Je vais traiter ce thème cette année avec vous. Mais vous trouverez déjà beaucoup d'éléments sur mon autre blog (blogspot hansen-love) et aussi sur mon blog de préparation au bac, le web pédagogique philosophie
Je vais traiter ce thème cette année avec vous. Mais vous trouverez déjà beaucoup d'éléments sur mon autre blog (blogspot hansen-love) et aussi sur mon blog de préparation au bac, le web pédagogique philosophie
ALAIN FINKIELKRAUT
Le mécontemporain
Péguy, lecteur d'un monde moderne
"Pourquoi Péguy, maintenant ? Qu'avons-nous à faire des tourments d'un paysan normalien qui fut tout à la
fois dreyfusard, catholique et socialiste, prophétique et désespéré ?
Il fallait mettre Péguy à l'ordre du jour car c'est peu de dire de cette oeuvre qu'elle est actuelle : en vérité,
elle nous attend. L'heure est venue d'entendre dans notre présent et pour l'avenir les âpres questions dont
Péguy a harassé son époque et de refuser avec lui, après lui, les alternatives aussi sommaires qu'étouffantes qui font encore la loi enracinement ou
cosmopolitisme, patriotisme ou socialisme, fidélité ou modernité.
L'heure est venue, si nous voulons comprendre notre temps, de lever la quarantaine, de lire Péguy, de
réintégrer dans la cité intellectuelle la grande pensée poétique et critique qui annonce «une panmuflerie sans
limites» et voit poindre «un monde non seulement qui fait des blagues, mais qui ne fait que des blagues, et qui
fait toutes les blagues, qui fait blague de tout. Et qui enfin ne se demande pas encore anxieusement si c'est
grave, mais qui inquiet, vide, se demande déjà si c'est bien amusant».
A. F.
(1991)
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"On doit nommer les faux amis de la raison les déments qui veulent que la raison procède par les voies de la déraison.
La raison ne procède pas par la voie de l'autorité. Comme elle n'admet de celui qui enseigne aucune intimidation, chantage ni menace, comme elle ne reçoit aucun exercice de force, aucun excès de
pouvoir, aucun pouvoir, commandement, abus ni coup d'Etat, elle ne suppose de celui qui est enseigné aucune lâcheté. C'est donc trahir la raison, c'est faire déraisonner la raison que de vouloir
assurer le triomphe de la raison par les moyens de l'autorité.
La raison ne procède pas de l'autorité gouvernementale. C'est donc trahir la raison que de vouloir assurer le triomphe de la raison par des moyens gouvernementaux. C'est manquer à la raison que
de vouloir établir un gouvernement de la raison. Il ne peut y avoir, il ne doit y avoir ni ministère, ni préfecture, ni sous-préfecture de la raison, ni consulat, ni proconsulat de la raison. La
raison ne peut pas, la raison ne doit pas commander au nom d'un gouvernement. Faire ou laisser opérer par un préfet des perquisitions dans la chambre d'une institutrice, quand même le préfet
serait un préfet républicain, quand même l'institutrice ne serait pas une institutrice républicaine, ce n'est pas attenter à la liberté seulement, c'est attenter à la raison. La raison ne demande
pas, la raison ne veut pas, la raison n'accepte pas qu'on la défende ou qu'on la soutienne ou qu'on agisse en son nom par les moyens de l'autorité gouvernementale. En aucun sens la raison n'est
la raison d'Etat. Toute raison d'Etat est une usurpation déloyale de ;'autorité sur la raison, une contrefaçon, une malfaçon".
Charles PEGUY, De la raison in Notre jeunesse Folio/ Essais
Vous les trouverez sur le forum de web pégagogique
" L'origine de notre concept de connaissance. J'emprunte l'explication qui va suivre à la rue; j'entendis une personne du peuple dire "il m'a reconnu" ce qui m'a fait demander :
qu'entend au juste le peuple par connaissance? que veut-il lorsqu'il veut de la « ange-sance » ? Rien de plus que ceci : quelque chose d'étranger doit être .-amené à quelque chose de bien connu.
Et nous, philosophes - avons- nousus véritablement entendu par connaissance quelque chose de plus? Le connu, cela veut dire : ce à quoi nous sommes suffisamment habitués mur ne plus nous en
étonner, notre quotidien, une règle quelconque sans laquelle nous sommes plongés, absolument tout ce en quoi nous nous sentons chez nous : - comment? notre besoin de connaître n'est-ce
justement pas ce besoin de bien connu, la volonté de découvrir dans put ce qui est étranger, inhabituel, problématique, quelque chose qui ne nous inquiète plus? Ne serait-ce pas l'instinct de
peur qui nous ordonne de connaître? La jubilation de l'homme de connaissance ne serait-elle pas justement la jubilation du sentiment de sécurité retrouvée? Ce philosophe s'imagina le monde «
connu » lorsqu'il l'eut amené à l'« Idée » : ah, n'était-ce pas parce que l'« Idée » était pour lui si bien connue, si habituelle? parce que l'« Idée » lui causait désormais si peu de peur?
- Oh, qu'ils sont faciles à satisfaire, les hommes de connaissance ! qu'on considère donc leurs principes et leurs solutions des énigmes du monde sous ce rapport ! S'ils retrouvent dans les
choses, sous les choses, derrière les choses, quoi que ce soit qui ne nous est que trop bien connu, par exemple notre table de multiplication, ou notre logique, ou notre vouloir et
notre désir, qu'ils sont soudain heureux ! par « ce qui est bien connu est connu tout court » : en cela ils sont tous 'accord. Même les plus prudents d'entre eux pensent qu'à tout le soins, le
bien connu est plus facile à connaître que l'étranger; ce serait , par exemple une exigence méthodologique de partir du « monde supérieur », des « faits de conscience » parce qu'ils seraient pour
nous le monde le mieux connu ! Erreur des erreurs ! Le bien connu est l'habituel et l'habituel est ce qu'il y a de plus difficile à « connaître », c'est-à-dire à dire comme problème,
c'est-à-dire à voir comme étranger, éloigné, " extérieur à nous »... La grande assurance des sciences naturelles, couparées à la psychologie et à la critique des éléments de conscience - sciences
non naturelles, pourrait-on presque dire -,tient précisément à ce qu'elles prennent pour objet l'étranger : alors qu'il est presque contradictoire et insensé de vouloir prendre pour objet
en général le non-étranger..."
Nietzsche , Le gai savoir, § 355
Voici ce qu'écrivait Pierre Rosanvallon, en 1981!
"L'État-providence est malade. Le diagnostic est simple : les dépenses sanitaires et sociales croissent beaucoup plus vite que les recettes. D'où un lancinant problème de financement posé depuis
vingt ans dans tous les pays industrialisés. Seule solution pour boucher les « trous » : augmenter les prélèvements obligatoires. Tous les experts ont maintenant l'oeil rivé sur les taux des
prélèvements obligatoires (impôts et cotisations sociales) par rapport au produit intérieur brut (PIS). Il était, en France, de 35 % en 1970, il est passé à 41,7 % en 1980,
pour se stabiliser ensuite autour de 44,5 %, avant de franchir en 1990 la barre des 45 %.
Dans un contexte de crise, l'État-providence a cependant joué un rôle positif. Il a contribué à en amortir les effets, de telle sorte que l'économie mondiale n'est pas entrée dans une spirale
récessionniste aussi marquée que celle des années 1930. Les économistes parlent à juste titre, à ce propos, de fonction anticyclique des systèmes de protection sociale : l'indemnisation du
chômage, pratiquement inexistante en 1930, évite dorénavant que la demande ne s'effondre alors que l'emploi s'amenuise ; les revenus sociaux injectent dans l'économie
une masse de pouvoir d'achat relativement indépendante des aléas de la conjoncture.
Combien de temps les choses pourront-elles continuer d'aller ainsi ? L'accroissement des impôts et des charges sociales ne risque-t-il pas de mettre en péril la compétitivité des entreprises et
de saper le dynamisme de l'économie ? C'est la question qui est partout posée. Si les choses restent en l'état, la progression des prélèvements obligatoires se poursuivra en effet inexorablement.
Si elles continuaient de croître au rythme actuel, les dépenses de santé aborberaint dans trente ans la quasi totalité des ressources des ménages[...]
Ces projections ont le mérite de prouver par l'absurde qu'il n'est plus possible de poursuivre dans la voie actuelle"
Pierre Rosanvallon La crise de l'Etat-providence (1981)
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