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13 août 2007 1 13 /08 /août /2007 14:43

Le philosophe français Maurice Merleau-Ponty a déclaré en 1947 : " Hegel est l'origine de tout ce qui s'est fait de grand depuis un siècle ". La formule est un peu excessive, mais il est indéniable que Hegel  occupe une place privilégiée dans l'histoire de la modernité. Sa philosophie de l'histoire   eut en effet une influence déterminante non seulement sur le plan des idées, mais aussi à l'égard de l'histoire événementielle elle-même. Le rôle de Marx, disciple irrévérencieux de Hegel, fut ici évidemment décisif.
  Georges-Guillaume-Hegel naît  à Stuttgart le 27 avril 1770. En 1788, il entre au séminaire protestant de Tübigen, où il se lie d'amitié avec Hölderlin et Schelling, respectivement poète et philosophe, qui deviendront célèbres eux aussi. Au sortir de ses études, il connaît de longues pérégrinations  tout en suivant avec passion les événements politiques français. A partir de 1801, il devient professeur à l'université d' Iéna. Sa première grande œuvre, la Phénoménologie de l'Esprit, est publiée en 1807. Les lignes directrices de sa pensée sont déjà fixées, mais les textes ultérieurs  ( Encyclopédies des sciences humaines, 1816, Principes de la philosophie du droit, 1821) en approfondiront certains des aspects les plus décisifs.  Le texte que nous présentons ici sous le titre " La raison dans l'histoire " est un fragment du cours qu'il prodigua entre 1822 et 1830. Le succès de cet enseignement fut immense, notamment auprès d'étudiants aussi différents que Sören Kierkegaard et Karl Marx.

 Hegel a 19 ans lorsque éclate la révolution française. Il sera également le témoin attentif de la constitution de l'empire napoléonien, des guerres qui bouleversèrent la carte de l'Europe, mais aussi des mouvements de libération nationale qui suivirent. Enthousiasmé non seulement pas la révolution, mais aussi par le personnage de Napoléon, il en tire la conclusion que le moment est venu de répondre définitivement aux questions que l'humanité se pose depuis son origine. " Penser ce qui est " : tel est l'objectif inouï qu'il se fixe. Il ne s'agit évidemment pas de décrypter, voire de cautionner, comme pourrait le faire un bon journaliste par exemple, la réalité qui se déploie sous ses yeux. Hegel veut saisir le dynamisme à l'œuvre dans les temps modernes, la " dialectique " (principe innervant l'histoire  ou " moteur " du devenir) qui porte la promesse d'un ordre conforme à ce qui doit advenir, c'est-à-dire la Raison. Selon Hegel, l'histoire comporte une " fin ", c'est-à-dire un but, un objectif. Cette " fin " est la réconciliation  de l'individu et de l'intérêt général,  qui prend la forme de l'Etat.
Le cours de Hegel concernant l'histoire ne se contente pas de décrire des événements passés, comme le ferait un historien ou un archiviste. Car le principe qui permet d'éclairer le devenir peut être exposé en termes philosophiques. Pour Hegel, la pensée est à l'œuvre dans le monde, elle y produit des " formes " qui encadrent les sociétés humaines conformément à leurs institutions ( mœurs, structures politiques, sciences, techniques, religions, philosophie...). C'est ce travail de la culture que s'efforce de restituer la pensée philosophique. Il s'agit donc, d'une part, d'exposer le parcours de l'Esprit en présentant les figures successives à travers lesquels il se manifeste. Parallèlement, la philosophie de l'histoire à laquelle ce cours est consacré  s'intéresse aux circonstances multiples, complexes, contingentes, qui ont permis à ces " moments "  de s'accomplir. Pour Hegel, l'Esprit  est le " sujet de l'histoire ", c'est-à-dire  une sorte de Dieu qui habite le réel et l'anime à la manière d'une présence spirituelle ou d'un guide intérieur dictant aux individus (en particulier aux " grands hommes ") les décisions nécessaires à  son accomplissement.

 

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Published by laurence hansen-love - dans Préparation IEP (sciences-po)
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