C'est très ntéressant sur la diplomatie américaine
Une crise qui marque la fin d'un monde
À mes yeux,
c'est avec l'unicité que commence la possibilité de la beauté : l'être n'est plus un robot parmi les robots, ni une simple figure au milieu d'autres figures. L'unicité transforme chaque être en
présence, laquelle, à l'image d'une fleur ou d'un arbre, n'a de cesse de tendre, dans le temps, vers la plénitude de son éclat, qui est la définition même de la beauté.
Rousseau:
Voici un premler extrait du livre de françois Cheng que j'ai lu pour vu :
"Écoutons d'abord Alfred de Musset :
Or la beauté, c'est tout. Pluton l'a dit lui-même
La beauté, sur la terre, est la chose suprême.
C'est pour nous la montrer qu'est faite la clarté.
Rien n'est beau que le vrai, dit un vers respecté;
Et moi, je lui réponds sans crainte d'un blasphème
Rien n'est vrai que le beau; rien n'est vrai sans
beauté.
Comme pour lui faire écho, voici les deux vers célèbres de John Keats, ce poète qui a dit que « la terre est une vallée où poussent les âmes »
Beauté, c'est vérité; et vérité beauté.
Tout ce qu'on sait sur terre; il faut qu'on le sache.
Du côté des Allemands, nous aurions pu citer Schiller ou Novalis. Mais retenons l'injonction de Hölderlin : « Il faut habiter poétiquement la terre. » Le poète voue une immense confiance au
pouvoir du langage poétique grâce auquel il est convaincu que l'homme peut accomplir la tâche que la beauté lui assigne.
Toutes ces pensées traduisent une aspiration et une conviction profondes. Elles tendent à forger une foncière manière d'être.
François Cheng, Cinq méditations sur la beauté
Image Leonard de Vinci
Pour Hegel, la culture est une médiation.Elle établit des murs .. entre nous et nous-mêmes.
C'est la même idée que l'on retrouve chez Finkielkraut
.
Voici le texte:
La culture
"La langue est l'élément musical, l'élément de l'intimité, qui disparaît dans la transposition; elle est le parfum délicat, par l'intermédiaire duquel la sympathie de l'âme s'offre à la
jouissance, mais sans lequel une ouvre des Anciens a seulement le goût d'un vin du Rhin qui a perdu son parfum.
Cette circonstance nous impose la nécessité, qui paraît dure, d'étudier à fond les langues des Anciens et de nous les rendre familières, pour que nous puissions jouir de leurs oeuvres dans toute
l'étendue possible de leurs aspects et de leurs éminentes qualités. Si nous voulions nous plaindre de la peine qu'il nous faudrait déployer et prendre à cette fin, et si nous pouvions redouter ou
regretter de devoir, en contrepartie, négliger l'acquisition d'autres connaissances et aptitudes, nous aurions à incriminer le destin qui ne nous a pas donné en partage, dans notre propre langue,
un tel champ d'oeuvres classiques, qui nous auraient rendu non indispensable le pénible voyage vers l'Antiquité et nous auraient fourni de quoi remplacer celle-ci.
Après avoir parlé du matériau de la culture, je souhaite, ici, dire encore quelques mots sur ce que comporte sa nature, pour ce qui est de la forme.
Il faut bavoir que la progression de la culture ne peut être regardée comme le calme prolongement d'une chaîne, aux maillons précédents de laquelle les maillons suivants seraient rattachés -
certes, de telle façon qu'il soit tenu compte de ceux-là - mais en raison de leur matière propre, et sans que ce travail ultérieur soit mis en perspective sur le premier. Au contraire, la culture
doit nécessairement disposer d'un matériau et objet préalable sur lequel elle travaille, qu'elle modifie et élève à une forme nouvelle. Il est nécessaire que nous fassions l'acquisition du monde
de l'antiquité, tant pour le posséder que, plus encore, pour avoir quelque chose à travailler. - Mais, pour devenir objet, la substance de la nature et de l'esprit doit être venue nous faire
face, elle doit avoir reçu la forme de quelque chose d'étranger. - Malheureux est celui qui a vu son monde immédiat de sentiments se séparer de lui pour lui devenir étranger ; - car cela ne
signifie rien d'autre si ce n'est que les liens individuels qui unissent l'âme et la pensée à la vie, d'une amitié sacrée, la foi, l'amour et la confiance, sont pour lui déchirés. - Pour
l'aliénation qui conditionne la culture théorétique, celle-ci n'exige pas cette souffrance éthique, pas cette douleur du cour, mais la souffrance et tension plus légère de la représentation,
consistant à s'occuper de quelque chose de non-immédiat, d'étranger, de quelque chose qui appartienne au souvenir, à la mémoire et à la pensée. - Cependant, cette exigence de la séparation est si
nécessaire qu'elle s'extériorise en nous comme une tendance universelle et bien connue. Ce qui est étranger, ce qui est lointain, renferme un intérêt dont l'attrait nous incite à nous occuper et
à nous mettre en peine de lui, et ce qui est désirable est inversement proportionnel à la proximité dans laquelle il se tient et qui le relie à nous. La jeunesse se représente comme une chance de
quitter son chez-soi et d'habiter, avec Robinson, une île lointaine. C'est une illusion nécessaire, de devoir rechercher ce qui a de la profondeur, d'abord, dans la figure de l'éloignement ; mais
la profondeur et la force que nous obtenons ne peuvent être mesurées que par l'étendue en laquelle nous avons fui le centre où nous nous trouvions d'abord absorbés et vers lequel nous tendons à
retourner.
C'est bien sur cette tendance centrifuge de l'âme que se fonde, en somme, la nécessité d'offrir à celle-ci même la scission qu'elle recherche d'avec son essence et situation naturelle, et
d'introduire dans le jeune esprit un monde éloigné, étranger. Mais le mur grâce auquel est opérée cette séparation en vue de la culture, dont il est ici question, est le monde et la langue
des Anciens ; mais ce mur, qui nous sépare d'avec nous-mêmes, contient, en même temps, tous 1-points d'ancrage initiaux et les fils conducteurs du retour à nous-mêmes, et l'attachement
amical à lui-même, et dry retrouvailles avec nous-mêmes, mais avec nous [tels que nous sommes] selon l'essence universelle vraie de l'esprit".
Trad. fr.. Bernard Bourgeois ,( 1811)in Textes pédagogique Paris, Ed. Vin, 19781978, p 82
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