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Jeudi 16 novembre 2006
                                    

Ca ne va pas très fort en ce moment à ULM...voir le Monde  ce soir
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Jeudi 16 novembre 2006

 Spinoza a le premier formulé cette idée capitale: nous ne désirons pas une chose parce quelle est bonne, mais nous la jugeons bonne parce que nous la désirons. 
Ce qui signifie qu'il n'y a rien de bon ni de mauvais dans l'absolu. Idée que 'lon retrouvera chez Nietzsche:
    
    " Proposition IX
     L'Esprit, en tant qu'il a tant des idées claires que des idées confuses, s'efforce de persévérer dans son être pour une certaine durée indéfinie, et  est conscient de cet effort qu'il fait.
   [...]   

Scolie

     Cet effort, quand on le rapporte à l'Esprit seul s'appelle Volonté ; mais quand on le rapporte à la fois à l'Esprit et au Corps, on le nomme Appétit, et il n'est, partant, rien d'autre que l'essence de l'homme, de la nature de qui suivent nécessairement les actes qui servent à sa conservation ; et par suite l'homme est déterminé à les faire.
     Ensuite, entre l'appétit et le désir il n'y a pas de différence, sinon que le désir se rapporte généralement aux hommes en tant qu'ils sont conscients de leurs appétits, et c'est pourquoi on peut le définir ainsi : le Désir est l'appétit avec la conscience de l'appétit. Il ressort donc de tout cela que, quand nous nous efforçons à une chose, quand nous la voulons ou aspirons à elle, ou la désirons, ce n'est pas parce que nous jugeons qu'elle est bonne ; mais au contraire, si nous jugeons qu'une chose est bonne, c'est précisément parce que nous nous y efforçons, nous la voulons, ou aspirons à elle,ou la désirons".
     Spinoza, Éthique, Partie III,trad. B. Pautrat, éd. Le Seuil, 1988, p. 219
    
    
    

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Jeudi 16 novembre 2006
  
La morale provisoire de Descartes est largement inspirée par  celle des stoïciens.  Descartes nous recommande ici de changer nos désirs plutôt que l'ordre du monde:

 
     
     "Ma troisième maxime était de tâcher toujours plutôt à me vaincre que la fortune, et à changer mes désirs plutôt que l'ordre du monde ; et généralement de m'accoutumer qu'il n'y a rien qui soit entièrement en notre pouvoir que nos pensées, en sorte qu'après que nous avons fait notre mieux touchant les choses qui nous sont extérieures, tout ce qui manque de nous réussir est au regard de nous absolument impossible.Et ceci seul me semblait être suffisant pour m'empêcher de rien désirer à l'avenir que je m'acquisse, et ainsi pour me rendre content : car notre volonté ne se portant à rien désirer que les choses que notre entendement lui représente en quelque façon comme possible, il est certain que si nous considérons tous les biens qui sont hors de nous comme également éloignés de notre pouvoir, nous n'aurons pas plus de regret de manquer de ceux qui semblent être dus à notre naissance, lorsque nous en serons privés sans notre faute , que nous avons de ne posséder pas les royaume de la Chine ou de Mexique ; et que faisant, comme on dit, de nécessité vertu, nous ne désirerons pas davantage d'être sains étant malades, ou d'être libres étant en prison, que nous faisons maintenant d'avoir des corps d'une matière aussi peu corruptible que les diamants, ou des ailes pour voler comme les oiseaux".
     Descartes Discours de la méthode (1637), in Œuvres et lettres, éd.Gallimard, NRF, Bibliothèque de la Pléiade, 1953, pp.142-143.
    
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Jeudi 16 novembre 2006


 Il y a toutes sortes de désirs . Si nous voulons parvenir au bonheur, commençons par distinguer   les désir vains et les désirs naturels, puis ceux qui sont nécessaires et ceux qui ne le sont pas. La classification des désirs et des plaisirs constitue le début  de la sagesse, et   nous devons admettre que certaines formes de plaisirs sont vaines et doivent être proscrites.
    
     "Il faut (...) comprendre que parmi les désirs, les uns sont  naturels et les autres vains, et que parmi les désirs naturels, les uns sont nécessaires, et les autres seulement naturels. Enfin, parmi les désirs nécessaires, les uns sont nécessaires au bonheur, les autres à la tranquillité du corps, et les autres à la vie elle-même. Une théorie véridique des désirs sait rapporter les désirs et l'aversion à la santé du corps et à l'ataraxie de l'âme, puisque c'est là la fin d'une vie bienheureuse, et que toutes nos actions ont pour but d'éviter à la fois la souffrance et le trouble.
     Quand une fois nous y sommes parvenus, tous les orages de l'âme se dispersent, l'être vivant n'ayant plus alors à marcher vers quelque chose qu'il n'a pas, ni à rechercher autre chose qui puisse parfaire le bonheur de l'âme et du corps. Car nous recherchons le plaisir, seulement quand son absence nous cause une souffrance. Quand nous ne souffrons pas, nous n'avons plus que faire du plaisir. Et c'est pourquoi nous disons que le plaisir est le commencement et la fin d'une vie bienheureuse. Le plaisir est, en effet, considéré par nous comme le premier des biens naturels, c'est lui qui nous fait accepter ou fuir les choses, c'est à lui que nous aboutissons, en prenant la sensibilité comme critère du bien. Or, puisque le plaisir est le premier des biens naturels, il s'en suit que nous n'acceptons pas le premier plaisir venu, mais qu'en certains cas, nous méprisons de nombreux plaisirs, quand ils ont pour conséquence une peine plus grande. D'un autre côté, il y a de nombreuses souffrances que nous estimons préférables aux plaisirs, quand elles entraînent pour nous un plus grand plaisir. Tout plaisir, dans la mesure où il s'accorde avec notre nature, est donc un bien, mais tout plaisir n'est pas cependant nécessairement souhaitable. De même, toute douleur est un mal, mais pourtant toute douleur n'est pas nécessairement à fuir. Il reste que c'est par une sage considération de l'avantage et du désagrément qu'il procure, que chaque plaisir doit être apprécié. En effet, en certains cas, nous traitons le bien comme un mal, et en d'autres, le mal comme un bien.
     Épicure, Lettre à Ménécée, inDiogène Laërce, Vie, doctrine et sentences des philosophes illustres,t.2, trad. R. Grenaille, éd. Flammarion, coll. "GF ", 1965, pp. 260-261.

(image du film Eyes wide shut de Stanley Kubrick)
    
    
    
   
    

    


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