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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 20:21

Politique :   (etym : grec politikos, qui concerne les citoyens, l'Etat, de polis,  la ville,  la cité) 1) Adjectif : a) qui concerne l'organisation de la vie collective de la cité, de la nation, ou de toute autre forme d'Etat b) en un sens plus étroit : qui concerne le gouvernement de la cité ou de l'Etat
2) Substantif a) La politique : savoir théorique, art et technique de ceux qui ont pour mission de diriger les affaires de l'Etat.  En un sens plus large : organisation de la vie en commun en vue de la paix et de la justice b) Le politique : ensemble du domaine des institutions, des lois, des procédures et des dispositifs par lesquelles les hommes organisent la vie en commun en vue de la concorde c) Chez Machiavel : le politique conquiert son autonomie par rapport à la morale. Il  convient de décrire les règles de la politique avec la même rigueur et neutralité que le savant observant les lois de la nature. Quant à la politique, elle constitue une technique  qui  s'acquiert et se transmet, indépendamment de toute perspective morale, utopique ou religieuse d) Selon Hannah Arendt : la politique s'oppose à la violence. Elle a pour condition   l'instauration d'un espace autonome  pluriel de délibération et d'initiative. Elle a pour fin une organisation pacifiée et concertée de la vie en commun.
République :  (etym :  latin :   res publica, la chose publique, l'Etat) 1) Sens courant :  Etat qui non  monarchique de type représentatif dont la souveraineté est détenue par le peuple qui l'exerce par le biais de ses représentants élus au suffrage universel 2) Conception ancienne : régime constitutionnel fondé sur le principe de l'utilité commune  et organisé afin de garantir au mieux l' unité organique de la cité 3) Conception moderne ( à partir de Machiavel) : tout type d'organisation politique caractérisé par l'existence d'un débat public sur les affaires communes de la cité, de telle sorte que les décisions ne sont pas prises par un seul homme mais par plusieurs au terme d'une discussion.  Pour Machiavel, il y a République lorsque la cité choisit sa constitution de manière autonome et lorsqu'elle est indépendante dans sa politique extérieure 4) Depuis Hobbes  : tout Etat régi par des lois dont la source est la volonté générale. Au sens moderne, une République est une aussi une  démocratie politique qui garantit l'égale liberté de tous les citoyens ainsi que la participation effective de tous à la vie publique. 5) Chez Rousseau  : " J'appelle république, écrit Rousseau, tout Etat régi par des lois ". (Du Contrat social II)  Cette définition de Rousseau ne peut être comprise que si l'on donne au mot " loi " le sens de loi fondamentale ou organique (la Constitution). La loi, selon Rousseau, est toujours " juste ", car elle est l'acte de la volonté générale. Dans ce sens précis et restreint, une " république " est ce qu'on appelle aujourd'hui également un " Etat de droit " c'est-à-dire un Etat essentiellement animé par l'idée de droit, ce qui implique : 1) une Constitution approuvée théoriquement par tous les citoyens, Constitution  surplombant tout le dispositif juridique et politique 2) l'idée d'une volonté générale à la source de toute loi 3) la  possibilité pour tous de participer  aux décisions d'ordre politique 4) l'égalité formelle de tous  et la protection des droits fondamentaux (sécurité,  libre expression, accès à l'éducation etc..) de tous les citoyens par l'Etat.
 Etat de droit :  Tout Etat qui repose sur une constitution et qui garantit, par le moyen de la séparation es pouvoirs et de l'indépendance de l'autorité judiciaire,  les droits fondamentaux des citoyens. L'Etat de droit est une synthèse des conceptions libérales de l'Etat, telles que les ont exprimées Locke et Montesquieu et de la conception républicaine de Rousseau ou  de Kant. Il repose  à la fois sur une approche juridique du pouvoir (l'Etat doit auto limité par la  loi fondamentale et les institutions), et sur   l'idée originellement démocratique du  peuple  souverain dont la volonté générale est le seul fondement de l'autorité publique légitime.
 Souveraineté : (etym latin superanus ,  " au dessus ")  1) Propriété ou qualité de celui (ou de ceux) qui détient (nent) le pouvoir suprême et  (ou)  indépendance absolue de celui qui décide  (ex : le jury souverain) 2) Pouvoir de celui qui détient en droit l'autorité suprême.  Dans les systèmes féodaux ou monarchiques, la souveraineté (du prince, du roi, des seigneurs) est  présentée comme une donnée naturelle 3) Conception moderne : la souveraineté est le fait de l'Etat  tout entier et non plus de certaines de ses parties. Pour Rousseau la souveraineté est la capacité de faire la loi qui appartient au peuple tout entier et qui se réalise dans le pouvoir législatif. 
 Holisme : (etym :  grec    holos, qui forme un tout) 1) Se dit de toute conception qui affirme la prédominance du tout par rapport aux parties 2) Sociologie politique : par opposition à une société individualiste, une société " holiste " estime que l'individu n'est rien sans la cité ou la communauté qui le précède ; l'accueille,  et lui donne la possibilité de vivre, ou dans le meilleur des cas, le bien vivre.

 Droits de l'homme : Ils doivent être distingués des droits du citoyen.  Les droits du citoyen sont instaurés par chaque cité  (ou nation)  et ils ne concernent qu'une partie des résidents, certains hommes pouvant en être exclus comme ce fut le cas pour le esclaves ou les métèques à Athènes. Les droits de l'homme sont au contraires sont attachés à tout être humain, ils sont  inaliénables, ils ne dépendent pas d'aucune  convention ni de circonstances historiques. Ne procédant pas du droit positif, ils ne peuvent donc que se déduire  a priori de l' idée de droit naturel : chacun de nous a le " droit naturel "  de préserver sa vie et de prétendre à une vie digne, et ceci du seul fait qu'il est un homme. Dans la mesure où ils se dissocient des droits positifs, qui varient d'une société à l'autre, les droits naturels doivent être proclamés dans des déclarations qui prétendent à l'  universalité. Ces déclarations  (américaine de 1776, française de 1789 et universelle de 1948 ) affirment  l'antériorité logique de ces droits naturels sur les droits positifs (cf  Article 2 de la Déclaration de 1789 qui énonce que "  Le but de toute association politique est la conservation des  droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression ").  Les droits de l'homme font partie de ce que l'on appelle, en France, le " bloc de constitutionnalité " et le Conseil constitutionnel doit  contrôler la conformité des lois à la constitution c'est-à-dire vérifier qu'elles ne vont jamais à l'encontre des droits individuels des hommes. Les doits de l'homme se présentent donc comme des limites au pouvoir de l'Etat, mais ce sont des limites que les Etats s'imposent à eux-mêmes et qu'ils sont seuls à même de respecter. Les droits de l'homme, enfin, sont considérés comme rationnels, ce qui veut dire que leur  portée est universelle et qu'ils concernent des hommes que l'on tient   a priori pour des êtres capables de rationalité et d'autonomie. Pour les adversaires de ces thèses rationalistes, les droits de l'homme ne sont qu'une l'abstraction, car l' " Homme " n'existe pas et les libertés " formelles " (théoriques) ne sont qu'une fiction si elles ne sont pas assorties de mesures sociales et économiques concrètes (réelles).
 Loi : (etym : latin lex, " loi ") 1)  Religion, droit et politique : règle fixée par une autorité souveraine - divine  ou profane -  afin d'ordonner et de stabiliser les relations entre les hommes dès lors qu'ils vivent en société 2) Morale : obligation plus ou moins explicite à laquelle la conscience se conforme en vue du bonheur, de la vertu  ou de la sagesse 3) Epistémologie : relation constante entre les phénomènes naturels qui est tenue pour universelle mais qui fait l'objet d'une élaboration progressive au fil  de l'histoire scientifique 4) Démocratie : la loi  organique ou fondamentale de la nation est l'acte de la volonté générale conformément à la théorie de Rousseau, reprise dans l'article 6 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
 Volonté générale : Chez Rousseau puis Kant : volonté du corps social ne  portant  que sur des objets ayant trait à l'intérêt commun. La volonté générale n'est pas la volonté majoritaire ni même la volonté de tous, laquelle  peut parfaitement être injuste ou même despotique. La volonté générale est la volonté qui émane du peuple tout entier et qui porte sur des objets concernant le peuple dans son ensemble et impliquant l'égalité de tous les citoyens concernés.  Elle ne peut donc s'énoncer que sous la forme de principes généraux et abstraits. Ainsi  définie et délimitée, la volonté générale est nécessairement " juste " car nul ne veut délibérément se nuire à lui-même, mais elle n'est pas toujours éclairée. Impossible à corrompre, en effet, elle reste   facile à abuser : "  jamais on ne corrompt le peuple, mais souvent on le trompe, et c'est alors seulement qu'il paraît vouloir ce qui est mal " (Du contrat social  L II , chapitre 3)
Totalitarisme : doctrine ou système caractérisé par la confusion entre l'Etat, le peuple et son chef, et par la négation de la distinction vie privée /vie publique. Le totalitarisme, dans ses deux variantes principales,  le nazisme et bolchévisme, est fondée sur l'idéologie,  théoriquement,  et sur la terreur, pratiquement. La toute puissance de la collectivité et la promesse d'un avenir radieux (le paradis demain) justifient  l'élimination de tous ceux qui entravent la marche inexorable du peuple vers sa destination finale.  L'enfer (le camp) est selon H. Arendt l'institution centrale du système totalitaire.

 

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Published by laurence hansen-love - dans Préparation IEP (sciences-po)
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commentaires

Thomas 08/08/2007 23:28

Est-il possible de dire que le totalitarisme se définit comme une sorte de contraire de la société démocratique dans le sens où comme le dit la DDHC dans son préambule "le but de la société est le bonheur commun",c'est à dire l'épanouissement de ses membres, tandis que le totalitarisme engloutit l'individu, lui interdisant un quelconque épanouissement personnel?

laurence hansen-love 09/08/2007 12:53

NON Parce que le totalitarisme se définit aussi , voire surtout, par le projet de rendre le peuple heureux. Voir à ce sujet le famuex texte de Tocqueville. Et pensez à cette formule de Constant : "Que l' autorité se borne à être juste, nous nous chargerons d'être heureux". Les gens n'ont pas plébiscité Hitler et Staline pour être malheureux, mais parce qu'ils ont cru à  l" avenir radieux" qu'ils leur annonçaient. Il vaut mieux éviter d'évoquer le totalitarisme si vous ne connaissez pas les thèses de Arendt ou de Aron (ou de Tocqueville)