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Vendredi 17 novembre 2006
ELEMENTS DE VOCABULAIRE

ÂME (psyche)
L'âme est principe de tout mouvement et comporte un statut intermédiaire entre le sensible et l'intelligible.
L'expérience des conflits et des contradictions internes à l'âme humaine pousse Platon a en proposer, dans La République (IV, 435c-445b), une division en trois parties , sans toutefois contester l'unité de cette âme. Elle est composée de trois parties ou éléments (ou, selon certains commentateurs, de trois facultés ou fonctions) la partie rationnelle (logistikon), qui nous permet d'accéder a la connaissance vraie, la partie désirante (epithumétikon), responsable de l'ensemble des appétits, et la partie irascible ou agressive (thumoeides), responsable de l'ardeur. Dans le Phedre (246a-d et 253c-254b) Platon tente de rendre cette tripartition plus accessible a notre imagination, a travers le mythe de l'attelage ailé. L'âme est représentée comme un tout formé d'un cocher et de deux chevaux, un blanc et un noir. La raison (le cocher) a pour tâche de maîtriser l'énergie débordante de l'irrationnel : de la maniere douce en ce qui concerne la partie irascible de notre âme (le cheval blanc), car elle est douée de pudeur (aidôs), et de la maniere forte en ce qui concerne nos désirs (le cheval noir), car ils sont caractérisés par la démesure ou exces (hubris). Sur la maniere de surmonter la difficulté de penser a la fois la nature composée de l''âme et son unité, cf. la note 160 de M. Dixsaut a sa traduction du Phédon, GF-Flammarion, Paris, 1991, pp. 351-353.
ANHYPOTHÉTIQUE (principe) Ce principe, qu'on peut qualifier d'universel, d'absolu et d'inconditionné, est l'objectif de la recherche dialectique, puisque dans celle-ci l'âme ne peut pas se contenter d'hypotheses. Elle voit qu'elles ne sont pas fondées ; elle recherche quelque chose de stable et de solide. '
APORIE
Aporie (en grec aporia, 286c) vient du grec poros (l'issue, la voie) et désigne l'impasse logique dans laquelle Socrate, après avoir longuement examiné telle ou telle définition, se retrouve, ou fait mine de se retrouver, dans les dialogues de Platon dits « aporétiques ». Ces dialogues semblent donc se conclure sur un aveu d'échec, puisqu'aucune définition n'a résisté à la critique l'Hippias majeur est un parfait exemple de ce type de dialogue, puisqu'aucune définition du beau ne résiste à l'examen de Socrate, qui conclut simplement en disant qu'il a appris le sens du proverbe « les belles choses sont difficiles ». Mais l'embarras dans lequel les interlocuteurs se trouvent à plusieurs reprises (par exemple 295a) et à la fin de l'échange (304a), loin de susciter le découragement, doit inciter l'esprit à poursuivre sa quête de la vérité. Toutefois, il est certain que, quand il ne débouche ainsi sur aucun résultat positif et s'achève sur cette seule conclusion que, sur les choses les plus importantes de la vie, l'on sait que l'on ne sait rien, pour reprendre l'expression de Socrate dans l'Apologie, le dialogue aporétique risque de rappeler l'art purement négatif de la discussion chez les sophistes, l'éristique. Platon lui-même soulignera qu'existe entre le philosophe et le sophiste une proximité inquiétante, celle du « chien au loup » (Sophiste, 231a), et c'est pourquoi sa propre pensée
s'efforcera par la dialectique de dépasser cette étape en apparence exclusivement critique.
DIALECTIQUE
Proche, étymologiquement, de « discussion »et de « dialogue », la dialectique est le procédé intellectuel par lequel Socrate conduit son interlocuteur, par le jeu des questions et des réponses, vers la définition d'une Idée. Elle se présente donc comme la critique et la réfutation, en apparence stérile, des opinions admises, avant d'apparaître, notamment dans La République, comme la voie presque mystique qui conduit par étapes à la découverte de vérités d'ordre supérieur.
BIEN (IDÉE DU BIEN)
(agathon)
Le Bien n'est pas une qualité, mais un être ; il est même l'être le plus excellent de tous (532c-d), puisque l'idée du Bien (cf. Idée) est la réalité la plus importante du domaineintelligible (532a-b).
     Si la nature du Bien est difficile à cerner (533a), elle n'est pourtant pas insaisissable ; sa contemplation est possible par le biais de la partie la plus noble de notre âme (540a), c'est-à-dire la raison, et constitue exclusivement la tâche du véritable dialecticien platonicien, capable d'en donner une définition qui ne s'appuie pas sur une opinion, mais se fonde sur l'essence même du Bien.
IDÉE (idea) OU FORME (eidos) INTELLIGIBLE (ET CHOSES MULTIPLES)
L'Idée platonicienne (l'Idée du Beau, l'idée du Juste, l'idée du Bien, etc.) a quatre caractéristiques distinctives, dont les trois premières relèvent de l'ontologie et la quatrième de la théorie de la connaissance. Elle est a) unique ;  b) parfaite ; c) toujours identique à elle-même, en d'autres termes éternellement immuable et par là immortelle ; d) seulement intelligible (donc aucunement sensible). L'Idée est l'objet de la science (épistèmè), c'est-à-dire de la connaissance infailliblement vraie. Par là, les Idées ont un rapport privilégié à Dieu qui a, au plus haut degré, toutes les caractéristiques des Idées, surtout la principale : l'immutabilité. Dieu n'est pas sujet au changement,
il n'est nullement affecté par le devenir (La République, Livre Il, 380d). Quant à leur statut ontologique, les Idées platoniciennes sont des êtres réels et indépendants, et non des idées que nous formons, nous les hommes, de telle ou telle chose.
Les choses multiples, qui participent à la fois de l'être et du non-être, sans être à proprement parler ni l'être pur ni le non-être pur (La République V, 478e), sont l'objet de l'opinion (doxa), c'est-à-dire d'une connaissance intrinsèquement faillible.
   Le philosophe authentique platonicien s'ouvre vers les Idées (le non-philosophe se tourne vers leurs copies), non seulement au niveau de la connaissance mais aussi, conjointement, au niveau de ses affects. La raison du philosophe lui permet non seulement de contempler la nature de chaque Idée mais également de l'aimer (philein)et de se lier affectivement à elle (aspazesthai) (La République,Livre V, 476b et 479e-480a).Mais si la distinction entre science (c'est-à-dire connaissance vraie) et opinion est constante dans l'oeuvre platonicienne, exception faite du Sophiste, la position de Platon sur le rapport entre la science ou intelligence (noûs) et l'opinion vraie (aléthès) ou droite (orthè) semble varier selon ses textes. Sur cette dernière distinction cf. Ménon, 96e98c ; Timée, 51 d-e ; et Lettre VII, 342c.
Sur la « formule provocante doxastikè épistèmè (Sophiste, 233c), qui fait la synthèse de l'opinion et de la science, cf. la note 93 de la traduction de ce dialogue par Nestor Cordero, GF-Flammarion, pp. 225-226 (la traduction qu'il propose est « science de l'apparence
ESSENCE
En grec ousia, l'essence, désigne ce qui fait la permanence d'une chose, sa nature (phusis), Par opposition aux accidents (pathe), qui peuvent varier selon les circonstances. Elle se distingue également de l'existence de la chose. Une définition authentique doit faire saisir l'essence d'une chose, d'un être.
IDÉE
L'Idée (eidos), dans les dialogues platoniciens de la maturité, ne se confond pas avec une simple représentation entale : elle estl'élément permanent, stable,objectif, que la pensée cherche à . découvrir, à dévoiler, par le jeu: des définitions et de l'argumentation dialectique. Elle acquiert peu à peu dans l'oeuvre de Platon, et notamment dans La République, une réalité qui la situe au-delà du monde sensible, dans un monde intelligible, pur et permanent, par rapport auquel le monde qui nous est donné par les sens, trop incertain et changeant , est ravalé au rang d'ombre et dl' reflet.
IRONIE
L'ironie est la principale arme rhétorique de Socrate dans les premiers dialogues de Platon. Elle prend souvent la forme d'une feinte adhésion aux opinions émises ou d'une admiration exagérée pour un propos, et doit aider l'interlocuteur à prendre conscience de la fausseté ou de l'absurdité de ses opinions. Elle a une fonction pédagogique et stimulante plus que négative.
RÉPUBLIQUE (Politeia)
L'ouvrage de Platon est connu dès l'Antiquité sous le titre Politeia ; c'est le titre employé par Aristote et Cicéron dans leurs citations. Le double titre Politeia ou de la justice a été avancé par le philosophe et grammairien Thrasylle. La traduction qui a prévalu, République, n'est pas la plus indiquée, puisque politeia signifie « constitution d'une cité », « forme de gouvernement » ou « régime politique ».
 SOPHISTE
Les sophistes sont des professeurs qui prétendaient dispenser aux jeunes gens du monde grec une « sagesse » - le terme vient de sophos, habile, sage - consistant essentiellement en un savoirfaire technique, en un art, celui de la parole. Gorgias et Protagoras sont présentés dans les dialogues de Platon qui portent leurs noms comme des interlocuteurs dignes d'intérêt, notamment à cause de leur maîtrise du langage, mais aussi comme les adversaires par excellence de Socrate, et de pseudo-maîtres. Pourtant Socrate, aux yeux des simples Athéniens, comme dans les comédies d'Aristophane, pouvait aisément passer luimême pour sophiste.

SCIENCE (épistèmè)
Il en va tout autrement dans La République. La science, connaissance infailliblement vraie, est à la portée de l'homme. Elle concerne uniquement les êtres intelligibles ; « rien de ce qui relève des choses sensibles n'est l'objet de la science » (La République VII, 529b). La fin du Livre V de La République (476c-480a) est consacrée à la distinction entre la science ou connaissance (gnômè) et l'opinion. La science est le contenu de pensée de celui qui saisit les Idées (cf. Idée), tandis que l'opinion (doxa) est le contenu de pensée de celui qui ne saisit que les apparences, qui confond la réalité avec les images qu'il en forme.
VERTU (arètè)
La question de la vertu est capitale dans les dialogues de la jeunesse de Platon, mais aussi dans ses dialogues de la maturité.
Elle est abordée dans ses premiers  dialogues, dits socratiques ; dans leur majorité, ils traitent de vertus  particulières le Lachès du courage (andreia), l'Euthyphron de la piété (hosiotès), le Charrmide  de la tempérance ou modération ou sagesse pratique (sophrosunè),le Lysis de l'amitié (philia).
Dans La République, Platon s'appuie sur cette tradition, mais propose sa propre partition ; l'essentiel n'est pas qu'il opte pour quatre (au lieu de cinq) vertus cardinales sagesse, courage, tempérance et justice (Livre IV, 427e-444a), mais qu'il les redistribue autrement, tout d'abord, en dotant ces termes d'un sens technique propre à sa philosophie et, ensuite et surtout, en érigeant la justice en vertu principale qui englobe les trois autres.
La sagesse (sophia) (Livre IV, 428b-429a) a un sens purement cognitif (et non moral) dans ce contexte ; en effet, Platon emploie souvent indifféremment les termes sagesse, science (épistèmè) et réflexion ou pensée (phronèsis). Pour cette raison, certains traducteurs préfèrent rendre sophia par savoir, réservant le terme sagesse pour traduire le grec
sophrosunè (Protagoras,trad. Fr. Ildefonse, GF-Flammarion, 1997).
Le courage (andreia) (Livre IV, 429a-430c) est une vertu décisive dans toute l'oeuvre de Platon. Dans le Protagoras est établie l'identité entre le courage et la sagesse ou savoir (3584-362a). Dans les derniers ouvrages politiques de Platon,  est accentuée la nécessité de combiner le courage (vertu primordiale chez les Spartiates et chez les Crétois) et la tempérance (vertu primordiale chez les Athéniens).

Dans La République, sophrosunè signifie tempérance, modération, maîtrise des appétits ou contrôle de soi (Livre IV, 430d-432b) ; le sens de ce terme est donc différent de celui qu'il avait dans les dialogues précédents de Platon, où il signifiait sagesse pratique ou bon sens (par exemple dans le Charmide et dans le Protagoras).
Enfin, la justice (dikaiosunè) (Livre IV, 432b-444a) est la vertu par excellence, puisqu'elle constitue la pratique des trois autres vertus cardinales, alors que dans le Ménon toutes les vertus étaient ramenées à la réflexion (phronèsisj.
Cependant la partition de la vertu ne doit pas cacher sa profonde unité, sur laquelle Platon ne cesse d'insister à travers toute son oeuvre (cf. Protagoras, 329b sqq. Ménon La République, 427d-434d ; Le Politique, 306a et Les Lois, 963a-9646)
.
 (Extraits de la République , présentation  et analyse Yannis Prélorentzos et de Hippias majeur, présentation et analyse  Jean Lacoste)
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Vendredi 17 novembre 2006
                                          Michèle Alliot-Marie est contre.
Et pourquoi donc?
Parce que c'est .... trop à gauche ? connoté à droite? pas juste?

Je ne comprends pas!
Quelqu'un , s'il vous plaît, pourrait-il m'expliquer?
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Vendredi 17 novembre 2006
Donc c'est elle!
 La menace de devoir rester  bouclés à double tour  (punis?collés?) 35h  par semaine dans nos bahuts  devient plus insistante.
  Post scriptum numéro 1: Ca me donne une idée de sujet de dissert: "l'avenir peut-il être objet de désir?"
Et une  autre:  "Un ordre peut-il être juste?"   (la notion d' "ordre juste" est platonicienne, donc très marquée à droite,et anti démocratique à souhait. Qui dit "ordre" dit hiérarchie. La démocratie est un désordre savamment entretenu, une instabilité périlleuse, un système précaire , et conflictuel, géré au mieux. Le "pire des règimes" en somme ! ...)

Post- scriptum numéro deux:  je suis peut-être un peu sceptique à propos du royalisme. Mais j'apprends ce soir en lisant le monde que "la défiance envers les hommes politiques est un corollaire de la démocratie"  (Patrick Jarreau, page 2) Ce qui me donne une autre idée de sujet: "pourquoi la défiance envers les hommes politiques est-elle un corollaire de la démocratie?", (lecture de Tocqueville conseillée. Il y répond très bien)
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Vendredi 17 novembre 2006
                                          "Nous souhaitons que Marie-Georges soit désignée comme candidate (de la  gauche) par  "consensus"..." ( dixit Clémentine Autain, entendue sur LC I ...)
COMMNENT CELA?
 Comment faire pour obtenir un "consensus" en partant de points de vues très diversifiés , et d'un électorat potentiel  fort divisé, comme nul ne peut l'ignorer. Les communistes,,  ou apparentés, ou collectifs à majorité communiste, veulent Marie-Georges Buffet, mais quid des autres?
 Quelqu'un pourrait-il m'éclairer? Il y  a quelque chose qui m'échappe...
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