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Mardi 30 septembre 2008
Lire l'article de Daniel Vernet... mais il ne dit pas quel monde va succéder à celui qui vient de disparaître.
 C'est très ntéressant sur la diplomatie américaine

Une crise qui marque la fin d'un monde
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Lundi 29 septembre 2008
"À mes yeux, c'est avec l'unicité que commence la possibilité de la beauté : l'être n'est plus un robot parmi les robots, ni une simple figure au milieu d'autres figures. L'unicité transforme chaque être en présence, laquelle, à l'image d'une fleur ou d'un arbre, n'a de cesse de tendre, dans le temps, vers la plénitude de son éclat, qui est la définition même de la beauté.
En tantt que présence, chaque être est virtuellement habité par la capacité à la beauté, et surtout par le « désir de beauté ». À première vue, l'univers n'est peuplé que d'un ensemble de figures ; en réalité, il est peuplé d'un ensemble de présences. Je suis près de penser que chaque présence, qui ne peut être réduite à rien d'autre, se révèle une transcendance. Pour ce qui est plus spécifiquement de la figure humaine, j'aime et fais mienne cette pensée de Henri Maldiney « De chaque visage humain rayonne une transcendance impossessible qui nous enveloppe et nous traverse. Cette transcendance n'est pas celle d'une expression psychologique particulière, mais celle qu'implique, en chaque visage, sa qualité d'être, sa dimension métaphysique. Elle est la transcendance de la réalité s'interrogeant en lui et réfléchissant en lui, et dans cette interrogation même la dimension exclamative de l'Ouvert » (Ouvrir le rien).
C'est de cette réalité que naît la possibilité de dire « je » et « tu », que naît celle du langage, et peut-être aussi celle de l'amour.
Mais pour nous en tenir au thème de la beauté, nous constatons qu'à l'intérieur de la présence de chaque être, et de présence à présence, s'établit un complexe réseau d'entrecroisement et de circulation. Au sein de ce réseau se situe, justement, le désir que ressent chaque être de tendre vers la plénitude de sa présence au monde. Plus l'être est conscient, plus ce désir chez lui se complexifie ..."

François Cheng Cinq méditations sur la beauté.

Image: Auto-portrait de Chardin

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Lundi 29 septembre 2008
C'est sur le site de Grenoble.



Mon ami et collègue Pierre Hidalgo a transformé pour vous, à ma demande, le petit texte de présentation par Patrice Henriot du passage de l'esthétique consacré à la peinture  en e-book accessible gratuitement C'est ici

 Image : Gérard Terborch, La lettre
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Dimanche 28 septembre 2008
D'après Jean-Paul Demoule et Jean Guilaine, l'humanité dérape à partir du néolithique (agriculture, apparition d'élites, inégalité, violence organisée  et guerres).
 Ce qui donne complétement raison  à  Rousseau:

"Le premier qui ayant enclos un terrain, s'avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile..."  Discours sur l"origine et les fondements d el'inégalité parmi les hommes,  début de la seconde partie, Classiques Hatier , p 66
 Nouveaux regards sur la révolution néolithique
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Samedi 27 septembre 2008


Voici un premler extrait du livre de françois Cheng que j'ai lu pour vu :

"Écoutons d'abord Alfred de Musset :

Or la beauté, c'est tout. Pluton l'a dit lui-même
 La beauté, sur la terre, est la chose suprême.
 C'est pour nous la montrer qu'est faite la clarté.
 Rien n'est beau que le vrai, dit un vers respecté;
 Et moi, je lui réponds sans crainte d'un blasphème
Rien n'est vrai que le beau; rien n'est vrai sans
beauté.

Comme pour lui faire écho, voici les deux vers célèbres de John Keats, ce poète qui a dit que « la terre est une vallée où poussent les âmes »

Beauté, c'est vérité; et vérité beauté.
Tout ce qu'on sait sur terre; il faut qu'on le sache.

Du côté des Allemands, nous aurions pu citer Schiller ou Novalis. Mais retenons l'injonction de Hölderlin : « Il faut habiter poétiquement la terre. » Le poète voue une immense confiance au pouvoir du langage poétique grâce auquel il est convaincu que l'homme peut accomplir la tâche que la beauté lui assigne.
Toutes ces pensées traduisent une aspiration et une conviction profondes. Elles tendent à forger une foncière manière d'être.

 François Cheng, Cinq méditations sur la beauté

 Image Leonard de Vinci

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Samedi 27 septembre 2008

 Pour Hegel, la culture est une médiation.Elle établit des murs .. entre nous et nous-mêmes.
C'est la même idée que l'on retrouve chez Finkielkraut.
 Voici le texte:


La culture

 "La langue est l'élément musical, l'élément de l'intimité, qui disparaît dans la transposition; elle est le parfum délicat, par l'intermédiaire duquel la sympathie de l'âme s'offre à la jouissance, mais sans lequel une ouvre des Anciens a seulement le goût d'un vin du Rhin qui a perdu son parfum.
Cette circonstance nous impose la nécessité, qui paraît dure, d'étudier à fond les langues des Anciens et de nous les rendre familières, pour que nous puissions jouir de leurs oeuvres dans toute l'étendue possible de leurs aspects et de leurs éminentes qualités. Si nous voulions nous plaindre de la peine qu'il nous faudrait déployer et prendre à cette fin, et si nous pouvions redouter ou regretter de devoir, en contrepartie, négliger l'acquisition d'autres connaissances et aptitudes, nous aurions à incriminer le destin qui ne nous a pas donné en partage, dans notre propre langue, un tel champ d'oeuvres classiques, qui nous auraient rendu non indispensable le pénible voyage vers l'Antiquité et nous auraient fourni de quoi remplacer celle-ci.
Après avoir parlé du matériau de la culture, je souhaite, ici, dire encore quelques mots sur ce que comporte sa nature, pour ce qui est de la forme.
Il faut bavoir que la progression de la culture ne peut être regardée comme le calme prolongement d'une chaîne, aux maillons précédents de laquelle les maillons suivants seraient rattachés - certes, de telle façon qu'il soit tenu compte de ceux-là - mais en raison de leur matière propre, et sans que ce travail ultérieur soit mis en perspective sur le premier. Au contraire, la culture doit nécessairement disposer d'un matériau et objet préalable sur lequel elle travaille, qu'elle modifie et élève à une forme nouvelle. Il est nécessaire que nous fassions l'acquisition du monde de l'antiquité, tant pour le posséder que, plus encore, pour avoir quelque chose à travailler. - Mais, pour devenir objet, la substance de la nature et de l'esprit doit être venue nous faire face, elle doit avoir reçu la forme de quelque chose d'étranger. - Malheureux est celui qui a vu son monde immédiat de sentiments se séparer de lui pour lui devenir étranger ; - car cela ne signifie rien d'autre si ce n'est que les liens individuels qui unissent l'âme et la pensée à la vie, d'une amitié sacrée, la foi, l'amour et la confiance, sont pour lui déchirés. - Pour l'aliénation qui conditionne la culture théorétique, celle-ci n'exige pas cette souffrance éthique, pas cette douleur du cour, mais la souffrance et tension plus légère de la représentation, consistant à s'occuper de quelque chose de non-immédiat, d'étranger, de quelque chose qui appartienne au souvenir, à la mémoire et à la pensée. - Cependant, cette exigence de la séparation est si nécessaire qu'elle s'extériorise en nous comme une tendance universelle et bien connue. Ce qui est étranger, ce qui est lointain, renferme un intérêt dont l'attrait nous incite à nous occuper et à nous mettre en peine de lui, et ce qui est désirable est inversement proportionnel à la proximité dans laquelle il se tient et qui le relie à nous. La jeunesse se représente comme une chance de quitter son chez-soi et d'habiter, avec Robinson, une île lointaine. C'est une illusion nécessaire, de devoir rechercher ce qui a de la profondeur, d'abord, dans la figure de l'éloignement ; mais la profondeur et la force que nous obtenons ne peuvent être mesurées que par l'étendue en laquelle nous avons fui le centre où nous nous trouvions d'abord absorbés et vers lequel nous tendons à retourner.
C'est bien sur cette tendance centrifuge de l'âme que se fonde, en somme, la nécessité d'offrir à celle-ci même la scission qu'elle recherche d'avec son essence et situation naturelle, et d'introduire dans le jeune esprit un monde éloigné, étranger. Mais le mur grâce auquel est opérée cette séparation en vue de la culture, dont il est ici question, est le  monde et la langue des Anciens ; mais ce mur, qui nous sépare d'avec nous-mêmes, contient, en même temps, tous 1-points d'ancrage initiaux et les fils  conducteurs du retour à nous-mêmes, et l'attachement amical à lui-même, et dry retrouvailles avec nous-mêmes, mais avec nous [tels que nous sommes] selon l'essence universelle vraie de l'esprit".

Trad. fr.. Bernard Bourgeois ,( 1811)in Textes pédagogique Paris, Ed. Vin, 19781978, p 82

 

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Samedi 27 septembre 2008
Au Grand Palais ,





Masques



Le Monde
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Vendredi 26 septembre 2008
Ne ratez pas cet article qui montre les difficultés que nous rencontrons à mettre en oeuvre les principes des démocraties libérales à l'échelle de l'humanité toute entière

 La matrice de Munich par Pascal Ory
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Vendredi 26 septembre 2008
Dans son livre "La société post-mortelle" Céline Lafontaine explique que notre individualisme nous conduit à escamoter la mort.
 Ce qu' avaient bien expliqué par anticipation Heidegger ( "on ne meurt plus") et Freud dans Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort  Thèse parfaitement illustrée par la fiction de Buckley  (Départs anticipés) et  l'idée de "transitionnement volontaire"  de l'héroïne Cassandra, euphémisme pour dire départ... définitif.(nous ne voulons plus assumer  ni encadrer notre rapport à la mort)
 Mettre à mort la mort. De l'euthanasie comme avatar de l'individualisme, par Cécile Prieur
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Vendredi 26 septembre 2008
Depuis le 24 septembre 2008, l'humanité vit au dessus de ses moyens. Explication ici: Le Monde
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