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Jeudi 25 janvier 2007
A lire dans le Monde des livres aujourd'hui.
 Avec cette question: si l'on considère que l'oeuvre de Heidegger ne porte pas la marque des engagements de son auteur (engagement en faveur du nazisme, pour ceux qui l'igoreraient), peut-on pour autant oublier cet engagement et  lire  Heidegger en en faisant abstraction?
 Peut-être..
Il est tout de même difficile de suivre G. Guest lorsqu'il écrit:
 "Si Heidegger dit que la "selection raciale est  métaphysiquement nécessaire", il ne faut pas comprendre qu'elle est légitime. Tout au contraire; puisque la philosophie de Heidegger est un constant appel au dépassement de la métaphysique". No comment.

Cependant le texte de Roger-Pol Droit me semble très partial et superficiel.
Je crois pour ma part qu'il faut se résigner à admettre que Heidegger est un très grand philosophe, et pourtant il fut nazi. On préfère Socrate ou Spinoza.  Mais on n'y peut rien
lire à ce sujet l'hommage de Arendt à son maître (Heidegger a 80 ans) dans vie politique.
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Jeudi 25 janvier 2007
Vocabulaire de la morale de Kant
AUTONOMIE/HÉTÉRONOMIE
L'autonomie est le pouvoir qu'a la volonté de se déterminer en se donnant à elle-même sa loi, et en se soustrayant à l'influence des mobiles sensibles, c'est-à-dire son
pouvoir d'être libre. C'est elle qui fonde la moralité. L'hétéronomie désigne, au contraire, le fait pour la volonté de recevoir sa loi du dehors, d'être de ce fait dépendante; elle ne saurait fonder une véritable obligation (l'hétéronomie implique l'impossibilité pour la volonté de s'obliger) ; elle est par conséquent « opposée... à l'intention morale » (Critique de la raison pratique).
CHOSE EN SOI/PHÉNOMÈNE
La chose en soi désigne le réel tel qu'il est en soi, le phénomène désigne le réel tel qu'il est connu, tel qu'il est pour nous, c'est-à-dire tel qu'il se manifeste au sujet connaissant: à la sensibilité qui appréhende le réel dans les formes a priori de l'espace et du temps et à l'entendement qui place les intuitions ainsi formées sous ses catégories (Critique de la raison pure). La chose en soi nous est inconnaissable, nous pouvons seulement dire qu'elle est le fondement du phénomène.
DEVOIR
Le devoir est un commandement qui s'adresse à la volonté, soit de Tacon conditionnelle (« si tu veux telle chose, alors tu dois... »), soit de façon inconditionnée : « tu dois ». C'est dans ce dernier cas qu'il s'agit du devoir au sens moral, du devoir proprement dit. Le devoir est donc bien une obligation, mais toute espèce d'obligation n'est pas pour autant un devoir (moral), puisqu'elle n'est pas nécessairement inconditionnelle ou absolue. Le pur devoir est donc la plus éminente des obligations, distincte de toutes les autres, puisque, indifférent à toute condition particulière, il s'impose sans réserve. Il doit valoir pour l'homme en tant qu'homme, indépendamment de toute particularité qui peut distinguer certains êtres humains des autres, dors que les autres obligations ont un champ d'application particulier, déterminé par la condition à laquelle elles sont rattachées. Le devoir implique donc une idée de l'homme qui le reconnaisse capable d'envisager une loi qui s'adresse également à tous les hommes: c'est l'idée de l'homme en tant qu'être raisonnable. La moralité révèle en l'homme son appartenance au genre des êtres raisonnables; la loi morale vaut pour tous les êtres raisonnables. Mais si le devoir est un commandement, c'est que la volonté de l'homme, comme chacun le sait, est susceptible de ne pas être spontanément conforme à ce qu'il prescrit. L'homme est donc un être raisonnable dont la volonté est soumise aux inclinations de sa nature sensible et ne se rallie pas nécessairement à la prescription du devoir: l'homme est un être raisonnable fini.
DIALECTIQUE
Ce terme désigne chez Kant, d'une part, la « logique de l'apparence », c'est-à-dire le mouvement naturel par lequel la raison est amenée, par des argumentations logiques, à corrompre en apparence la validité du devoir (dans le domaine moral, c'est-à-dire pratique), ou à se mettre en contradiction avec elle-même dans le domaine de la connaissance. Le terme désigne, d'autre part, la critique (qui ne peut venir que de la raison elle-même) de ces apparences, consistant à mettre à jour les limites de la raison que la dialectique naturelle ignore.
DIGNITÉ
La valeur peut consister dans le prix ou dans la dignité. Ce qui a un prix peut être échangé, et donc remplacé; la valeur est alors relative. Ce qui a une dignité possède une valeur intrinsèque et n'a pas d'équivalent; la dignité est une valeur audessus de tout prix. La moralité repose sur le pouvoir que possède l'être raisonnable de n'obéir qu'à la loi qu'il a luimême instituée, et fait de lui une fin en soi. Elle, confère à l'homme, comme à l'humanité tout entière, une dignité en vertu de laquelle il ne doit jamais être traité seulement comme un moyen, mais toujours en même temps comme une fin.
DIALECTIQUE
Ce terme désigne chez Kant, d'une part, la « logique de
l'apparence », c'est-à-dire le mouvement naturel par lequel la raison est amenée, par des argumentations logiques, à corrompre en apparence la validité du devoir (dans le domaine moral, c'est-à-dire pratique), ou à se mettre en contradiction avec elle-même dans le domaine de la connaissance. Le terme désigne, d'autre part, la critique (qui ne peut venir que de la raison elle-même) de ces apparences, consistant à mettre à jour les limites de la raison que la dialectique naturelle ignore.
DIGNITÉ
La valeur peut consister dans le prix ou dans la dignité. Ce qui a un prix peut être échangé, et donc remplacé; la valeur est alors relative. Ce qui a une dignité possède une valeur intrinsèque et n'a pas d'équivalent; la dignité est une valeur audessus de tout prix. La moralité repose sur le pouvoir que possède l'être raisonnable de n'obéir qu'à la loi qu'il a luimême instituée, et fait de lui une fin en soi. Elle confère à l'homme, comme à l'humanité tout entière, une dignité en vertu de laquelle il ne doit jamais être traité seulement comme un moyen, mais toujours en même temps comme une fin.
MAXIME
« La maxime est le principe subjectif du vouloir; le principe objectif (c'est-à-dire celui que tous les êtres raisonnables auraient aussi comme principe pratique subjectif si la raison avait un entier pouvoir sur la faculté de désirer) est la loi pratique » (cf. la note de Kant, p. 58).
MOBILE/MOTIF
Le mobile est le fondement subjectif du désir,  et le motif le fondement objectif du vouloir (cf. p. 68).
MORALITÉ/MOEURS/MORALE
Kant n'étant pas l'auteur d'une morale, au sens d'une doctrine qui dispenserait des règles de conduite et poserait les fins que l'homme devrait poursuivre, il convient de ne pas parler d'une « morale de Kant » qui serait un « système de valeurs » inventé par ce philosophe. Son propos est au contraire de dégager, de distinguer et de clarifier, puis d'étudier en leur fondement, les principes qui sont déjà à l'oeuvre dans l'expérience morale, c'està-dire l'expérience de ce qui se présente à nous comme un commandement inconditionnel de faire une chose ou de ne pas la faire. Les moeurs sont ce domaine des conduites inspirées par lesinclinations auxquelles l'homme est susceptible d'opposer une volonté qui est libre lorsqu'elle est déterminée par la loi morale. Le rapport de nos actions à la loi morale constitue le domaine de la moralité.
OBLIGATION
Pour Kant, l'obligation est la forme spécifiquement morale du devoir (dans la langue française, le terme d'obligation a un sens plus large, notamment juridique). L'obligation est le caractère de ce qui est moralement nécessaire.
PRATIQUE
La pratique est le domaine de ce qui est possible par liberté. Ce terme désigne donc le champ des actions humaines en tant qu'elles relèvent d'une volonté qui peut être déterminée par la raison pratique sous la forme de la loi morale.
PRINCIPE
Ce terme désigne ce qui est au commencement, à la source des choses, et contient les idées de fondement, de condition de possibilité, ainsi que de commandement (comme on le voit généralement dans son usage courant). En un sens pratique, les principes sont « des propositions renfermant une détermination générale de la volonté, à laquelle sont subordonnées plusieurs règles pratiques. Ils sont subjectifs ou forment des maximes, quand la condition est considérée par le sujet comme valable seulement pour sa volonté; mais ils sont objectifs et fournissent des lois pratiques, quand la condition est reconnue comme objective, c'està-dire comme valable pour la volonté de tout être raisonnable » (Critique de la raison pratique).
RAISON
Dans le sens le plus large du terme, la raison est la faculté des principes a priori (indépendants de l'expérience) ; en ce sens elle est pure. Lorsque ces principes valent pour la connaissance, la raison est théorique ou spéculative (c'est alors que son objet est hors de toute expérience possible); lorsque les principes valent pour l'action, la raison est pratique.
RÈGNE DES FINS (RÈGNE DE LA NATURE)
Le règne désigne en général la « liaison systématique de divers êtres [...] réunis par des lois communes »; d'où l'idée d'un règne de la nature. Lorsqu'il s'agit d'êtres raisonnables, et que l'on fait abstraction de ce qui peut les distinguer (empiriquement) les uns des autres en tant qu'hommes, il se forme l'idée d'un « tout composé de l'ensemble des fins (tant des êtres raisonnables comme fins en soi que des fins propres que chacun est susceptible de se donner) » (cf. p. 76).

Glossaire rédigé par Ole Hansen-Love pour Fondement  pour la métaphysique des moeurs , Classiques de  la philosophie
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Jeudi 25 janvier 2007

Que dois-je faire ?
Y a-t-il quelque chose que l'on puisse tenir indéniablement, indiscutablement, absolument, pour bon, dans le comportement ou l'attitude d'un homme ? Quelque chose qui soit toujours bon, qui ne puisse jamais s'inverser en son contraire ? .

 "De tout ce qu'il est possible de concevoir dans le monde, et même en général hors du monde, il n'est rien qui puisse sans restriction être tenu pour bon, si ce n'est seulement une BONNE VOLONTE. L'intelligence, le don de saisir les ressemblances des choses, la faculté de discerner le particulier pour en juger, et les autres talents de l'esprit, de quelque nom qu'on les désigne, ou bien le courage, la décision, la persévérance dans les desseins, comme qualités du tempérament, sont sans doute à bien des égards choses bonnes et désirables ; mais ces dons de la nature peuvent devenir aussi extrêmement mauvais et funestes si la volonté qui doit en faire usage, et dont les dispositions propres s'appellent  pour cela caractère, n'est point bonne. Il en est de même des dons de la fortune. Le pouvoir, la richesse, la considération, même la santé ainsi que, le bien-être complet et le contentement de son état, ce qu'on nomme le bonheur, engendrent une confiance en soi qui souvent  aussi se convertit en présomption, dès qu'il n'y a pas une bonne volonté pour redresser et tourner vers des fins universelles l'influence que ces avantages ont sur l'âme, et du même coup tout le principe de l'action ; sans compter qu'un spectateur raisonnable et impartial ne saurait jamais éprouver de satisfaction à voir que tout réussisse perpétuellement  à un être qui ne relève aucun trait de pure et bonne volonté [...]"
Fondements de la métaphysique des mœurs (1785)
Première section
Traduction Victor Delbos
Librairie Delagrave 1977 pp87-88

 Impératifs hypothétiques et impératif catégorique

" Tous les impératifs commandent ou hypothétiquement ou catégoriquement. Les impératifs hypothétiques représentent la nécessité pratique d'une action possible, considérée comme moyen d'arriver à quelque autre chose que l'on veut (ou du moins qu'il est possible qu'on veuille). L'impératif catégorique serait celui qui représenterait une action comme nécessaire pour elle-même, et sans rapport à un autre but, comme nécessaire objectivement.
Puisque toute loi pratique représente une action possible comme bonne, et par conséquent comme nécessaire pour un sujet capable d'être déterminé pratiquement par la raison, tous les impératifs sont des formules par lesquelles est déterminée l'action qui, selon le principe d'une volonté bonne en quelque façon, est nécessaire. Or, si l'action n'est bonne que comme moyen pour quelque autre chose, l'impératif est hypothétique ; si elle est représentée comme bonne en soi, par suite comme étant nécessairement dans une volonté qui est en soi conforme à la raison [en tant qu'il est ] le principe qui la détermine , alors l'impératif est catégorique ".
[Nota bene, pour Monique : j'ai rajouté un fragment-en jaune-sinon le texte est inintelligible]

Fondements de la métaphysique des mœurs (1785)
Première section
Traduction Victor Delbos
Librairie Delagrave 1977 pp124-125

 La loi morale

"La raison pure est pratique par elle seule et donne à l'homme une loi universelle, que nous nommons la loi morale[...]
S'appliquant aux hommes, la loi a la forme d'un impératif, parce qu'on peut, à la vérité, supposer en eux, en tant qu'êtres raisonnables, une volonté pure, mais non leur attribuer, en tant qu'êtres soumis à des besoins et à des causes sensibles de mouvement, une volonté sainte, c'est-à-dire une volonté qui ne soit capable d'aucune maxime contradictoire avec la loi morale. Pour eux la loi morale est donc  un impératif, qui commande catégoriquement, puisque la loi est inconditionnée ; le rapport d'une volonté telle que la leur à cette loi est la dépendance qui sous le nom d'obligation désigne une contrainte, imposée toutefois par la simple raison et sa loi objective, pour l'accomplissement d'une action qui s'appelle devoir[...]"

Critique de la raison pratique (1788)
Traduction François Picavet
Presses universitaires de France 1965 pp30-32



Le respect

 "Cette idée de la personnalité qui éveille le respect, qui nous met devant les yeux la sublimité de notre nature (d'après sa détermination), en nous faisant remarquer en même temps le défaut d'accord de notre conduite avec elle, et en abaissant par là même la présomption, est naturelle, même à la raison humaine la plus commune, et aisément remarquée. Tout homme, même médiocrement honorable, n'a-t-il pas trouvé quelquefois qu'il s'est abstenu d'un mensonge, d'ailleurs inoffensif, par lequel il pouvait ou se tirer lui-même d'une affaire désagréable ou procurer quelque avantage à un ami cher et plein de mérite, pour avoir le droit de ne pas se mépriser en secret à ses propres yeux ? Est-ce qu'un  honnête homme  n'est pas soutenu, dans les plus grands malheurs de la vie, qu'il pouvait éviter si seulement il avait pu se mettre au dessus du devoir, par la conscience d'avoir en sa personne maintenu l'humanité dans sa dignité, de l'avoir honorée, de n'avoir pas de raison de rougir de lui-même à ses propres yeux et pour craindre le spectacle intérieur de l'examen de conscience ? Cette consolation n'est pas le bonheur, elle n'en est pas même la plus petite partie. Car aucun homme ne souhaitera d'avoir l'occasion de l'éprouver, ne souhaitera peut-être pas même une vie dans de telles circonstances. Mais il vit et ne peut supporter d'être à ses propres yeux indigne de vivre. Cette tranquillité intérieure est donc simplement négative par rapport à tout ce qui peut rendre la vie agréable, c'est-à-dire qu'elle écarte le danger de décroître en valeur personnelle, quand on a complètement déjà renoncé à la valeur de sa situation. Elle est l'effet d'un respect pour quelque chose qui est tout à fait autre que la vie et auprès duquel au contraire, en comparaison et en opposition, la vie avec tout son charme n'a aucune valeur. Il ne vit plus que par devoir, non parce qu'il trouve le moindre agrément à vivre".

Critique de la raison pratique (1788)
Traduction François Picavet
Presses universitaires de France 1965 pp92-93


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Jeudi 25 janvier 2007

Nous n'ignorons pas l'interdit. Cependant nous péchons. C'est que l'interdit n'exclut pas la faute, bien au contraire. Tout se passe  comme si la Loi elle-même suscitait le désir de la transgresser:

"Le rôle passé de la Loi.
" Qu'est-ce à dire ? Que la Loi est péché ? Certes non ! Seulement je n'ai connu le péché que par la Loi. Et, de fait, j'aurais ignoré la convoitise si la Loi n'avait dit : Tu ne convoiteras pas ! Mais, saisissant l'occasion, le péché par le moyen du précepte produisit en moi toute espèce de convoitise : car sans la Loi le péché n'est qu'un mort.
Ah ! Je vivais jadis sans la Loi, mais quand le précepte est survenu, le péché a pris vie tandis que moi je suis mort, et il s'est trouvé que le précepte fait pour la vie me conduisit à la mort. Car le péché saisit l'occasion et, utilisant le précepte, me séduisit et par son moyen me tua.
La Loi, elle, est donc sainte, et saint le précepte, et juste et bon. Une chose bonne serait-elle donc devenue mort pour moi ?  Certes non ! Mais c'est le péché, lui, qui, afin de paraître péché, se servit d'une chose bonne  pour me procurer la mort, afin que le péché exerçât toute sa puissance de péché par le moyen du précepte.

L'homme livré au péché

  En effet nous savons que la Loi est spirituelle ; mais moi je suis un être de chair, vendu au pouvoir du péché. Vraiment ce que je fais je ne le comprends pas : car je ne fais pas ce que je veux, mais je fais ce que je hais. Or si je fais ce que je ne veux pas, je reconnais, d'accord avec la Loi, qu'elle est bonne ; en réalité ce n'est plus moi qui accomplis l'action, mais le péché qui habite en moi. Car je sais que nul bien n'habite en moi, je veux dire dans ma chair ; en effet, vouloir le bien est à ma portée, mais non pas l'accomplir : puisque je ne fais pas le bien que je veux  et commets le mal que je ne veux pas. Or si je fais ce que je ne veux pas, ce n'est plus moi qui accomplis l'action, mais le péché qui habite en moi" .

Saint Paul,L'homme sans Christ sous le péché,  Epître aux Romains 7,La Bible de Jérusalem
 Collection Pocket ,Editions du Cerf 1998 , PP 1906-1907,Traduction sous la direction de l'Ecole biblique de Jérusalem
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Jeudi 25 janvier 2007
C'est cette illusion de croire que le Bien et le Mal sont dans la nature, comme des réalités objectives. Mais si le Bien et le Mal  n'existent pas en soi, que sont-ils ? Quel type de réalité peut-on encore leur attribuer ? Et comment, dans ces conditions, l'homme peut-il encore savoir ce qu'il doit faire ?


1.  - "Pour dire d'un mot ce que sont en eux-mêmes le bien et le mal, nous dirons d'abord que certaines choses sont dans notre entendement et non dans la nature : elles ne sont donc que notre œuvre propre et ne sont utiles que pour comprendre distinctement les choses ; parmi elles, nous comptons toutes les relations qui se rapportent à des choses différentes et nous les appelons entia rationis [1] .
2 . - Voici la question qui se pose : le bien et le mal appartiennent-ils aux entia rationis, ou bien aux entia realia [2] ? Le bien et le mal n'étant autre chose que des relations, il n'est pas douteux qu'il faut les ranger dans les entia rationis ; car jamais on ne dit qu'une chose est bonne, sinon par rapport à une autre qui n'est pas aussi bonne, ou qui ne nous est pas aussi utile ; ainsi on ne dit qu'un homme est mauvais que par rapport à un autre qui est meilleur ; ou encore qu'une pomme est mauvaise que par rapport à une autre qui est bonne, ou meilleure.
3. - On ne pourrait le dire s'il n'y avait pas de bon ou de meilleur qui, par comparaison, nous permette d'appeler une chose mauvaise.
 Par conséquent, si on dit qu'une chose est bonne, cela signifie simplement qu'elle s'accorde avec l'idée générale que nous avons des choses de cette espèce. Or, nous l'avons déjà dit auparavant, les choses doivent s'accorder avec leur idée particulière, dont l'essence doit être une essence parfaite, et non avec l'idée générale, car alors elles n'existeraient pas du tout.
4. - [...]
D'où  résulte  encore une fois que le bien et le mal ne sont ni des choses ni des effets qui soient dans la nature ".

Spinoza
 Court Traité (1663)
Traduction (du latin ?) Roland Caillois
Œuvres complètes
Editions Gallimard
Bibliothèque de la Pléiade 1954,pp 41-42

Note 1 : Etres de raison
Note 2 : Etres réels


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Jeudi 25 janvier 2007
L'édito de Libé est titré "bécassination " et le raisonnement est plutôt tiré par les cheveux
1) Ségolène est une Bécassine
2) C'est peut-être volontaire
3) Bécassine est un personnage sympathique et populaire, donc bienvenue à Bécassine chef d'Etat.

 Je ne sais pas ce que vous en pensez.
 Ce qui me rend perplexe c'est le positionnement de  LIbération.
Une chose est sûre : ils ne supportent plus Ségolène  R. (dans les deux sens de "supporter" : soutenir, endurer).
 Pourtant ils sons censés être de gauche..
(Mélenchon dit: : ils font semblant. Il n'a peut-être pas tort).
 Ma question est la suivante: connaissez vous un journal de gauche qui soutienne Ségolène Royal?
 Autre exemple:  Serge Raffy réadacteur en chef du Nouvel Obs disait hier qu'elle était incompétente, nulle , je ne me souviens plus la mot exact). Enfin, rien n'est joué, Sarko va peut-être avouer ses forfaits  et démissionner?
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Jeudi 25 janvier 2007
Sarko a (aurait? ) demandé une enquête sur Bruno Rebelle qui a rejoint l'équipe de Ségolène Royal.
 Commentaire de B. Rebelle:
 "si ceci est avéré, alors vraiment,il y a de quoi avoir peur. En effet avec eux, tout devient possible!"
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