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Jeudi 2 août 2007
"Soient les deux professions de foi suivantes
« Si je savais quelque chose qui me fût utile et qui fût préjudiciable à ma famille, je le rejetterais de mon esprit. Si je savais quelque chose d'utile à ma famille et qui ne le fût pas à ma patrie, je chercherais à l'oublier. Si je savais quelque chose d'utile à ma patrie et qui fût préjudiciable à l'Europe, ou bien qui fût utile à l'Europe et préjudiciable au genre humain, je le regarderais comme un crime. »
Et voici la seconde :
« J'applique en quelque sorte une hiérarchie de sentiments et de dilections ; j'aime mieux mes filles que mes cousines, mes cousines que mes voisines, mes voisines que les inconnues et les inconnues que mes ennemies. Par conséquent, j'aime mieux les Français, c'est mon droit. J'aime mieux les Européens ensuite. Et puis, ensuite, j'aime mieux les Occidentaux. J'aime mieux dans les autres pays du monde ceux qui sont alliés et ceux qui aiment la France. »
La première de ces déclarations est tirée des Pensées de Montesquieu, la seconde est de Jean - Marie Le Pen, qui l'a plusieurs fois répétée : on ne saurait rêver antithèse plus parfaite. La première est synonyme d'ouverture, la seconde de repli sur soi. La première traduit l'optimisme d'une bourgeoisie conquérante. La seconde, la crispation idemtitaire de classes moyennes menacées ou déclassées. C'est ce qu'au FN on a appelé la préférence nationale".
 Jacques Julliard Le malheur français
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Jeudi 2 août 2007


 La philosophie nous ouvre la voie de l'universel. En ce sens , elle fait de nous , au moins virtuellement,des citoyens du monde; C'est ce que suggéraient déjà les stoïciens, puis Montesquieu (texte ci-dessous)

"L'esprit qui s'est accoutumé à la liberté et à l'impartialité de la contemplation  philosophique, conservera quelque chose de cette liberté et de cette impartialité dans le monde de l'action et de l'émotion; il verra dans ses désirs et dans  ses buts les parties d'un tout, et il les regardera avec détachement comme les  fragments infinitésimaux d'un monde qui ne peut être affecté par les préoccupations d'un seul être humain. L'impartialité qui, dans la contemplation, naît  d'un désir désintéressé de la vérité, procède de cette même qualité de l'esprit
qui, à l'action, joint la justice, et qui, dans la vie affective, apporte un amour  universel destiné à tous et non pas seulement à ceux qui sont jugés utiles ou  dignes d'admiration. Ainsi, la contemplation philosophique exalte les objets de  notre pensée, et elle ennoblit les objets de nos actes et de notre affection ; elle fait de nous des citoyens de l'univers et non pas seulement des citoyens d'une  ville forteresse en guerre avec le reste du monde. C'est dans cette citoyenneté  de l'univers que résident la véritable et constante liberté humaine et la libé-
ration d'une servitude faite d'espérances mesquines et de pauvres craintes.
 Résumons brièvement notre discussion sur la valeur de la philosophie : la  philosophie mérite d'être étudiée, non pour y trouver des réponses précises  aux questions qu'elle pose, puisque des réponses précises ne peuvent, en général, être connues comme conformes à la vérité, mais plutôt pour la valeur des  questions elles-mêmes ; en effet, ces questions élargissent notre conception du  possible, enrichissent notre imagination intellectuelle et diminuent l'assurance  dogmatique qui ferme l'esprit à toute spéculation; mais avant tout, grâce à la  grandeur du monde que contemple la philosophie, notre esprit est lui aussi  revêtu de grandeur et devient capable de réaliser cette union avec l'univers qui  constitue le bien suprême".
                 B, Russell, Problèmes de philosophie (1912),
                      Éd. Pavot, 1975, pp. 185-186.
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Jeudi 2 août 2007

  " Si je savais quelque chose qui me fût utile, et qui fût préjudiciable à ma famille, je le rejetterais de mon esprit. Si je savais quelque chose qui fût utile à ma famille, et qui ne le fût pas à ma patrie, je chercherais à l'oublier. Si je savais quelque chose qui fût utile à ma patrie et qui fût préjudiciable à l'Europe, et au genre humain, je le regarderais comme un crime " Pensées,  Montesquieu.

 

 

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Jeudi 2 août 2007

 Sous Jules Ferry, l'instruction religieuse fut remplacée par l'instruction civique et, dans ce texte, Ferdinand Buisson, l'un des  collaborateurs du ministre, affimerque l'instruction civique consiste à introduire la politique à l'école: non, certes, la politique partisane, mais l'enseignement des valeurs fondatrices de la république.


POLITIQUE. - À ce mot se rattachent deux questions qui intéressent directement l'instruction primaire. La première pourrait se poser ainsi: «Quelle influence a la politique sur l'organisation, la direction et la marche de l'enseignement primaire en général? » La seconde : « La poli
5 tique peut-elle, doit-elle entrer dans les programmes de l'école primaire? L'une touche surtout au personnel de l'administration, l'autre à la pédagogie; celle-ci a trait à l'enseignement proprement dit, l'autre à l'histoire générale des institutions scolaires dans notre pays et dans d'autres pays. Commençons par la question didactique et théorique: nous en tire
 rots plus aisément les applications aux autres formes d'intervention de la politique en général dans les écoles.
Quelle part convient-il donc de faire dans l'enseignement primaire, public ou libre, à l'ensemble des notions que résume sans les bien définir le mot Politique? Le seul énoncé de la question eût peut-être frappé
 d'étonnement les pédagogues d'autrefois. Et pourtant, il suffit de s'entendre. Du jour où l'on a compris que l'instruction populaire n'était plus seulement l'apprentissage de la lecture, de l'écriture et du calcul, du jour où l'on a voulu qu'il fût donné aux enfants du peuple, sinon une éducation libérale, du moins une première initiation «aux notions indispensables à tout homme», de ce jour-là on s'est engagé à leur communiquer les éléments, les rudiments de l'instruction civique, c'est-à-dire de ce qui constitue le fonds stable, commun et essentiel de la politique. Nous avons rappelé dans ce Dictionnaire même, au mot Civique (Instruction), que plusieurs années avant la Révolution c'était un avis devenu général  en France, parmi les auteurs de Plans d'éducation, qu'il importait d'enseigner dans les écoles « les devoirs communs à tous les citoyens, les lois qu'il est indispensable de connaître et les principes de la constitution nationale». Combien plus un tel enseignement est-il nécessaire dans un temps et dans un pays de suffrage universel!
Mais il y a un écueil à éviter; il faut craindre de confondre, même sans le vouloir, les notions générales et fondamentales de la politique impersonnelle, nationale, théorique, qui sont du domaine de l'enseignement commun, avec les vues étroites, les doctrines particulières, les opinions et les passions de la politique militante et quotidienne. Apprendre  aux enfants ce que la France a dû successivement à la royauté et à la République; leur imposer le respect pour toutes les traditions respectables, tout en gravant dans leur esprit l'idée du progrès; leur mettre sous les yeux l'état du peuple, la condition du pauvre, de l'ouvrier, du paysan sous l'ancien régime et les forcer à reconnaître, par voie de comparaison, ce que le nouveau régime a fait pour le bonheur et pour l'honneur de la nation; les familiariser avec les principes de 1789, avec les droits de l'homme, avec la souveraineté du peuple, avec la devise française par excellence : «Liberté, égalité, fraternité»; avec les règles fondamentales de la division des pouvoirs et de l'organisation du gouvernement dans un État républicain; faire et bien faire tous ces enseignements, sans doute c'est faire de la politique, car c'est préparer l'enfant à aimer son pays, à obéir aux lois, à respecter le gouvernement, à user de tous ses droits et ses devoirs politiques. Mais une telle action sur l'esprit de la jeunesse n'est interdite, n'est déplacée dans aucune école: elle fait partie du programme obligatoire de l'école publique. Ce n'est pas un empiétement, ce n'est pas une pression, ce n'est pas un abus, c'est l'oeuvre même de l'éducation morale et civique dans ce qu'elle a, il est vrai, de plus délicat, mais aussi de plus légitime et de plus noble".
Ferdinand Buisson, Extrait de l'article «Politique», Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (1882-1887) ,Éd. Kimé, 2000, p. 230-231.

 

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Jeudi 2 août 2007


"C'est dans le gouvernement républicain que l'on a besoin de toute la puissance de l'éducation. La crainte des gouvernements despotiques' naît d'elle-meme parmi les menaces et les châtiments; l'honneur des monarchies est favorisé par les passions, et les favorise a son tour: mais la vertu  politique est un renoncement a soi-meme, qui est toujours une chose très pénible.
On peut définir cette vertu, l'amour des lois et de la patrie. Cet amour, demandant une préférence continuelle de l'intéret public au sien propre, donne toutes les vertus particulieres; elles ne sont que cette préférence.
 Cet amour est singulierement affecté aux démocraties. Dans elles seules, le gouvernement est confié a chaque citoyen. Or, le gouvernement est comme toutes les choses du monde: pour le conserver, il faut l'aimer.
On n'a jamais ouï dire que les rois n'aimassent pas la monarchie, et que les despotes haïssent le despotisme.
 Tout dépend donc d'établir dans la république cet amour; et c'est a l'inspirer que l'éducation doit etre attentive. Mais, pour que les enfants puis-sent l'avoir, il y a un moyen sur: c'est que les peres l'aient eux-memes.
On est ordinairement le maître de donner a ses enfants ses connais-sances; on l'est encore plus de leur donner ses passions. Si cela n'arrive pas, c'est que ce qui a été fait dans la maison paternelle est détruit par les impressions du dehors.
Ce n'est point le peuple naissent qui dégénere; il ne se perd que lorsque les hommes faits sont déja corrompus"


Charles de Secondât, baron de La Breme et de Montesquieu, l'Esprit des lois

 

 

 

 

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Jeudi 2 août 2007

"IL  y a beaucoup de germes dans l'humanité et c'est notre tâche que de développer d'une manière proportionnée les dispositions naturelles, que de déployer l'humanité à partir de ses germes, et de faire en sorte que l'homme atteigne sa destination. Les animaux remplissent d'eux-mêmes leur destination et sans la connaître. Seul l'homme doit chercher à l'atteindre et cela ne peut se faire, s'il ne possède pas un concept de sa destination. [...]
On ne doit pas seulement éduquer des enfants d'après l'état présent de l'espèce humaine, mais d'après son état futur possible et meilleur, c'est-à.dire conformément à l'Idée de l'humanité et à sa destination totale. Ce principe est de grande importance. Ordinairement les parents élèvent leurs enfants seulement en vue de les adapter au monde actuel, si corrompu soit-il. Ils devraient bien plutôt leur donner une éducation meilleure, afin qu'un meilleur état pût en sortir dans l'avenir".
KANT Réflexions sur l'éducation

 

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Jeudi 2 août 2007
   alain_finkielkraut-1.jpg                       Lisez l'article ce soir à propos de l'école républicaine et du combat des "républicains" à propos du voile dans leMonde
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Jeudi 2 août 2007

Voir ma réponse  ci-dessous du 01-08 à Aurélien.
 Pour la dissert, en gros c'est comme en terminale.. donc pour ma part, je déconseille  le plan en deux parties. 
 Les consignes officielles ne disent rien ("le plan peut -être en deux parties ou trois")
Je m'en suis expliquée déjà (voir mes vidéos sur web pédagogie).

Dois-je y revenir?

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