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Jeudi 8 mars 2007


" L'accord de tous les intérêts se forme par opposition à celui de chacun. S'il n'y avait point d'intérêts différents, à peine sentirait-on l'intérêt commun qui ne souffirait plus d'obstacle: tout irait de lui-même et la politique cesserait d'être un art" Rousseau  (Note du livre 2, Chapitre 3 du Contrat social)



 Cette formule étonnante de Rousseau annonce  l' idée  développée au livre 3 du Contrat social :     " S'il y avait un peuple de Dieux, il se gouvernerait démocratiquement" (voir ci dessous)
Si nous étions des Dieux, nous aurions des intérêts communs , nous les connaîtrions et nous  adopterions les lois assurant la promotion de ces intérêts. Mais si nous étions des Dieux, nous n'aurions pas besoin d'être gouvernés.
Pour Rousseau, comme pour Machiavel (et contrairement à toutes les idées reçues),  lorsque l'on se pique de politique, il faut prendre les hommes tels qu'ils sont (égoïstes, peu éclairés...), et non tels qu'ils doivent être.
 Les hommes étant ce qu'ils ont, ils ont et auront toujours des intérêts et des objectifs inconciliables.
C'est pourquoi ils sont incapables de se donner des lois à eux-mêmes "Il faudrait des Dieux pour donner des lois aux hommes"  (Livre II, chapitre 7)
 Dans ces conditions,  la politique est bien conçue par Rousseau comme une aptitude à gérer des intérêts contradictoires (ce qui annonce la thèse de  Claude Lefort : "la démocratie, c'est l'institutionnalisation du conflit") et non pas  comme un science fondée sur une théorie de la justice formulée par exemple dans des textes, tels que le Contrat social (que certains taxent parfois d'utopie ou de projet idéaliste!)
La politique n'est pas une science, et les hommes d'Etat doivent trouver des solutions qui ne valent qu'au cas par cas (cf Chapitre 8 du Livre 2). Sur ce point Rousseau rejoint Machiavel et Montesquieu.
 Pas de généralités en politique (et pas de recettes appuyées sur la connaissance de règles générales pour prendre le pouvoir, à l'opposé de ce  que l'on croit habituellement  trouver chez  Marx et  dans le marxisme).
 La politique est un art : ce qui est décisif , c'est la capacité  qu' a  l'homme politique  de prendre la bonne décision, au moment opportun:

"Le choix du moment de l'institution est un des caractères les plus sûrs par lesquels on peut distinguer l'oeuvre du législateur d'avec celle du tyran"  ( Rousseau, Du Contrat social II, Chapitre X)
Rousseau parle ici du grand homme (le legislateur).  Mais ceci vaut à un moindre degré pour tout homme politique (ou femme! ).Il n'y a pas de réponse incontestable à la question: "Que faut-il faire pour établir une scoiété plus juste?" étant donné que  les opinions des électeurs à cet égard sont inconciliables et le resteront!.
La décision politique relève donc en  partie de l'intuition, puisqu'elle n'est pas la conséquence ou l'application d'une théorie (ou d'une idéologie!) prééxistante. (Kant appelle cette aptitude à trancher sans s'appuyer sur une règle préétablie :  "jugement réfléchissant". Sur ce point, jugement politique et jugement esthétique se rejoignent). Ce qui ne veut pas dire que les hommes politiques peuvent faire n'importe quoi! Il y a des exigences, une rationalité de la décision politique (en vue d'une société plus juste), bien sûr, mais une rationalité limitée.

Donc, en conclusion, bien qu'étant l'auteur d'une théorie de la démocratie, Rousseau ne croit pas que les institutions puissent dériver d'une connaissance de ce que sont les bonnes lois ou la vraie justice (contrairement à Platon). Les hommes politiques doivent gouverner en se fondant sur un jugement qui est singulier, toujours faillible (comme en art). La rationalité de la politique est relative.

"
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Jeudi 8 mars 2007
Drôles de dames ... en politique

Rachida Dati                                                                              Rama Yade





















                                                                                                                                   Najat Belkacem
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Jeudi 8 mars 2007
Nouveau sondage:
Bayrou 24
Royal 25
Sarkozy 26

Au second tour, Bayrou l'emporterait  (55 pour Bayrou, 45 pour Sarkozy selon un autre sondage)
 Libé
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Jeudi 8 mars 2007
C'est L' Institut Montaigne qui rassemble des personnalités d'horizons divers  (Baverez, Attali etc..)et leur fixe comme objectifs de formuler des propositions intéréssantes pour les soumette aux hommes politiques
A lire dans Libé
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Jeudi 8 mars 2007
Voici l'une des sources de La condition politique de Marcel Gauchet


"Il n'y a donc pas de roi dans la tribu, mais un chef qui n'est pas un chef d'État. Essentiellement chargé de résorber les conflits qui peuvent surgir entre individus, familles, lignages, etc., [le chef] ne dispose, pour rétablir l'ordre et la concorde, que du seul prestige que lui reconnaît la société. Mais prestige ne signifie pas pouvoir, bien entendu, et les moyens que détient le chef pour accomplir sa tâche de pacificateur se limitent à l'usage exclusif de la parole: non pas même pour arbitrer entre les parties opposées, car le chef n'est pas un juge, il ne peut se permettre de prendre parti pour l'un ou l'autre ; mais pour, armé de sa seule éloquence, tenter de persuader les gens qu'il faut s'apaiser, renoncer aux injures, imiter les ancêtres qui ont toujours vécu dans la bonne entente. Entreprise jamais assurée de la réussite, pari chaque fois incertain, car la parole du chef n'a pas force de loi. Que l'effort de persuasion échoue, alors le conflit risque de se résoudre dans la violence et le prestige du chef peut fort bien n'y point survivre, puisqu'il a fait la preuve de son impuissance à réaliser ce que l'on attend de lui.
La propriété essentielle (c'est-à-dire qui touche à l'essence) de la société primitive, c'est d'exercer un pouvoir absolu et complet sur tout ce qui la compose, c'est d'interdire l'autonomie de l'un quelconque des sous-ensembles qui la constituent, c'est de maintenir tous les mouvements internes, conscients et inconscients, qui nourrissent la vie sociale, dans les limites et dans la direction voulues par la société. La tribu manifeste entre autres (et par la violence s'il le faut) sa volonté de préserver cet ordre social primitif en interdisant l'émergence d'un pouvoir politique individuel, central et séparé".
Pierre Clastres, La Société contre lÉtat, Éd. de Minuit, 1974, pp. 175-181.
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Jeudi 8 mars 2007
Voici le lien: site sur le ring
Surréalité ou réel, le cinéma de david Lynch
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