Faut-il avoir peur des crises ?
Crise : ce mot vient du grec Krisis, qui veut dire à la fois décision et phase aigue d'une maladie. Même si on ne le sait pas , on doit envisager les différents sens et occurrences du
mot " crise " et éviter absolument de n'aborder que la crise au sens usuel et médiatique ( la crise des banlieues etc..).
Donc il y a des crises au sens médical, au sens géologique (crise écologique), au sens psychologique (divorce) etc... Et le sujet ne précise pas que l'on n'envisage que les crises
économiques ou politiques.
Une crise est un moment, un passage, une phase. Ce passage peut être morbide, voire terrassant (maladie irrémédiable) mais aussi fécond (crise conjugale, crise de l'adolescence). Les crises sont
souvent à la fois redoutables et nécessaires. C'est cette ambivalence de la crise qu'il fallait tout d'abord souligner.
Ensuite le sujet inclut le mot " peur ". Or la peur est elle aussi une donnée problématique. Faut-il avoir peur de la peur ? La peur, en tant que passion, est en général mauvaise conseillère. Mais, d'un autre côté, on voit certains philosophes préconiser une " heuristique de la peur " (Hans Jonas)
c'est-à-dire une recherche de solutions inspirée par la crainte du pire (mise en péril de la planète).
Je m'arrête là, car j'ai traité ce sujet dans le chapitre 14 de mon Cours particulier de philosophie, auquel je vous renvoie. Je m' y appuie sur Hegel et sa philosophie dialectique
(ce sont les crises et les affrontements qui sont les moteurs de l'Histoire) pour conclure que l'on ne doit pas redouter des affrontements ni les crises en tant que telles.
On pouvait faire un plan du type suivant:
I Il est naturel d'avoir peur des crises
Car la crise inclut toujours une dimension de violence (guerres, révolutions), de détresse (divorce), voire de risque vital (maladie grave).
II Mais les crises sont souvent nécessaires, parfois fécondes
" Ce qui ne me tue pas me rend plus fort " Nietzsche
III On ne doit pas avoir peur de la peur
On ne doit pas tenter d'échapper au caractère tragique de l'existence humaine.
Il faut du courage pour affronter les crises. C'est ce type de courage que l'on attend d'un homme politique. Citer à ce propos le portrait du Prince de Machiavel ?
Mais aussi du philosophe. Voire à ce sujet les conseils de Epictète ou Marc-Aurèle
Conclusion : on doit redouter la violence (inutile, gratuite, vaine), mais pas les affrontements ni les crises qui sont inhérentes non seulement à la condition humaine mais
aussi à la vie.
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