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Mercredi 8 novembre 2006
AFFECTION
Mouvement de la sensibilité, c est-à-dire tout changement d'état provoqué par une cause extérieure. Il existe deux affections : le plaisir et la douleur, mais pour Epicure, seul le premier est conforme à la nature. Elles permettent de déterminer les choix des hommes.
AMITIÉ
Relation étroite et active entre deux (ou plusieurs) personnes, fondée sur l'inclination .L'amitié est le plus grand bonheur de notre vie. Le sage vit à l'écart du monde et de la politique avec des amis, sages comme lui, qui peuvent le comprendre et avec lesquels il peut avoir des échanges. L'amitié lui donne confiance en l'avenir.

ANGOISSE
L'angoisse est le résultat d'une mauvaise représentation des choses et de l'avenir, c'est-à-dire du préjugé. C'est une agitation, comme une mer tumultueuse. C'est l'état le moins plaisant et le moins philosophique.
AUTARCIE
L'autarcie est la capacité qu'a le sage de se suffire à lui-même, de n'attendre ni des dieux ni des autres hommes ce que sa raison peut mettre à sa portée. Ce n'est pas un égoïsme facile. Cette indépendance permet au sage de jouir pleinement des plaisirs qui lui sont offerts. La conséquence politique de cette idée est la recherche par Epicure d'une communauté autarcique qui, dans toute la mesure du possible, ne dépend pas du reste du monde.
 DÉSIRS
Les désirs sont ce qui détermine notre volonté. Ils peuvent être naturels et nécessaires, naturels mais non nécessaires, ou bien non naturels et non nécessaires. Le sage recherche les premiers et rejette les autres, fruits d'une civilisation décadente.
DOULEUR
Sensation dont on cherche à se défaire et dont l'absence est le plaisir même. Mais Epicure est optimiste en ce qui concerne- la douleur : il pense que les grandes douleurs sont courtes tandis que les longues douleurs sont de faible intensité.
HASARD
Épicure refuse l'idée d'une nécessité implacable qui régirait le destin des hommes. Il y a deux types d'événements dans la vie humaine: ceux qui dépendent des hommes et ceux qui dépendent du hasard ou de la « fortune ». On ne peut agir que sur les premiers. Il faut donc accepter le hasard sans s'en préoccuper et réussir à tirer du plaisir de ce qui dépend de soi.
INTUITION
Le terme grec est prolèpsis. On peut aussi le traduire par « anticipation » ou « prénotion ». Lorsqu'une sensation est plusieurs fois répétée, elle laisse en nous une empreinte qui nous donne la possibilité de devancer les sensation- futures ; cette anticipation devra être confirmée ou infirmée par la sensation à venir. La prolèpsis s'oppose à l'upolèpsis, que l'on peut traduire par «,supposition » ou « imagination », qui ne repose sur aucune sensation et ne peut en aucune façon conduire à une connaissance juste.
JUSTICE
La justice relève d' un contrat. Les individus s'engagent à ne pas se nuire parce qu'ils comprennent que c'est le seul moyen de vivre en communauté. L'injustice est le non-respect de cet engagement et elle engendre la crainte d'être découvert et puni. C'est en ce sens seulement qu'elle est un mal.
LIBERTÉ
La liberté est l'indépendance qu'acquiert le sage vis-à-vis des choses extérieures. La vie humaine n'est pas soumise à la nécessité. Les hommes ont donc la possibilité de décider de leur vie et donc d'accéder la liberté.
MORALE
La morale est l'une des trois parties de la philosophie. Les deux autres sont la canonique (la logique) et la physique.
MORT
La mort est absence de sensations. La craindre est donc une absurdité car il ne peut y avoir de douleur dans la mort. C'est en prenant conscience de la réalité de cet état d'absence de sensations que l'homme peut se libérer de sa crainte et vivre heureux,
PHILOSOPHIE
La philosophie a une visée pratique : elle doit permettre à chacun de bien vivre. Une bonne connaissance de la nature et de ses lois libère l'homme de l'angoisse et du trouble qui l'empêchent d'accéder au bonheur.
PIÉTÉ
Epicure critique les opinions populaires pour lesquelles les dieux interviennent dans les événements du monde. De telles croyances ne sont que superstition. Épicure
recommande, en revanche, la piété à l'égard des dieux qui doivent être pour nous des modèles.
La piété es tle fait de regarder toute chose du monde avec sérénité.
PLAISIR
Le plaisir est un bien nécessaire au bonheur, mais seulement s'il est bien compris. Il ne doit pas asservir l'homme. Or rechercher le plaisir à tout prix et suivre tous ses désirs devient un esclavage. Chacun doit donc apprendre à maîtriser ses plaisirs, à se contenter de peu. Car le plaisir suprême, c'est de vivre sans souffrance et sans crainte. Le plaisir que recherche Épicure est donc un plaisir « en repos ».
PRUDENCE
La prudence, phronèsis, est la vertu du sage. Elle est une attitude pratique, une force de l'esprit qui met l'homme prudent à l'abri des principaux écueils de l'existence. Elle a pour mission de calmer les désirs non nécessaires.
SAGE
Le sage est celui qui applique strictement les critères de la vérité et suit par là même, sans faille, sa propre nature. Tout le monde n'a pas la capacité de le devenir. Sa vertu essentielle est la prudence.
SENSATION
Le mot grec est aisthèsis, et il signifie « perception ». La sensation est l'empreinte déposée par l'objet sur le sujet lors de leur contact dans la perception. Elle est donc objective et peut être un critère de vérité.
SÉRÉNITÉ
La sérénité de l'âme est la composante essentielle du bonheur. Cet état intérieur de paix et de calme s'appelle aussi ataraxie,' du grec ataraxîc, qui signifie « absence de trouble ». Le principal obstacle à cette sérénité est la crainte, celle des dieux et celle de la mort. C'est après avoir formé une idée juste de la nature au sein de laquelle il vit, que l'homme pourra se libérer de ses peurs. L'ataraxie est donc le contraire d'une indifférence ou d'un laisser-aller.

 ( EXTRAIT DE CLASSIQUES DE LA PHILOSOHIE, PRESENTATION DE "LETTRE A MENECEE" PAR PIERRE PENISSON)
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Mercredi 8 novembre 2006
Qu'est-ce donc que le moi?


Quel est donc ce "moi" que certains philosophes considérent comme notre réalité "substantielle"? Il est bien difficile à appréhender!

"Il est des philosophes qui imaginent que nous sommes à chaque instant intimement conscients de ce que nous appelons notre moi, que nous en sentons l'existence et la continuité d'existence, et que nous sommes certains, avec une évidence qui dépasse celle d'une démonstration, de son identité et de sa simplicité parfaites. La sensation la plus forte, la passion la plus violente, disent-ils, loin de nous détourner de cette vue, ne la fixent que plus intensément et nous font considérer, par la douleur ou le plaisir qui les accompagne, l'influence qu'elles exercent sur le moi. Tenter d'en trouver une preuve supplémentaire serait en atténuer l'évidence, puisqu'on ne peut tirer aucune preuve d'un fait dont nous sommes si intimement conscients, et que nous ne pouvons être sûrs de rien si nous en doutons. [...]
Pour moi, quand je pénètre le plus intimement dans ce que j'appelle moi-même, je tombe toujours sur une perception particulière ou sur une autre, de chaleur ou de froid, de lumière ou d'ombre, d'amour ou de haine, de douleur ou de plaisir. Je ne parviens jamais, à aucun moment, à me saisir moi-même sans une perception et je ne peux jamais rien observer d'autre que la perception. Quand mes perceptions sont absentes pour quelque temps, quand je dors profondément, par exemple, je suis, pendant tout ce temps, sans conscience de moi-même et on peut dire à juste titre que je n'existe pas. Et si toutes mes perceptions étaient supprimées par la mort, si je ne pouvais plus penser, ni éprouver, ni voir, aimer ou haïr après la destruction de mon corps, je serais entièrement anéanti et je ne conçois pas du tout ce qu'il faudrait de plus pour faire de moi une parfaite non-entité".
David Hume, Traité de la nature humaine, livre I, L'Entendement (1739),

IV, partie, section VI, trad. Ph. Saltel et Ph. Baranger,

Flammarion, coll. «GF», 1995, p. 342-344.
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