La conclusion de cet article était peut-être un peu précipitée... je voulais avoir vos avis.
Evidemment la cinéphilie n'est pas en voie de disparition. Mais elle évolue beaucoup.
Pour mille raisons

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Qu'en pensent les lycéens ?
Lisez-vous les Cahiers par exemple? D'autres revues?
Lisez-vous des livres sur le cinéma?
Quand je dis"cinéma intello" pour cinéma d'auteurs, c'est parce que je crois que le cinéma d'auteurs est souventy perçu comme un "cinéma intello".
Ai-je tort?
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Je viens de voir ce film .
Il faut y aller, il ne reste plus que trois salles à Paris qui le passent , à certaines heures.
J.CH. Klotz dit:
"On ne peut pas aborder la bête frontalement, on ne peut donc filmer que des traces"
C'est un film un peu aride, comme Shoah, mais vraiment lumineux (qui aide à comprendre!) et splendide. Voici ce qu'il écrit:
"De plus en plus la télévision fait du produit en série, formaté, prévisible,où la singularité du regard, l'oeil du témoin, n'a plus sa place. En faisant ce film, je voulais proposer une métaphore de notre rapport au monde, fantasmé ou désincarné, qui passe par ce filtre télévisuel biaisé. On délègue des porteurs de caméra pour se donner l'illusion d'agir, d'être présents, mais c'est un vaste mensonge. J'ai raconté cette histoire de l'intérieur, du point d evue du témoin, ce paillon face à la flamme: trop près de la réalité, on se brûle. Trop loin, on reste irrémédiablement àl'extérieur"
PS : Ne pas confondre JC Klotz et Nicolas Klotz
PS : lire dans
cinechronique la critique d'Anaïs
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Pour limiter le pouvoir de l'Etat, peut-on s'en remettre à l'Etat?
L'Etat n'est pas une personne. Cette réalité hybride n'est pas une entité douée de volonté. L'Etat n'est pas non plus une association de malfaiteurs même si les Etats sans justice sont de fait contrôlés par des opportunistes qui détournent le pouvoir en vue de leurs propres fins. Les hommes qui gouvernent ne sont jamais l'Etat, et le spectacle des luttes acharnées que les hommes se livrent afin d'accéder au pouvoir, y compris en démocratie, ne doivent pas nous tromper. S'il en était ainsi, si l'Etat n'était qu'une addition de volontés particulières, il est clair que la question posée serait une mauvaise plaisanterie. On n'attendra pas d'un délinquant ou d'un criminel qu'il borne lui-même ses désirs en s'imposant des règles de modération. Mais l'Etat, qu'il ne faut confondre ni avec le gouvernement ni avec le pouvoir, est une structure, un appareil, ou encore une machine, dont le caractère abstrait (il est partout et nulle part, nul ne peut voir l'Etat) et contingent (il n'a pas toujours été) doit être souligné. Le " gouvernement " est constitué de tous les individus qui occupent momentanément ou durablement, selon les régimes, des fonctions politiques. Le " pouvoir ", au sens large, est la capacité de se faire obéir ; au sens strict il désigne l'ensemble des dispositifs coercitifs par lesquels la société s'organise en vertu d'un principe d'autorité qui peut prendre des formes extrêmement diverses. Quant à l'" Etat ", il constitue une forme particulière d'organisation de la société qui n'a pas toujours existé, loin s'en faut. La forme étatique de la vie en société doit être soigneusement distinguée de tous les autres modes d'existence communautaires qui l'ont précédé tels que le clan, la tribu, voire la nation à laquelle nous associons habituellement les Etats modernes. Le concept d'Etat est né avec la modernité, et la réalité de l'Etat est le produit ultime d'un lent processus de dissociation du politique et du religieux d'une part, de la société et de ses organes directeurs et administratifs d'autre part.
On ne parlera d'" Etat ", en toute rigueur, qu'avec l'émergence d'un organe du pouvoir politique séparé de la société, distinct du corps social. Au sens large du terme, l'Etat apparaît en Mésopotamie environ 3000 ans avant J.-C., parallèlement à l'invention de l'écriture qui a permis de comptabiliser les récoltes, d'organiser la production et le commerce à une grande échelle, et de mettre un terme à l'économie de subsistance qui prévalait jusque-là. Mais l'Etat au sens strict, celui qui nous intéresse ici, procède d'une institutionnalisation du pouvoir suivant des exigences rationnelles et conformément à une doctrine qui fut élaborée par les philosophes et les légistes à la fin du Moyen-Âge. Sous sa forme historique concrète, il est apparu progressivement en Europe sur les décombres des Empires et des anciens systèmes féodaux à partir du XVIe siècle.
suite dans Cours particulier de philosophie
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