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Mardi 14 novembre 2006
Colloque sur Levinas , voir le programme sur www.bpi.fr


"La question de l'étranger occupe une place centrale dans la philosophie d'Emmanuel Levinas. hétranger privé de tout statut et défini comme « l'indésirable par excellence » témoigne en effet d'une vérité sur « l'incondition » de tout homme, c'est-à-dire sur sa vulnérabilité essentielle.
La nudité du visage et sa mort à chaque instant possible caractérisent cette « incondition ». Bien des hommes cherchent à la fuir. Ils s'efforcent d'être « chez soi » dans le monde et de jouir du droit d'être sans avoir à en répondre. Telle est, pour Levinas, la tentation récurrente du paganisme. Pourtant, lorsque le visage de l'étranger saisit celui qui le regarde, il prend à rebours son inclination à croire en sa propre primauté. Ce visage semble se tenir dans la trace d'un Dieu absent qui oblige à une responsabilité irrécusable pour lui.
L'étranger incite à rompre avec les horizons familiers de la philosophie: le propre, l'essentiel, le même, l'identité. Il récuse par avance toute idée qu'on croit pouvoir se faire de lui ou d'elle : le fils et la femme restent étrangers au moi qui les aime; les compatriotes échappent au schéma d'une identité close. hidentité est d'ailleurs toujours hostile à ce qu'elle perçoit comme menace d'altération. Levinas ne défend pas le droit des identités, il pense l'unicité humaine - le fait d'être unique à pouvoir répondre à l'appel du visage - et il la considère comme le témoignage par excellence de notre difficile liberté".
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Mardi 14 novembre 2006
VOCABULAIRE PASCAL
 Chair : Pascal désigne par ce terme non pas la "chair "au sens physique du terme, mais  l'opposé de l'esprit ;  il établit un lien entre chair et concupiscence. La chair est un " ordre " chez Pascal, c'est-à-dire une catégorie, un certain rapport au réel.
Charité : Amour désintéressé d'autrui inspiré par l'amour de Dieu.  L'ordre de la charité est au dessus de l'ordre de la chair, mais aussi de l'intelligence
Coeur : (du latin cor, viscère, puis, par extension, siège  des sentiments) . Chez Pascal le coeur désigne une connaissance immédiate, intuitive qui nous donne accès à Dieu directement, mais aussi aux axiomes, aux premiers principes de la connaissance. Le coeur est  égalementla faculté qui nous permet de saisir ce qui est singulier (comme l'intuition chez Bergson) (Pensée 282)
Divertissement :  tout ce qui permet à l'homme d'oublier sa condition d'être fini, autrement dit le fait qu'il va mourir. Le jeu, mais aussi le travail, le plaisir,  et toutes les activités très absorbantes sont des divertissements.   La passion est aussi un divertissement très prisé. La  guerre, et la politique en général , également. (Pensée B.139)
Foi : "c'est le coeur qui sent Dieu et non la raison. Voilà ce que c'est que la foi, Dieu sensible au c?ur, non à la raison "  (Pensée  B.278)
 Grâce : secours surnaturel librement accordé par Dieu, ou pardon accordé à l'homme pécheur. La grâce est un don gratuit, aléatoire et imprévisible du point de vue de l'homme
Imagination : " superbe puissance, ennemie de la raison ",  maîtresse d'erreurs et d'illusions, l'imagination nous permet d'échapper illusoirement  à notre condition misérable et de vivre une vie irréelle, fausse mais plus exaltante. C'est l'imagination qui explique,  plus banalement, le vertige, auquel même le plus grands penseurs n'échappent pas  (Pensée B 82)
Ordre : 1) niveau de réalité  ou plan d'existence (il y a trois " ordres " : l'ordre des corps,  l'ordre des esprits,  l'ordre de la charité 2) Méthode géométrique par principe et démonstration.
Mort : " Qu'on s'imagine donc un nombre d'hommes dans les chaînes, et tous condamnés à mort, dont les uns étant chaque jour égorgés à la vue des autres, ceux qui restent voient leur propre condition dans celle de leurs semblables, et , se regardant les uns les autres, avec douleur et sans espérance, attendent à leur tour .. . Le dernier acte est sanglant, quelque belle que soit la comédie et tout le reste : on jette enfin de la terre sur la tête, et en voilà pour jamais "  ( B 199 et 210)
Passion (et raison) : " Guerre intestine de l'homme entre la raison et les passions. S'il n'avait que la raison sans passions... S'il n'avait que les passions sans raison... Mais ayant l'un et l'autre, il ne peut être sans guerre, ne pouvant avoir la paix avec l'un qu'ayant guerre avec l'autre : ainsi il est toujours divisé, et contraire à lui-même.
   - Cette guerre intérieure de la raison contre les passions a fait que ceux qui ont voulu la paix se sont partagés en deux sectes. Les uns ont voulu renoncer aux passions, et devenir dieux; les autres ont voulu renoncer à la raison, et devenir bêtes brutes (Des Barreaux'). Mais ils ne l'ont pu, ni les uns ni les autres; et la raison demeure toujours, qui accuse la bassesse et l'injustice des passions, et qui trouble le repos de ceux qui s'y abandonnent; et les passions sont toujours vivantes dans ceux qui y veulent renoncer " (B.412-413)
Pensée :  "  Pensée fait la grandeur de l'homme. [...]
   L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser: une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt, et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien.
   Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C'est de là qu'il nous faut relever et non de l'espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser: voilà le principe de la morale ".       (Pensées  B. 347-348, Éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1976, pp. 1156-1157).                      
Raison : faculté de l'Universel Son pouvoir doit être relativisé.  La raison, en effet, est discursive : elle ne permet donc pas de saisir  ce qui est au delà du discours, l'indicible. La foi dépasse la raison mais sans la contredire " Et c'est sur ces connaissances du c?ur et de l'instinct qu'il faut que la raison se fonde, et qu'elle y fonde tout son discours "  (B.282 )
Condition humaine : " Comme je ne sais d'où je viens, aussi je ne sais où je vais ; et je sais seulement qu'en sortant de ce monde je tombe pour jamais ou dans le néant, ou dans les mains d'un Dieu irrité, sans savoir à laquelle de ces deux conditions je dois être éternellement en partage " '( Pensée  B 194  )                  
Temporalité :  " Nous ne nous tenons jamais au temps présent. Nous anticipons l'avenir comme trop lent à venir, comme pour hâter son cours; ou nous rappelons le passé, pour l'arrêter comme trop prompt: si imprudents, que nous errons dans les temps qui ne sont pas nôtres, et ne pensons point au seul qui nous appartient; et si vains, que nous songeons à ceux qui ne sont plus rien, et échappons' sans réflexion le seul qui subsiste. C'est que le présent, d'ordinaire, nous blesse. Nous le cachons à notre vue, parce qu'il nous afflige ; et s'il nous est agréable, nous regrettons de le voir échapper. Nous tâchons de le soutenir par l'avenir, et pensons à disposer les choses qui ne sont pas en notre puissance, pour un temps où nous n'avons aucune assurance d'arriver ".              ( Pensée  B.172) .

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Mardi 14 novembre 2006
 Annonce du colloque qui se tiendra le 24 et le 25 novembre au centre Pompidou, Petite salle niveau 1 Voir: www.bpi.fr

"De l'inquiétude politique. À considérer le spectacle que nous donne souvent la politique aujourd'hui, on est en droit
de se demander comme le fit Hannah Arendt dans les années cinquante : « La politique a-t-elle encore un sens ? »
L'inquiétude qui pointe dans cette question renvoyait d'abord pour elle au désastre totalitaire qui chercha à éradiquer la source même de la liberté et de l'action humaines. Mais elle fait aussi écho à la configuration uniformisante des sociétés modernes qui fige la pluralité humaine sur laquelle, selon Arendt, la politique repose. De cette uniformisation, nous ressentons plus encore qu'il y a un demi-siècle les effets destructeurs. L'inquiétude qui étreint toujours Arendt, le sens qu'elle avait de la fragilité du monde et de la politique elle-même, la conduisent inlassablement à rechercher en quoi consiste la dignité de la politique et des affaires humaines, par delà l'obscurcissement provoqué par les événements du siècle aussi bien que par les diverses théorisations contemporaines de la politique. Cette inquiétude politique pour le monde est ce qui tient la pensée en éveil, c'est elle qui peut prévenir le pire en nous appelant à une vigilance active, à une action concertée.
Ce colloque tentera de faire apparaître le tranchant de la pensée arendtienne sur la politique selon trois des mouvements qui la composent : politique et violence, politique, tradition et modernité, politique et expérience de pensée".
Par là ces journées visent à reprendre à propos de la chose politique l'interrogation inauguratrice de la philosophie la question « qu'est-ce que ? ».
Martine Leibovici    Étienne Tassin
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Mardi 14 novembre 2006
                                        



Lire l'analyse du philosophe Dick Howard sur le site telos
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