosophe australien Peter Singer sur les droits des animaux. Mais, ici, ilne peut s'agir de droits subjectifs. Seulement de droits exprimés en termes de
devoirs humains envers les plantes. Selon notre philosophe,l'idée de patrimoine végétal s'impose pour fixer ces droits.
De descriptive qu'elle etait lorsqu'il s'agissait d'observer et de classer les plantes, la botanique est devenue active, à travers l'agronomie, et sans doute vitale. Ses enjeux s'enrichissent, se
faisant aussi éthiques, écologiques et politiques. La diversité de la faune, si importante, ne peut être préservée qu' à partir de la diversite des plantes, plus importante encore. Malgré tout,
la botanique reste ce qu'elle fut tout au long de son histoire, et dont témoigne Ie livre de Drouin, une science heureuse".
L'Herbier des philosophes, de Jean-Marc Drouin,
Seuil, 314 p., 22 €.
Droits subjectifs Les droits subjectifs sont des prérogatives individuelles, reconnues et sanctionnees par Ie droit objectif qui definit I'ensemble des règles juridiques obligato ires applicables dans un pays. Its s'opposent au droit objectif constitué des regles habilitant une personne agir.
Sur 
Commentaires