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Dimanche 21 janvier 2007
Fiche : 

Vérité
  (etym : latin veritas, de verus, vrai) 1) Sens courant : caractère de conformité d'un discours, d'une proposition, d'une thèse ou d'une représentation quelconque, à la réalité. 2) Philosophie : 1)  Saint Thomas et scolastique : c'est " l'adéquation (ou conformité) de la chose avec l'intelligence ".  Cette conception est aujourd'hui,  en gros,  celle qui a été retenue par le  sens commun 2) Acception générale : caractère des jugements auxquels on ne peut qu'accorder son assentiment, c'est-à-dire  qui s'imposent à tous les esprits, et qui fondent et sollicitent l'accord de tous les hommes de bonne foi. Les philosophes, en accord sur ce point , à nouveau, avec le sens commun, retiennent trois types de critères permettant de contrôler ou de reconnaître la vérité : l'évidence pour les vérités premières (axiome), la démonstration ou le caractère démontrable, pour les propositions et les  théories, et la vérifiabilité  (confrontation concluante avec les données expérimentales) pour tout ce qui a trait à  l'expérience. 3) Epistémologie :  correspondance de l'hypothèse ou de  telle ou telle proposition  avec les données observables,  et cohérence de cette hypothèse avec l'ensemble de la théorie scientifique concernée. Pour le philosophe Karl Popper, toute théorie scientifique est falsifiable, c'est-à-dire qu'elle risque toujours d'être invalidée, au moins partiellement, par des faits nouveaux qui la contrediraient. 4) Logique : accord de la pensée avec elle-même. Toutefois, la " vérité "  logique, dite aussi validité, ou vérité formelle, n'est qu'une condition de possibilité de la vérité. La logique ne peut rien nous apprendre sur les choses elles-mêmes, c'est-à-dire sur la vérité " matérielle " qui ne peut être acquise que par l'expérience.
Vrai : (etym : latin verus, " vrai ")  Conforme au réel ou (et) cohérent. Le vrai est  toujours une relation  (entre l'esprit et les choses, ou des esprits entre eux, ou du discours avec ses propres prémisses). Donc l'idée de vérité absolue (non relative) ou encore indépendante du jugement  des hommes, est très problématique.   En outre, le vrai implique le langage, donc est en grande partie conventionnel.
Réel  (etym :  latin realis, de res, " chose ", " objet ") Tout ce qui existe à un titre quelconque. Les apparences, les faits sont (plus ou moins) réels. Mais ils ne sont pas " vrais ". Les idées ou les formes intelligibles peuvent être réelles. Non pas vraies.
Vérifiable/vérifié : Ce dont la vérité peut être établie, prouvée. Vérifié : Ce qui est effectivement attesté au moment où l'on parle. Les théories scientifiques sont vraies et  vérifiables, mais pas toujours vérifiées (cela dépend du niveau des dispositifs de vérification à un moment donné). Elles peuvent être " falsifiées " c'est-à-dire contredites, infirmées par certaines expériences.
Vérités scientifiques : Elles sont relatives (au secteur de l'être impliqué) et provisoires. Mais les vérités scientifiques ne deviennent pas " fausses ". Les théories scientifiques sont des approximations, des fictions, toujours susceptibles d'être  réfutées (" falsifiées), puis remaniées. Mais elles ne deviennent pas fausses.  Leur vérité est relativisée. Les révolutions scientifiques sont des changements de paradigmes. Les théories  anciennes sont englobées par les suivantes (la théorie d'Einstein englobe celle de Newton, la théorie de Darwin  dépasse  celle de Lamarck, tout en en adoptant son postulat de base etc...). Bref, ni en sciences ni ailleurs, le vrai (à un moment donné) ne devient faux. La théorie de Ptolémée n'était pas scientifique, pas plus que celles des alchimistes (chaque science a une date de naissance précise).
Vérace, véracité : Qui ne veut pas tromper. Se dit de Dieu, supposé vérace.
Vérité révélée :  (de revelare, " découvrir ") vérité cachée , inaccessible à la raison et transmise aux hommes par des voies  surnaturelles.
A priori : expression latine : littéralement : " antérieur à l'expérience ". Chez Kant : vérités universelles et nécessaires (formes de la sensibilité, catégories de l'entendement et idées de la raison).
Valide : (etym : latin validus, validitas, " fort ", " puissant ") Non contradictoire. Synonyme : cohérent.  Se dit des discours argumentés. Mais un discours  logique (donc cohérent) peut être  faux c'est-à-dire en contradiction avec le réel si  l'une de ses prémisses est  fausse.
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Dimanche 21 janvier 2007

Et le manifestent:
LIbé

Cela dit ces manifestations ont-elles une chance quelconque de réussir à quelque chose? Empêcher par exemple la réduction des postes, les économies réalisées à l'encontre des services publics etc..
 Cela fait si longtemps que l'on manifeste en vain  "pour la révalorisation du métier enseignant". Et c'est une dégradation constante et sans fin que l'on obtient!
(vous allez me dire: il ne faut jamais baisser les bras..)
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Dimanche 21 janvier 2007
Débat dans Libé

A mon avis, il faudrait déjà savoir ce qu'on entend par intérêt des élèves.

Est-ce: de se former, de s'ouvrir l'esprit, de devenir plus intelligent et structuré?
Est-ce de se préparer en vue d'un avenir professionnel?
Est-ce de ne pas être trop pressurisé et malmené  par le souci des performances..etc..
 Le problème étant que ces objectifs peuvent se contredire...

Par ailleurs , le sous-entendu de la question est que les professeurs font passer leur intérêt (paresse, désinvolture) avant celui de leurs élèves. il me semble pourtant que , en gros , les intérêts des élèves et ceux des profs sont convergents plutôt qu'antagonistes.
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Dimanche 21 janvier 2007
N I E T Z S C H E


Ce que nous prenons pour l'amour de la vérité pourrait bien dissimuler quelque chose d'autre, notamment un  appétit de certitudes réconfortantes:


"En tant qu'il est un moyen de conservation pour l'individu, l'intellect développe ses forces principales dans la dissimulation; celle-ci est en effet le moyen par lequel les individus plus faibles, moins robustes, subsistent en tant que ceux à qui il est refusé de mener une lutte pour l'existence avec des cornes ou avec la mâchoire aiguë d'une bête de proie. Chez l'homme cet art de la dissimulation atteint son sommet: l'illusion, la flatterie, le mensonge et la tromperie, les commérages, les airs d'importance, le lustre d'emprunt, le port du masque, le voile de la convention, la comédie pour les autres et pour soi-même, bref le cirque perpétuel de la flatterie pour une flambée de vanité, y sont tellement la règle et la loi que presque rien n'est plus inconcevable que l'avènement d'un honnête et pur instinct de vérité parmi les hommes. Ils sont profondément plongés dans les illusions et les songes, leur oeil ne fait que glisser à la surface des choses, il y voit des « formes », leur sensation ne conduit nulle part à la vérité, elle se contente seulement de recevoir des excitations et de jouer comme sur un clavier sur le dos des choses. [...]
Qu'est-ce donc que la vérité? Une multitude mouvante de métaphores, de métonymies, d'anthropomorphismes, bref, une somme de relations humaines qui ont été poétiquement et rhétoriquement haussées, transposées, ornées, et qui, après un long usage, semblent à un peuple fermes, canoniales et contraignantes : les vérités sont des illusions dont on a oublié qu'elles le sont, des métaphores qui ont été usées et qui ont perdu leur force sensible, des pièces de monnaie qui ont perdu leur empreinte et qui entrent dès lors en considération, non plus comme pièces de monnaie, mais comme métal.
Friedrich Nietzsche, Le Livre du philosophe (1873), trad. A. K. Marietti, Éd. Aubier-Flammarion, 1969, pp. 173-183.
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Dimanche 21 janvier 2007
Le scepticisme radical est peu praticable. En revanche, un scepticisme modéré relève de la prudence et est très recommandable en règle générale :


"Un pyrrhonien (1  ne peut s'attendre à ce que sa philosophie ait une influence constante sur l'esprit; ou, si elle en a, que son influence soit bienfaisante pour la société, Au contraire, il lui faut reconnaître, s'il veut reconnaître quelque chose, qu'il faut que périsse toute vie humaine si ses  principes prévalaient universellement et constamment. Toute conversation et toute action cesseraient immédiatement, et les hommes resteraient dans une léthargie totale jusqu'au moment où l'inassouvissement des besoins naturels mettrait une fin à leur misérable existence. Il est vrai, un événement aussi fatal est très peu à craindre. La nature est toujours trop puissante pour les principes. Bien qu'un pyrrhonien puisse se jeter, lui et d'autres, dans une confusion et un étonnement momentanés par ses profonds raisonnements, le premier et le plus banal événement de la vie fera s'envoler tous ses doutes et tous ses scrupules, et il le laisse identique, en tout point, pour l'action et pour la spéculation, aux philosophes de toutes les autres sectes et à tous les hommes qui ne se sont jamais souciés de recherches philosophiques. Quand il s'éveille de son rêve, il est le premier à se joindre au rire qui le ridiculise [...].
Il y a, certes, un scepticisme plus mitigé, une philosophie académique, qui peut être à la fois durable et utile et qui peut, en partie, résulter du pyrrhonisme, de ce scepticisme outré, quand on en corrige, dans une certaine mesure, le doute indifférencié par le sens commun et la réflexion. Les hommes, pour la plupart, sont naturellement portés à être affirmatifs et dogmatiques dans leurs opinions; comme ils voient les objets d'un seul côté et qu'ils n'ont aucune idée des arguments qui servent de contrepoids, ils se jettent précipitamment dans les principes vers lesquels ils penchent, et ils n'ont aucune indulgence pour ceux qui entretiennent des sentiments opposés. Hésiter, balancer, embarrasse leur entendement, bloque leur passion et suspend leur action. Ils sont donc impatients de s'évader d'un état qui leur est aussi désagréable, et ils pensent qu'ils ne peuvent s'en écarter assez loin par la violence de leurs affirmations et l'obstination de leurs croyances. Mais si de tels raisonneurs dogmatiques pouvaient prendre conscience des étranges infirmités de l'esprit humain, même dans son état de plus grande perfection, même lorsqu'il est le plus précis et le plus prudent dans ses décisions, une telle réflexion leur inspirerait naturellement plus de modestie et de réserve et diminuerait l'opinion avantageuse qu'ils ont d'eux-mêmes et leur préjugé contre leurs adversaires [...]. En général, il y a un degré de doute, de prudence et de modestie qui, dans les enquêtes et les décisions de tout genre, doit toujours accompagner l'homme qui raisonne correctement".
David Hume, Enquête sur l'entendement humain (1748),
section XII, trad. A. Leroy, Éd. Aubier, 1947, pp. 216-217.
1) Pyrrhon est le chef de file des anciens sceptiques mettaient en cause toute certitude.
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Dimanche 21 janvier 2007
El leur mettant des notes:

 Lire Jean-Michel Dumay , De la dictature des moyennes et autres notes chiffrées:
"1 y a des gamins malades de l'école. Pas des petites peurs, des minauderies d'avant contrôle ou interrogation. De vraies "phobies scolaires". A déclencher des maux de ventre, à se faire du mal, à aller consulter son médecin de famille. Et plus, si gravité. On a pu lire cela, ces dernières semaines, dans les journaux qui ont consacré de l'espace au phénomène autrement baptisé "refus anxieux de l'école". Teemix, le "rendez-vous des jeunes filles" du site aufeminin.com, abonde de témoignages sur le sujet. Des structures prennent en charge les élèves concernés, parfois au carrefour de la pédopsychiatrie et du scolaire, comme à Grenoble, où le lycée Stendhal a développé une classe "passerelle", dont Le Parisien s'est fait l'écho en décembre 2006. Dans une communication à l'Académie de médecine fin 2006, le professeur Marie-Christine Mouren, pédopsychiatre spécialiste du sujet, estimait à 2 % les écoliers et collégiens susceptibles d'être touchés.
Bien sûr, les causes sont à chercher dans les tréfonds de chaque âme adolescente ou enfantine angoisse de séparation, phobie sociale, trouble de l'apprentissage. Mais l'une d'elles revient comme un leitmotiv, surestimée peut-être dans le cas de cette pathologie : la pression, la peur de l'échec scolaire, l'anxiété de performance. La "phobie", par son excès, symbolisant alors les cas extrêmes des travers de la société de compétition.
Transmise de père en fils, de mère en fille, la crainte de l'échec, du déclassement, renvoie chaque enfant, livré à lui-même dans une société marquée par l'individuation, au dogme de la réussite. L'aspiration à celle-ci, parfois, est sans limite. Elle devient un but en soi, presque un impératif psychique : un idéal de perfection et d'excellence, un Graal, par définition inatteignable. On en saisit l'écueil, l'autre versant, son pendant angoissé : la crainte de n'être pas à la hauteur, de ne pas y arriver. Et chaque jour que le calendrier scolaire fait de subir, par le bulletin de notes, l'empreinte de sa (non ?) réussite chiffrée.
Dans la très sérieuse Revue internationale d'éducation Sèvres ("Que savent les élèves ?", n°43, décembre 2006), un inspecteur général de l'administration de l'éducation nationale, Roger-François Gauthier, taille un costume particulièrement ajusté à "la réalité scolaire française contemporaine" qu'il taxe, à la Kundera, «"insoutenable légèreté". Il dit combien le système, sous l'intensification de l'angoisse scolaire, "générée aussi bien par la massification du secondaire que par le contexte de chômage des jeunes", a encouragé la focalisation sur les notes, "c'est-à-dire un élément chié, au détriment de l'attention portée à ce que savent effectivement les élèves". Et il précise : "Plus que les notes, qui sont produites dans les classes de façon industrielle, ce sont les moyennes calculées entre ces notes au sein d'une même discipline, puis entre les différentes disciplines, qui ont introduit leur véritable dictature. "
Tout le monde adhère pourtant à cette sacralisation, enseignants et parents, qui, dans la même sainte communion, ne voient pas d'autres outils pour décider des passages de classe, des résultats aux examens. Or les moyennes compensent des réalités variées, lissent les compétences et les connaissances censées avoir été acquises, et qui ne le sont parfois pas. "L'horizon de la moyenne, constate l'inspecteur général, s'est substitué à l'attention portée aux apprentissages eux-mêmes."
Ah !singulier modèle que celui de la note ! Et pourtant. Et pourtant. Un ministre avait bien indiqué, par voie de circulaire, que "la notation chiffrée de o à 2o (pouvait) être abandonnée sans regrets" rappelant qu'un autre texte intimait déjà " qu'en aucun cas le sort d'un élève ne (devait) dépendre de la note globale obtenue en faisant la moyenne des notes obtenues aux compositions". C'était en... 1969, le ministre était Edgar Faure. Son texte est toujours en vigueur. Oublié"

Jean-Michel Dumay
Article paru dans l'édition du 21.01.07.
 PS : Cependant comment supprimer les notes? N'est-ce pas plutôt la compétition, ou l'angoisse des parents , qui sont en cause,  plutôt que l'évaluation, laquelle  se traduit par la note chiffrée. La note chiffrée permet de souligner les progrès même minimes, aussi...
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Dimanche 21 janvier 2007
A lire dans le Monde du week-end: L'Eglise sera vaincue par le libéralisme , par Jean-Marie Donegani
 51 % des français se disent catholiques désormais, et  seuls 52 % disent croire en Dieu!
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