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Samedi 30 septembre 2006
Lire Libe ce matin : Redeker soutenu par principe

"Même si je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, je me battrai pour que vous puissiez le dire" Voltaire
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Samedi 30 septembre 2006
Un professeur de philosophie menacé de mort....  lire
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Mercredi 27 septembre 2006

FICHE CULTURE

Culture : (etym : latin cultura , « culture du sol », de colere, « cultiver » 1) Au singulier : a) synonyme de civilisation :  ensemble des coutumes, savoir-faire, traditions et croyances que les générations successives se transmettent et qui déterminent dans une large mesure  les comportements individuels b) synonyme d’éducation intellectuelle et morale : ensemble de savoirs et de règles assimilées en premier lieu dans l’enfance puis, dans le meilleur des cas, préservé et approfondi tout au long de l’existence, sans autre fin explicite que  l’émancipation du jugement.

2) Au pluriel : ensemble de constructions imaginaires, de  systèmes symboliques et de structures mentales qui différencient  les communautés, les groupes   et les nations. 

Goût : (etym latin gustus, «  action de goûter », « goût »). 1) Sens courant : sens par lequel les animaux et les hommes perçoivent les saveurs 2) Esthétique : faculté d’apprécier les belles choses, notamment les oeuvres d’art 3) Chez Kant : faculté de reconnaître le beau dont le principe est subjectif  tout en mettant en jeu  le jugement. Mais le jugement esthétique doit être distingué du jugement de connaissance,  car il ne présuppose aucun concept. Il prétend pourtant à l’adhésion universelle : ce qui est tenu pour beau est susceptible de plaire à chacun. Cette exigence paradoxale d’universalité renvoie à l’hypothèse d’un « sens commun esthétique » capacité que les hommes ont de communier dans l’amour des belles choses et de œuvres qui forcent l’admiration.

Beau : (etym : latin bellus, « joli ». 1) Sens ordinaire : ce qui plaît aux sens tout en suscitant  un sentiment particulier d’admiration 2) Esthétique : concept normatif fondamental de l’esthétique désignant les choses et les êtres qui provoquent un sentiment de plaisir d’une nature particulière. Le beau est « sans concept » car il ne concerne que des êtres singuliers dont les qualités ne répondent pas à des critères préétablis : les « canons » de la beauté ne sont jamais déterminants ni prohibitifs. Le jugement de goût, qui établit ce qui est beau, est en outre « désintéressé » : nous ne tirons aucun profit de la contemplation des belles choses.

Symbole : (etym : grec sumbolon, « signe de reconnaissance »,  de sumballein, « mettre ensemble »  1) Sens ordinaire :  objet ou élément quelconque qui évoque par analogie quelque chose d’abstrait ou d’absent (exemple : la colombe symbole de paix 2) Linguistique : le symbole se distingue du signe linguistique en ceci que le rapport du signifiant au signifié n’y est pas arbitraire 3) Psychanalyse : objet ou élément de la réalité renvoyant à des éléments inconscients.  Les symboles expriment, notamment dans les rêves, des contenus et des désirs souvent refoulés et inavouables. L’ordre symbolique est un système de symboles cohérent et normatif qui est un régulateur culturel tout en étant créateur de sens et d’institutions 4) Anthropologie et esthétique : tout structure de signification désignant un autre sens qui ne peut être saisie qu’à travers le premier.  5) Chez Kant : un symbole est la présentation sensible d’une idée : « le beau est le symbole du bien ».

Formes symboliques (Etym :  latin : forma, « forme » et  grec   sumbolon,  objet coupé en deux qui servait de signe de reconnaissance). Notion courante dans le domaine  esthétique, qui a été  théorisée plus particulièrement par le  philosophe allemand Ernst  Cassirer  (La philosophie des formes symboliques 1923-1929). Chez Paul Ricoeur et Ernst Cassirer, les formes symboliques sont l’ensemble des productions signifiantes, des institutions et des œuvres ( langage, mythes, récits historiques,cérémonies, dispositifs religieux, œuvres d’art…) qui structurent  le monde et lui donnent une (ou des) significations déterminées. Ces formations « font partie d’un processus vivant » mais la conscience fixe dans ces processus certains points d’arrêt et de repos : « ainsi la conscience préserve en eux le flux perpétuel qui les caractérise ; mais ce flux ne se perd pas dans l’indéterminé, il s’articule autour de certains centres formels et sémantiques » (La philosophie des formes symboliques 1 Le  langage, introduction)

Barbarie :  (etym : du grec barbaros : non-grec, étranger) 1) Sens usuel : cruauté, inhumanité de ceux qui ne sont  pas, ou pas assez civilisés. 2)  Anthropologie : caractère de celui qui ignore la diversité des cultures et la relativité des croyances : « le barbare, écrit Lévi-Strauss, c’est celui qui croit à la barbarie ». Le terme de barbare est employé ici de manière quelque peu ironique.

Multiculturalisme : expression utilisée depuis les années 1970 aux Etats-Unis et au Canada pour désigner la philosophie et les revendications des groupes minoritaires portant sur la reconnaissance des valeurs et des normes, esthétiques et morales, véhiculées par leurs multiples cultures, jusqu’alors systmatiquement dépréciées, ignorées ou méprisées.

Relativisme : On peut distinguer un relativisme cognitif et un relativisme esthétique, moral et politique. Le relativisme cognitif, qui trouve sa source chez les anciens sceptiques et chez les sophistes, consiste à affirmer que la vérité est relative aux affinités de chacun, ou bien qu’elle est déterminée par notre environnement culturel. Le relativisme moral, esthétique ou politique soutient qu’il n’y a pas de valeurs universelles, mais  que toutes les opinions se valent car elles n’ont de sens et de pertinence que du point de vue de celui qui les exprime. Il existe une forme modérée de relativisme qui consiste à insister sur le caractère relatif des représentations du monde et sur la nécessité de rapporter toute opinion à son système de référence propre. Ce relativisme est inspiré par un esprit de tolérance .Dans une autre version, radicale et nihiliste, le relativisme consiste à nier la possibilité pour les hommes de se comprendre lorsqu’ils appartiennent à des sphères culturelles distinctes et incompatibles entre elles. Ce second relativisme est apparenté au racisme différentialiste.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mercredi 27 septembre 2006
   Le naturel et le culturel




   Nature et culture constituent deux règnes distincts, mais non pas séparés. Il
   existe en effet une règle, comme l'établit ici l anthropologue français Claude
   Lévi-Strauss, autrement dit une convention, qui est universelle. Il s'agit de
   la prohibition de l'inceste, c'est-à-dire de l'interdiction des rapports sexuels
   à l'intérieur d'un champ de parenté déterminé.

           "Posons donc que tout ce qui est universel, chez l'homme, relève de    l'ordre de la nature et se caractérise par la spontanéité, que tout ce qui est    astreint à une norme appartient à la culture et présente les attributs du relatif et du particulier. Nous nous trouvons alors confrontés avec un fait, ou plutôt un ensemble de faits, qui n'est pas loin, à la lumière des définitions précédentes, d'apparaître comme un scandale: nous voulons dire cet ensemble complexe de croyances, de coutumes, de stipulations et d'insti-
tutions que l'on désigne sommairement sous le nom de prohibition de l'in-
ceste. Car la prohibition de l'inceste présente, sans la moindre équivoque,
et indissolublement réunis, les deux caractères où nous avons reconnu les
attributs contradictoires de deux ordres exclusifs : elle constitue une règle,
mais une règle qui, seule entre toutes les règles sociales, possède en même
temps un caractère d'universalité. Que la prohibition de l'inceste consti-
tue une règle n'a guère besoin d'être démontré; il suffira de rappeler
que l'interdiction du mariage entre proches parents peut avoir un champ
d'application variable selon la façon dont chaque groupe définit ce qu'il
entend par proche parent; mais que cette interdiction, sanctionnée par
des pénalités sans doute variables, et pouvant aller de l'exécution immédiate
des coupables à la réprobation diffuse, parfois seulement à la moquerie,
est toujours présente dans n'importe quel groupe social".


                 Claude Lévi-Strauss, Les Structures élémentaires de la parenté (1947),

                                                                          Mouton, 1967, p.


           
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Lundi 25 septembre 2006
Les barbares ne sont pas  forcément ceux que l'on croit:


"Or je trouve, pour revenir à mon propos, qu'il n'y a rien de barbare et de
sauvage en cette nation  (1 à ce qu'on m'en a rapporté, sinon que chacun
appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage. Comme de vrai, il semble
que nous n'avons autre mire (2 de la vérité et de la raison que l'exemple et
idée des opinions et usances du pays où nous sommes. Là est toujours la
parfaite religion, la parfaite police, parfait et accompli usage de toutes
choses. Ils sont sauvages, de même que nous appelons sauvages les fruits
que nature, de soi et de son progrès ordinaire, a produits : là où, à la
vérité, ce sont ceux que nous avons altérés par notre artifice et détournés
de l'ordre commun, que nous devrions appeler plutôt sauvages. En ceux-
là sont vives et vigoureuses les vraies et plus utiles et naturelles vertus et
propriétés, lesquelles nous avons abâtardies en ceux-ci, et les avons seule-
ment accommodées au plaisir de notre goût corrompu. Et si pourtant' la
saveur même et délicatesse se trouve, à notre goût, excellente, à l'envi des
nôtres, en divers fruits de ces contrées-là, sans culture.
 Ces nations me semblent donc ainsi barbares pour avoir reçu fort peu
de façon de l'esprit humain, et être encore fort voisines de leur naïveté
originelle.
 [...] Nous les pouvons donc bien appeler barbares, eu égard aux
règles de la raison, mais non pas eu égard à nous, qui les surpassons en
toute sorte de barbarie.".
             Michel Eyquem de Montaigne, Essais (1572-1592),
        livre I, chap. 31, Éd. du Seuil, coll. L,'Intégrale, 1967, pp. 99-101.



1. Montaigne évoque les murs des indigènes d'Amérique du Sud.
2. La mire est un instrument qui permet d'indiquer la direction poursuivie.

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Dimanche 24 septembre 2006
J'ai terminé le chapitre: Introduction à la philosophie.
 J'aborde maintenant : Nature et culture







Oeuvre de Andy Goldsworthy
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Samedi 23 septembre 2006
"L'islamisme est la maladie de l'Islam, mais les germes sont dans le texte" : excellente mise au point de Abdewahab Meddeb ce matin dans Libération
Bon, je ne mets pas d'image....
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Vendredi 22 septembre 2006
Lire l'article de Michel Fichant, qui rend hommage à Benoît XVI dans Le Figaro
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Vendredi 22 septembre 2006

Même si la philosophie peut parfois admettre la nécessité de la violence (en tant contre-violence) elle reste par nature essentiellement non violente comme le montre ici Eric Weil:

 

"La violence est un problème pour la philosophie, la philosophie n'en est pas un pour la violence, qui se rit du philosophe ou qui l'écarte quand elle le trouve gênant et sent en lui un obstacle sur la route sans tracé qui est sa réalité pour elle-même.
        Le résultat paradoxal est donc que la violence n'a de sens que pour la philosophie, laquelle est le refus de la violence. Ce n'est pas que la philosophie refuse la violence absolument, loin de là; on soutiendrait facilement qu'une philosophie qui se comprend comme compréhension et comme voie de contentement recommande l'emploi de la violence, parce qu'elle est amenée à constater qu'elle doit se dresser contre la violence. Mais cette violence n'est alors que le moyen nécessaire (techniquement nécessaire dans un monde qui est encore sous la loi de la violence) pour créer un état de non-violence, et ce n'est pas la violence première qui est le contenu de la vie humaine; au contraire, la vie  humaine n'aura de contenu humain qu'à partir du moment où cette violence seconde, dirigée contre la violence première par la raison et l'idée de la cohérence, aura éliminé celle-ci du monde et de l'existence de l'homme: la non-violence est le point de départ comme le but final pour la philosophie.  Elle l'est si bien que souvent les philosophes oublient que c'est à la violence qu'ils ont affaire. Il est vrai que la philosophie ne l'oublie pas, ou, pour ne pas parler en images, que tout discours philosophique montre que celui qui l'a formulé a été poussé par le problème de la violence. Il ne nous importe pas ici de savoir en quelle direction cette poussée a agi dans les différents systèmes, et il ne nous importe pas, non plus, que l'on ait, ou non, reconnu la violence (sous d'autres noms, s'entend) comme ce qui est irréductible dans l'homme, qu'on ait fait de la réalisation de la non-violence dans l'existence de l'homme le but du discours ces choix ne sont que des dérivés du choix premier, celui entre violence  et discours, - choix premier, parce qu'il est antérieur à tout discours pour le discours même, s'il veut se comprendre.
Éric Weil, Logique de la philosophie, Éd. Vrin, 1967, pp. 58-59.
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Vendredi 22 septembre 2006
A partir de maintenant, vous devez vous inscrire dans la fac de votre choix en février. Et vous passerez un entretien dont le but sera de vous dissuader de vous inscrire qi vous n'avez pas les aptitudes demandées.
C'est une forme de sélection déguisée. En France, on finit toujours par faire comme tout le monde, mais de façon hypocrite (Libé)
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