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Mercredi 1 août 2007

 (réponse à Aurélien)

République :  (etym :  latin :   res publica, la chose publique, l'Etat) 1) Sens courant :  Etat  non  monarchique de type représentatif dont la souveraineté est détenue par le peuple qui l'exerce par le biais de ses représentants élus au suffrage universel 2) Conception ancienne : régime constitutionnel fondé sur le principe de l'utilité commune  et organisé afin de garantir au mieux l' unité organique de la cité 3) Conception moderne ( à partir de Machiavel) : tout type d'organisation politique caractérisé par l'existence d'un débat public sur les affaires communes de la cité, de telle sorte que les décisions ne sont pas prises par un seul homme mais par plusieurs au terme d'une discussion.  Pour Machiavel, il y a République lorsque la cité choisit sa constitution de manière autonome et lorsqu'elle est indépendante dans sa politique extérieure 4) Depuis Hobbes  : tout Etat régi par des lois dont la source est la volonté générale. 

Au sens moderne
, une République est une aussi une  démocratie politique qui garantit l'égale liberté de tous les citoyens ainsi que la participation effective de tous à la vie publique. 5) Chez Rousseau  : " J'appelle république, écrit Rousseau, tout Etat régi par des lois ". (Du Contrat social II)  Cette définition de Rousseau ne peut être comprise que si l'on donne au mot " loi " le sens de loi fondamentale ou organique (la Constitution). La loi, selon Rousseau, est toujours " juste ", car elle est l'acte de la volonté générale. Dans ce sens précis et restreint, une " république " est ce qu'on appelle aujourd'hui également un " Etat de droit " c'est-à-dire un Etat essentiellement animé par l'idée de droit, ce qui implique : 1) une Constitution approuvée théoriquement par tous les citoyens, Constitution  surplombant tout le dispositif juridique et politique 2) l'idée d'une volonté générale à la source de toute loi 3) la  possibilité pour tous de participer  aux décisions d'ordre politique 4) l'égalité formelle de tous  et la protection des droits fondamentaux (sécurité,  libre expression, accès à l'éducation etc..) de tous les citoyens par l'Etat.

( Notez que la "république" a une connotation  libérale ou droitière aux Etats-Unis, où les "républicains" sont attachés à la liberté plus qu'à l' égalité, valeur propre aux démocrates. En France, les républicains (Regis Debray, Finkielkraut, Max Gallo...) sont plutôt liés au mouvement de Chevénement et attachés à la laïcité.

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Mercredi 1 août 2007

L'autre est différent de nous, il l'est même par définition. Tout ce qui est autre que moi n'est pas moi, et cette séparation " ontologique " implique la " différence " de l'autre, " différence " au double sens de distinction et de qualité singulière. On ne peut en effet être identique qu'avec soi-même, " identique " signifiant ici : ce qui est le même (que soi) et qui le demeure, au moins un certain temps. Or il se trouve qu'il n'existe pas, dans l'univers, deux êtres identiques, et un tel constat ne soulève aucun problème particulier en règle générale. Prenons un exemple : deux gouttes d'eau ou deux tables sont certes dissemblables du point de vue de leur forme ou de leur structure moléculaire, mais personne ne s'en soucie. Il en va tout autrement en ce qui concerne les relations unissant les êtres humains. Étant doués de conscience et, qui plus est, d'un naturel anxieux, nous éprouvons quelque difficulté à nous identifier nous-mêmes, et nous ne pouvons nous passer de la médiation de nos semblables pour réduire nos doutes et apaiser nos angoisses. Mais les autres ne sont pas nécessairement disposés à nous renvoyer une image flatteuse de nous-mêmes. Nous recherchons donc de préférence la compagnie de ceux qui sont les plus à même de nous conforter dans cette image positive de nous-mêmes  qui nous est indispensable. À l'inverse, la confrontation avec l'altérité peut nous déstabiliser radicalement. Mais il faut bien préciser ici que cet autre dont la différence nous importune n'est pas l'autre en général (une chaise, une planète ou un rhododendron) mais autrui ou, plus précisément, l'autre homme, un autre être humain en particulier (" autrui " étant une catégorie abstraite avec laquelle nous ne risquons guère d'entrer en conflit !). Ce sont nos relations avec des individus ou des groupes qui posent un problème, problème non pas contingent mais au contraire constitutif de notre relation avec l'autre. L'autre - l'autre conscience, l'autre être humain - n'est pourtant pas radicalement " autre " (comme peut l'être une table ou un paillasson) ; il est à la fois semblable à moi et différent de moi, et c'est très exactement là que se situe la difficulté.
L'autre est à la fois le même que moi - nous faisons partie de la même espèce, nous sommes l'un et l'autre doués de raison et de conscience - et autre que moi. Tout être humain est mon alter ego, il est lui-même et pour lui-même un moi, et pourtant, comme le dit Sartre, " l'autre est un moi qui n'est pas moi " : l'autre est un autre moi et ce moi qui n'est pas le mien m'échappe, il me " transcende ". Ou encore, pour formuler différemment la même idée : l'autre est un sujet, c'est-à-dire un point de vue  inédit et imprévisible sur  le monde, tandis que pour lui je suis un objet. Il peut me jauger, me mépriser ou, dans le pire des cas, me ravaler au rang de chose ou de moyen pour ses propres fins. Précisons d'emblée que si la relation avec l'autre est par essence problématique, voire conflictuelle, c'est en fin de compte parce que l'" autre " est une notion contradictoire : bien que semblable à moi, l'autre est différent de moi, et c'est cette dualité intrinsèque qui est la source de toutes les interrogations  et de toutes les inquiétudes. Sur un plan strictement intellectuel tout d'abord, il est difficile de comprendre qu'une chose (ou un être) soit à la fois ce qu'elle est et différente de ce qu'elle est. Comment reconnaître, identifier et nommer ce qui est à la fois semblable et dissemblable de soi-même ? D'autre part, les différences entre les êtres sont spontanément perçues, de manière générale, soit comme des oppositions qualitatives soit comme des gradations induisant des hiérarchies. Dans le monde animal, par exemple, les espèces sont articulées et distribuées une fois pour toutes, à quelques nuances près, selon des différences à la fois essentielles et discriminantes : ni le loup ni l'agneau, si l'on excepte les animaux des fables, ne sont susceptibles d'interroger leur statut ou de remettre en cause leur position dans la structure hiérarchique du vivant ou dans la chaîne alimentaire. Les êtres conscients s'étonnent et s'inquiètent au contraire des différences qu'ils observent chez leurs semblables. Il peut même arriver que ces différences les conduisent à remettre en cause leur propre identité.
Une troublante méprise
C'est seulement parce qu'elle se découpe sur un fond de similitude que la différence de l'autre suscite un malaise ou même, dans certain cas, un sentiment de panique. C'est ce dont témoignent, a contrario, les situations dans lesquelles l'autre n'est pas encore identifié comme tel. Pendant les premières semaines de son existence, l'enfant ne " connaît " pas encore sa mère ou sa nourrice, son père, etc. en tant que personnes séparées et douées d'identités propres. Mais un jour tout bascule, il se rend compte que le quidam qui lui prodigue les soins n'est plus celui ou celle qu'il  attendait : le visage inconnu qui lui sourit le glace tout à coup d'effroi. Semblable à sa mère, cette figure étrangère n'est pas celle de sa mère, une autre personne s'est substituée à elle : le trouble a surgi de la dissemblance du semblable. Ce  malentendu, source de panique, est aisément transposable pour rendre compte de la blessure narcissique produite par la rencontre des altérités culturelles. La découverte de l'Amérique fut un choc extraordinaire, si l'on en croit les récits des explorateurs mais aussi les commentaires des témoins les plus éclairés comme le père Bartolome de Las Casas (Histoire des Indes). La première réaction fut de dénier purement et simplement l'humanité à ces drôles de créatures à figures presque humaines pourtant " plus bêtes que des ânes " (Tomas Ortiz) ou possédées par Satan (Oviedo). La seconde fut de se demander si des peuples rétifs aux valeurs de l'humanité, c'est-à-dire aux valeurs chrétiennes, étaient rééducables. Voici, par exemple, le témoignage  d'un Conquistador chrétien qui permit de justifier la brutalité du traitement infligé aux Indiens par les représentants du monde " civilisé " : " J'ai à dire que la plupart des Indiens étaient honteusement vicieux [...]. Pour ce qui est de manger de la chair humaine, on peut dire qu'ils en faisaient usage absolument comme nous de la viande de boucherie. Dans tous les villages, ils avaient l'habitude de construire des cubes en gros madriers, en forme de cages, pour y enfermer des hommes, des femmes ; des enfants, les y engraisser et les envoyer au sacrifice quand ils étaient à point, afin de se repaître de leur chair... (suite : chapitre 7 de cours particulier de philosophie de LHL)

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Mercredi 1 août 2007
Cela s'est passé en 1989. Vous devez connaître le rôle de F. Furet, qui tourne la page de l'historiographie de Albert Soboul. Lire ce soir le Monde
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Mercredi 1 août 2007

Amis visiteurs de ce blog revenus de vacances  pour préparer Sc-Po
 Je continue ,comme prévu?
Ou bien vous avez des suggestions à me faire? Vos remarques seront  bien venues....

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