Faut-il critiquer la démocratie (plan de mon corrigé)
Tout est critiquable. Rien n'est à l'abri de la critique. Critiquer, c'est exercer son jugement, et on ne voit pas on nom de quoi on pourrait empêcher quiconque d'exercer son esprit
critique. La question est de savoir au nom de quoi on peut critiquer la démocratie d'une part; d'autre part si critiquer la démocratie est de l'ordre du devoir ( " il faut ") et enfin si certaines
critiques sont irrecevables (limites de la critique)
I Oui : (critique de fond) la démocratie est impossible :
1) La démocratie directe est impraticable
2) La démocratie indirecte est un leurre
Conclusion : si la démocratie n'existe pas, on ne peut pas la critiquer !
II Oui : il faut critiquer ce qui existe et tient lieu
de démocratie
1) La démocratie est contradictoire :elle nie ses propres principes
2) La démocratie est impuissante à l'intérieur et à l'extérieur
III Oui : mais on ne peut opposer à la démocratie que plus de démocratie
1) Imperfection de la démocratie : la question de la représentation
2) La démocratie minée par elle-même ?
3) Indépassable division, impossible transparence, inaccessible idéal de justice
Conclusion
Ne pas opposer critique constructive et destructive.
Les critiques les plus déstabilisantes peuvent être, à terme, les plus fécondes : cf Socrate et Rousseau.
ANNEXE : TEXTE DE ROUSSEAU
"Sitôt que quelqu'un dit des affaires de l'État : Que m'importe? on doit compter que l'État est perdu.
L'attiédissement de l'amour de la patrie, l'activité de l'intérêt privé, l'immensité des États, les conquêtes, l'abus du gouvernement ont fait imaginer la voie des députés ou représentants du
peuple dans les assemblées de la nation. C'est ce qu'en certains pays on ose appeler le tiers État. Ainsi l'intérêt particulier de deux ordres est mis au premier et au second rang, l'intérêt public
n'est qu'au troisième.
La souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu'elle ne peut être aliénée; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point elle et la
même, ou elle est autre; il n'y a point de milieu Les députés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être ses représentants, ils ne sont que ses commissaires; ils ne peuvent rien conclure
définitivement. Toute loi que le peuple en personne n'a pas ratifiée est' nulle; ce n'est point une loi. Le peuple anglais pense être libre; il se trompe fort, il ne l'est que durant l'élection des
membres du parlement; sitôt qu'ils sont élus, il est esclave, il n'est rien. Dans les courts moments de sa liberté, l'usage qu'il en fait mérite bien qu'il la perde".
Du contrat social , III, 15
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