Samedi 3 mars 2007
La volonté générale selon Jean-Jacques Rousseau"Ce concept a pu quelquefois paraître énigmatique : cette volonté est générale mais elle se produit dans les individus, elle est indestructible mais peut être rendue muette, elle est toujours droite mais peut être trompée. Pour y voir plus clair, il faut d'abord écarter les fausses notions de cette volonté, induites par des associations verbales confuses. La volonté générale n'est pas un mouvement d'opinion populaire, ni un consensus diffus ou un amas de préjugés dominants.
Elle peut se définir par son objet qui est l'intérêt commun et par sa source qui est le peuple, mais surtout par sa formulation qui est la loi. En effet, la matière dont s'occupe la volonté générale est d'ordre commun : il en résulte immédiatement que sa formulation est abstraite (le chapitre 6 du Livre II du Contrat social est capital à cet égard).
Tout être veut son propre bien ; c'est en quoi la volonté générale est toujours droite ! « De lui-même le peuple veut toujours le bien, mais de lui-même il ne le voit pas toujours' ».
Ce qui peut altérer gravement la volonté générale, ce n'est pas le fait qu'elle se produise en des particuliers (elle ne peut se produire ailleurs), c'est qu'elle porte sur des objets particuliers. Elle est la volonté qui se produit en l'individu lorsqu'il porte son esprit vers un objet général. Alors chacun statue sur tous (lui compris). Chacun n'impose aux autres que les charges qu'il est prêt à supporter pour lui-même, ce qu'il ne peut vouloir que si ces charges conditionnent quelque bien évident. Mais tout cela doit rester abstrait pour que chacun ignore au moment de se prononcer si en l'occurrence - concrètement - il ressentira plus les inconvénients ou les avantages de la loi. Alors les principes sont énoncés selon la simple raison commune. Cependant Rousseau distingue deux moments dans l'oeuvre législative. Ce qui a pour conséquence que le terme de législateur a deux acception, distinctes chez lui". Florence Khodoss
1. On trouve le texte de toutes les Constitutions françaises dans Jacques
Godechot, Les Constitutions de la France depuis 1789, Carnier-Ffammarion,1970.
2. Livre II, ch. 6

De retour de vacances, en mal d'informations, j'apprends avec un grand soulagement que S. Royal écoute Bach et lit Victor Hugo.
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