Jeudi 18 janvier 2007
Le vrai n'est pas le réel . Seule une idée ou un récit -l'idée est comme un récit- peut être vraie:
"La première signification donc de Vrai et de Faux semble avoir tiré son origine des récits; et l'on a dit vrai un récit quand le fait raconté était réellement arrivé; faux, quand le fait raconté n'était arrivé nulle part. Plus tard les Philosophes ont employé le mot pour désigner l'accord ou
le non-accord d'une idée avec son objet; ainsi, l'on appelle idée vraie celle qui montre une chose comme elle est en elle-même; fausse celle qui montre une chose autrement qu'elle n'est en réalité. Les idées ne sont pas autre chose en effet que des récits ou des histoires de la nature dans l'esprit. Et de là on en est venu à désigner de même par métaphore des choses inertes; ainsi quand nous disons de l'or vrai ou de l'or faux, comme si l'or qui nous est présenté racontait quelque chose sur luimême, ce qui est ou n'est pas en lui.
Le Vrai n'est pas un terme transcendantal'. - Ceux-là se sont donc trompés entièrement qui ont jugé le Vrai un terme transcendantal ou une affection de l'Être. Car il ne peut s'appliquer aux choses ellesmêmes qu'improprement ou, si l'on préfère, en vue de l'effet oratoire.
Comment diffèrent la vérité et l'idée vraie? - Si l'on demande maintenant ce qu'est la vérité en dehors de l'idée vraie, que l'on demande ce qu'est la blancheur en dehors du corps blanc, car la relation est la même entre ces choses. [...]
Quelles sont les propriétés de la vérité? La certitude n'est pas dans les choses. - Les propriétés de la vérité ou de l'idée vraie sont: 1° Qu'elle est claire et distincte.
2° Qu'elle lève tout doute, ou, d'un mot, qu'elle est certaine. Ceux qui cherchent la certitude dans les choses elles-mêmes se trompent de la même manière que lorsqu'ils y cherchent la vérité; et, quand nous disons qu'une chose est incertaine, nous prenons, à la façon des orateurs, l'objet pour l'idée, de même que quand nous parlons d'une chose douteuse, à moins que peut-être nous n'entendions par incertitude la contingence, ou la chose qui fait naître en nous l'incertitude ou le doute".
Baruch Spinoza, Pensées métaphysiques (1663), Éd. Garnier-Flammarion, 1964, pp. 352-353.
1. Dans la langue scolastique, se dit de certains attributs qui conviennent à tous les êtres.
partir du 17 janvier
Trsè bon papier ce matin, très mesuré, critique sans être hostile, de Michel Wieviorka dans
sur le Grand homme.
Sur 
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