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Jeudi 31 janvier 2008

C'est un dossier dans le Monde aujourd'hui (daté du 1 février) à propos du populisme.

 Indispensable (de savoir en quoi consiste le populisme) pour comprendre le monde contemporain !

 Lire:
"Pourquoi les pauvres votent à droite?" (Jean Birnbaum)
"Le devoir d'égoïsme" (Thomas Wieder)
 Et puis une petite colonne sur Henry Ford , le patron d'industire gauchiste qui déclarait en 1915 : "Supprimez le capitalisme et vous éliminerez la guerre de la surface de la terre... Supprimez-le et le monde connaîtra la fin de la barbarie"
On croirait du Besancenot, non?

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Jeudi 31 janvier 2008


Nous ne connaissons pas notre propre identité. Les autres ne sauraient dire, eux non plus, ce que nous sommes.
Le moi, selon Pascal s'effeuille, comme une marguerite  Il  anticipe ici les thèses existentialistes  (pour l'existentialiste, l'existence précède l'essence)
 .


"Qu'est-ce donc que le moi?
Un homme qui se met à la fenêtre pour voir les passants; si je passe par là, puis-je dire qu'il s'est mis là pour me voir? Non; car il ne pense pas à moi en particulier; mais celui qui aime quelqu'un à cause de sa beauté, l'aime-t-il? Non: car la petite vérole', qui tuera la beauté sans tuer la personne, fera qu'il ne l'aimera plus.
Et si l'on m'aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m'aimet-on, moi? Non, car je puis perdre ces qualités sans me perdre moi-même. Où est donc ce moi, s'il n'est ni dans le corps, ni dans l'âme? et comment aimer le corps ou l'âme, sinon pour ces qualités, qui ne sont point ce qui
fait le moi, puisqu'elles sont périssables? car aimerait-on la substance de l'âme d'une personne, abstraitement, et quelques qualités qui y fussent? Cela ne se peut, et serait injuste. On n'aime donc jamais personne, mais seulement des qualités.
Qu'on ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges et des offices, car on n'aime personne que pour des qualités empruntées".
Blaise Pascal, Pensées (1670), éd. Brunschvicg 323, éd. Lafuma 688, Éd. du Seuil, coll. «L'intégrale», 1963, p. 591.

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Jeudi 31 janvier 2008


De même que l'œil  peut se reflèter dans l'oeil  d'une autre personne , et plus particulièrement dans cette partie d'où  procède la vision, la pupille, notre âme se contemplera dans l'intelligence d'une autre âme. Ainsi se trouve justifiée la pratique du dialogue.
 Platon a compris -avant Sartre- que notre identité n'est pas déterminée tant que l' autre ne peut la réfléchir et la confirmer à la manière d'un miroir.
On retrouvera cette problèmatique dans Huis Clos, de Sartre:

     SOCRATE : Réfléchissons ensemble. Supposons que ce précepte (" connais-toi toi-même ") s'adresse à nos yeux comme à des hommes et leur dise : " Regardez-vous vous-mêmes. " Comment comprendrions-nous cet avis ? ne penserions-nous pas qu'il inviterait les yeux à regarder un objet dans lequel ils se verraient eux-mêmes ?
     ALCIBIADE : Évidemment.
     SOCRATE : Or quel est l'objet tel qu'en le regardant nous nous y verrions nous-mêmes, en même temps que nous le verrions ?
     ALCIBIADE : Un miroir, Socrate, ou quelque chose du même genre.
     SOCRATE : Très bien. Mais, dans l'œil, qui nous sert à voir, n'y a -t-il pas quelque chose de cette sorte ?
     ALCIBIADE : Oui certes.
     SOCRATE : Tu n'as pas été sans remarquer, n'est-ce pas, que quand nous regardons l'œil qui est en face de nous, notre visage se réfléchit dans ce que nous appelons la pupille, comme dans un miroir ; celui qui regarde y voit son image.
     ALCIBIADE : C'est exact.
     SOCRATE : Ainsi, quand l'œil considère un autre œil, quand il fixe son regard sur la partie de cet œil qui est la plus excellente, celle qu'il voit, il s'y voit lui-même.
     ALCIBIADE : Tu dis vrai.
     SOCRATE : Donc si l'œil veut se voir lui-même, il faut qu'il regarde un œil, et dans cet œil la partie ou réside la faculté propre à cet organe ; cette faculté c'est la vision.
     ALCIBIADE : En effet.
     SOCRATE :Eh bien, mon cher Alcibiade, l'âme aussi, si elle veut se connaître elle-même, doit regarder une âme, et, dans cette âme, la partie où réside la partie propre à l'âme, l'intelligence, ou encore tel autre objet qui lui est semblable.
     ALCIBIADE ; je le crois, Socrate.
     Or, dans l'âme, pouvons-nous distinguer quelque chose de plus divin que cette partie où résident la connaissance et la pensée ?
     ALCIBIADE : Non, cela ne se peut.
     SOCRATE : Cette partie-là en effet semble toute divine et celui qui la regarde, qui sait découvrir tout ce qu'il y a en elle de divin, un dieu et une pensée, celui-là a plus de chance de se connaître lui-même.
     ALCIBIADE : Évidemment.
Platon, Alcibiade, trad. M. Croiset, Gallimard, coll " Tel ", 1991, pp.70-71.

    
    
    
    
    
    
    
    
    
    
    
    

    

 

 

 

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