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Mercredi 22 novembre 2006
Bonjour

Une conférence intitulée "Peau et image : une dialectique entre le visage et la viande", au Séminaire Interart du jeudi 30 novembre 06, à 9h.30 du matin. Claude Amey (Paris VIII) fera également une communication intitulée "Le revers de l'image". Président de séance : Marc Jimenez. Ce séminaire propose dix séances dans l'année. Son comité scientifique réunit des universitaires de l'EHESS, Paris 1, III, IV,VIII et X. Le thème de cette année est "Art et image". Il a lieu le jeudi matin à Paris 1 Panthéon, 12 place du Panthéon, salle 216, 2e étage (entrée également rue Cujas). Les actes sont publiés dans la collection "Université des arts", aux Editions Klincksieck-Les Belles Lettres, Paris.

Stéphane Dumas

 (Image de Head of a woman de Francis Bacon)
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Mercredi 22 novembre 2006
                            Spectacle en partie chanté, écrit par Hélène Delavault ,  interprété par elle et le musicien J.P. Drouet , au Théâtre du Rond-Point.
 C'est spirituel et joyeux, et assez instructif en ce qui concerne la psychanalyse. Je le recommande aux collègues... (pour y aller avec les élèves de terminales)
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Mercredi 22 novembre 2006
                                                                                                     

Très bel article de Gilles Bernheim, sur les Etats-Unis : "le pays des aventures intellectuelles". Le monde, 22 novembre 2006
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Mercredi 22 novembre 2006
Je voudrais bien savoir pourquoi aucun candidat ne nous parle de la dette publique de la France et de l'indispensable traitement de choc  pour la réduire? C'est dans le Monde du 22 novembre, par P.A. Delhommais

Quelqu'un a une idée ? (peut-être n'est-ce pas un thème très porteur?)
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Mercredi 22 novembre 2006
"Ségolène invite les français à définir eux-mêmes l'ordre juste"  (Le monde du 22 nov)
 Il y a du pain  sur la planche.
 Commençons donc par relire l'Ethique à Nicomaque, puis la Somme théologique de Saint Thomas d'Aquin...
 Et enfin bien sûr: Théorie de la justice de John Rawls (on peut s'aider des fiches mises en ligne par moi ces derniers mois) .Les entrées correspondantes dans Philosophie de A à Z  peuvent aussi être utiles.
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Mercredi 22 novembre 2006
G. DELEUZE (1925-1995)
Deleuze    s'en prend ici violemment à la psychanalyse:

"Contre la psychanalyse nous n'avons dit que deux choses : elle casse toutes les productions de désir, elle écrase toutes les formations d'énoncés. Par là, elle brise l'agencement sur ses deux faces, l'agencement machinique de désir, l'agencement collectif d'énonciation. Le fait est que la psychanalyse parle beaucoup de l'inconscient, elle l'a même découvert. Mais pratiquement, c'est toujours pour le réduire, le détruire, le conjurer. L'inconscient est conçu comme un négatif, c'est l'ennemi. « Wo es war, soli Ich werden. » On a beau traduire : là où c'était, là comme sujet dois-;., advenir - c'est encore pire (y compris le « soll », cet étrange « devoir au sens moral »). [...] Des désirs, il y en a toujours trop, pour la psychanalyse : « pervers polymorphe ». On vous apprendra le Manque, la Culture et la Loi. [...]
Nous disons au contraire : l'inconscient, vous ne l'avez pas, vous ne l'avez jamais, ce n'est pas un « c'était » au lieu duquel le « Je » doit advenir. Il faut renverser la formule freudienne. L'inconscient, vous devez le produire. [...] L'inconscient, c'est une substance à fabriquer, à faire couler, un espace social et politique à conquérir. Il n'y a pas de sujet du désir, pas plus que d'objet. Il n'y a pas de sujet d'énonciation. Seuls les flux sont l'objectivité du désir lui-même. Le désir est le système des signes a-signifiants avec lesquels on produit des flux d'inconscient dans un champ social. Pas d'éclosion de désir, en quelque lieu que ce soit, petite famille ou école de quartier, qui ne mette en question les structures établies. Le désir est révolutionnaire parce qu'il veut toujours plus de connexions et d'agencements. Mais la psychanalyse coupe et rabat toutes les connexions, tous les agencements, elle hait le désir, elle hait la politique ".
GILLES DELEUZE, Dialogues avec Claire Parnet (1995),
Éd. Flammarion, coll. « Champs », 1996, pp. 95-97.

PS: Ce texte étant assez incompréhensible , si l'un de vous est un fin connaisseur de Deleuze, qu'il n'hésite pas à nous proposer son explication du texte.
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Mercredi 22 novembre 2006
Voici le texte le plus célèbre de toute la philosophie occidentale:
"J'avais dès longtemps remarqué que, pour les moeurs, il est besoin quelquefois de suivre des opinions qu'on sait être fort incertaines, tout de même que si elles étaient indubitables, ainsi qu'il a été dit ci-dessus; mais, pour ce qu'alors je désirais vaquer seulement à la recherche de la
 vérité, je pensai qu'il fallait que je fisse tout le contraire, et que je rejetasse, comme absolument faux, tout ce en quoi je pourrais imaginer le moindre doute, afin de voir s'il ne resterait point, après cela, quelque chose un ma créance, qui fût entièrement indubitable. Ainsi, à cause que nos sens nous trompent quelquefois, je voulus supposer qu'il n'y avait  aucune chose qui fût telle qu'ils nous la font imaginer. Et pour ce qu'il y a des hommes qui se méprennent en raisonnant, même touchant les plus simples matières de géométrie, et y font des paralogismes', jugeant que j'étais sujet à faillir, autant qu'aucun autre, je rejetai comme fausses toutes les raisons que j'avais prises auparavant pour démonstrations. Et  enfin, considérant que toutes les mêmes pensées, que nous avons étant éveillés, nous peuvent aussi venir quand nous dormons, sans qu'il y en ait aucune, pour lors, qui soit vraie, je me résolus de feindre que toutes les choses qui m'étaient jamais entrées en l'esprit, n'étaient non plus vraies que les illusions de mes songes. Mais, aussitôt après, je pris garde  que, pendant que je voulais ainsi penser que tout était faux, il fallait nécessairement que moi, qui le pensais, fusse quelque chose. Et remarquant que cette vérité : je pense, donc je suis, était si ferme et si assurée que toutes les plus extravagantes suppositions des sceptiques n'étaient pas capables de l'ébranler, je jugeai que je pouvais la recevoir, sans scru pule, pour le premier principe de la philosophie que je cherchais".
René Descartes, Discours de la Méthode (1637), IV' partie,
Éd. Hatier, coll. Classiques Hatier de la philosophie, 1999, pp. 36-37.
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Mercredi 22 novembre 2006
VOCABULAIRE  DE DESCARTES (les propos entre guillemets sont de Descartes, extraits des Méditations ou  des réponses aux objections)

Dieu : « Substance que nous entendons être souverainement parfaite et dans laquelle nous ne concevons rien qui enferme quelque défaut ou limitation de perfection » Cause efficiente : cause réelle, effective, de quelque chose : « le rien ne peut être la cause efficiente de quelque chose »
Doute : décision de refuser de croire ce qui n’est pas certain ; suspension provisoire du jugement ( Il est hyperbolique chez Descartes) .
Hyperbolique : exagéré, démesuré.
Radical : qui vise non pas le contenu du savoir, mais ses principes, qui s’attaque à la base.
Esprit : Substance  dans laquelle réside immédiatement la pensée.
Substance : « ce qui peut exister séparément » : ou encore «  toute chose dans laquelle réside quelque propriété ou attribut en tant que sujet » .
Corps : sujet de l’extension (étendue) et des accidents qui présupposent l’extension figure, situation, mouvement (nota bene : l’étendue désigne la chose étendue, dont l’extension est la propriété).
Attributs : Propriétés d’une substance. L’ « attribut essentiel » est tel que la substance ne se peut concevoir sans lui (l’étendue est l’attribut essentiel du corps, la conscience l’attribut essentiel de l’âme).
Accidents :  propriétés de la substance ( qui n’existent pas indépendamment d’elle). Une propriété accidentelle (non essentielle)  est une propriété qu’on peut ne pas avoir par opposition aux propriétés substantielles qui font qu’une chose est ce qu’elle est.
Certain : ce dont il est absolument impossible de douter.
Esprit :  Substance  dans laquelle réside immédiatement la pensée.
Imagination : faculté de se représenter les choses matérielles en leur absence (« Une certaine application de la faculté qui connaît au corps qui lui est intimement présent » Méditation 5). Exemple : on peut imaginer un triangle , mais pas un chiliogone (figure à mille côtés)
Entendement : faculté de former des idées claires et distinctes ; puissance de concevoir.  Seul il nous permet de percevoir (« inspection de l’esprit »)les objets pour ce qu’ils sont : c’est-à-dire en comprenant ce que nous voyons : « Je comprends par la seule puissance de juger qui réside en mon esprit ce que je croyais voir de mes yeux » (Seconde Méditation)
Idée :  Tout ce qui est conçu par l'esprit et qui représente quelque chose : « tout ce qui est dans notre esprit lorsque nous concevons une chose, de quelque manière que nous la concevions » (à ne pas confondre avec les images qui « dépendent de la « fantaisie corporelle » ni avec les autres « pensées » : « jugements » et « actions et affections ». (Nota bene : les idées en tant que telles ne peuvent être vraies ou fausses : seuls les jugements peuvent l'être . Exemple : « j e vois un lion », n'est ni vrai ni faux. Mais « il y a un lion » est vrai ou faux)
Clair : (par opposition à obscur):   présent et manifeste à un esprit attentif
Distinct : (par opp. à confus) : parfaitement clair. Dont tous les éléments sont clairs. Qui ne comporte aucun élément confus ou caché.
Evident : est évidente une idée « tellement claire et tellement distincte que même les plus extravagantes suppositions des sceptiques ne peuvent le mettre en doute »
Image : représentation singulière, sensible, d'une chose corporelle. Une image est comparable à une peinture.
Jugement : acte d'affirmer ou de nier
Percevoir ; identifier quelque chose, ce que seule peut faire une pensée.
Qualités sensibles : ce que nous livrent nos cinq sens (couleur, odeur, saveur) , et qui ne nous renseigne pas sur la vraie réalité des choses . Le qualités « premières » sont celles qui sont stables et toujours perçues ( poids, solidité, extension),  les qualités « secondes » sont fluctuantes (chaleur, couleur, consistance..)
Réalité matérielle et formelle des idées :
Matérielle : en tant qu'idée, en tant que opération de l'esprit
Formelle : en tant que représentation (d'autre chose) pouvant donc attester de la réalité (« formelle ») d'autre chose.
Réalité formelle et objective (de quelque chose) : La réalité « objective » est le contenu représentatif (dans le cas d'une idée ) par exemple la réalité objective de l'idée d'homme, c'est l'homme. La réalité « formelle » de l'idée, c'est l'idée en tant qu'elle a une réalité effective, c'est-à-dire susceptible de produire des effets.
Formellement /Objectivement : Formel, en général, la réalité formelle de quelque chose, c'est sa capacité d'agir de produire des effets. Une chose est formellement dans quelque chose (formellement signifie : réellement) . Mais une chose n'existe qu' « objectivement » par représentation
Formellement / Eminemment :Formellement : effectivement. Eminemment : effectivement, mais à un plus haut degré, d'une manière plus excellente ; (« Il doit y avoir dans la cause d'une idée autant de réalité formelle que cette idée contient de réalité objective » )
Pensée : « tout ce qui est immédiatement en nous et que nous connaissons immédiatement », autrement dit : ce qui reste , une fois éliminée toute extériorité . Je suis une chose pensante c'est-à-dire : « une chose qui doute, qui conçoit, qui affirme, qui nie, qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi et qui sent ». La pensée, c'est tout ce qui appartient à ma nature, et n'en peut être dissocié.
Sens : faculté par laquelle nous saisissons les choses matérielles .
Substance : « ce qui peut exister séparément » : ou encore «  toute chose dans laquelle réside quelque propriété ou attribut en tant que sujet » ;
Sujet :  la conscience active, en première personne, en tant qu’elle s’oppose à des objets
: philosophie qui prend pour fondement les certitudes et l’activité de la conscience
Vrai : conforme à ce qui existe effectivement. Qui s'impose à mon esprit comme à tout autre esprit.
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Mercredi 22 novembre 2006
                                               

Actuellement, j'explique le Discours avec mes élèves de terminales et les Méditations  avec ceux de H.K.
Si certains d'entre vous ont des questions, profitez-en!
 Je remets en ligne mon vocabulaire, pour tous ceux qui l'auraien laissé passer...
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