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Vendredi 24 novembre 2006
le revoilà!
J'ai indiqué le sommaire dans un commentaire ci dessous dans mon précédent message sur le même sujet;

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Vendredi 24 novembre 2006
 Le Monde ce soir
 Que faire?
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Vendredi 24 novembre 2006
En bas de chaque article, il y a un onglet  " ajouter un commentaire"; cliquez dessus, écrivez votre texte.
 S'il me va (s'il ne contient pas d'insanités!) alors je le valide, en général dans les heures qui suivent. Donc ne vous étonnez pas si vous ne le voyez pas instantanément sur le site. Revenez le lendemain..
Quant ce sont des questions, je réponds en même temps que je valide..
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Vendredi 24 novembre 2006
Voici le texte de Nietzsche auquel R. Redeker fait allusion. le dernier homme , c'est nous. Portrait peu  flatteur!


"Je leur parlerai de ce qu'il y a de plus méprisable au monde, je veux  dire du "Dernier Homme".
Et Zarathoustra parla au peuple en ces termes
« Il est temps que l'homme se fixe un but. Il est temps que l'homme  plante le germe de son espérance suprême.
Son sol est encore assez riche pour cela. Mais ce sol, un jour, de pauvre et débile, ne pourra plus donner naissance à un grand arbre.
Hélas! le temps approche où l'Homme ne lancera plus par-delà l'humanité la flèche de son désir, où la corde de son arc aura désappris de vibrer.
Je vous le dis, il faut avoir encore du chaos en soi pour enfanter une  étoile dansante. Je vous le dis, vous avez encore du chaos en vous.
Hélas ! Le temps vient où l'homme deviendra incapable d'enfant une étoile dansante. Hélas ! ce qui vient, c'est l'époque de l'homme méprisable entre tous, qui ne saura même plus se mépriser lui-même
Voici, je vais vous montrer le Dernier Homme:
« Qu'est-ce qu'aimer? Qu'est-ce que créer? Qu'est-ce que désirer? Qu'est-ce qu'une étoile? » Ainsi parlera le Dernier Homme, en clignant de l' oeil.
La terre alors sera devenue exiguë, on y verra sautiller le Dernier  Homme qui rapetisse toute chose. Son engeance est aussi indestructible que celle du puceron; le Dernier Homme est celui qui vivra le longtemps.
« Nous avons inventé le bonheur », diront les Derniers Hommes en clignant de l'oeil.
Ils auront abandonné les contrées où la vie est dure ; car on a besoin de  la chaleur. On aimera encore son prochain et l'on se frottera contre lui, car il faut de la chaleur.
La maladie, la méfiance leur paraîtront autant de péchés ; on n'a qu'à  prendre garde où l'on marche ! Insensé qui trébuche encore sur les  pierres ou sur les hommes !
Un peu de poison de temps à autre ; cela donne des rêves agréable s; beaucoup de poison pour finir, afin d'avoir une mort agréable.
On travaillera encore, car le travail distrait. Mais on aura soin cette distraction ne devienne jamais fatigante.
On ne deviendra plus ni riche ni pauvre; c'est trop pénible. Qui voudra encore gouverner? Qui donc voudra obéir? L'un et l'autre trop pénibles.
Pas de berger et un seul troupeau ! Tous voudront la même chose pour  tous,  seront égaux; quiconque sera d'un sentiment différent e  entrera  volontairement à l'asile des fous.
Jadis tout le monde était fou », diront les plus malins, en clignant de l'oeil.
On sera malin, on saura tout ce qui s'est passé jadis; ainsi l'on aura de quoi se  gausser sans fin. On se chamaillera encore, mais on se réconcilie bien  vite, de peur de se gâter la digestion.
On aura  son petit plaisir pour le jour et son petit plaisir pour la nuit; mais on révérera la santé.
"Nous avons inventé le bonheur », diront les Derniers Hommes, en clignant de l'oeil".

Ici prit  fin le premier discours de Zarathoustra qu'on appelle aussi le prologue : car à ce moment les cris et l'hilarité de la foule l'interrompirent. "Donne-nous   ce Dernier Homme, ô Zarathoustra, criaient-ils; fais de nous ces Derniers Hommes ! Et garde pour toi ton Surhumain ! » Et tout le peuple  exultait et faisait entendre des claquements de langue. Mais Zarathoustra  en fut affligé et se dit en son coeur:  "Ils ne  me comprennent point, je ne suis pas la bouche qui convient à ces oreilles".
 

Nietzsche Ansi parlait Zarathoustra (1883-1885)  Oeuvres , pp334-335, Mille et Une pages , Flammarion
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Vendredi 24 novembre 2006
Autre son de cloche, celui de José Saramago, prix Nobel de littérature dans le monde du 24 novembre)
 Extrait:
 (la démocratie n'est qu'une façade)  "On pourra me rétorquer que, en tant que citoyen et grâce au vote, on peut changer un gouvernement ou un président, mais ça s'arrête là. Nous ne pouvons rien faire de plus, car le vrai pouvoir aujourd'hui,  c'est le pouvoir économique et financier, à travers des institutions et des organismes comme le FMI (Fonds monétaire intenational) ou l'OMC (Organisation mondiale du commerce) qui ne sont pas démocratiques. Nous vivons dans une ploutocratie. la vieille phrase, "la démocraie, c'est le gouvernement du peuple, pour le peuple et par le peuple" est devenu "le gouvernement des riches par les riches et pour les riches"

 Lire  La lucidité, au Seuil
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Vendredi 24 novembre 2006

Voici un article de Redeker paru dans le Monde des livres hier, sur Manent expliquant Tocqueville (trois grands esprits réunis!) Notez bien cet artice lumineux (sur la  démocratie, sur la souffrance démocratique).

Comment bien aimer la démocratie ?

"Disciple de Raymond Aron, le philosophe Pierre Manent est l'un des représentants du courant libéral en France. Gallimard vient de rééditer l'ouvrage par lequel ce Toulousain s'est imposé en 1981 sur la scène intellectuelle.
Si l'univers politique dans lequel nous vivons accomplit un régime que Tocqueville observa à sa naissance -la démocratie -, alors la reprise de ses concepts et analyses se révèle indispensable pour comprendre le présent du monde. Il faut, pour ce faire, traverser ses deux grands ouvrages, De la démocratie en Amérique et L'Ancien régime et la révolution. Manent, dans cette traversée, s'avère le plus subtil des pilotes.
La démocratie sépare les individus au nom du doublet liberté/égalité. Elle disjoint le corps social en étendant à tout individu la liberté ; elle détruit par là les solidarités, effaçant les influences individuelles. Chacun est désormais son propre centre de gravité, à égalité avec tous les autres. Le rôle de l'art politique atténuer, à travers les institutions, les dégâts de la démocratie, en reconstituant autrement les liens que la démocratie défait. C'est un travail de Sisyphe. Dans l'aristocratie, ces liens sont donnés, dans la démocratie , ils sont à réinventer à chaque instant.
Du fait de l'égalité, la société se sépare des individus, pour parvenir, à travers l'opinion commune, à les régir depuis l'extérieur. En démocratie, l'opinion est le pouvoir social. La pression de l'opinion étouffe la liberté intellectuelle, si vive sous l'aristocratie.
 L' "omnipotencede la majorité » se manifeste par cette tyrannie de l'opinion à laquelle nul n'échappe. Cependant, cet étiolement de la liberté effective de penser, si symptomatique de la démocratie, ne ressemble pas au conformisme classique. Le conformisme s'appuyait sur les liens et les solidarités hérités ; la tyrannie de l'opinion s'appuie, au contraire, sur l'isolement des hommes. Manent le rappelle, pour l'homme démocratique, « le contenu de l'opinion importe moins que le fait qu'elle soit celle de la majorité ».

Passion du bien-être
Régime inouï, la démocratie conduit à la question anthropologique : mais qu'est-ce que l'homme démocratique ? Essentiellement ceci : c'est celui qui voit dans tout homme un semblable. L'homme démocratique, dévoré par la passion du bien-être matériel, est animé par le désir d'acquérir et la crainte de perdre. Tocqueville anticipe Nietzsche avec le constat suivant : la démocratie favorise la paresse intellectuelle, autant que, par le biais de l'os - nion, elle paralyse les forces les meilleures de l'humanité. C'est au sein des régimes inégalitaires, en particulier dans l'aristocratie, que certains hommes atteignent au sublime. L'aristocratie favorise les vertus les plus élevées. La démocratie contient un paradoxe : se voulant l'universalisation de la nature humaine sous la figure de l'égalité, elle met en danger, en rabattant l'ambition humaine sur le bien-être matériel, cette même nature humaine. La démocratie - Tocqueville renvoie à la vanité la nostalgie réactionnaire d'un régime aristocratique qui ne reviendra pas - se trouve devant un défi : comment permettre à certains hommes d'atteindre les sommets de l'humain, alors que sa propension la pousse à nanifier l'homme. L'homme démocratique, en effet, n'est-il pas le               « dernier homme » nietzschéen ?
La démocratie, régime social, ne peut échapper à ses dangers qu'en étant modérée par la politique, qu'a priori son essence exclut. L'extension immodérée de son principe met en danger l'humain, la créativité. L'axe du livre de Manent nous concerne, définissant l'enjeu de la politique aux siècles démocratiques : comment modérer la démocratie afin de préserver la possibilité de l'humain ? Aimer bien la démocratie c'est, conclut l'auteur, « l'aimer modérément ».
ROBERT REDEKER
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Vendredi 24 novembre 2006
                                                  Pas tant que ça  d'après Emmanuel Todd ce matin dans libé
 (sans vouloir être méchante ni rabat-joie,  ni rien, le papier hier dans le Monde   hier sur la Novlang imposée par Ségolène Royal dans les rangs socialistes a de quoi  faire frémir: "Ségolène Royal dira"vie chère" plutôt que "pouvoir d'achat")
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Vendredi 24 novembre 2006
Les fantasmes de dévoration, automutilation, cannibalisme sont omniprésents dans notre imaginaire collectif.
 L'homme  divisé souffre.  Les ados souffrent (de la désaffiliation, du démantélement des familles, de l'anomie...). Du chômage.
 C'est la société individualiste, en premier,  qui nous fait souffrir. Enfin ce n'est pas moi qui le dit .. C'est Tocqueville. Voir fil suivant.
 Au cinéma , sur le cannibalisme , je recommande Trouble every day, sur l'automutilation: Dans ma peau, de Marina De Van.
 Laquelle semble assagie depuis qu'elle travaille avec Bonitzer ("Je pense à vous" Voir le papier de Baptiste sur le blog bleu)
 
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Vendredi 24 novembre 2006
                                              
Je me suis souvent  demandée pourquoi ce film de David Fincher était une telle référence..
Des éléments de réponse ce matin dans Libé; la quatrième page est consacrée à  Chuck Palahniuk, auteur du roman qui inspira le film
Extrait (expurgé)   du papier de Sabrina Champenois "Il vient d'achever la lecture publique de Guts (tripes), une nouvelle où un ado... se fait happer le grand intestin par une bouche d'aspiration de la piscine familiale -il s'y était collé pour une séance d'onanisme pas piquée des hanetons"

 Vouis avez compris , "Chuck Palahniuk est un "Brett Easton Willis" new age, et le nouveau phénomène du roman noir américain.." dixit S. Champenois.
 Quant à son message..... ("Pas de message. Une autre question?")
 L'histoire de sa vie est en tout cas assez stupéfiante.
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Vendredi 24 novembre 2006
                                                    
C'était dans le  Monde  du 24 novembre: vous n'avez plus qu'à vous abonner!
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