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Jeudi 14 décembre 2006

A propos du livre de  la très jeune Ludivine Thaiw-Po-Une  (un nom à retenir !)  :
" Tout se passe comme s il nétait plus d utopie possible que morale"   écrit  Alexandra Laignel-Lavastine    ce soir dans le  Monde des livres


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Jeudi 14 décembre 2006
(aucun rapport avec le billet précédent!)

 Les peuples se reconnaissent dans leurs "grands hommes"   qui  leur apparaissent  comme des guides, des "conducteurs d'âmes". Ce  sont  les grands hommes  qui nous indiquent ce que nous voulons; il est  en effet difficile pour chacun d'entre nous de savoir ce qui est véritablement désirable et souhaitable.  Mais, au bout du compte, les grands hommes seront jugés du point de vue de l'Universel, comme l'avait si bien vu Périclès  (voir billet suivant)

"Il est difficile de savoir ce qu'on veut. On peut certes vouloir ceci ou cela, mais on reste dans le négatif  (1 et le mécontentement. Mais les grands hommes savent aussi que ce qu'ils veulent est l'affirmatif. C'est leur propre satisfaction qu'ils cherchent : ils n'agissent pas pour satisfaire les autres. S'ils voulaient satisfaire les autres, ils eussent eu beaucoup à faire parce que les autres ne savent pas ce que veut l'époque et ce qu'ils veulent eux-mêmes. Il serait vain de résister à ces personnalités historiques parce qu'elles sont irrésistiblement poussées à accomplir leur œuvre. Il appert  (2 par la suite qu'ils on eu raison, et les autres, même s'ils ne croyaient pas que c'était bien ce qu'ils voulaient, s'y attachent et laissent faire. Car l'œuvre du grand homme exerce en eux et sur eux un pouvoir auquel ils ne peuvent pas résister, même s'ils le considèrent comme un pouvoir extérieur et étranger, même s'il va à l'encontre de ce qu'ils croient être leur volonté. Car l'Esprit en marche vers une nouvelle forme est l'âme interne de tous les individus ; il est leur intériorité inconsciente, que les grands hommes porteront à la conscience. Leur œuvre est donc ce que visait la véritable volonté des autres ; c'est pourquoi elle exerce sur eux un pouvoir qu'ils acceptent malgré les réticences de leur volonté consciente : s'ils suivent ces conducteurs d'âmes, c'est parce qu'ils y sentent la puissance irrésistible de leur propre esprit intérieur venant à leur rencontre.
 Si, allant plus loin, nous jetons un regard sur la destinée de ces individus historiques, nous voyons qu'ils ont eu le bonheur d'être les agents d'un but qui constitue une étape dans la marche progressive de l'Esprit universel"
 Friedrich Hegel, La Raison dans l'histoire (1830), traduction K. Papaioannou, Plon 1965, 10/18, pp 123

NOTE 1 : En général, on sait ce que l'on ne veut pas, mais ce que l'on veut reste vague.
NOTE 2 : Il  appert : il apparaît.
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Jeudi 14 décembre 2006
La campagne concoctée par sa fille séduit les français . Voir le Monde ce soir
 Jusqu'où ira-t-il comme cela? Si ça continue, il dépasse les deux leaders!
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Jeudi 14 décembre 2006

Le spectacle accablant de la folie des hommes telle qu'elle se manifeste tout au long de l'histoire ne doit pas nous tromper. Derrière le désordre, derrière la violence et  le chaos apparent,  la raison poursuit son oeuvre, comme une taupe creusant discrétement sa  galerie  à l'abri des regards:

 "Le plus noble et le plus beau nous fut arraché par l'histoire : les passions humaines l'ont ruiné. Tout semble voué à la disparition, rien ne demeure. Tous les voyageurs ont éprouvé cette mélancolie. Qui a vu les ruines de Carthage, de Palmyre, Persépolis, Rome sans réfléchir sur la caducité des empires et des hommes, sans porter le deuil de cette vie passée puissante et
riche ? Ce n'est pas, comme devant la tombe des êtres qui nous furent chers, un deuil qui s'attarde aux pertes personnelles et à la caducité des fins particulières : c'est le deuil désintéressé de la ruine d'une vie humaine brillante et civilisée.
 Cependant  à cette catégorie du changement se rattache aussitôt à un autre aspect : de la mort renaît une vie nouvelle. [...] Ainsi l'Esprit affirme-t-il ses forces dans toutes les directions. Nous apprenons quelles sont celles-ci par la multiplicité des productions et des créations de l'Esprit. Dans la jouissance de son activité il n'a affaire qu'à lui-même. Il est vrai que  lié aux conditions naturelles intérieures et extérieures, il y rencontre non seulement des obstacles et de la résistance, mais voit souvent ses efforts échouer. Il est alors déchu dans sa mission en tant qu'être spirituel dont la fin est sa propre activité et non son œuvre, et cependant il montre encore qu'il a été capable d'une telle activité.
Après ces troublantes considérations, on se demande quelle est la fin de toutes ces réalités individuelles. Elles ne s'épuisent pas dans leurs buts particuliers. Tout doit contribuer à une œuvre. A la base de cet immense sacrifice de l'Esprit doit se trouver une fin ultime. La question est de savoir si, sous le tumulte qui règne à la surface, ne s'accomplit pas une œuvre silencieuse et secrète dans laquelle sera conservée toute la force des phénomènes. Ce qui nous gêne, c'est la grande variété, le contraste de ce contenu. Nous voyons des choses opposées être vénérées comme sacrées et prétendre représenter l'intérêt de l'époque et des peuples. Ainsi naît le besoin de trouver dans l'Idée la justification d'un tel déclin. Cette considération nous conduit à la troisième catégorie, à la recherche d'une fin en soi et pour soi ultime. C'est la catégorie de la Raison elle-même, elle existe dans la conscience comme foi en la toute-puissance de la Raison sur le monde. La preuve sera fournie par l'étude de l'histoire elle-même. Car celle-ci n'est que l'image et l'acte de la Raison".

 Friedrich Hegel, La raison dans l'histoire,
(1830), traduction K. Papaioannou, Plon 1965, 10/18, pp 54-56
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Jeudi 14 décembre 2006
HISTOIRE : (etym : latin historia, du grec istoria, enquête) Sens ordinaire : a) Ensemble des connaissances relatives à l’ évolution,  au passé de  l’humanité b) Ensemble des connaissances humaines relatives à des faits ou des événements situés dans le passé                        ( l‘ « histoire naturelle ») c) Récit d’actions et d’événements réels ou imaginaire ( « raconter une histoire »)  d) La suite des événements historiques (la « marche de l’histoire »)
2) Epistémologie : Discipline ayant pour objet la reconstitution et l’interprétation du passé des sociétés humaines. Cette discipline s’apparente à une science par sa rigueur et son approche
universaliste. Pourtant elle comporte une part irréductible de subjectivité car l’histoire est un récit qui met nécessairement en jeu les partis pris narratifs et l’intelligence singulière de celui qui l’élabore
3) Philosophie générale : déroulement ou devenir global de l’humanité qui implique nécessairement, pour être intelligible, une orientation et même une destination finale (« fin de l’histoire »).  Pour les  philosophies idéalistes (Kant, Hegel), il existe une rationalité profonde qui gouverne le monde et qui en constitue la trame cachée.  L’apparence chaotique  de l’histoire doit donc être dépassée ; pour Hegel, en particulier, les passions des hommes ne sont que les « matériaux » que la raison utilise pour parvenir à son but.  Pour les matérialistes (Marx et Engels) l’histoire repose sur une base matérielle (l’infra-structure économique) qui la détermine « en dernière instance ».  Les approches hégelienne et marxiste sont l’une et l’autre « dialectique » cf ci-dessous), ce qui signifie qu’elles reposent sur l’idée que le « négatif » (les luttes, l’opposition de intérêts, les conflits et leur résolution, la violence en général) joue un rôle majeur dans le progrès historique.

VIOLENCE : (etym : latin vis, « force ») 1) Sens ordinaire : usage illégal ou illégitime de la force, abus de puissance. La violence n’est pas seulement physique, elle peut être morale, politique (exploitation, oppression), insidieuse (embrigadement), sournoise etc…2) Philosophie classique : Pour Aristote, est violent tout mouvement contre nature, à commencer par exemple par le fait de lancer une pierre en l’air. Philosophie contemporaine :  la violence est un forme de refus de l’humanité qui peut prendre des formes très diverses et qui ne se limite pas à la violation de l’intégrité physique ou morale des personnes.  Des insultes racistes, des propos humiliants, la profanation d’un  cimetière, ou un licenciement abusif sont des violences qui ne prennent pas la forme de l’affrontement ou de l’agression. Tout ce qui tend à refuser à un homme ou à une culture le droit à l’expression légitime  est destructeur du monde humain, donc violent.

DIALECTIQUE:  (etym : grec : dialegein de legein « parler », et dia « à travers ») a) Chez Platon : 1) Discussion ou réflexion qui progresse en surmontant les objections et les contradictions opposées par un adversaire,  voire par soi-même. 2) Mouvement ascendant par lequel l’esprit s’élève des apparences sensibles vers les Idées en passant par un certain nombre d’étapes. Pour Platon la dialectique tend à se confondre avec la science.
  b) Chez Hegel : Mouvement de l’esprit dont la contradiction est le moteur. La dialectique n’est pas une méthode chez Hegel, mais le processus d’engendrement  du réel qui se fonde sur ce Hegel nomme le « travail du négatif ». Ce progrès peut être violent (dans les révolutions sanglantes et les guerres) ou non violent,  (notamment  dans la pensée, la science ou la philosophie c) Chez Marx : progrès nécessaire de l’histoire surmontant les contradictions impliquées par les antagonismes économiques et leur traduction idéologique et politique (« la luttte des classes »)
Esprit  (chez Hegel) : principe impersonnel  opposé à la nature  qui introduit la rationalité dans le monde et s’achemine vers l’Idée universelle (l’ Absolu). L’Esprit est une sorte de Dieu immanent au réel  qui gouverne l’histoire et qui progresse un peu  comme une taupe cherchant son chemin vers la lumière. Les individus sont les supports de l’Esprit qui s’auto réalise, et les Grands hommes sont ceux qui  oeuvrent plus ou moins inconsciemment à  la réalisation de l’Universel : le grand homme est le chargé d’affaire de l’Esprit du monde/

DIVIN (chez Hegel) : Dieu au sens philosophique,  c’est-à-dire la substance spirituelle de toute chose qui l’anime et lui fournit sa signification et sa fin (l’avènement de l’Absolu)
 Sublimation : (etym : latin sublimis, « élevé »)1) Chimie : passage d’un état solide à un  état gazeux 2) Sens courant :  processus par lequel un état ou une activité est élevé(e) à un niveau supérieur et purifié. Les œuvres d’art , notamment, nous permettent de sublimer les passions en les représentant et en leur imposant le  carcan  de formes esthétiques  et symboliques 3)  Chez Freud : processus de réorientation et de détournement  de nos pulsions sexuelles et agressives  vers des buts non sexuels et socialement valorisés tels que la création artistique, les mathématiques ou le jeu d’échec

PAIX: (etym : du latin pax « paix » « tranquillité » « calme » 1) Sens usuel : situation de bonne entente et absence de conflits aigus  entre personnes ou bien entre peuples 2) Sens philosophique : le sens est le même, mais les philosophes précisent que l’armistice n’est pas la paix car l’absence d’hostilités peut-être artificielle et fallacieuse.  La paix  doit donc être définie positivement, comme harmonie et concorde fondée sur un sentiment d’appartenance partagée et de solidarité effective. Il n’y a pas de paix sans justice. Pour Kant, la paix ne va jamais de soi, elle doit nécessairement être instituée (Vers la paix perpétuelle)

FIN DE L'HISTOIRE : expression utilisée par Hegel et largement reprise  et commentée depuis la parution de l’ouvrage du philosophe américain Francis Fukuyama  (La fin d’histoire, 1989). La fin de l’histoire est pour Hegel l’avènement de l’Etat (et donc du droit) qui met un terme aux relations historiques foncièrement violentes entre nations qui prévalaient jusqu’au 19 ième siècle. Pour Marx, c’est le communisme qui met un terme définitif à la lutte des classes donc à l’histoire.

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Jeudi 14 décembre 2006


 Voici pourquoi on doit envers et contre tout continuer de croire au progrès. (Il s'agit ici de progrès "moral" ) :


"Cette espérance en des temps meilleurs, sans laquelle un désir sérieux de faire quelque chose d'utile au bien général n'aurait jamais échauffé le coeur humain, a même eu de tout temps une influence sur l'activité des esprits droits et l'excellent Mendelssohn (2 lui-même a bien dû compter là-dessus quand il a déployé tant de zèle en faveur du progrès des lumières et la prospérité de la nation à laquelle il appartient. Car y travailler pour sa part et pour son seul compte, sans que d'autres après lui continuent à s'engager plus avant dans la même voie, il ne pouvait raisonnablement l'espérer. Au triste spectacle, non pas tant du mal que les causes naturelles infligent au genre humain, que de celui plutôt que les hommes se font eux-mêmes mutuellement, l'esprit se trouve pourtant rasséréné par la perspective d'un avenir qui pourrait être meilleur, et à vrai dire avec une bienveillance désintéressée, puisqu'il y a beau temps que nous serons au tombeau, et que nous ne récolterons pas les fruits que pour une part nous aurons nous-mêmes semés. Les raisons empiriques invoquées à l'encontre du succès de ces résolutions inspirées par l'espoir sont ici inopérantes. Car prétendre que ce qui n'a pas encore réussi jusqu'à présent ne réussira jamais, voilà qui n'autorise même pas à renoncer à un dessein d'ordre pragmatique' ou technique (par exemple le voyage aérien en aérostats), encore bien moins à un dessein d'ordre moral, qui devient un devoir dès lors que l'impossibilité de sa réalisation n'est pas démonstrativement établie. Au surplus il ne manque pas de preuves du fait que le genre humain dans son ensemble a, de notre temps par comparaison à celui qui précède, effectivement progressé de façon notable au point de vue moral (de brèves interruptions ne peuvent rien prouver là-contre), et que le bruit qu'on fait à propos de l'irrésistible abâtardissement croissant de notre temps provient précisément de ce que, monté à un degré plus élevé de moralité, il a devant lui un horizon plus étendu et que son jugement sur ce qu'on est, en comparaison de ce qu'on devrait être, partant, le blâme que nous nous adressons à nous-mêmes, ne cessent de devenir plus sévères, à mesure que nous avons déjà gravi davantage de degrés de la moralité dans l'ensemble du cours du monde venu à notre connaissance.
Emmanuel Kant, Sur l'expression courante: il se peut que ce soit  juste en théorie, mais en pratique cela ne vaut rien (1793),

trad. L. Guillermit, Éd. Vrin, 1980, pp. 54-55.
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Jeudi 14 décembre 2006

L''histoire ne eput se réduire à un  embrouillamini  opaque  d'événements. Une lecture philosophique de l'histoire, si l'on en croit Kant, ne doit pas être écartée.  Or, une histoire cohérente, significative ne peut  se concevoir qu'orientée par  une fin.


"Il faut considérer qu'une tentative philosophique pour traiter de l'histoire universelle d'après un plan de la nature qui vise la parfaite union civile dans l'espèce humaine est possible, et même favorable pour ce dessein de la nature. C'est un projet étrange et apparemment absurde de vouloir rédiger l'histoire d'après l'idée du cours qu'il faudrait que le monde suive s'il devait se conformer à des fins raisonnables certaines. Il semble qu'un tel point de vue ne puisse donner lieu qu'à un roman. Si toutefois il est permis d'admettre  que la nature, même dans le jeu de la liberté humaine, n'agit pas sans suivre un plan ni sans viser une fin, cette idée pourrait bien alors devenir utile ; et malgré notre point de vue trop court pour pénétrer le mécanisme secret de son organisation, il nous serait permis de nous servir de cette idée comme d'un fil conducteur pour exposer, du moins dans l'ensemble, en tant que système, ce qui n'est sans cela qu'un agrégat, sans plan, d'actions humaines.[...]
Croire que j'ai voulu, avec cette idée d'une histoire du monde qui a en quelque sorte un fil directeur a priori, évincer l'étude de l'histoire proprement dite qui ne procède que de manière empirique, serait se méprendre sur mon dessein ; ce n'est qu'une pensée de ce qu'une tête philosophique (il faudrait d'ailleurs qu'elle soit très au fait de l'histoire) peut bien tenter en adoptant un autre point de vue. En outre il faut que le souci du détail, sans doute louable, avec lequel on rédige aujourd'hui l'histoire contemporaine porte naturellement chacun à réfléchir à ceci : comment nos descendants éloignés s'y prendront-ils pour porter le fardeau de l'histoire que nous allons leur laisser après quelques siècles ? Sans doute ils apprécieront du seul point de vue de ce qui les intéresse l'histoire des temps plus anciens, dont il se pourrait que les documents aient alors depuis longtemps disparu : ils se demanderont ce que les peuples  et les gouvernements ont accompli de bien ou de mal au point de vue cosmopolitique (1. Prendre garde à cela, de même qu'à l'ambition des chefs d'Etat comme à celle de leurs serviteurs, pour leur indiquer le seul moyen qui peut léguer leur glorieux souvenir à la postérité, c'est peut-être encore un petit motif de plus pour tenter une histoire philosophique".
 Emmanuel Kant
Idée d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique (1784),Traduction Jean-Michel Muglioni,Editions Pédagogie moderne, Bordas ,1981.

1) Cosmopolitique: qui prend en compte le monde dans son ensemble.

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Jeudi 14 décembre 2006




Thucydide a participé à la Guerre du Péloponnèse en tant que stratège. Mais l'histoire telle qu'il l'a conçue  n'est pas seulement le récit des événements ni même une enquête approfondie ("historia" signifie "enquête"). Elle inclut une réflexion critique globale sur le sens des événements;


XXI.-D'après les indices que j'ai signalés  (1, on ne se trompera pas en jugeant les faits tels à peu près que je les ai rapportés. On n'accordera pas la confiance aux poètes, qui amplifient les événements, ni aux logographes (2 qui, plus pour charmer les oreilles que pour servir la vérité, rassemblent des faits impossibles à vérifier rigoureusement et aboutissent finalement pour la plupart à un récit incroyable et merveilleux. On doit penser que mes informations proviennent des sources les plus sûres et présentent, étant donné leur antiquité, une certitude suffisante.
 Les hommes engagés dans la guerre jugent toujours la guerre qu'ils font la plus importante, et quand ils ont déposé les armes, leur admiration va davantage aux exploits d'autrefois ; néanmoins, à envisager les faits, cette guerre-ci apparaîtra la plus grande de toutes.
XXII.- Pour ce qui est des discours tenus par chacun des belligérants, soit avant d'engager la guerre, soit quand celle-ci était déjà commencée, il m'était aussi difficile de rapporter avec exactitude les paroles qui ont été prononcées, tant celles que j'ai entendues moi-même que celles qu'on m'a rapportées de divers côtés. Comme il m'a semblé que les orateurs devaient parler pour dire ce qui était le plus à propos, eu égard aux circonstances, je me suis efforcé de restituer le plus fidèlement possible la pensée complète des paroles exactement prononcées.
Quant aux événements de la guerre, je n'ai pas jugé bon de les rapporter sur la foi du premier venu, ni d'après mon opinion ; je n'ai écrit que ce dont j'avais été témoin ou pour le reste ce que je savais  par des informations aussi exactes que possible. Cette recherche n'allait pas sans peine, parce que ceux qui ont assisté aux événements ne les rapportaient pas de la même manière et parlaient selon les intérêts de leur parti ou selon leurs souvenirs variables. L'absence de merveilleux dans mes récits les rendra peut-être moins agréables à entendre. Il me suffira que ceux qui veulent voir clair dans les faits passés et, par conséquent, aussi dans les faits analogues que l'avenir selon la loi des choses humaines ne peut manquer de ramener jugent utiles mon histoire. C'est une œuvre d'un profit solide et durable plutôt qu'un morceau d'apparat composé pour une satisfaction d'un instant".

 Thucydide (470-401 av JC)
Histoire de la guerre du Péloponnèse  (431-404),  Traduction Jean Voiquin, 1966,Tome I,  Chapitre XXI et XXII, pp42-43, Editions Flammarion,1991, G.F.

NOTE 1 : Dans les chapitres précédents ce texte, Thucydide a dressé un état des lieux  de la Grèce de son époque.
NOTE 2 : Logographes :  Ce sont  les chroniqueurs de l'époque, jugés naïfs par Thucydide.
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Jeudi 14 décembre 2006
Pour tempérer l'enthousiasme des éducateurs à l'égard des nouveaux médias mis à la disposition des enseignants, lire le petit bouqin de Finkielkraut et Soriano , où il est question de notre monde devenu un "anti-monde":
"monde zéro: zéro délai, zéro stock, zéro mémoire, zéro culture , zéro identité, zéro institution, zéro politique, zéro réel" (p 52)
 Pourquoi et quel rapport avec Internet ?
Parce que Internet donne accès à tout, et tout de suite. Symbole de notre monde où il faut aller vite toujours plus vite.
 Mais pour aller où et pour faire quoi?
Hier j'apprenais que le TGV ira bientôt à 550 km heures. Vous montez dedans et vous êtes déjà arrivés.
Plus le temps de lire un livre.
 Quant aux élèves, s'ils surfent sur Internet, ils n'ont plus beaucoup le TEMPS de réfléchir. Exact. (D'ailleurs je ne donne aucun devoir à la maison).
En un mot, pour penser il faut du temps. Et les gadgets proposés à l'école ne vont pas spécialement dans ce sens,
 D'accord avec Florian.
 Cependant je crois que mieux vaut détourner l'objet du litige plutôt que de l'ignorer, ce qui ne sert à rien...
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