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Dimanche 11 novembre 2007
Sur ce thème voyez les textes de Descartes et de Kant sur mon site de terminale (web pédagogie philosophie bac)
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Dimanche 11 novembre 2007
Rousseau donne au mot  "loi "un sens très précis et très restrictif. Seuls les actes de la volonté générale méritent le nom de "loi":

"Mais qu'est-ce donc enfin qu'une loi ? Tant qu'on se contentera de n'attacher à ce mot que des idées métaphysiques, on continuera de raisonner sans s'entendre, et quand on aura dit ce que c'est qu'Une loi de la marre, on n'en saura pas micas ce que c'est qu'une loi de l'Etat.
J'ai déjà dit qu'il n' y avait point de volonté générale sur un objet particulier. En effet cet objet particulier est dans l'État ou hors de l'Etat. S'il est hors de l'État, une volonté qui lui est étrangère n' est point générale par rapport à lui ; et si cet objet est dans l'État, il en fait partie. -Mors il se forme entre le tout et sa partie une relation qui en fait deux êtres séparés, dont la partie est l'un, et le tout moins cette même partie est l'autre. Mais le tout moins une partie n'est point le tout, et tant que ce rapport  subsiste il n'y a plus de tout, mais deux parties inégales : d'où il suit que la volonté de l'une que la volonté de l'une n'est point non plus générale par rapport à l'autre,
Mais quand tout le peuple statue sur tout le peuple il ne considère que lui-même, et s'il se forme alors un rapport, c'est de l'objet entier sous un point de vue à l'objet entier sous un autre point de vue, sans aucune division du tout. Alors la matière sur laquelle on statue est générale comme la volonté qui statue. C'est cet acte que j'appelle une loi.
Quand je dis que l'objet des lois est toujours général, j'entends que la loi considère les sujets en corps et les actions comme abstraites, jamais un homme comme individu ni une action particulière. Ainsi la loi peut bien statuer qu'il y aura des privilèges, mais elle n'en peut donner nommément à personne; la loi peut faire plusieurs classes de citoyens, assigner même les qualités qui donneront droit à ces classes, mais elle ne peut nommer tels et tels pour y être admis; elle peut établir un gouvernement royal et une succession héréditaire, mais elle ne peut élire un roi, ni nommer une famille royale: en un mot toute fonction qui se rapporte à un objet individuel n'appartient point à la puissance législative".
Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social (1762), livre Il, chop. VI, Éd. Hatier, col. Classiques Hatier de la philosophie, 1999, pp.. 44-46.
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Dimanche 11 novembre 2007
La volonté générale
"Ce concept  (1 a pu quelquefois paraître énigmatique : cette volonté est générale mais elle se produit dans les individus, elle est indestructible mais peut être rendue muette, elle est toujours droite mais peut être trompée. Pour y voir plus clair, il faut d'abord écarter les fausses notions de cette volonté, induites par des associations verbales confuses. La volonté générale n'est pas un mouvement d'opinion populaire, ni un consensus diffus ou un amas de préjugés dominants.
Elle peut se définir par son objet qui est l'intérêt commun et par sa source qui est le peuple, mais surtout par sa formulation qui est la loi. En effet, la matière dont s'occupe la volonté générale est d'ordre commun : il en résulte immédiatement que sa formulation est abstraite (le chapitre 6 du Livre II est capital à cet égard).
Tout être veut son propre bien ; c'est en quoi la volonté générale est toujours droite ! « De lui-même le peuple veut toujours le bien, mais de lui-même il ne le voit pas toujours' ».
Ce qui peut altérer gravement la volonté générale, ce n'est pas le fait qu'elle se produise en des particuliers (elle ne peut se produire ailleurs), c'est qu'elle porte sur des objets particuliers. Elle est la volonté qui se produit en l'individu lorsqu'il porte son esprit vers un objet général. Alors chacun statue sur tous (lui compris). Chacun n'impose aux autres que les charges qu'il est prêt à supporter pour lui-même, ce qu'il ne peut vouloir que si ces charges conditionnent quelque bien évident. Mais tout cela doit rester abstrait pour que chacun ignore au moment de se prononcer si en l'occurrence - concrètement - il ressentira plus les inconvénients ou les avantages de la loi. Alors les principes sont énoncés selon la simple raison commune. Cependant Rousseau distingue deux moments dans l'oeuvre législative. Ce qui a pour conséquence que le terme de "législateur" a deux acceptions, distinctes chez lui ". 
Florence Khodoss ( in Classiques et Cie, présentation du Contrat social)

1 . Livre II, ch. 6.
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